L'américanisme et la conjuration antichrétienne (Mgr Henri Delassus)

De Christ-Roi
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(Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899.)

La conjuration antichrétienne. Ce livre de plus de 1300 pages, commencé en 1910 et terminé après la Grande Guerre constitue probablement la meilleure synthèse existante sur le sujet. Partant toujours du concret discernable par tous, Mgr Delassus remonte progressivement la série des causes pour en arriver à la vraie clé de Révolution universelle, qui est théologique:

Une mine de documents sur le long travail de sape de la judéo-maçonnerie. Livre très rare, essentiel pour comprendre les évènements que nous vivons. Le style est toujours simple, fluide, et les boursouflures absentes.

Il existe de ce livre deux versions: une qui est une reproduction sous forme de photocopies de l’édition originale en trois volumes (Editions Saint-Remi BP 80 33410 CADILLAC , maison spécialisée dans la reproduction d’ouvrages «anti-libéraux» souvent très difficiles à trouver) et une version en un volume, dont le texte a été entièrement ressaisi (Editions SCIVIAS, CP 1792, 300 rue St-Paul Québec (Québec). On peut trouver cette dernière à la procure des Dominicains d’Avrillé.


TABLE DES MATIÈRES.

Nous reproduisons ici les passages qui nous ont semblé les plus significatifs.

Sommaire

Déclaration de Mgr Henri Delassus V

"[...] Le document pontifical vient de paraître. Il nous apporte une nouvelle preuve de la sollicitude de Sa Sainteté Léon XIII à maintenir en tout et partout l'esprit de l'Eglise dans sa pureté et la doctrine dans son intégrité. Il nous fait en même temps admirer cette paternité qui avertit en évitant de blesser, qui sauvegarde les intérêts de la religion et des âmes, tout en ayant pour les personnes les égards qu'elles méritent.

"[...] comme le rappelle Sa Sainteté Léon XIII, 'l'histoire de tous les siècles passés témoigne que le Siège apostolique s'est toujours attaché, d'une manière cosntante, au même dogme, au même sens, à la même doctrine'.

"Un autre motif de publier ce livre, même après la Lettre pontificale, c'est qu'il ne se borne pas à signaler les erreurs comprises sous le nom d' américanisme; il s'attache surtout à en montrer les tenants et les aboutissants, c'est-à-dire les régions doctrinales qui avoisinent cette fondrière et le gouffre où se perdent ceux qui s'y aventurent, gouffre assez vaste et assez profond pour engloutir la société chrétienne, si elle restait sourde aux avertissements que le Saint-Siège n'a cessé de faire entendre depuis la Déclaration des Droits de l'Homme. Car c'est de là que vient tout le mal, et ce mal est tel qu'il n'ya qu'un mot pour le caractériser: CONJURATION ANTICHRETIENNE pouvant préparer les voies de l'antichrist.

"Que si, dans cette exposition, j'ai moi-même erré en quelque chose, je me rétracte dès maintenant devant Dieu, et je suis disposé à me rétracter publiquement sur le moindre signe de l'autorité ecclésiastique." Henri Delassus, Lille, 1899, le 1er jour du mois de Saint Joseph, Patron de la Sainte Eglise catholique.

Lettre de S. S. Léon XIII à son Ém. le Cardinal Gibbons. (Texte et traduction en regard). X

" Les américanistes prétendent que l'Eglise doit entrer dans les voies de conciliation quant au dogme et quant à la discipline .

"[...] Les opinions nouvelles dont nous parlons reposent en somme sur ce principe: afin de ramener plus facilement à la doctrine catholique ceux qui en sont séparés, l'Eglise doit s'adapter davantage à la civilisation d'une époque adulte, et relâchant son ancienne rigueur, faire quelques concessions aux tendances et aux principes nouvellement introduits parmi les nations. Et cela doit s'entendre, à ce que pensent plusieurs, non seulement de la règle de vie, mais encore des doctrines où est le dépôt de la foi.

1° Aucun dogme ne peut être ni changé, ni être tu, comme le voudraient les américanistes

"En effet, ils prétendent qu'il est opportun, afin de gagner les coeurs des égarés, de passer sous silence certains éléments de la doctrine, comme étant de moindre importance, ou de les atténuer de telle sorte qu'ils ne conserveraient plus le sens auquel l'Eglise s'est toujours tenue.

"Il n'est pas besoin, Notre Cher Fils, pour montrer combien un tel système doit être réprouvé; il suffit de rappeler quelle est la nature et l'origine de la doctrine qu'enseigne l'Eglise. Voici ce que dit à ce suejt le Concile du Vatican (I):

"'La doctrine de la foi, que Dieu a révélée, n'est pas comme un système philosophique susceptible d'être perfectionné par l'Esprit humain; mais comme un dépôt divin, confié à l'Epouse du Christ pour le garder fidèlement et l'interpréter infailliblement... Le sens que notre Sainte Mère l'Eglise a une fois déclaré être celui des dogmes sacrés, doit être perpétuellement conservé, et jamais il ne faut s'en écarter sous le prétexte ou l'apparence d'en mieux pénétrer la profondeur (Constitution De fide cath. C. IV)" (Mgr Delassus), L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. XIII-XV).

2° le lien qui rattache les fidèles à l'autorité ecclésiastique ne peut être relâché, comme le demandent les américanistes, aujourd'hui moins que jamais

[Pie VI] Notre précécesseur... a noté comme injurieuse pour l'Eglise et pour l'esprit de Dieu qui la régit, la proposition LXXVIIIe du Synode de Pistoie, 'en tant qu'elle soumet à la discussion (le fameux dialogue) la discipline établie et approuvée par l'Eglise, comme si l'Eglise pouvait établir une discipline inutile et trop lourde pour la liberté qui convient aux chrétiens'.

"(les novateurs) ils croient qu'il faut introduire une certaine liberté dans l'Eglise, de sorte que l'action et la vigilance de l'autorité se trouvant en quelque façon liées, chaque fidèle ait la faculté (liberté religieuse) de s'abandonner, dans une plus large mesure, à sa propre inspiration et à son élan personnel.

"Ils affirment que c'est là une transformation qui s'impose, à l'exemple des libertés modernes qui constituent communément à l'heure actuelle le droit et le fondement de la société civile... Ils disent... chacun peut à présent avoir plus libre champ pour penser et agir.

"Etrange manière de raisonner, en vérité, car s'il est une conséquence rigoureuse du magistère infaillible de l'Eglise, c'est que nul ne doit chercher à s'écarter de son enseignement, mais que tous ont le devoir de s'en inspirer intimement, et de s'y soumettre, afin d'être préservés plus sûrement de toute erreur de leur sens propre.

"Cette licence que l'on prend couramment pour la liberté; cette manie de tout dire et de tout contredire; ce pouvoir enfin de soutenir et de propager par la presse toutes les opinions, ont plongé les esprits dans de telles ténèbres, que l'usage et la nécessité du magistère de l'Eglise sont plus grands aujourd'hui qu'autrefois pour prémunir contre toute défaillance de la conscience et du devoir.

"Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 22è jour de janvier 1899, la 21è année de Notre Pontificat. Léon XIII, Pape." (Mgr Delassus), L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. XVII-XXXIX).

CHAPITRE PREMIER.

POURQUOI CE LIVRE.

- L'Amérique. Un catholicisme américain. Mgr Ireland. La Vie du P. Hecker. M. l'abbé Maigen et le R. P. Delattre. La Semaine religieuse de Cambrai. L'américanisme désavoué en Amérique. Américanisme et protestantisme. Avertissements de Mgr Isoard 1

"En 1789, ... tout détruire, bâtir à neuf et sur de nouveaux fondements: c'était le cri de toute cette génération. Les jeunes entraînèrent les anciens, et, pour ne parler que du clergé tant régulier, combien de ses membres 'donnèrent dans la révolution' sans le vouloir, sans le savoir! Ils devinèrent, puis ils comprirent où on les menait, lorqu'il était devenu impossible de s'arrêter. Ils avaient cru sauver l'Eglise de France en l'associant au mouvement d'une prétendue rénovation générale: cruellement trompés, ils n'avaient fait que la compromettre; ils avaient scandalisé, ils avaient mis en péril leur propre salut.

"Plaise à DIEU que l'on n'ait plus à déplorer le malheur! C'est pour l'écarter, autant qu'il est en nous, que nous avons écrit ces pages" (Mgr Delassus, L'américanisme et la Conjuration anti-chrétienne, 1899, p. 12-13).

CHAPITRE DEUXIÈME.

L'ALLIANCE-ISRAÉLITE-UNIVERSELLE.

L' Alliance-Israélite-Universelle est le centre, le foyer, le lien de la conjuration antichrétienne

L' Alliance-Israélite-Universelle est le centre, le foyer, le lien de la conjuration antichrétienne, à laquelle l'Américanisme nous semble apporter un appoint qu'il ne voit pas, qu'il ne voudrait point donner s'il en avait conscience et sur lequel ce livre demande à appeler son attention" (Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 15).

Le peuple juif: le miracle de sa conservation, sa puissance actuelle, ses espérances, leur réalisation attendue des principes de 89

"[...] Ce peuple dispersé depuis dix-huit siècles, objet pourtant tout ce temps du mépris et de l'hostilité du genre humain, est entré depuis cent ans par le fait de la Révolution française, dans une voie qui bientôt l'a conduit, sinon encore au triomphe qu'il rêve, du moins à une situation qui lui donne vraiment tout pouvoir chez les plus puissantes nations" (Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 18).

"Mais pourquoi leur affranchissement et leur puissance actuels après un si long temps de servitude et d'humiliation?

"Si nous les interrogeons, ils nous diront: ' Les temps sont proches! 'Quels temps? Ceux de leur règne, de leur triomphe et de leur domination sur tous les peuples de la terre.

"Les Juifs, dit Mgr Meurin, archevêque de Port-Louis, dans son livre La Franc-maçonnerie, synagogue de Satan, n'ont pas compris le sens spirituel des prophéties et figures de l'alliance que Dieu avait faite avec leur nation. Ils se sont imaginé que le roi promis serait un roi terrestre, son royaume un royaume de ce monde, et le Kether-Malkhuth une couronne semblable à celle des rois des nations humaines.

"Pour eux le roi promis devait être le roi de toutes les nations, son royaume devait s'étendre sur toute la terre, son diadème royal renfermer tous les diadèmes royaux qui n'en seraient qu'un écoulement, une émanation partielle. C'est ainsi que, dans son espoir, le Juif serait le maître suprême, temporel de l'univers, et toutes les prédications de ses prophéties se réaliseraient dans leur sens matériel '.

"Puis, ... le vénérable auteur ajoute:

"'Lisez ces prophéties, entendez-les dans le sens littéral et terrestre, et vous avez la solution de l'énigme, l'explication de l'activité fébrile, vous avez le Rêve des Juifs. Ils se croient le peuple destiné par Jéhovah à dominer sur toutes les nations. les richesses de la terre leur appartiennent et les couronnes des rois ne doivent être que des émanations, des dépendances de leur Kether-Malkhuth '.

"'Considérons la force immense qu'une idée révélée, majestueuse et ravissante, mais faussée et naturalisée, doit avoir sur un peuple qui est imbu depuis des milliers d'années et y tient avec une ténacité et une obstination plus que prodigieuse. Pour les Juifs, l'idée de la domination universelle est devenue comme leur religion; elle s'est enracinée dans leur esprit, elle s'y est comme pétrifiée, et elle est indestructible'.

Jusqu'ici, les Juifs avaient espéré le triomphe qu'ils attendent d'année en année par le fait d'un homme, par le Messie temporel qui a été constamment dans leurs voeux.

"Aujourd'hui, leurs pensées, celles du moins d'un grand nombre d'entre eux, de ceux-là mêmes que nous voyons s'être rendus maîtres dans le monde entier des deux plus puissants organes de la vie moderne:

  • la banque
  • et la presse

et que l'on voit occuper tous les postes d'où ils peuvent exercer quelque influence, - modifiées...

"Le Messie, disent-ils, qui doit établir notre domination sur toute la terre, ce n'est point un homme, c'est une idée, et cette idée est celle qui a été proclamée en 1789: les 'droits de l'homme', les 'immortels principes: liberté, égalité, fraternité' (Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 19-21).

Pour que le judaïsme pénètre partout: travailler à développer les principes modernes (M. Astruc, rabbin de Belgique, Synode Juif de Leipzig, 1869)

"Le 29 juin 1869, année du Concile du Vatican, convoqué après la publication du Syllabus, qui démasque les grands principes' et les poursuit dans leurs dernières conclusions, les Juifs réunirent à Leipzig un concile du judaïsme. Il adopta par acclamation une proposition du grand rabbin de Belgique, M. Astruc, ainsi conçue: 'Le synode reconnaît que le développement et la réalisation des PRINCIPES MODERNES sont les plus sûres garanties du présent et de l'avenir du judaïsme ' (Voir Le Juif, le judaïsme et la judaïsation du peuple chrétien, par Gougenot des mousseaux). Ce qui veut dire: Israélites! si vous voulez arriver à pénétrer partout et à vous rendre partout les maîtres, vous n'avez que cette seule chose à faire: travailler à développer les principes modernes, à en tirer toutes les conséquences qu'ils renferment, puis à les réaliser, c'est à-dire à faire que ces conséquences dernières passent de l'ordre des idées dans l'ordre des faits (cette revendication des principes modernes en faveur du judaïsme, dit le publiciste Kuhn, est des plus humiliantes pour nos démocrates).

"Quand on voit que ces principes ont eu pour premier effet l'affranchissement des Juifs, et que leur affranchissement a été bientôt suivi de leur prépondérance (La prépondérance juive, c'est le titre de l'un des ouvrages de M. l'Abbé J. Lémann, juif converti. C'est l'un des faits les plus manifestes de ce temps), on conçoit qu'ils mettent dans ces principes, qui leur ont déjà été si utiles, leurs meilleures espérances. Aussi ne cessent-ils de s'appliquer

  • dans la presse dont ils sont les maîtres,
  • et dans la législation qu'ils arrivent à dicter et à imposer par les sociétés secrètes, à développer ces principes et à les réaliser...." (Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 21-23).
  • "Grâce à cette tactique, le juif Crémieux a pu s'écrier, dans une assemblée de l' Alliance israélite-universelle: 'Comme déjà tout est changé pour nous et en si peu de temps!'
  • Et Disraéli, premier ministre de l'Angleterre pendant quarante ans, malgré son origine juive: 'Après des siècles et des décades de siècles, l'esprit du Juif se relève, il reprend sa vigueur, et de nos jours enfin il arrive à exercer sur les affaires de l'Europe une influence dont le prodige est saisissant'
  • Enfin un autre Juif, celui-ci converti et prêtre catholique: 'Quand on s'est aperçu que les Juifs étaient citoyens, ils étaient déjà en partie LES MAÎTRES. Chose inconcevable, deux phénomènes gigantesques sont, depuis quelques années, sous nos yeux: la prépondérance croissante de la race juive et la crise attristante des Etats chrétiens'.

Cette prépondérance, les Juifs nous ont appris, dans leur concile, à quoi ils l'attribuent; cette crise, les papes depuis Pie VI jusqu'à Léon XIII n'ont cessé de nous la montrer dans la même cause: les principes de 89, leur développement et leur réalisation.

"Depuis nous pourrions montrer dans les principes de 89 un point de contact entre les Américanistes et les Juifs" (Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 23-24).

Double but de l'Alliance-Israélite-Universelle: les patries fondues dans une république universelle, les religions dans une vague religiosité

"C'est qu'en effet, les Juifs, - tous, aussi bien ceux qui attendent un Messie personnel que ceux qui croient que ce Messie est né, grandit et n'est autre que l'idée de 89, - tous ont l'espoir de voir se réaliser, et binetôt - 'les temps sont proches' - les prophéties messianiques dans le sens où ils les ont toujours entendues, c'est-à-dire, leur règne sur le monde entier, l'assujettissement de tout le genre humain à la race d'Abraham et de Juda.....

Pour cela, se disent-ils maintenant, il faut deux choses:

  • que les nations renonçant à tout patriotisme, se fondent dans une république universelle;
  • que les hommes renoncent également à toute particularité religieuse pour se confondre dans une même vague religiosité.

"Que ce soit bien là leur pensée; qu'ils poursuivent activement et non sans succès ce double but, les preuves abondent" (Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 25).

"L'un des hommes les plus néfastes de ce siècle, le Juif Crémieux, qui fut grand-maître du Grand Orient de France, qui profita de la révolution de 1848 pour se hisser au ministère de la Justice, et des désastres de 1870 pour donner la naturalisation française à tous les Juifs d'Algérie, fonda en 1860 une société cosmopolite qu'il décora du nom d' 'Alliance israélite-universelle. Cette association n'est point, comme son nom pourrait le faire croire, une internationale juive, un lien de plus entre les Juifs cosmopolites, facilitant les rapports entre les Israélites répandus sur toute la surface du globe; ses visées portent beaucoup plus haut. C'est une association ouverte à tous les hommes sans distinction de nationalité ni de religion, sous la haute direction d'Israël.

"Pour s'en convaincre, il suffit d'ouvrir la publication qui en est l'organe, les Archives israélites.

  • ' L'alliance-israélite-universelle, disent-elles, veut pénétrer dans toutes les religions comme elle pénètre dans toutes les contrées' (XXV, p. 514-515, an 1861).
  • 'J'appelle à notre association nos frères de tous les cultes; qu'ils viennent à nous!... Que les hommes éclairés (Illuminés), sans disticntion de culte, s'unissent dans cette Association israélite-universelle' (ibid). Et pourquoi?
  • ' Faire tomber les barrières qui séparent ce QUI DOIT ÊTRE UNI UN JOUR, voilà, Messieurs, la belle, la grande mission de notre Alliance israéli-universelle' (ibid) "(Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 26-27).

CHAPITRE TROISIÈME.

L'ALLIANCE-ISRAÉLITE-UNIVERSELLE ET LES PATRIES.

  • Sous son inspiration et sa conduite, les sociétés secrètes et la presse travaillent à anéantir l'idée de patrie.
  • La patrie française plus immédiatement menacée: par l'enseignement scolaire, par nos gouvernants.
  • La république universelle et les américanistes de là-bas et d'ici 29

"Les Juifs ont donc fondé une œuvre aussi vaste que le monde, appelée Alliance Israélite-Universelle; et nous les avons entendus nous dire que, par cette Alliance, ils veulent pénétrer dans toutes les religions, comme, de fait, ils se trouvent avoir un pied dans tous les pays du monde.

Ce que cette Alliance poursuit, c'est, dit l'Univers Israélite, l'union de la société humaine dans une fraternité solide et fidèle (VIII, p. 357, Ann 1867) C'est là, dit-elle encore, "la grande oeuvre de l'humanité".

Remarquons en passant que la franc-maçonnerie a les mêmes prétentions et les exprime par les mêmes mots. Elle aussi ne cesse de parler d' œuvre humanitaire et de fraternité universelle.

Profitant de leur dispersion et de leur présence sur tous les points du globe, les Juifs veulent être dans l'humanité comme une sorte de levain, pour faire de la société humaine, actuellement divisée en antions et en religions diverses, "une seule et solide fraternité".

Toute puissance doit disparaître pour faire place à l'universelle domination de Juda, qui "se substituera" à tous les pouvoirs actuellement existants, aussi bien dans l'ordre spirituel que dans l'ordre temporel.

Le plan s'exécute, grâce à l'action plus que séculaire des sociétés secrètes, qui sont un instrument si puissant aux mains des Juifs. Aussi l'Eglise les a-t-elle toujours condamnées. Chose étonnante, les Américanistes n'ont point pour les sociétés secrètes la même répulsion qu'éprouvent les autres catholiques.

Les idées modernes que la presse ne cesse de propager et dont tous les esprits arrivent à être plus ou moins infectés, favorisent non moins puissamment les projets des Juifs.

Pour ruiner la "cité des Césars" - lisez "les patries", rien de plus efficace que les principes modernes.

Quelle en est l'idée maîtresse? Qu'il faut abolir toute distinction entre les hommes; qu'il ne faut plus considérer dans l'homme sa qualité de Français, de Juif ou d'Allemand, de chrétien, de juif ou de païen; mais seulement sa qualité d'homme et ses droits en cette qualité: les droits de l'homme.

L'homme véritablement digne du nom d'homme, cesse aujourd'hui de voir sa patrie dans une bande de terre limitée; tout pays, tout peuple aura sur son coeur un même droit, et le seul nom dont il ait à se glorifier, le seul qui doive flatter sa raison, est celui d'homme, de citoyen du monde entier (Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 29-31).

Ne sont ce point là les idées que la Révolution a répandues partout, les idées que la franc-maçonnerie prêche sans relâche, les idées dont s'enorgueillit le libéralisme?

La réalisation de ces idées, réalisation que le concile juif a marquée comme le terme des efforts de tout Israël, doit faire que les peuples réunis jusqu'ici en corps de nation, en aarivent à s'unifier et à ne plus former qu'une république universelle et unique. Cette république universelle sera infailliblement gouvernée par le peuple juif, le seul peuple vraiment cosmopolite, universel, le seul qui se trouve être en même temps le peuple possédant l'or, nerf de toute puissance, instrument de toute domination.

Garnier-Pagès, ministre de la République en 1848, déclara publiquement que "les maçons voulaient achever l'œuvre glorieuse de l'établissement de la république; et que cette république était destinée à être établie dans toute l'europe et sur toute la surface de la terre" (Mgr Delassus, L'américanisme et la conjuration antichrétienne, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 33-34).

"Renverser toutes les frontières, abolir toutes les nationalités, en commençant par les plus petites, pour ne faire qu'un seul Etat; effacer toute idée de patrie, rendre commune à tous la terre entière, qui appartient à tous, briser, par la ruse, par la force, tous les traités, tout préparer pour une vaste démcoratie dont les races diverses, abruties par tous les genres d'immoralités, ne seront que des départements administrés par les hauts grades et par l'Antéchrist, suprême dictateur devenu leur seul dieu, tel est le but des sociétés secrètes" (ibid, p. 42).

CHAPITRE QUATRIÈME.

L'ALLIANCE-ISRAÉLITE-UNIVERSELLE ET LE CHRISTIANISME.

- Les Juifs ont été les inspirateurs et les fauteurs de toutes les hérésies. Aujourd'hui, ils conduisent toutes les puissances ennemies à l'assaut de la Sainte Église.

Leur tactique. L'Israélitisme libéral et humanitaire se substituant à toutes les religions.

(p. 47)

Monseigneur Meurin, dans le livre que nous avons déjà cité, établit que les Juifs, après avoir crucifié le divin Sauveur, n'ont jamais cessé de poursuivre les Chrétiens de leur haine.

Ils ont été les réels inspirateurs de toutes les hérésies. "Ils ne pouvaient permettre au christianisme de s'établir dans le monde, dit Mgr Meurin, sans lui faire une guerre acharnée, semblable à celle qu'ils firent à Jésus-Christ lui-même".

Le gnosticisme qui désola l'Eglise pendant les trois premiers siècles, fut leur oeuvre.

Le vénérable auteur montre que le système gnostique, dans sa forme la plus parfaite, n'était autre chose que "la Kabbale juive adaptée à une fin spéciale, celle de s'infiltrer dans le christianisme naissant pour le détruire."

C'était on le voit, dès les premiers jours (p. 48) de l'Eglise, le même but que celui qui est poursuivi aujourd'hui par l' Alliance Israélite Universelle, qui à son tour veut "pénétrer" dans le christianisme pour le dissoudre. Mgr Meurin continue: "Ecraser l'infâme hérésie du Nazaréen, a toujours été le plus ardent et haineux désir des juifs déchus. N'ayant pas réussi du premier coup, ils persévèrent avec une ténacité inouïe à attaquer le dogme chrétien en créant toujours de nouvelles sectes, filles de la kabbale, et en associant au venin dissolvant de leur doctrine kabbalistique, la ruse et la violence des passions humaines."

La secte des Ophites, adorateurs du serpent est, comme le Gnosticisme, une fille de la kabbale juive. Mgr Meurin en donne également la preuve.

Le manichéisme a la même origine.

Aujourd'hui, les doctrines de la kabbale juive se retrouvent dans les emblèmes et décors maçonniques. Mgr Meurin emploie son livre tout entier à le démontrer.

Le juif, docteur de l'incrédulité du XVIIIe siècle

(p. 48) Un juif de haute marque, le professeur Darmesteter, que nous retrouverons plus loin, reconnaît, que le juif a été le docteur de l'incrédulité du XVIIIe siècle: "Tous les révoltés (p.49) de l'esprit, dit-il, viennent au juif. Le juif est à l'œuvre, dans l'immense atelier de blasphèmes de l'empereur Frédéric, des princes de Souabe et d'Aragon. C'est lui qui a forgé l'arsenal meurtrier qu'il a légué aux sceptiques de la Renaissance, aux libertins du grand siècle. Le sarcasme de Voltaire n'est que le retentissant écho d'un mot murmuré au temps de Celse et d'Origène, au berceau même de la religion du Christ."

L'historien, qui voyait incessamment éclore sous ses yeux ces diverses hérésies, se demandait: Qui a donc servi de trait d'union entre ces sectes? Qui a propagé ces doctrines à travers les peuples nouveaux ? Comment expliquer les renaissances soudaines de l'esprit païen, avec les mêmes idées, les mêmes symboles et les mêmes pratiques au sein du monde chrétien, à des époques et dans des milieux si divers: avec la Gnose, aux premiers siècles; avec Manès, au IIIe siècle; au XIe, avec les Albigeois; au XIIIe, avec les Templiers, au XVIe, avec les Sociniens; et de nos jours avec les francs-maçons ? Y'a-t-il eu entre ces hérésies diverses de nom, identiques quant à l'esprit, un lien vivant, qui conservait, qui maintenait cet esprit pendant ses sommeils apparents ?

Cela sera l'honneur de Mgr meurin d'avoir le premier appuyé sur un examen sérieux des documents, une réponse que d'autres avaient seulement entrevue. D'après lui, l'agent de transmission des erreurs antiques à travers les âges jusqu'au monde moderne, le véritable fondateur des hérésies, leur inspirateur secret, autrefois comme aujourd'hui, depuis les gnostiques jusqu'aux francs-maçons, c'est le juif. L'apôtre saint Jean signalait son œuvre au Ier siècle, dans les mêmes termes que Mgr Meurin au XIXe siècle: "La synagogue de Satan" (Ap., II, 10.) (Sa démonstration était confirmée par la Renaissance philosophique, revue mensuelle de la Franc-Maçonnerie philosophique, dans le numéro du 25 janvier 1893. L'auteur de l'article, à la suite d'une autre revue de la secte, L'initiation, dit avoir trouvé dans la gnose antique et chez les Indiens, le "sens mystique" de tous les symboles maçonniques: maillet, triangle, étoile, tablier, roses-croix, colonnes, etc., etc.

(p. 51) L'évêque conclut: "Le judaïsme, l'apostasie, les vices et les passions, sous la direction supérieure de Lucifer, montent ensemble à l'assaut de la Jérusalem céleste, espérant que leurs bataillons réunis obtiendront enfin la victoire que n'ont pu, jusqu'à ce jour, leur donner des attaques séparées. C'est leur suprême effort avant de se déclarer vaincus et de rendre les armes. Attendons encore un peu. L'Epouse du Sauveur est accoutumée à vaincre par la souffrance. Elle imite en tout son divin Epoux. La franc-maçonnerie, cette nouvelle synagogue de Satan, sera, comme l'antique synagogue, vaincue par la Croix. Bienheureux ceux qui n'auront pas fléchi le genou devant Lucifer, ni devant son idole!

"Il est vrai, il y aura, selon la prédiction de Jésus-Christ, avant la fin du monde, une dernière bataille livrée à l'Eglise par l'Antéchrist en personne. Avant la suprême catastrophe, l'Eglise doit célébrer son plus beau triomphe par la conquête de toutes les nations et leur soumission à la douce et sainte loi du Crucifié. Nous sommes encore bien loin de la fin. Le monde a encore fait trop peu pour avoir mérité d'être créé".

Qu'aujourd'hui, juifs libéraux "réformateurs" et juifs orthodoxes "traditionalistes" (talmudistes) ne diffèrent que "sur le moyen à employer pour pourvoir à la mission qu'Israël prétend avoir reçue: préparer les voies à celui qu'ils appellent de leurs voeux, leur messie"

(p. 52) Actuellement,... après dix-huit siècles d'inébranlable fixité dans ses croyances et ses pratiques religieuses, Israël s'ébranle. on voit nombre de juifs se faire philosophes, libre-penseurs, n'ayant plus avec les juifs du Talmud d'autre attache que celle de la race et du sang.

On les appelle libéraux en opposition aux traditionalistes. Ils se donnent la qualité de "réformateurs". Ceux que l'on appelle "réformateurs", disent les Archives Israélites, veulent d'un seul coup se débarrasser de toutes les entraves et le Talmud se voit repoussé" (XII, p. 242 et seq., année 1867.)

Les libéraux réformateurs se recrutent surtout parmi ceux qui habitent nos contrées, ceux qui ont bu à la coupe de notre civilisation.

Il ne faudrait point croire cependant qu'en renonçant aux croyances et aux pratiques religieuses de leurs ancêtres, ils renient leur race et abandonnent ses prétentions à la domination sur tous les peuples de la terre. Non, ils rivalisent avec les orthodoxes pour tenir très haut et très ferme l'étendard d'Israël. mais ils prétendent contre ceux-ci que la transformation du judaïsme, en laquelle ils se sont engagés, est nécessaire à l'accomplissement de ses destinées.

"Vos observances surannées, disent-ils aux orthodoxes, empêchent le judaïsme de SE FAIRE ACCEPTER et nous font ainsi manquer au prosélytisme que nous devons exercer." (Archives Israélites, p. 448, année 1867.)

Donc, si les Talmudistes diffèrent des libéraux, c'est seulement sur le point de savoir quel est le meilleur moyen à employer pour pourvoir à la mission qu'Israël prétend avoir reçue. Cette mission, nous la connaissons, c'est de préparer les voies à celui qu'ils appellent de leurs voeux, leur messie. Les Talmudistes continuent à attendre un messie en chair et en os qui les rendra maîtres de l'univers; les libéraux disent qu'il n'y a pas d'autre messie (p. 54) à attendre que la Révolution, dont "les principes" dissolvent toutes les sociétés et préparent leur universel empire. pour répandre ces "principes modernes, pour leur faire porter les fruits qu'ils en attendent, ils estiment nécessaie de se débarasser eux-mêmes des observances auxquelles leurs pères s'étaient assujettis, alors qu'ils croyaient que leur fidélité hâterait la venue du messie personnel. C'est un bagage encombrant, et de plus le juif à l'ancienne mode ne pouvait "se faire accepter". Il faut pourtant arriver à se faire accepter des gens auprès desquels on veut exercer un "prosélytisme".

En quoi consiste ce prosélytisme? Est-ce à engager les fidèles des diverses religions à entrer dans le judaïsme? Jamis les Juifs n'ont eu la pensée de faire du prosélytisme de cette sorte: ils sont un peuple, une race à part, "la première aristocratie du monde", les seuls qui soient vraiment hommes; ils n'ont jamais entendu élever jusqu'à eux les êtres qui n'ont d'humain que l'apparence (Mgr Meurin, après avoir rappelé que Carlile, une autorité maçonnique, donne la définition suivante du juif: "Littéraleemnt c'est le "Dieu de l'homme", demande: "Quelle est donc l'origine de cet orgueil effréné qui porte les juifs à se nommer l'Humanité par excellence et chaque juif un homme vrai, au-dessus de toute créature humaine? Nous n'en doutons pas: c'est le mystère de Lucifer déchu, répété dans le peuple de Dieu déchu.")

(p. 55) Ce qu'ils ont en vue, c'est la domination. Pour établir cette domination, il ne suffit pas d'anéantir le patriotisme dans les cœurs, il faut encore et surtout y éteindre la foi religieuse, car rien ne donne à l'homme autant de dignité et d'indépendance que son union avec Dieu par la foi et la charité; il faut pousser les hommes dans ce que l'un d'eux a fort bien appelé "l'Eglise de la libre-pensée religieuse"

Admirez ce rapprochement: libre-pensée et religion. Ils savent que l'homme est naturellement religieux, et que l'on ne peut détruire sa nature; il faut donc se contenter, et il suffit d'amener les hommes de toutes les religions à une religiosité vague, où chacun croira ce qu'il lui plaira de croire, et rendra à la divinité le culte qu'il lui conviendra de rendre. "Chacun suivant sa conscience, conservera les pratiques du culte rendu au Dieu unique et immatériel, ou les réformera d'après les principes d'un Israélitisme libéral et humanitaire." Grâce à l'ampleur de cette "liberté pratique... le (p. 56) progrès jaillira et la religion universelle ressortira sans qu'aucune conscience ait été réellement troublée..." (Arch. Isr., III, p. 118-119, année 1868.)

Voici encore un mot bien caractéristique, et qui achève d'éclairer la pensée d'Israël et le but qu'il poursuit: "Religion universelle". La religion universelle, c'est la religion catholique. Au vrai catholicisme, "l'Israélitisme libéral et humanitaire" veut substituer une Eglise catholique de sa façon: catholique, parce que tout le monde pourra y entrer et que tout le monde y sera d'accord, vu qu'elle n'imposera aucun dogme [note de la part de Christ-Roi.net: c'est la (fausse) liberté religieuse proclamée au Concile Vatican II (1962-1965)].

[...] Telles sont les idées des Juifs d'aujourd'hui, tels sont leurs projets, exposés par eux-mêmes, et qu'il n'est pas nécessaire d'ailleurs de voir écrits dans les publciations faites par eux et pour eux. Il suffit d'ouvrir les yeux sur ce qui se passe depuis un siècle et surtout depuis vingt ans, dans le monde politique et dans le monde des idées, pour voir l'immense effort (p. 57) qui est fait pour abolir toute trace de foi dans les isntitutions et dans les âmes.

Que cet effort reçoive son impulsion et sa direction du judaïsme, lui-même le dit, il ne s'en cache point: "L' Alliance-Israélite-Universelle ne s'arrête pas à notre culte seul, elle s'adresse à tous les cultes. Elle veut pééntrer dans toutes les religions, comme elle pénètre dans toutes les contrées... que les hommes éclairés, sans disticntion de culte, s'unissent dans cette Association Israélite Universelle, dont le but est si noble et si largement civilisateur... Reconnaître que toutes les religions dont la morale est la base, dont DIEU est le sommet, sont soeurs et doivent être amies entre elles...; FAIRE TOMBER LES BARRIERES QUI SEPARENT ce qui doit se réunir un jour (Nous retrouverons ces mêmes idées exprimées par les mots dans les discours et les écrits des Américanistes) : VOILA LA BELLE, LA GRANDE MISSION DE NOTRE Alliance-Israélite-Universelle. MARCHONS FERMES ET RESOLUS DANS LA VOIE QUI NOUS ES TRACEE. (Archives Israélites., p. 514 à 520, 600-651, année 1861.)

"Les temps sont enfin venus où les faits s'empressent de répondre aux paroles: le plus (p. 58) vaste, le plus merveilleux des temples, un temple dont les pierres sont vivantes et douées de pensée, s'élève pour recevoir dans son élastique enceinte, sous la bannière à jamais sacrée de la raison et de la philosophie, tout ce que le genre humain renferme dans son sein de généreux, d' hostile au mystère et à l'ignorance, de vrais fils de la lumière et de la liberté." (Archives israélites, XXIV, p. 1074, an. 1866.)

En cette même année, un juif, escomptant déjà le triomphe, s'écriait dans son enthousiasme: "Que partout des temples s'élèvent, recevant dans leur enceinte tous les hommes sans disticntion d'origine religieuse! Que tous les coeurs, remplis des mêmes sentiments d'amour, s'épanchent devant le même Dieu. Père de tous les êtres. Que tous soient nourris des mêmes principes de vertu, de morale et de religion, et les haines des sectes disparaîtront (même remarque qu'à la note précédente sur les Américanistes), et l'harmonie régnera sur la terre, et LES TEMPS MESSIANIQUES, prédits par les prophètes d'Israël, SERONT REALISES." Les Archives Israélites, en publiant ces paroles d'Hippolyte Rodrigue, admirent "la grandeur, l'élévation, la générosité des idées qui les ont inspirées. (XIV, p. 628-629, année 1886.)

CHAPITRE CINQUIÈME.

L'AIDE DONNÉE A L'ALLIANCE-ISRAÉLITE-UNIVERSELLE PAR LES PARLEMENTS ET LA PRESSE.

- Direction suprême de la conjuration antichrétienne. Son action sur les rois et les républiques pour établir la laïcisation en tout et partout, mais surtout dans l'enseignement. Le livre de M. Payot. Influence de l'Alliance sur le journalisme (p.65)

(p. 66) Le but de l' Alliance-Israélite-Universelle est, avons-nous dit, d'amener les hommes de tous les pays à renoncer à tout ce qu'il y a de positif dans la religion qu'ils professent, afin d'arriver à les enrôler tous dans une catholicité nouvelle: "L'Eglise de la libre-pensée religieuse." Ce serait une religion vague, (p. 67.) indéterminée, sans autre dogme et sans autre culte que ceux qu'il plairait à chacun d'adopter: religion universelle, puisque tous s'y rencontreraient dans le néant de la foi, comme les vrais catholiques sont unis dans la confession d'un même symbole et dans la possession commune de toutes les vérités qu'il a plu à Dieu de nous révéler.

Non seulement les juifs ont formulé cette prétention, mais eux-mêmes, en grand nombre, sont entrés dans cette voie: ils ont renié le Talmud, ils se sont débarrassés de toutes les entraves judaïques, ils font profession de libre-pensée, pour "se faire plus facilement accepter" et pouvoir entraîner les autres dans ce qu'ils appellent un "israélitisme libéral et humanitaire."

"Nous sommes disent-ils, le type absolu de la démocratie religieuse: chacun de nous est le juge suprême de sa foi." (Arch. Isr., XV, p. 677, année 1867.)

(p. 68) Quels complices l' Alliance recherche-t-elle pour l'aider à ses fins?

D'abord elle agit auprès des rois et des parlements et s'applique à exercer sur eux "cette singulière, infatigable et si mystérieuse influence" que M. des Mousseaux signalait déjà en 1869 (Voir Documents, n. XII.)

Que leur demande-t-elle avant tout et par-dessus tout? La laïcisation.

Il n'est personne qui ne voie, qui ne puisse voir l'effort prodigieux qui est fait depuis un siècle pour tout laïciser, c'est-à-dire pour enlever à toute chose et à tout homme tout caractère religieux. Déjà à l'origine même de la Révolution, de Maistre avait remarqué que c'était là son caractère essentiel. "Examinez, disait-il, toutes les entreprises de ce siècle, vous les verrez (ces hommes de la Révolution) cosntamment occupés à les séparer de la divinité." (Essai sur les principes générateurs des constitutions politiques.) Il serait trop long (p. 69.) de faire paraître ici les multiples aspects sous lesquels se présente cette question de laïcisation ou de sécularisation: elle s'étend à tout, et tous les organes gouvernementaux, sinon toutes les forces de la société, sont employées à la faire triompher.

M. Klein commence le sixième chapitre de son livre Nouvelles tendances en religion et en littérature par ces mots: "Laïciser le christianisme, voilà exactement ce que désire la très grande majorité des chrétiens de lettres. Cette formule est la plus exacte et la plus précise qu'on puisse trouver pour définir le mouvement que nous étudions." (le mouvement néo-chrétien). Et il faut bien qu'il en soit ainsi, il faut bien que la laïcisation soit d'abord dans les esprits pour qu'elle puisse se produire dans les faits; et pour qu'elle soit dans l'esprit de la multitude, il faut qu'elle ait été semée dans les esprits vulgaires par ceux qui font l'opinion.

Eh bien! ceux qui font actuellement (note de Christ-Roi.net: déjà en 1899....) l'opinion, ce sont surtout les juifs: ils occupent les principales chaires de l'enseignement supérieur et ils dirigent la presse...

[...] (p. 71) Mais c'est en faveur de la laïcisation de l'enseignement que l'effort le plus énergique et le plus soutenu s'est porté.

N'est-ce pas une chose prodigieusement étonnante que de voir tous les Etats, catholiques ou protestants, monarchies o urépubliques, promulguant, à peu près en même temps, les mêmes lois pour imposer la neutralité au point de vue religieux dans l'enseignement de la jeunesse (Dans les deux mondes, des lois pour la laïcisation des écoles ont été faites ou complétées, plus radicales ici, là moins exclusives. Comment expliquer, en dehors de la conjuration antichrétienne, un tel accord pour une chose si monstrueuse et dont les effets ont été bientôt si funestes que plusieurs Etats se sont hâtés de corriger leur législation sur ce point?). Mais aussi quoi de plus efficace que cette neutralité scolaire pour atteindre le but visé par l' Alliance Israélite Universelle? Les enfants élevés dans l'ignorance des vérités religieuses et dans l'indifférence à l'égard des devoirs dus à Dieu, appartiennent par le fait à l' Israélitisme libéral et humanitaire, ils sont les éléments tout faits de la (p. 72) "religion universelle", de ce nouveau catholicisme qui doit permettre l'accomplissement des destinées d'Israël.

Les Juifs comprennent si bien l'importance de l'école neutre pour préparer l'établissement de leur Israélitisme humanitaire que, de même qu'ils se font eux-mêmes libéraux et libres-penseurs pour pouvoir exercer plus efficacement leur prosélytisme en faveur de la religion de la libre-pensée, ils préfèrent faire élever leurs propres enfants dans l'indifférence à l'égard de leur propre religion, plutôt que de renoncer à tenir les enfants chrétiens dans cette atmosphère d'indifférence et de neutralité. [...]

(p. 74) [...] Veut-on la preuve qu'en France, la loi de neutralité des écoles n'a point d'autre but dans la pensée de ceux qui nous l'ont imposée et dans celle de plusieurs de ceux qui en urgent l'application?

Un inspecteur d'Académie, M. Payot, vient de publier un livre intitulé: AVANT D'ENTRER DANS LA VIE.(p. 75) Aux instituteurs et isntitutrices, conseils et directions pratiques.

Ce livre est offert aux jeunes hommes et aux jeunes filles des écoles pour apprendre, à ceux qui aspirent à l'honneur d'être isntituteurs ou institutrices, ce que l'école normale va faire d'eux, et ce qu'ils devront être et faire lorsqu'ils seront chargés de l'éducation de la jeunesse française.

Ce qu'ils vont devenir à l'école normale au point de vue de la foi, leur est dit sans détours aux pages 11 et 12. "L'enfant arrivé de son village non pas croyant (car qu'est-ce qu'une croyance qui n'a jamais subi de discussion?), mais croyant croire, CESSE PEU A PEU DE CROIRE, et... il souffre de ce changement, si considérable en apparence, de son point de vue sur le monde... Cette crise est beaucoup plus pénible quand elle se produit sur les jeunes filles.'

Voilà les parents bien et dûment avertis (p. 76) par un homme qu'ils ne peuvent récuser, un inspecteur d'Académie, qui a vu, qui a constaté ce qu'il dit, et qui n'en est point autrement ému.

Mais ce n'est point à cela que nous voulons nous arrêter; nous ne le savions que trop, et il suffit de prendre acte de l'aveu.

Ce qui suit met en pleine lumière le but visé par l'isntitution de l'école neutre, et montre son identité avec le but poursuivi par l' Alliance-Israélite-Universelle.

Après avoir dit que les élèves des écoles normales y perdent infailliblement la foi, M. l'Inspecteur Payot dit qu'il est nécessaire de remplacer la foi "par une très forte culture morale indépendante de tout enseignement confessionnel."

Il ne nous dit point, et pour de bonnes raisons, par quels moyens il produira "cette forte culture morale" en mettant de côté tout enseignement, tout frein, toute pratique tirés de la religion.

Mais, prenant le langage de l' Alliance-Israélite-Universelle, il dit que cette culture morale est aussi une foi, une religion, mais une religion supérieure à toutes les autres, et (p. 77) dans laquelle toutes peuvent et doivent se confondre:

"Nous devons nous placer à un point de vue supérieur aux religions particulières et qui n'impose à la raison et à la plus absolue liberté de penser, aucun sacrifice.

"A côté, et nous ne craignons pas de dire au-dessus des religions qui divisent les esprits, il y a place pour une religion vraiment universelle, acceptable pour tous les esprits pensants et qui renferme les religions particulières, comme le genre renferme les espèces" (P. 14).

N'est-ce point mot pour mot le langage des Archives Israélites ?

Les choses étant telles, on comprend qu'en Amérique comme en Europe, le clergé ait fait les plus grands sacrifices pour élever, à côté de l'école neutre officielle, l'école libre religieuse. Mais, chose qui ne peut évidemment s'expliquer que par l'ignorance absolue du but poursuivi, l'un des chefs de l'Américanisme a tenté de faire disparaître les écoles confessionnelles dans son pays. Rome a dû intervenir, et le préfet de la Propagande a adressé à tous les évêques d'Amérique une (p. 78) lettre où il est dit: "Quelques personnes ont cru à tort que les écoles officielles n'offrent pas de danger, et que les enfants catholiques peuvent y être envoyés. Mais le fait que de tels établissements excluent de leur programme la vraie religion, cause un grand préjudice à cette religion elle-même".

Avec la loi scolaire, combien d'autres lois poursuivent dans toutes les directions de l'activité humaine ce qu'ils appellent "la laïcisation"! Il n'est pas téméraire d'attribuer l'inspiration de ces lois à la même influence et à la poursuite du même dessein.

Il faut que les Ordres religieux, qui sont le rempart de l'Eglise catholique, disparaissent: de là les lois faites pour amener leur ruine à bref délai.

(p. 79) Il faut que l'influence acquise par le clergé par tant de siècles de bienfaits soit annulée: et il est chassé de toutes les positions qu'il occupait, de tous les conseils où il pouvait faire entendre sa voix. il faudrait que les sources du sacerdoce se tarissent: de là la loi du recrutement des ecclésiastiques. Il faudrait que l'exercice du culte fût rendu impossible: de là la loi sur les Fabriques et ces sourdes menées de l'administration qui ont petit à petit enlevé à la paroisse et au diocèse la propriété des églises et des cathédrales, des cures et des évêchés, pour la transférer aux communes et à l'Etat. Il fallait enfin introduire le désordre dans la famille pour la détacher de l'Eglise: de là la loi du divorce et les encouragements donnés à la débauche sous toutes ses formes.

En même temps que l'œuvre, - "la grande œuvre de l'humanité", - comme dit l' Univers (p. 80) Israélite, est poursuivie par voie législative, il était nécessaire d'agir sur l'opinion. Cette mission a été donnée à la presse. Parmi les supérorités que M. des Mousseaux reconnaît aux juifs, il met en bon rang celle-ci: "supériorité dans l'art professoral du sophiste, habile à mêler aux doctrines du théologien et du publiciste les subtilités où l'esprit s'égare, le venin des doctrines enivrantes qui pervertissent les individus et font tomber les peuples en démence." NdlR (Hélas! n'y sommes-nous point?) En France, en Europe, dans toutes les parties du monde, les Juifs ont créé ou acquis les journaux les plus influents, ils ont des hommes de leur race dans toutes les rédactions; et par un moyen ou un autre, directement ou indirectement, ils font trop souvent entrer jusque dans les journaux catholiques des faits, des idées, des appréciations qui favorisent l'exécution de leurs plans.

Nous n'avons nullement l'intention d'incriminer qui que ce soit, mais seulement de faire toucher du doigt la justesse de ces observations.

N'a-t-on point vu, lors de la dernière campagne électorale, des journaux catholiques (p. 81) donner le conseil de voter pour des candidats francs-maçons déclarés, de préférence à tels catholiques pratiquants ou hommes d'œuvres ? (Voir Documents, N. XV.)

N'a-t-on point vu, au cours de cette même campagne, un prêtre, M. l'Abbé Dabry, rédacteur d'un journal dirigé par un autre prêtre, M. l'Abbé Garnier, y dire que "les récréminations purement catholiques doivent cesser", que "depuis vingt ans, aucune atteinte n'a été portée à la liberté essentielle de l'Eglise en France ?" (on est en 1899, soit six ans avant la loi de 1905...)

Ceux qui, depuis vingt, ont fait et appliquent les lois que nous rappelions plus haut, ont un suprême intérêt à ce que les organes écoutés des catholiques disent et répètent: "Depuis vingt ans, aucune atteinte n'a été portée à la liberté essentielle de l'Eglise;" ou: "Tranquilisez-vous! la politique libérale et le respect de la religion sont à l'ordre du jour. Vous n'avez rien à craindre: Brisson a un programme modéré." (Voir Documents, n. XV.)

Nous serions infini si nous voulions dire les mille moyens par lesquels la presse libérale (p. 82) à tous les degrés, presse impie, presse révolutionnaire d'un bout du monde à l'autre, et tous les jours, avec un ensemble merveilleux, agit sur les esprits pour les déchristianiser. Chacun de ces journaux sait admirablement mesurer la dose de venin qu'il doit présenter à ses lecteurs selon la classe où il les recrute, celle à laquelle ils appartiennent par leur culture intellectuelle et leurs dispositions morales.

Dans les thèses qu'ils développent, dans les faits qu'ils rapportent, dans la manière dont ils les représentent, vous truverez toujours l'esprit des "principes modernes" dont "le développement et la réalsiation, au dire d'Israël lui-même, sont la plus sûre garantie du présent et de l'avenir du judaïsme, et la condition la plus énergiquement vitale pour l'existence expansive et le plus haut développement du judaïsme."

L'inoculation quotidienne de ces "principes" dans les têtes catholiques, a pour inévitable effet de transformer peu à peu le vrai chrétien, sinon en fidèle, du moins en catéchumène de cet "Israélitisme libéral", de cette "religion universelle qui doit (p. 83) permettre "l'accomplissement des destinées d'Israël."

Il est facile à chacun de voir si cette transformation commence à s'opérer en lui; il n'a qu'à s'interroger sur l'Eglise et à se demander quelle idée il s'en fai actuellement.

Est-il encore intimement convaincu et pénétré de ces vérités:

Que Dieu a fondé de ses propres mains une société spirituelle dans laquelle tous les hommes sont appelés, et qui seule possède toutes les vérités révélées et tous les moyens de salut;

Que cette société est parfaite en elle-même, ayant reçu de Dieu même une constitution qui lui est propre, sur laquelle la société civile ne peut rien; que cette société a le droit de se régir par ses propres lois, et que toute entrave, toute contrainte essayée contre elle de quelque part qu'elle vienne, est criminelle, sacrilège, impuissante à créer aucun droit?

C'est à détruire ces notions dans l'esprit des catholiques que s'acharnent tous ceux qui, le sachant ou ne le sachant point, travaillent à la grande œuvre.

(p. 84) L'Américanisme viendrait-il, lui aussi, prêter à cette œuvre un concours qui n'est certaienement poit dans ses intentions, amis qui pourrait résulter de la poursuite d'un bien illusoire? Ce que nous avons déjà dit peut le faire craindre.

Il est bon d'examiner la chose de plus près.

CHAPITRE SIXIÈME.

L'ALLIANCE-ISRAÉLITE-UNIVERSELLE ET L'AMÉRICANISME.

- L'Alliance: son but et ses agents rappelés. Quels rapports a-t-elle avec l'américanisme? Peut-être une influence secrète. Des principes communs. Le Broadmindednen: en Amérique, en France 85

(p. 85)

L'indifférence dont sont tentés les hommes du jour se formule ainsi: Toutes les religions sont également bonnes.

(p. 86) Tout contribue à accréditer cette erreur: la législation, les idées, les moeurs. Et c'est pourquoi tout homme sérieux doit s'interroger à ce sujet, se demander où en sont actuellement ses convictions sur l'Eglise, sur son isntitution divine et la nécessité de lui apaprtenir pour parvenir aus alut.

Il est peu d'esprits chez lesquels les isntitutions actuelles, les moeurs, et surtout la liberté de la presse, n'ainet plus ou moins obnubilé ces vérités premières.

Mais de plus, il y a actuellement dans le monde une vaste conspiration pour propager cette indifférence.

Elle prétend arriver à faire embrasser à tous les hommes ("de bonne volonté"), ce qu'elle appelle "la religion universelle" ou "la démocratie religieuse", à les faire entrer tous dans une nouvelle Eglise, "l'Eglise de la libre-pensée religieuse" où chacun serait libre de se composer un symbole à sa convenance personnelle.

C'est le but, nous l'avons vu, que s'est assigné l' Alliance-Israélite-Universelle. Répandue dans le monde entier, elle agit partout en ce sens, et aprtout elle a su donner des (p. 87) auxilaires qui travaillent à la réalsiation de ses projets. C'est la Franc-Maçonnerie, qui, lentement mais sûrement, démolit une à une toutes les pièces de l'édifice catholique, sachant bien, comme le disait à Vienne, un interlocuteur de Dom Pitra, que, "une fois les nations catholiques vaincues, on n'aura qu'à souffler sur le protestantisme pour le faire disparaître"; ou que, comme Michelet l'écrivait à Eugène Sue: "le protestantisme n'est qu'une plante parasite qui ne vit que de la sève du catholicisme. Quand nous en aurons fini avec l'Eglise catholique, il mourra de lui-même, ou s'il en est besoin, nous l'achèverons d'un coup de talon de notre botte."

C'est la presse, dont l'effort le plus général et le plus cosntant est de faire régner "la tolérance", mot d'ordre maçonnique, fait pour énerver toutes les résistances au mal, toutes les oppositions à l'erreur.

C'est l'enseignement supérieur, où règnent les juifs, les protestants et les néo-chrétiens: ces derniers, plus dangereux peut-être même que les autres au point de vue où nous sommes ici placés, à cause de la sympathie qu'éprouvent pour eux les catholiques qui se lancent (p. 88) "vers l'avenir", et à cause de leur action "sur toute l'élite de la jeune géénration", à laquelle ils impriment "ce mouvement d'esprit qu'on pourrait presque appeler évangélique", mais qui, enr éalité, est réfractaire au dogme, à la vérité révélée.

Ils parlent de leur "foi", mais, comme le fait observer M. Lasserre (in La crise chrétienne, p. 43 et 167.): "Si on leur demande quelques renseignements sur l'objet et les fondements de leur croyance, cette question les laisse non pas perplexes, mais dédaigneux. Ils répondent que le dogme ne leur plaît guère, mais que la morale les ravit."

Ce sont les inventeurs de l' "apologétique nouvelle", qui dénient à la démonstration traditionnelle de la vérité du christianisme et de la divinité de l'Eglise, toute valeur scientifique, pour lui substituer la méthode d' immanence, c'est-à-dire un terrain purement subjectif, aussi ruineux qu'insuffisant à un être social comme est l'Eglise.

C'est l'Ecole primaire neutre, qui fait descendre jusqu'aux classes les plus infimes de la société et les plus incapables de s'en défendre, le mépris du surnaturel.

(p. 89) C'est l'action gouvernementale qui par ses lois qui tendent à tout laïciser; par ses administrations diverses qui, chacune dans sa sphère, s'appliquent à tirer de ces lois tout ce qu'elles peuvent donner et au-delà; par ses focntionnaires de tout ordre, les exemples qu'ils donnent, les persécutions qu'ils ont mission d'exercer.

C'est encore l'impulsion donnée à tout ce qui peut porter les hommes vers le plaisir et détourner leurs regards de leurs fins dernières.

Par tous ces moyens et apr d'autres encore, la conspiration antireligieuse "pénètre dans toutes les religions" pour les dissoudre, dans tous les coeurs, pour les livrer comme une proie facile à l'Israélitisme libéral et humanitaire.

Tout esprit tant soit peu attentif à ce qui se apsse dans le monde, ne tarde point à voir que l'oeuvre, non seulement est commencée, mais qu'elle avance de jour en jour dans le siège qu'elle fait subir à la foi.

Et en même temps, il y a, avons-nous dit, la conspiration contre la patrie, moins ouverte, mais non moins réelle; car il faut que l'une et l'autre tombent pour faire place à cette "Jérusalem du nouvel ordre, saintement assise entre l'Orient et l'Occident, qui doit se substituer à la double cité des Césars et des papes."

Le comble serait que des ministres du clergé catholique, sous l'empire d'illusions aussi décevantes que généreuses, vinssent apporter un concours quelconque à dette conspiration que l'on peut appeller universelle, et contribuer pour quelque part à ébranler la fermeté d'adhésion que l'âme chrétienne doit avoir à la Sainte Eglise catholique, seule arche de salut.

La judaïsation

(p. 90)

M. Gouguenot des mousseaux, dans son livre si documenté: Le juif, le judaïsme et la judaïsation, consacre une page à énumérer les supériorités des juifs, cette race divinement douée et divinement déchue, qui, dans son ensemble et sauf d'honorables exceptions, emploie au mal les dons qu'elle a reçus, comme le font les mauvais anges.

Il dit: ".... Supériorité surtout, - et c'est là l'une des plus insignes aux yeux de l'observateur sagace, - supériorité sans égale à CACHER, soit dans le cosneil réfléchi des rois, soit dans le cosneil tumultueux des peuples, (p. 91) leur singulière et infatigable INFLUENCE."

Leur influence dans le conseil des rois, l'hsitoire ne parvient à la découvrir que longtemps après qu'elle s'est exercée. le livre du P. Deschamps, revu par M. Claudiot Jannet, est plein sous ce rapport de curieuses révélations. Leur influence dans les parlements républicains est devenue si manifeste, qu'ils ne tendent plus de la cacher: ils prennent ouvertement l'initiative des lois les plus funestes.

Si "singulière" qu'elle soit, cette influence cherchez-t-elle à atteidnre plus haut et arrive-t-elle? peut-elle prendre assez de détours, se cacher et se masquer si bien, tellement envelopper les idées qu'elle cherche à répandre, qu'elle ne laisserait point soupçonner sa présence, reconnaître son action, découvrir le poison de ses doctrines à ceux-là mêmes qui sont chargés de veiller pour end éfendre les autres. Qui pourrait le dire avec certitude et surtout avec preuves?

Ce qui est certain, ce qui est incontestable, c'est qu'il y a entre l'esprit juif et l'esprit américansite un point de contact dans les principes de 89.

(p. 92)

Nous avons entendu les juifs les proclamer et dire le parti qu'ils en tirent. Pour les Américains, leur état social et mêmes religieux repose entièrement sur ces principes; ils s'en louent hautement, et même les Américanistes nous disent savoir que "les idées américaines sont celle que Dieu veut chez tous les peuples civilisés de notre temps." Aussis 'en font-ils consciencieusement les évangélistes.

Hâtons-nous cependant de dire que si les immortels principes sont prônés et propagés par les juifs et par les Américanistes, ils le sont dans des vues bien différentes.

Les juifs espèrent en faire sortir "l'Israélitisme libéral et humanitaire", les Américanistes "une nouvelle ère pour l'Eglise", "une ère que l'imagination aura peine à concevoir", tant elle sera féconde et belle! (Note de Christ-Roi.net: Cela sera encore le même argument employé par les progressistes au concile vatican II pour faire passer les nouveautés: le "nouveau Printemps de l'Eglise".....)

Les intentions de ceux-ci sont assurément bonnes, et le zèle qu'ils déploient part d'un bon naturel. Est-il éclairé? Saint Paul disait déjà de certains hommes de son temps: "Je leurs rends le témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu, mais c'est un zèle qui n'est pas selon la science (Rom., X, 2)."

(p. 93) Toujours le zèle a dû être éprouvé dans un double creuset, avant que carrière ait pu lui être donnée: le creuset de la doctrine et celui de l'obéissance. Présumant de lui-même et se lançant à l'aveugle, il a trop souvent accumulé les ruines.

Or, la présomption, la "confiance en soi", est l'un des traits les plus caractéristiques de l'Américanisme; ses partisans s'en parent avec orgueil; c'est à ce trait qu'ils veulent être reconnus et par lui se distinguer des autres. ils disent que c'est sur "l'intensité de force et de grandeur à laquelle cette confiance en soi élèvera la personnalité humaine", qu'ils comptent pour faire entrer l'Eglise dans "cette ère nouvelle, que la la parole humaine aura peine à exprimer à moins de recourir au langage prophétique" (Voir Documents, n. XVI.)

En aucun temps, une telle présomption n'est bonne. Mais c'est surtout en de stemps troublés comme ceux où nous sommes, que l'on doit, si l'on ne veut dévier, se défier de soi-même et se tenir fermement attaché à la doctrine telle que l'autorité la présente à l'adhésion de notre esprit et de notre coeur. Or, les Américanistes peuvent-ils espérer (p. 94) procurer à l'Eglise, par la propagande des principes de 89, une ère de prospérité inouïe ?

La Déclaration des droits de l'homme fut condamnée par Pie VI, et c'est d'elle que procèdent toutes les erreurs modernes: la liberté de la personne humaine à l'égard de DIEU; puis, comme conséquences: la liberté de pensée et la liberté de la presse, la liberté de conscience et la liberté des cultes, la souveraienté de la société et son indépendance de l'Eglise; la souveraienté nationale ou le droit de faire des lois qui relèvent non de Dieu mais d'une majorité parlementaire. Toutes ces "monstruosités" furent condamnées de nouveau par Grégoire XVI dans son encyclique Mirari vos et par Pie IX dans le Syllabus. nous ne disons point que ces erreurs sont expressément professées par tous et chacun des Américanistes, mais c'est sur elles que repose l'édifice américain, qu'ils présentent à l'admiration et à l'imitation de tous les peuples civilisés.

Parlant de l'un des faux principes sur lesquels est constituée la république américaine, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, Léon XIII dit: "Les catholiques ne sauraient trop se garder de soutenir une telle séparation. En (p. 95) effet, vouloir que l'Etat se sépare de l'Eglise, ce serait vouloir, par une conséquence logique, que l'Eglise fût réduite à la liberté de vivre selon le DROIT COMMUN. Cette séparation, il est vrai, se produit dans certains pays. C'est une manière d'être qui, si elle a SES NOMBREUX ET GRAVES INCONVENIENTS, offre aussi quelques avantages, surtout quand le législateur, par une heureuse inconséquence, ne laisse pas que de s'inspirer des principes chrétiens; et ces avantages, BIEN QU'ILS NE PUISSENT JUSTIFIER LE FAUX PRINCIPE DE LA SEPARATION, NI AUTORISER A LE DEFENDRE, rendent cependant digne de tolérance u nétat de choses qui,n pratiquement, n'est aps le pire de tous.

"Mais en France, nation catholique par ses traditions et par la foi présente de la grande majorité de ses fils, l'Eglise NE DOIT PAS être mise dans la situation précaire qu' ELLE SUBIT chez les autres peuples. les catholiques peuvent d'autant moins préconiser la séparation, qu'ils connaissent mieux les intentions des ennemis qui la désirent. (Encyclique du 16 février 1892. Voir Dcouments, n. XVII.)

La liberté de pensée, la liberté de la presse, (p. 96) la liberté de cosncience, la liberté des cultes, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, ce sont là les grandes causes de la propagation de l'indifférence religieuse dans les masses popualires. Il en est une autre non moins efficace, c'est la tolérance, cette tolérance dont la franc-maçonnerie fait le premier de tous les droits et le premier de tous les devoirs dans l'ordre religieux.

Lorsque cette tolérance se manifeste par des sympathies publiquement données, sinon à l'hérésie du moins à ses fauteurs, elle cause un vrai scandale, en tant qu'elle affaiblit dans l'esprit de la multitude le respect dû à la vérité et l'aversion que toute âme droite éprouve pour l'erreur. Ce scandale atteint son maximum de perversion s'il est donné par des prêtres et surtout par des prélats (Note de Christ-Roi.net: cette remarque de mgr Delassus est prophétique compte tenu des énormités scandaleuses consécutives aux avancées progressistes du calamiteux concile Vatican II).

Faut-il citer des faits particuliers pour montrer à quelles excessives limites cette tolérance a été parfois portée? Lors de l'inauguration de Salt-Lake-City, de la statue du fondateur du mormonisme, un évêque a cru pouvoir pousser la complaisance à cette cérémonie et bénir le monument. Un autre, dans le même esprit, (p. 97) a écrit une lettre publique pour souhaiter la bienvenue au général de l'Armée du salut.

Et ce ne sont point des faits tellement isolés qu'il y ait lieu de ne pas en tenir compte. Un prêtre belge, qui exerce le saint minsitère en Amérique, écrivait en 1896 au Courrier de Bruxelles: "Nous souffrons ici de ce qu'on appelle le Broadmindednen. Il n'est pas facile de rendre ce mot correctement en français. On peut dire cependant qu'en général il signifie: "Un libéralisme bien large, une tolérance outrée."

"Pour plusieurs de nos journaux catholiques, la grande vertu, le plus grand mérite d'un évêque ou d'un prêtre est d'être Broadminded, c'est-à-dire qu'il a les vues larges, qu'il est bien tolérant afin de plaire aux protestants. Si quelque prêtre plus tolérant encore se promène dans les rues bras dessus, bras dessous avec son Rév. confrère protestant, c'est leur idéal. Si ce même prêtre se laisse entraîner par sa complisance à prêcher même dans un temple protestant à la place du ministre, en évitant soigneusement ce qui pourrait déplaire à ses auditeurs protestants, et laissant ordinairement dans leur esprit cette impression, qu'après tout la différence entre la religion catholique et le protestantisme n'est point si grande, voilà bien le modèle d'un parfait prêtre américain" (Voir Documents, n. XVIII.)

"De tout cela il résulte, ajoute ce correspondant, une étrange facilité des catholiques, d'entrer dans certaines sociétés secrètes qui, pour toute religion, n'offrent à leurs adeptes qu'un naturalisme un peu déguisé."

Ce naturalisme ne fait-il point penser à l' Alliance-Israélite-Universelle et à ce ce qu'elle se propose d'obtenir?

Grâce à Dieu, les choses sont loin d'en être arrivées à ce point en France.

Et cependant, quelques-uns parmi nous ne sont-ils point sur la voie qui y conduit?

Un journal, pourtant bien indifférent aux choses religieuses, le Journal des Débats, parlait dans son numéro du 28 septembre 1895 de "certains prêtres qui sont à l'avant-garde du clergé français"; et voici ce qu'il en disait: "Ils croient que la tolérance est devenue une des vertus indispensables au christianisme pour l'accomplissement de sa mission sociale.C'est là sans doute une façon (p. 99) de parler trop absolue, trop précise, et ces prêtres sont assez prudents pour ne point formuler des maximes générales (Note: qui paraîtraient par trop hérétiques); mais au fond, c'est bien là l'arrière-pensée qui les dirige lorsqu'ils prennent l'iniative des congrès de religions."

Nous aurons à parler de ces congrès. Rapportons seulement ici un mot qui vient bien à notre sujet. le secrétaire d'une section du congrès des religions qui fut tenu à Indiano-polis, M. Jones, en tira cette conclusion: "Il semble que partout quelque chose de profond pénètre dans le monde religieux aujourd'hui. Sans concurrence de croyances, sans tenir compte des bornes de séparation, toutes les organsiations religieuses se développent fraternellement, etc."

L'abbé Charbonnel, dans l'article de la Revue de Paris où il présentait le projet d'un congrès des religions à tenir à Paris, regardait la chose comme déjà faite. "il semble bon, disait-il, que toute l'humanité soit désormais dans une religion suprême, la religion de la Paternité de Dieu et de la Fraternité des hommes." (Histoire d'une idée, p. 44.)

Y a-t-il quelque chose qui puisse mieux répondre aux desiderata de l' Alliance-Israélite-Universelle que le mouvement constaté par ces paroles? Et n'est-ce point un devoir de premier ordre que de le signaler pour en arrêter dès le début les progrès?

M. l'abbé Garnier disait en 1891: "Il faut monter dans le train.' Fort bien, mais après s'être assuré qu'il est bien aiguillé.

"Le catholicisme, a dit Mgr Isoard (Le système du moins possible - Aujourd'hui, demain.), rendant admirablement la pensée de tous les siècles chrétiens, un soi-même parfaitement constitué, absolu, incommunicable. Il est LA religion.

"Tous les efforts de l'ennemi tendent à entamer cette personnalité et à en faire UNE religion."

C'est ce que veut la juiverie, nous l'avons vu, c'est ce qu'amènerait l'Américanisme, nous le verrons de mieux en mieux.

CHAPITRE SEPTIÈME.

L'ÉVOLUTION RELIGIEUSE SELON LES AMÉRICANISTES.

- Du nouveau! du nouveau! L'avenir nouveau de l'Eglise par l'évolution...

Mot peu convenable. Le progrès dans l'Eglise d'après S. Vincent de Lerins. Progrès et évolution d'après M. F. Brunetière. L'évolution d'après les américanistes: avant JÉSUS-CHRIST; dans la conversion du monde romain; dans l'Eglise. Evolution du dogme. Les devoirs que l'évolution impose à l'Eglise. Evolutionistes 101


(p. 102) M. l'Abbé klein disait dans la préface qu'il a donnée à la Vie du P. Hecker: "Son oeuvre unique et originale est d'avoir montré les harmonies profondes qui rattachent le nouvel état de l'esprit humain au véritable christianisme". "Les idées américaines qu'il préconisait sont, il le savait, celles que Dieu veut chez toutes les peuples civilisés de notre temps"...

Ces idées, c'est tout d'abord, avons-nous dit, les principes de 89, plus ou moins acceptés dans leur forme abstraite, mais préconisés dans leur application pratique.

Ce sont ensuite des idées toutes nouvelles que les Américanistes ont mises au jour et dont ils attendent merveille pour le plus grand bien de l'Eglise et du genre humain...

La première, la plus fondamentale de ces idées, celle dont sortent toutes les autres par voie de conséquence, c'est qu'il se fait actuellement dans le monde une EVOLUTION à laquelle doit participer le christianisme pour se rattacher au nouvel état de l'esprit huamin chez (p. 103) tous les peuples civilisés de notre temps (Voir Documents, n. XIX.)

"Les temps sont solennels, a dit Mgr Ireland, dans son discours L'EGLISE ET LE SIECLE. A aucune époque de l'histoire, depuis lère chrétienne, on n'a vu des changements aussi profonds et aussi importants. Il s'opère dans la sphère de l'activité humaine une révolution complète. Les découvertes et les inventions nous ont ouvert un nouveau monde matériel. Les conditions sociales et politiques ont été transformées. le désir de connaître est intense, et l'oeil perçant de l'intelligence pénètre jusque dans les abîmes mystérieux de a terre et du ciel. L'ambition de l'esprit enfiévrée par des succès merveilleux dans tout le champ des connaisances humaines, apris son essor avec plus d'audace, et nie qu'il puisse exister aucune limite à son savoir. Le coeur humain se laisser aller aux rêves les plus étranges; ils s'use en efforts désespérés pour détruire les barrières qui s'opposent à l'accomplissement de ses désirs. Du nouveau! tel est le mot d'ordre de l'humanité, et renouveler toutes choses est sa ferme résolution. C'est dans ce but que se sont dépensées toutes (p. 104) ses activités, activités dont nous avons le type, quelque part qu'elles s'exercent, dans la vapeur et dans l'électricité, les forces nouvelles des corps.

"le moment est opportun pour les hommes de talent et de caractère entre les fils de l'Eglise de Dieu. Aujourd'hui la routine de l'ancien temps est fatale; aujourd'hui les moyens ordinaires sentent la décrépitude de vieillesse; la crise demande du nouveau, de l'extraordinaire; et c'est à cette condition que l'Eglise enregistrera la plus grande de ses victoires dans le plus grand des siècles historiques" (Dsicours prononcé dans la cathédrale de Baltimore, le 18 octobre 1893, à l'occasion du 25e anniversaire de la consécration épiscopale du cardinal Gibbons.)

De telles paroles sont capiteuses, et il serait facile de nommer les publicistes et les orateurs qui s'en sont envirés.

Mais quel est donc ce renouveau,c et extraordianire qu'il faut à l'Eglise pour répondre aux conditions nouvelles des esprits et du monde? Où en trouver l'indication?

M. l'abbé Klein répond à cette question dans la préface qu'il a mise à la Vie du P. (p. 105) Hecker. Il nous dit où "les hommes de talent et de caractère entre les fils de Dieu" pourront trouver le guide qui les mènera dans les voies nouvelles que demande le temps présent, pour ensuite y diriger les autres. C'est dans la Vie du P. Hecker.

"Pas un livre paru depuis cinquante ans ne projette une lumière plus vive sur l'état présent de l'humanité ou sur l'EVOLUTION RELIGIEUSE du monde", que cette Vie. "Le P. Hecker a tracé et résolu en lui l'idéal du prêtre pour l' avenir nouveau de l'Eglsie".

Observons d'abord qu'il y a dans cette réponse un mot, le mot évolution, qui se retrouve à tout instant sur les lèvres ou sous la plume des Américanistes...

CHAPITRE HUITIÈME.

COMMENT LES AMÉRICANISTES VEULENT PROCURER L'EXPANSION EXTÉRIEURE DU CHRISTIANISME.

- Réformes imposées par l'évolution actuelle de l'humanité dans les moyens de propager la foi. Situation religieuse en Amérique. Zèle du P. Hecker.

Moyens du zèle américaniste

  • développer les principes de 89.
  • abolir la douane,
  • détruire les barrières et les hostilités qui séparent les races,
  • retour à l'unité des enfants de Dieu longtemps divisés (p. 124)
  • détruire les divisions et les hostilités religieuses
  • créer un congrès international des religions où tous viendraient s'unir dans une tolérance et une charité mutuelles,
  • plus de polémiques,
  • écarter les dogmes
  • tolérance sans limites même dogmatiques,
  • ne considérer que les résultats dans la morale.

Aboutissement: l'Israélitisme libéral et humanitaire. 126

(p. 131) "Quiconque a lu l'histoire ne peut s'étonner de telles abberrations; et pour les autres ils doivent se souvenir de la parole de Notre Seigneur: "Il est nécessaire qu'il arrive des scandales". Ils sont nécessaires pour la même raison que tous les autres maux, pour la formation, l'épreuve et le perfectionnement des élus.

CHAPITRE NEUVIÈME.

LES CONGRÈS DES RELIGIONS.

- Mise en pratique des procédés ci-dessus. Congrès de Chicago. Sa composition. Sujets traités par le P. Elliot, Mgr Irland, M. Keane. Triomphe de Mgr Keane. Conclusions du Rev. Barrows et de M. Bonnet-Maury.

Congrès de Paris (1900) pour l'union suprême des religions. Initiative prise par des prêtres catholiques: l'abbé Charbonnel, l'abbé Lemire, l'abbé Naudet; les universitaires, le pasteur Sabatier, le rabbin Zadoc-Kahn, le spirite Synésius 133

(p. 134) "C'est l'Eglise catholique, chacun en a le sentiment, qui devra faire, pour cette grande idée du congrès universel des religions, les concessions les plus généreuses".

(p. 135) Eh! sans doute,s eule elle a des dogmes immuables, seule elle aurait à se diminuer, ou plutôt à s'anéantir. L'auteur de ces lignes (M. Charbonnel), voulait bien donner l'assurance que "cette générosité (!) aurait son retour".

Qu'on n'objecte point que ce programme est celui d'un apostat. M. Charbonnel, lorsqu'il le traça, non seulement était encore abbé, mais c'est après l'avoir tracé qu'il reçut les adhésions qu'on lira aux documents, et qu'il fut reconnu sans conteste orgaisateur du congrès projeté...

CHAPITRE DIXIÈME.

COMMENT LES AMÉRICANISTES VEULENT PROCURER L'AVANCEMENT INTÉRIEUR DE L'EGLISE.

- Transformation des rapports de l'âme avec DIEU nécessitée par l'avènement de la démocratie: voeux de religion, vertus passives, confiance en soi-même, direction de l'Esprit-Saint.

L'abbé Naudet et l'Imitation de JÉSUS-CHRIST.

Les dévotions européennes peu prisées. Ascétisme naturaliste. Le paradis ici-bas. Antichristianisme. Bossuet et le signe donné à la crèche.

Louis Veuillot et la tentation de JESUS au désert 167

(p. 166-167) "Au commencement de l'Evangile selon S. Matthieu, dit Louis Veuillot (L'illusion libérale), le tentateur s'approche de Jésus retiré dans le désert... le transporte sur le sommet du temple et lui dit: "Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas, car il est écrit que les anges veilleront sur vous, vous soutiendront de leurs mains et empêcheront que votre pied ne heurte contre la pierre." JESUS lui répond: "Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu."

Le libéralisme renouvelle cette scène. Il dit à l'Eglise: "Si vous êtes de Dieu, si vous avez la parole de Dieu, vous ne risquez rien de quitter le sommet du Temple: jetez-vous en bas, allez à la foule qui ne vient plus à vous, dépouillez-vous de ce qui lui déplaît en vous..., dites-lui des paroles qu'elle aime d'entendre, et vous la reconquerrez; car Dieu est avec vous! Mais les paroles que la foule aime d'entendre ne sont pas les paroles sorties de la bouche de Dieu, et il est toujours défendu de tenter le SEIGNEUR."

"Suivre le courant", c'est à quoi se résument ces fameuses inventions et ces grandes fiertés du Libéralisme catholique.

Et pourquoi suivre le courant? Nous sommes (p. 168) nés, nous sommes baptisés, nous sommes sacrés pour remonter le courant. Ce courant d'ignorance et de félonie de la créature, ce courant de mensonge et de péché, ce courant de boue qui porte à la perdition, nous devons le remonter et travailler à le tarir. Nous n'avons pas d'autre affaire au monde."

CHAPITRE ONZIÈME.

LES CONGRÈS ECCLÉSIASTIQUES.

- Nouvel idéal des prêtres pour l'avenir nouveau de l'Eglise. Reproches faits à l'Eglise par Mgr Ireland, le P. Hecker, M. l'abbé Naudet. Eglise toute humaine. L'idéal nouveau dans les séminaires, dans les cercles d'études sociales. Les congrès ecclésiastiques. M. l'abbé Lemire et M. l'abbé Dabry. Idées-mères du congrès de Reims. Sentiment du Journal des Débats. Mgr Scanois. Mgr Turinaz 169

(p. 169) Si l'avenir nouveau promis à l'Eglise par les Américanistes demande une spiritualité nouvelle, celle-ci, à son tour, demande un clergé nouveau qui l'enseigne et la fasse pratiquer. Nos novateurs n'ont point reculé devant cette conclusion, et ils ont présenté au monde, dans la personne du P. Hecker, "le type non seulement du prêtre américain, mais du prêtre moderne " (abbé Dufresne), "l'idéal du prêtre pour l'avenir nouveau de l'Eglise" (Vie du P. Hecker, Préface, VIII).

Pour faire sentir au clergé la nécessité d'un nouvel idéal, et l'engager à le contempler, il fallait d'abord lui faire comprendre que les ecclésiastiques ne sont point actuellement ce qu'ils devraient être, et cela parce que l'Eglise ne les a point convenablement éduqués et dirigés. C'est ce qui fut fait.

"Je ne crains pas de le dire, durant le siècle qui s'achève, des hommes faisant partie de l'Eglise ont commis l'erreur d'être trop lents (p. 170) à comprendre les besoins nouveaux de leur époque, et à étendre sur elle la main de la conciliation et de l'amitié" (Mgr Ireland, L'Eglise et le Siècle.)

Dans son Exposé de la situation de l'Eglise en face des difficultés, des controverses et de besoins de notre temps, le P. Hecker dit: [...] (l'Eglise) "pourvoit au salut de l'âme par des moyens spirituels tels que la pénitence, l'Eucharistie et les autres sacrements. Il lui faut maintenant pourvoir aus alut et à la transfiguration du corps par des sacrements terrestres." (Vie, p. 101-102.)

[...] (p. 171) Remarquons, en passant, que ces paroles sont en opposition directe avec celles-ci, extraites de l'Encyclique Mirari vos:

"Comme il est constant, pour Nous servir des paroles des Pères de Trente, que l'Eglise 'a été instruite par JESUS-CHRIST et ses apôtres, et qu'elle est enseignée par l'Esprit-Saint qui lui suggère incessamment toute vérité', il est tout à fait absurde et souverainement injurieux pour elle, que l'on mette en avant une certaine 'restauration et régénération' comme nécessaire pour pourvoir à sa conservation et à son accroissement; comme si elle pouvait être censée exposée à la défaillance, à l' obscurcissement, ou à d'autres inconvénients de cette nature! Le but des novateurs, en cela, est 'de jeter les fondements d'une isntitution humaine récente', et de faire ce que saint Cyprien avait en horreur, que l'Eglise, qui est divine, 'devienne tout humaine'".

C'est bien cela, nous le verrons de mieux en mieux, ils rendraient l'Eglise tout humaine, s'ils étaient écoutés et suivis, ceux qui ne parlent de ses défaillances et ne montrent du zèle pour son 'accroissement', que dans l'espoir de la lancer dans les voies nouvelles où elle trouvera, s'il faut les enc roire, sa restauration et sa régénération.

Ces voies nouvelles, elles ont été tracés, disent-ils, par "un docteur, un de ceux qui apprennent à des séries de générations humaines ce qu'elles ont à faire." DIEU l'a "élevé à un état d'âme qui est en dehors du commun mais que justifie la mission extraordinaire qu'il (p. 173) lui destinait" (Préface, VI.) Cette mission était de présenter au monde dans sa personne "le type du prêtre moderne, du prêtre qu'il faut à l'Eglise pour recouvrer le terrain perdu et reprendre sa marche en avant dans l'accomplissement de sa mission divine." (Vie, p. 392.)

Des directeurs de séminaires, heureusement rares, se laissèrent séduirent.

Ils avaient entendu Mgr Ireland leur dire: "C'est au prêtre de l'avenir que je recommande une étude sérieuse de la Vie du P. Hecker... Il est comme le type qu'il faudrait voir se reproduire le plus possible parmi nous... Sachons conserver avec amour les lignes principales qui cosntituent la personnalité de cet homme éminent, et tâchons de les reproduire dans la formation de notre futur clergé" (Intr.)

Ces messieurs entendirent, crurent et agirent en conséquence.

Le P. Hecker, avec "sa mise en oeuvre des moyens humains et politiques, ses rêves de régénération sociale, son personnalisme outré, son dédain pour les usages les plus vénérables de l'Eglise, son zèle débordant pour les utopies démocratiques et son dégoût (p. 174) des vertus passives" (La Revue canonique), fut donc présenté à l'admiration et à l'imitation des séminaristes en plusieurs diocèses. Et même, pour ne point s'en tenir à la théorie, on les encouragea à s'organiser en conférences d'études sociales. "La formation du clergé, avait dit M. l'abbé Naudet, est trop exclusivement cléricale, et pas suffisamment humaine. On habitue trop le jeune homme à ne voir un jour dans son ministère que le rôle surnaturel, ou plus exactement le côté purement religieux" (Vers l'avenir, p. 68.)

Mgr Ireland avait dit lui; "Il y a des temps dans l'histoire de l'Eglise où il est nécessaire que l'on insiste sur le côté surnaturel dans l'action de la religion, et il y a des temps où besoin est que cette isntance se porte sur le côté naturel" (L'avenir de l'Eglise aux Etats-Unis.)

Transformer enc e sens les études cléricales, y doner aux dépens de la connaissance profonde de l'ordre surnaturel, qui seule fait le prêtre capable de former de vrais chrétiens, une place aux "questions sociales", c'est-à-dire aux questions d'ordre temporel,c 'est (p. 175) obéir à l'impulsion secrète donnée en toutes choses par l' Alliance-Israélite-Universelle. Elle surveille les séminaires et le mouvement des études que l'on y fait; elle s'efforce d'y porter son influence, surtout en ce qui concerne la sainte Ecriture. Qu'on lise, pour s'en convaincre, les lignes suivantes tirées de l' Univers israélite (V. p. 223, année 1867): "Inaugurée par la savante et la spéculative Allemagne, la rénovation des études théologiques s'acclimate en France, qui, grâce à son esprit généralisateur et expansif, peut être appelée à faire pour la synthèse religieuse ce qu'elle fit un jour pour la reconstitution civile et politique du monde. Et tout Israélite doit éprouver le désir de coopérer à cette oeuvre, où sont engagés nos intérêts les plus sacrés."

Quelle attention appellent de telles paroles, sortant de telles bouches et sur un tel sujet!

Les études sociales telles qu'on les a entreprises en beaucoup de séminaires servent ces mauvais desseins. Elles ne peuvent y être faites qu'au grand détriment de la théologie, parce qu'elles passionnent les jeunes gens; elles y sont prématurées, et par conséquent stériles, ou plutôt nuisibles,c ar n'y trouvant point des (p. 176) lumières pourtant indispensables, celles que donne la connaissance des hommes, , et des choses, elles ne peuvent qu'égarer; enfin, selon le voeu exprimé ci-dessus par M. l'abbé Naudet et par Mgr Ireland, elles forment des prêtres dans l'âme desquels l'ordre naturel contrebalance l'ordre surnaturel (Voir Documents, n. XXIX.) Rien de plus efficace qu'une telle formation cléricale pour atteidnre à coup sûr le but visé par l'Alliance-Israélite-Universelle.

Attendre que les séminaires donnassent les fruits que doit produire cette nouvelle culture lévitique parut bien long aux Américanistes d'ici et de là-bas. Pour hâter la maturation, pour précipiter "la marche en avant", on forma, avec les éléments sortis des conférences des séminaires, des cercles d'études sociales, où le ferment duc atholicisme américain put recevoir une culture plus intense. puis ces cercles, on voulut les syndiquer entre eux, et c'est ainsi que furent inventés les CONGRES ECCLESIASTIQUES.

Celui qui fut choisi pour les lancer était bien le personnage à prendre entre mille. Sa (p. 177) parfaite honorabilité comme homme et comme prêtre, le mandat législatid dont il venait d'être investu et qui attirait sur les yeux de tout le clergé de France,s a bonhomie mêlée de naïveté, sa facilité de parole que ne gêne point une science théologique trop précise, et enfin, et surtout, une communauté d'idées déjà manifestée, ne permettaient point d'hésiter.

Lorqu'avait été proposée la convocation à Paris d'un congrès des religions, à l'occasion de l'Exposition de 1900, M. l'abbé Lemire s'était empressé d'adhérer et il avait répondu à celui qui était alors l'abbé Charbonnel: "Pourvu que la lumière rayonne, peu importe le chandelier. Disons, si vous voulez, qu'une exposition est une manière de chandelier. Faisons donc briller là-dessus les grandes clartés chrétiennes."

Plus tard, lorsque le renégat Grenier fut envoyé à la Chambre des Députés par un capirce populaire, et s'y présenta avec le turban et le burnous, apr lesquels il faisait montre de so napsotasie, le même abbé venait le saluer par ces mots: "Quelle que soit la couleur de la robe que nopus portons, nous pouvons nous entendre." Et l'autre de lui répondre: "Oui, (p. 178) afin de travailler pour une grande idée morale: Dieu et l'humanité."

Que l'on rapproche ces idées et ces expressions de celles qui sont familières aux Américanistes, et l'on ne serra point étonné que ceux-ci aient jeté leur dévolu sur le personnage qui les comprenait si bien, pour organiser les congrès par lesquels ils espéraient répandre ces mêmes idées dans le clergé de France.

CHAPITRE DOUZIÈME.

EN RÉVOLUTION.

- L'Amérique appelée à guider les destinées de l'humanité au souffle chéri de la liberté; prétentions semblables des Juifs, s'appuyant sur les mêmes principes. Danger spécial de ces idées à notre époque, car nous sommes en Révolution. Qu'est-ce que la Révolution? Une phase décisive de l'humanité. L'univers entier est en travail. Il est en marche vers une GRANDE UNITÉ. Quelle circonspection demande un tel état de choses! 187

(p. 187) Nous avons suivi jusqu'ici, dans le cours de cette étude, deux mouvements parallèles.

L'un et l'aute partent des mêmes principes, les fameux principes de 89.

Les Juifs nous ont dit: "Le developpement et la réalisation des principes modernes sont les conditions les plus énergiquement vitales pour l'extension expansive et le plus haut développement du judaïsme" (Concile juif de 1869); et ils travaillent activement et avec grand succès à propager ces principes par la presse et à procurer leur réalisation par les lois que les Parlements vitent sous leur dictée.

De leur côté, les Américanistes nous disent: "Les idées américaines sont celles que DIEU veut chez tous les peuples civilisés de notre temps." Eux aussi travaillent activement à faire passer ces idées dans l'ordre des faits, non seulement chez eux, mais chez nous.

(p. 188) C'est que Juifs et Américanistes croient les uns et les autres avoir reçu une mission du Ciel. les Juifs ne se trompent point: leur cosnervation si extraordinaire et les oracles des Livres saints nous disent que leur rôle dans l'hsitoire du monde n'est point terminé.

Les Américanistes se font sans doute illusion, mais cette illusion, ils l'ont et ils l'affichent.

"L'influence de l'Amérique, dit Mgr Ireland, s'étend au loin parmi les nations, autant pour la solution des problèmes sociaux et politiques que pour le développement de l'industrie et du commerce. Il n'y a point de pays au monde qui ne nous emprunte des idées et des aspirations.

"L'esprit de la liberté américaine déploie son prestige à travers les océans et les mers, et prépare le terrain pour y planter les idées et les moeurs américaines. Cette influence croîtra avec le progrès de la nation?

"Le centre de gravité humaine se dépalce rapidement, et dans un avenir qui n'est pas éloigné, l'AMERIQUE CONDUIRA LE MONDE" (L'avenir du catholicisme aux Etats-Unis).

(p. 189) "CETTE NOBLE NATION, JE LA VOIS QUI M'APPARAIT. Géante de stature,... les cheveux ondulants aus ouffle chéri de la Liberté, C'EST ELLE, on n'en saurait douter en la voyant, c'est elle la reine, la conquérante, la maîtresse, l'INSTITUTRCE DES SIECLES A VENIR. Le Créateur a confié à sa garde un immense continent dont deux océans baignent les rivages, un continent riche de tous les dons de la nature et qui possède à la fois les minéraux (p. 190) utiles et précieux, un sol fertile, un air salubre et la parure des splendides paysages. pendant de longs siècles il a tenu en réserve ce pays de prédilection, attendant le moment propice, dans les évolutions de l'humanité, pour le donner aux hommes quand ils seraient dignes de le recevoir.... un monde nouveau, un monde qui incarne en lui les espérances, les ambitions, les rêves des prêtres et des voyants de l'humanité. A son audace dans la poursuite du progrès , aux offrandes qu'il apporte sur l'autel de la liberté, il semble qu'il n'y ait aucune limite; et partout, sur sa vaste étendue, la prospérité, l'ordre, la paix déploeint leurs ailes protectrices.

"LA NATION DE L'AVENIR! ai-je besoin de la nommer? Nos coeurs frémissent d'amour pour elle.

              "O mon pays, c'est toi,
              Douce terre de liberté,
              C'est toi-même que je chante."

Plaise à Dieu que cet oracle soit menteur!

(p. 191) Car si vraiment l'Amérique est la "nation de l'avenir", si elle est appelée "à conduire le monde", "à guider les destinées de l'humanité" " au souffle chéri de la liberté", "dans la poursuite d'un progrès auquel il semble qu'il n'y ait aucune limite", et que ce progrès soit celui dont il est uniquement fait mention ici, "le développement de l'industrie et du commerce, la solution des problèmes sociaux et politiques" d'après les principes de 89, c'est--dire le progrès matériel et l'indépendance de l'homme, le monde verra l'ère, - non point "la plus grande" mais la plus désastreuse qu'on ait encore vue.

[...] Les Américanistes... ils nous disent: "C'est le privilège que DIEU a donné à l'Amérique de détruire ces traditions de jalousies nationales que vous perpétuez en Europe, pour les fondre (p. 192) toutes dans l'unité américaine." Et d'autre part, ils ne cessent de nous exhorter à "abaisser les barrières" qui empêchent les infidèles, rationalistes et protestants d'entrer en foule dans l'Eglise. Déjà, coïncidence curieuse, en 1861, les Archives Israélites parlaient, elles aussi, de "faire tomber les barrières qui séparent ce qui doit se réunir un jour".

Le point de départ étant le même, la marche parallèle, il semble donc que de part et d'autre on doive arriver sinon au même but, du moins aux mêmes résultats. leur but, les Archives Israélites le déterminent ainsi: "Faire reconnaître QUE TOUTES LES RELIGIONS DONT LA MORALE EST LA BASE, DONT DIEU EST LE SOMMET, SONT SOEURS ET DOIVENT ÊTRE UNIES ENTRE ELLES." (Arch. Isr., XXV, p. 514 à 520.) Ne semble-t-il point que ces paroles aient tracé trente-cinq ans d'avance le programme du congrès de sreligions, tel que Mgr Keane devait le formuler: "Pourquoi les congrès religieux n'aboutiraient-ils pas à un congrès international des religions où tous viendraient s'unir dans une tolérance et une charité mutuelles, où TOUTES LES FORMES DE RELIGION se dresseraient ensemble contre toutes les formes d'irréligion?"

(p. 193) Voulons-nous dire qu'il y a entente entre Juifs et Américanistes pour substituer auc atholicisme cette "Eglise universelle", cette "religion démocratique" dont l' Alliance-Israélite-Universelle' prépare l'avènement? Non certes. Mais toutes les fois qu'une erreur s'est produite dans le monde, il y a toujours eu ceux qui l'ont inventée et ceux qui se sont laissé séduire par le côté spécieux qu'elle présentait. Aveuglés par les apparences de beau et de bien, de vrai et de juste dont toutes les erreurs retiennent quelque chose et dont elles savent se parer, ceux-ci sont allés les yeux fermés à l'abîme creusé par ceux-là.

[...] (p. 194) Les Américanistes "sont et veulent être novateurs, non seulement pour eux et chez eux, mais chez tous et partout: ils ont disent-ils, "à donner au mond entier une grande leçon".

Où nous entraîneraient-ils, si nous les écoutons? Quelles peuvent être les conséquences de l'action qu'ils veulent exercer?

[...] L'évolution religieuse qu'ils saluent, qu'ils appellent de leurs voeux; la formation nouvelle du clergé et l'organisation de congrès ecclésiastiques indépendants de l'autorité, en vue de seconder cette évolution; la réunion de congrès des religions où l'Eglise de JESUS-CHRIST est mise sur le même pied que toutes les sectes: quoi de plus favorable aux desseins d'Israël, quoi de mieux fait pour nous (p. 195) acheminer tout doucement vers la Jérusalem de nouvel ordre?

Depuis un siècle, nous sommes entrés et (p. 196) nous évoluons dans une période de l'histoire du monde qui a reçu un nom qui n'avait été porté jusque-là par aucune autre: La révolution.

Qu'est-ce que la Révolution?

Est-ce un fait, une date, une forme de gouvernement? Est-ce 1789, 1830, 1848 ou 1871? Non. les évènements qui ont signalé ces différentes époques, ne sont que des effets dont la Révolution est la cause.

La Révolution n'est pas davantage l'un ou l'autre de ces chefs qu'on nomme Mirabeau, Danton, Robespierre, Garibaldi, Gambetta. Ces gens-là sont les fils, les instruments de la Révolution, mais ils ne sauraient la personnifier.

La Révolution n'est pas non plus nécessairement la République. Considérée dans son essence, la République peut être légitime et aussi pure de toute alliance avec la Révolution que la forme monarchique.

La Déclaration des Droits de l'Homme, par laquelle on prétendit établir l'indépendance de l'homme vis-vis de tout pouvoir humain et divin, voilà le principe générateur de la Révolution. La Révolution: c'est l'idée, l'esprit, la (p. 197) doctrine, en vertu desquels l'homme substitue en toutes choses sa volonté et ses passions aux droits de Dieu.

Lisez les écrits et les discours des chefs révolutionnaires, et vous serez convaincus de la justesse de cette définition. "La Révolution, disait Blanqui, ne fait qu'un avec l'athéisme." D'autres ont dit: "La Révolution, c'est la lutte entre l'homme et DIEU; c'est le triomphe de l'homme sur DIEU." (Voir Documents n. XXXII.)

Les hommes à courte vue croient que la Révolution a commencé en 1789 et qu'elle s'est terminée avec le Consulat à vie en 1802; ils font erreur. Il faut dire aujourd'hui encore, aujourd'hui surtout, ce que J. de Maistre disait sous la Restauration: "Cette Bacchante, qu'on appelle la Révolution française, n'a fait encore que changer d'habit." Et ailleurs: "La Révolution est debout; et non seulement elle est debout, mais elle marche, elle court, elle rue. La seule différence que j'aperçois entre cette époque et celle du grand Robespierre, c'est qu'alors les têtes tombianet et qu'AUJOURD'HUI ELLES TOURNENT."

"Combien de fois, dit-il encore, depuis (p. 198) l'origine de cette épouvantable révolution, avons-nous eu toutes les raisons du monde de dire: Acta est fabula!... Que nous sommes loin du dernier acte de la dernière scène de cette effroyable tradédie!... Rien n'annonc la fin des catastrophes et tout annonce, au contraire, qu'elles doivent durer... les choses s'arrangent pour le bouleversement général du globe... Ce quis e prépare maintenant dans le monde, est un des merveilleux spectacles que la Providence ait jamais donnés aux hommes... C'est le combat à outrance du christianisme et du philosophisme. - Ce que nous avons vu et qui nous paraît si grand, n'est cependant qu'un préparatif nécessaire. Ne faut-il pas fondre le métal avant de jeter la statue? Ces grandes opérations sont d'une longueur énorme... Nous en avons peut-être pour deux siècles." (Passim.)

Voici un siècle que ces paroles prophétiques ont été écrites [Notede Christ-Roi.net: maintenant deux!]. Que n'avons-nous point vu depuis, et que ne devons-nous voir encore!

Non, la Révolution n'est point finie; et elle n'est pas finir parce qu'elle n'a pas encore abouti: elle n'a encore réalisé ni ses desseins à elle, ni le dessein que Dieu avait en la per-mettant (p. 199). Ses desseins à elle, c'est l'anéantissemnt du christianisme. "La Révolution française, dit de Maistre, a parcouru sans doute une période dont tous les moments ne se ressemblent pas; cependant son caractère général n'a pas varié... Ce caractère est un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu'on a vu et peut-être de tout ce qu'on verra... C'est une insurrection contre Dieu." Depuis un siècle, cette définition n'a cessé de se jsutifier de mieux en mieux. l'insurrection contre Dieu et contre son Eglise est toujours caractéristique du mouvement révolutionnaire: les lois scélérates sont là pour 'attester.

Nous sommes en révolution. Combien ce seul fait devrait nous rendre circonspects pour ne rien dire, pour ne rien faire qui puisse, de quelque manière que ce soit, favoriser un mouvement qui n'est rien moins qu'une insurrection contre DIEU!

"L'unité future"

(p. 203) De quoi "l'univers est-il en travail?"

C'est le secret de Dieu, quant à l'aboutissement final; mais déjà nous voyons quelque chose se dessiner nettement.

"La Providence préparant je ne sais quoi d'immense a, par de si terribles bouleversements et de si affreuses calamités, comme broyé et pétri les hommes pour les rendre propres à former l'UNITE FUTURE. Il est impossible de méconnaître le mouvement divin auquel chacun de nous est tenu de coopérer dans la mesure de ses forces." (T. VIII, p. 442.)

(p. 204) Joseph de Maistre savait découvrir cette marche vers l'unité jusque dans les moindes choses.

(p. 207) La politique tend à l'unité par la fondation des grandes monarchies ou des républiques universelles, l'industrie par les sociétés anonymes, l'économie politique par l'association, la mutualité, et aussi par les ocialisme; l'amour de la Patrie s'affaiblit, on (p. 208) ne parle plus que d'universelles fraternité et d'idées humanitaires.

S'il était possible à de Maistre, il y a près d'un siècle, d'affirmer un mouvement de concentration du genre humain, à l'heure actuelle ce mouvement s'impose aux esprits les plus inattentifs, et on peut dire que cette concentration va aboutir.

Pour les Juifs ce quelque chose sera "la Jérusalem de nouvel ordre", "l'Eglise démocratique", "l'Eglise universelle" où, "toutes les barrières abaissées", les hommes se rencontreront de l'Orient et de l'occident dans la "libre-pensée religieuse".

Les vrais chrétiens espèrent que ce quelque chose, ce sera bien en effet l'Eglise universelle, mais la vraie Eglise de Dieu, justifiant, dès lors, son nom de catholique non pluss eulement parce qu'elle s'étend de l'origine du monde à sa fin et d'une extrémité à l'autre de la terre, mais aprce qu'elle embrassera effectivement dans sons ein toutes les nations et fera régner sur elles toutes à la foi à tous ses enseignements, l'obéissance à toutes ses lois, la même divine charité.

Encore une fois quelle circonspection le chrétien, digne de ce nom, ne doit-il point montrer à l'heure présente pour ne riend ire, pour ne rien faire qui puisse, de près ou de loin, incliner la balance des destinées du monde vers la solution juive! Jamais il n'a été plus nécessaire de faire passer au crible de la foi les nouveautés qui se présentent puisque jamais les conséquences qu'elles peuvent entraîner après elles, n'ont paru plus redoutables.

Cette nécessité s'imposera avec plus de puissance encore, nous l'espérons, à l'esprit qui voudra bien achever de considérer avec nous l'état présent de la sociéyé et du monde.

CHAPITRE TREIZIÈME.

ANTICHRISTIANISME.

- Les Juifs dirigent cette unification dans le sens de l'Israélitisme libéral et humanitaire. Le travail est assez avancé pour faire croire que le monde va finir ou va subir une transformation religieuse. L'oeuvre révolutionnaire, l'insurrection contre DIEU va-t-elle s'achever? va-t-elle aboutir au messie attendu des Juifs, antéchrist redouté des chrétiens? S'il paraissait, à l'heure actuelle, par combien il serait acclamé 211

(p. 212) [...] Une nation qui n'est point, comme les autres, renfermée dans un territoire déterminé, quie st essentiellement cosmopolite, répandue aus ein de tous les peuples, ne se confondant avec aucun d'eux, gardant au milieu de leur diversité sa nationalité, son individualité, son originalité, se relève de sa longue humiliation et aussitôt se montrer prépondérante en tout et partout. Comme le disait l'un de ssiens, converti au christianisme, le P. Ratisbonne (in Question juive, 1868, p. 9):

"Les Juifs tiennent enserrée à l'heure qu'il est, comme dans un réseau, toute las ociété chrétienne." On pourrait presque dire le mond eentier.

Grâce à son ubiquité, la nation juive contribue puissamment à mettre les peuples en rapports mutuels, à opérer la fusion du genre humain dans l'ordre des intérêts temporels.

(p. 213) Mais son action ne se borne point à cela: elle la porte aussi dans l'ordre des idées, et nous avons vu en quel sens. Si elle coopère aux desseins de Dieu en contribuant, dans une alrge part, à l'oeuvre d'unification du genre humain, elle s'efforce de faire aboutir cette unification non point au règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur tous les peuples, sur tous les hommes, mais au contraire à lui arracher les âmes et les nations qui se sont placées sous sa loi pour les confondre toutes dans un Israélitisme libéral et humanitaire.

Peut-elle réussir?

Nous avons vu qu'elle a entre les mains les plus puissants moyens et qu'elle en use. Nous avons vu que, grâce surtout à son action, aussi générale qu'incessante, l'indifférence religieuse gagne tous les jours du terrain, et fait progresser vers cette "Jérusalem de nouvel ordre" que ses adeptes appellent de leurs voeux.

Pour arriver à cette fin, ils travaillent d'une part à anéantir tout patriotisme, d'autre part à détruire toute conviction religieuse. Sous leur direction, la presse s'emploie à ce labeur, tous les jours, dans le monde entier, avec une ardeur infatigable, par le sophisme, par la (p. 214) divulgation des faits qu'elle juge favorable à sa cause et la falsification de ceux qui y sont contraires, et surtout par la corruption des moeurs. Puis, quand le travail est assez avancé sur un point ou sur un autre, les législateurs, auxquels commandent les sociétés secrètes, viennent courber tous les citoyens sous le joug d'une nouvelle loi qui aura pour effet de restreindre encore, de restreindre toujours, le champ où la liberté chrétienne pouvait se mouvoir, et par là de préparer des générations de plus en plus indifférentes et de mieux en mieux disposées à entrer dans le moule de l'Israélitisme libéral et humanitaire.

(p. 217) Les Juifs, dont la puissance est devenue si formidable en si peu de temps, vont-ils voir leurs espérances s'accomplir? Vont-ils réussir à arracher des coeurs ce qui y reste de patriotisme? Vont-ils réussir, après avoir refoulé la religion dans les temples, à en priver les âmes? Et puis quand le terrain aura été ainsi préparé, vont-ils voir surgir du milieu d'eux ce messie que depuis tant de siècles ils appellent de leurs voeux pour réduire le monde ens ervitude? Il est certain qu'à aucune époque (p. 218) de l'hsitoire les temps n'ont été plus favorables à sa domination. le monde politique, le monde économique et commercial, les sociétés secrètes et les juifs, travaillent avec une infatigable ardeur à l' unité cosmopolite. La Franc-Maçonnerie ne parle que des droits de l'homme en général; elle tend à remplacer la patrie particulière de chaque peuple par une grande et universelle patrie quis erait celle de tous les hommes.

Or cette unité réclame une tête.

L'antéchrist à sa tête

(p. 218) Et cette tête que serait-elle, alors que le christianisme chassé du gouvernement et de l'éducation des peuples, repoussé de la famille et de la conscience individuelle par la licence croissante des moers et les appétits d'une cupidité sans frein, se verrait partout proscrit, honni, vilipendé? Les juifs appuyés sur leurs traditions répondent: "Cette tête du monde,c e sera notre messie, dont l'apparition est imminente."

Et ce qui ne nous permet point de n'accorder à ces espérances qu'une attention distraite, c'est qu'à côté des traditions judaïques il y a les traditions chrétiennes qui nous annoncent le règne universel d'un antéchrist (Voir Documents, n; XXXV.)

(p. 219) on ne peut n'être pas profondément ému lorsque, après avoir rapproché les caractères que la tradition judaïque donne à son messie, de ceux que la tradition chrétienne donne à l'antéchrist, on entend les juifs dire: "Les temps sont proches", et que l'on voit la transformation quis 'opère dans le monde depuis un siècle et qui s'accélère de jour en jour.

Son temps est-il aussi proche qu'ils le croient? Nous n'ens avons rien. personne au monde ne peut le savoir.

Ce que l'ons ait, c'est que les Apôtres ont crud evoir l'annoncer aux contemporains mêmes du CHRIST; c'est que les Pères ont voulu que les chrétiens de leur temps en eussent la (p. 220) crainte. C'est que, plus près de nous, S. Vincent Ferrier a fait des miracles pour établir qu'il était l'un des anges chargés d'avertir de loin les peuples de son apparition. C'est que Pie IX a lu dans le secret de la Salette le mot: antéchrist (Lorsque, sur l'ordre de Mgr Bruillard, et en présence des deux vicaires-généraux de Grenoble, de M. le chanoine TAXIS ET DE m; dausse, ingénieur civil, Mélanie écrivit sons ecret pour être remis au pape Pie IX, elle demanda la signification du mot infaillibement et l'orthographe du mot antéchrist.)

Ce qui est non moins certain, c'est que depuis les premiers jours du christianisme, l'antéchrist est une réalité future, assurée; que son apparition est un fait nécessairement en voie de formation, en train de nous arriver par les routes que, jour en jour, les évènements luic osntruisent; et que nous sommes actuellement dans un état d' antichristianisme,c 'est-à-dire dans l'tat où il état nécessaire qu'il trouve le monde pour en être accepté.

Sic et homme apparaissait aujourd'hui, combien dans l'état actuel des esprits, l'acclameraient!

Les francs-maçons aussi bien que les juifs se verraient au comble de leurs voeux. Et cette multitude que les sociééts secrètes ont (p. 221) séduite dans les deux mondes; tous ceux qui ont appris, dans les écoles neutres, à renier le CHRIST; tous ceux que la presse a remplis d'idées fausses et de sentiments vicieux; tous ceux dans le coeur desquels on souffle, aujourd'hui plus que jamais, la convoitise et l'envie; tous ceux qui rêvent du bouleversement des institutions et des sociétés chrétiennes, ne se rangeraient-ils point sous son étendard? Et puis viendraient les timides, els faibles, tous ceux que l'exemple entraîne et que la menace effraye, c'est-à-dire le reste de la multitude, car jamais les caractères n'ont été plus débiles; jamais la vérité, quis eule donne à l'âme sa force, n'a eu moins d'empire sur le grand nombre. Que dis-je? n'entendons-nous point dire: Ne parlons pas à la multitude, pour le moment du moins, des espérances éternelles, elle ne nous écouterait point; ne lui parlons pas de ses devoirs, elle fermerait l'oreille. Apprenons-lui à réclamer des droits, elle dresserait l'oreille; promettons-lui le bonheur sur la terre, elle nous suivra. Avec quelle ardeur les foules ainsi préparées se jetteraient dans les bras de l'homme qui concentreraient en lui toute la puissance d'Israël et qui viendrait dire à (p. 222) tous: "Je suis l'apôtre et le prince d ela fraternité universelle (l'affranchissement de l'humanité et la fraternité universelle sont, on le sait, les deux mots de passe de la Franc-Maçonnerie), ma mission est d'unir les hommes, d'unifier les peuples et de les combler des biens de la terre. Arrière le CHRIST,c et austère et sombre ennemi de l'homme!... La jouissance de tous les biens et de toutes les voluptés, voilà la loi suprême de l'humanité méconnue, outragée jusqu'à ce jour par les fourbes qui, sous le signe détestable de la croix, ont tyrannisé la terre."

"Les caractères du messie talmudique sont bien les caractères de l'antéchrist"

(p. 222) Il n'y a point à s'y tromper, les caractères du messie talmudique sont bien les caractères de l'antéchrist. C'est le même sinistre personnage qui est annoncé de part et d'autre (Une parole bien significative de Notre Seigneur JESUS-CHRIST paraît favoriser cette opinion très accréditée que l'antéchrist serait bien le messie attendu et acclamé par les juifs: "Je suis venu au nom de mon Père et vous ne me recevez pas; mais quand un autre viendra en son propre nom, vous le recevrez." Joan., V, 43) : un homme de race juive, devenu roi des juifs, concentrera dans son coeur, dans ses discours, dans ses oeuvres, tout ce que la malice des siècles a pu opposer à Notre Seigneur Jésus-Christ (p. 223) et à son Eglise; et Dieu, pour l'accomplissment de ses mystérieux desseins, lui laissera prendre, sur tout l'univers, pour un temps, l'empire le plus redoutable.

Les juifs affirment que son avènement est prochain (Dans son numéro du 7 janvier 1899, La Croix rapportait ce mot d'un juif: "C'est notre empire qui se prépare; c'est celui que vous appelez l'antéchrist, le juif redouté par vous, qui profitera de tous les nouveaux chemins pour faire rapidement la conquête de la terre."); et de fait, depuis un sicèle, nous sommes entrés, non dans une crise quelconque, mais dans LA REVOLUTION. Or le caractère le plus frappant et le plus essentiel de la Révolution, c'est l'insurrection de l'homme contre DIEU et contre son CHRIST, c'est l'ANTICHRISTIANISME, c'est-à-dire un effort plus grand que ceux qui avaient été tentés jusqu'ici pour détruire l'oeuvre du CHRIST dans les moeurs, dans les lois, dans les institutions et jusque dans l'Eglise elle-même: le libéralisme "catholique" n'est autre chose, en effet, que l'esprit révolutionnaire cherchant à s'introduire dans l'Eglise elle-même.

Cet antichristianisme qui règne dans les sociétés, qui vit dans tant de coeurs, doit-il (p. 224) finir par s'incarner prochainement dans l'antéchrist personnel? Le règne du dernier des antéchrists sera-t-il la finale de la Révolution? Nous ne le savons. A chacun des assauts que, depuis dix-huit siècles, les portes de l'enfer ont livrés à l'oeuvre divine, les spectateurs ont dit: c'est le dernier; avec lui viendra la fin, car Satan ne pourra rien trouver qui surpasse ce que nous subissons. Mais en disant toujours: "Il n'y a rien au-delà", on se trompe toujours. Après un moment de relâche, l'assaut reprend plus terrible et plus séduisant. il y en aura pourtant un dernier. Et celui que nous subissons à l'heure actuelle a le caractère d'antichristianisme au suprême degré; et ceux qui s'efforcent de le repousser deviennent de plus en plus rares et sont de plus en plus réduits à l'impuissance...

Quel est le devoir en un tel état de choses?

Le premier devoir, le plus urgent, le plus nécessaire, est de se munir soi-même du bouclier de la foi, puis de travailler, chacun selon son pouvoir, à en maintenir l'intégrité dans le monde.

"Ô Timothée, garde le dépôt, évitant les discours vains et profanes et les controverses, d'une (p. 225) science qui ne mérite pas ce nom; c'est pour en avoir fait profession que quelques-uns ont erré dans la foi." (I Tim., VI, 21.) L'Esprit dit expressément que, dans les temps qui viendront, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits d'erreur." (I Tim., IV, 1.)

Il en a été ainsi de tout temps, il en est de même de nos jours. Et si, malgré l'avertissement de l'Apôtre, "les discours vains et profanes" continuent à serpenter, les défections se multiplieront, car jamais milieu intellectuel, social et politique, n'a été mieux préparé pour les faire éclore. Veillons donc à "conserver le mystère de la foi dans un coeur pur", (I Tim. III, 9.3), nous souvenant que "l'épreuve de notre foi produit la patience" (Jac. I, 3), que "la patience fait la vertu éprouvée, et que la vertu éprouvée donne l'espérance des biens éternels." (Tim. V, 3.)

Mais ce n'est point seulement dans notre âme à nous que nous devons garder, avec une vigilance plus attentive qu'en temps ordinaire, l'intégrité et la pureté de la foi; c'est dans la société, c'est dans l'Eglise. Il n'y a pour elle d'espérance de victoire que dans cette intégrité (p. 226) et cette pureté: Haec est victoria quae vicnit mundum, fides nostra. C'est la foi, et la foi seule qui a donné et qui ne cesse de donner à l'Eglise la victoire sur le monde.

Quand cela sera oublié, alors sonnera l'heure de la défaite finale: "Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?" (Luc, XVIII, 8.)

Arrière donc, aujourd'hui, surtout, dans ce suprême assaut livré à la société chrétienne par l'antichristianisme sous toutes ses formes, arrière les compromissions avec l'incrédulité et les concessions à l'erreur, même dans le but de procurer l'expansion de l'Eglise; arrière les mutilations du dogme, les atténuations du surnaturel, les facilitismes de toute nature, même sous le prétexte de son avancement intérieur... Illusions généreuses dans leur intention, mais illusions que l'histoire aussi bien que l'enseignement de nos pères condamne, et qui, si elles s'accentuaient, si elles persévéraient, conduiraient à la catastrophe finale.

CHAPITRE QUATORZIÈME.

QUELQUES LUEURS.

- Point d'abattement. La grâce sera proportionnée à l'épreuve pour chacun de nous et pour la sainte Eglise. Signum magnum apparuit in coelo. Le règne de l'Antéchrist n'est peut-être point le prélude de la fin du monde, mais le terme du premier âge de l'Eglise, période des persécutions. Ce que serait l'âge suivant. Signes qui l'annoncent. Les pressentiments d'un homme de génie et ses raisonnements. Les symptômes de retour à l'unité catholique en Europe et l'extension donnée aux missions. L'incrédulité scientifique est en baisse, l'indifférence religieuse est secouée, et l'amour éternel triomphera de la haine satanique. 227

(p. 227) L'ANTICHRISTIANISME, quia pris naissance avec l'Eglise et qui, depuis lors, n'a cessé de miner sourdement l'OEuvre du divin Sauveur ou de travailler ouvertement à le détruire, a pris avec la Révolution une puissance et une universalité qu'il n'a jamais eues; à ce point que les juifs, qui mènent cette guerre depuis dix-huit cents ans, exultent et disent que l'heure du triomphe va enfin sonner pour eux, tandis que, de notre côté, des hommes éminents se demandent si l'heure des derniers efforts de l'enfer n'est pas venue.

Une telle perspective est bien faite pour mettre l'abattement sinon le désespoir dans les âmes.

Et cependant, aujourd'hui pas plus que dans le passé, nous ne devons point fermer nos coeurs à l'espérance; nous devrions espérer, alors même que nous aurions la certitude que "lhomme de péché" va paraître et régner sur toute la surface de la terre.

(p. 228) D'abord, même alors, il sera loisible à chacu de faire son salut; et tous ceux qui le voudront, recevront des grâces proportionnées à la grandeur de l'épreuve. Alors comme aujourd'hui, les afflictions seront courtes, et non seulement courtes, mais légères en comparaison "du poids éternel de gloire surpassant toute mesure" dont seront récompensés les persévérants.

Courte pour chacun, la suprême épreuve le sera aussi pour le monde. D'après une interprétation assez commune d'un passage des Saintes Ecritures, le règne de l'antéchrist ne durera que trois ans et demi. C'est bien alors que l'on pourra dire avec le Psalmiste: "J'ai vu l'impie au comble de sa puissance, élevé comme les cèdres du Liban. j'ai passé, et il n'était plus; je n'ai même pu retrouver sa place."

Et si chaque fidèle pourra alors compter sur la grâce de Dieu, la sainte Eglise pourra, dans cette lutte suprême, compter sur une assistance de la Très-Sainte Vierge, plus puissante qu'elle ne l'aura jamais été. Ce qui nous en donne l'assurance, c'est que le temps de l'antéchrist doit être le terme de la guerre à mort, (p. 229) déclarée dès le temps des Apôtres, entre la race de la Femme et la race ou la synagogue de Satan, guerre annoncée dès le commencement du monde par ces mots: "Je mettrai des inimitiés entre toi et la Femme, entre ta race et la sienne." La femme, c'est l'Eglise, mais c'est aussi Marie, Mère de DIEU. Et si l'Eglise peut dire dans son office que Marie seule a triomphé de toutes les hérésies, cunctas haereses sola interemisti in universo mundo, quelle ne sera pas la puissance de son intervention en cette suprême bataille?

Déjà, contre l'effort satanique que nous subissons aujourd'hui, cette intervention est manifeste.

Au moment où la Révolution allait entrer dans la phase actuelle, alors que se préparait la guerre d'Italie qui avait pour but la destrcution du pouvoir temporel des Papes, et qui devait avoir pour conséquence l'abaissement de la France catholique, l'hégémonie de la Prusse protestante et le triomphe de la juiverie et de la maçonnerie, à ce moment-là même, à la fin de 1854, signum magnum apparuit in caelo, un grand signe parut dans le ciel de l'Eglise: une femme enveloppé du soleil, Marie parée de la grâce sanctifiante depuis le premier isntant de son existence, Marie conçue sans péché! Et depuis, l'Immaculé est restée dans notre ciel, multipliant les miracles pour nous dire: Ne craignez rien, je suis avec vous! Et aujourd'hui que les jours sont devenus mauvais et les ténèbres plus épaisses, la voix du Souverain Pontife, la voix de la vigie placée par Dieu dans la hune de la barque de Pierre ne cesse de nous crier: Respice stellam, voca Mariam. En haut les regards! sur l'Etoile! et que des coeurs s'élève puissante la prière à Marie! Chaque année, il invite le monde entier à réciter le Rosaire; chaque matin, au moment le plus solennel de la journée, après la célébration du saint sacrifice de la messe, il fait dire, sur toute la surface de la terre, cette prière où Marie est invoquée avec saint Joseph le patron de la sainte Eglise, et saint Michel l'adversaire, le vainqueur de Satan.

Ni nous, ni l'Eglise ne sommes donc actuellement sans secours, et nous le serions moins encore si l'épreuve devait atteindre l'apogée prédit dès le commecnement. Mais de plus, nous ne sommes point sans quelque espoir de (p. 231) voir des temps meilleurs succéder à l'épreuve.

on croit généralement que le règne de l'homme de péché doit être la dernière scène de la vie du monde et que sa défaite et sa mort doivent précéder immédiatement le second avènement de Notre Seigneur JESUS-CHRIST, celui où il viendra, en grande majesté, juger les vivants et les morts.

Il est possible qu'il en soit ainsi, mais ce n'est point chose certaine.

Le sentiment de plusieurs interprètes de l' Apocalypse, sentiment sérieusement fondé en raison, est que le règne de l'antéchrist ne sera pas la préface du jugement dernier, mais le dernier effort de l'enfer pour s'opposer au règne universel et désormais pacifique de Notre Seigneur Jésus-Christ dans le monde racheté par son sang (Pour plus de développement voir entr'autres les articles publiés par le P. gallois, des Frères Prêcheurs, parus dans la Revue biblique et réunis en un volume chez Lethielleux, sous ce titre: L'Apocalypse de saint Jean, ordonnance et interprétation des visions allégoriques et prophétiques de ce livre.)

Depuis la Pentecôte, l'Eglise a péniblement lutté contre le judaïsme, contre le paganisme, contre le Mahométisme, contre le Protestantisme et toutes les hérésies qui l'ont précédé, (p. 232) et aujourd'hui contre la révolution. L'iniquité paraîtra triompher définitivement avec l'antéchrist; mais à son tour il sera terrassé et anéanti. Alors les juifs, qui avaient mis en lui tout elur espoir, ouvriront les yeux, et voyant le triomphe du véritable CHRIST, le reconnaîtront pour le Messie promis à leurs pères; ilss e convertiront en masse, et leur exemple et leurs prédications ramèneront à l'Eglise tous les peuples qui l'auront abandonnée et ceux mêmes qui n'était point encore venus àelle (Voir Documents, n. XXXVI.) En même temps le dragon, le prince des démons sera enchaîné pour de longs siècles (A rapprocher du texte de l'Apocalypse auquel il est ici fait allusion, la prière qui est dire tous les jours après la messe et qui se termine par cette demande: "Et vous, prince de la milice céleste, rejetez en enfer, apr la vertu divine, Satan et les autres esprits malins qui errent dans le monde pour la perte des âmes.") N.S.P. le Pape nous fait demander tous les jours cette défaite de Satan et le triomphe de la sainte Eglise. le triomphe, c'est--àdire le renouvellement de la société chrétienne, le parfait épanouissement des principes de l'Evangile chez tous les peuples. Triomphante de tous ses ennemis, l'Eglise (p. 233) s'épanouirait avec magnificence, sans cependant cesser d'être toujours identique à elle-même. Essentiellement immuable, elle conserverait dans leur intégrité ses dogmes, sa discipline, son autorité, sa hiérarchie, ses sacrements, ses pratiques; mais l'empire de ses lois s'étendrait à tout l'univers.

[...] Le péché ne disparaîtra point de la terre, il y aura toujours mélange de bons et de méchants, mais, aprce que la société sera organisée et régie selon les lois de l'Evangile, les bons prédomineront durant cette heureuse période qui se prolongera durant mille ans, c'est-à-dire durant un temps aussi long qu'indéfini (Voir Documents n. XXXVII.) Et ainsi le niveau passé sur le monde par la Révolution, par les conquêtes de la science et par l'antéchrist, ne ferait que donner (p. 234) à la terre la préparation finale qu'elle doit subir pour présenter un sol propre aux cosntructions divines. "Par de si terribles bouleversements et de si affreuses calamités, la Providence, préparant je en sais quoi d'immense, aura comme broyé et pétri tous les hommes pour les rendre propores à l'UNITE FUTURE." (Joseph de Maistre, VIII-442.)

Quoiqu'il en soit, que le règne du messie talmudique, autrement dit de l'antéchrist, soit proche ou ne le soit point, il semble bien qu'après que la Révolution se sera égorgée de ses propres mains, ce qui ne peut plus beaucoup tarder, une longue ère de paix et de prospérité spirituelles sera accordée à la terre.

Nous ne transcrirons point ici les prophéties de l'Ancien Testament.

[...] Nous ne redirons point la grande promesse du Sacré-Coeur annonçant ce règne pour le temps présent et les pressentiments des saints pour l'époque qui suivrait la définition de (p. 235) l'Immaculée Conception (Voir Documents, n. XXXVIII.), nous ne voulons point faire ici appel aux lumières surnaturelles, maiss implement à celles de la raison.

Joseph de Maistre, qui avait assisté à l'orgie révolutionnaire de 93, qui avait vu la Révolution couronnée dans la personne de Bonaparte s'assujettir l'Europe, qui avait pleuré en constatant que la Restauration des Bourbons, loin d'anéantir l'esprit révolutionnaire, le consolidait et qui, dès lors, annonçait avec une imperturbable assurance les bouleversements dont nous avons été témoins en 1830 (Il écrivait au milieu de 1820: "La famille royale sera une fois encore chassée de France..." - t. XIII, 133, et XIV, 284. - ; Il disait ailleurs: "Il est infiniment probable que les Français nous donneront encore une tragédie." - t. XIV, 156. - Hélas! Ce n'est pas une seulement...), en 1848, en 1870 et ceux que la situation actuelle prépare infailliblement, J. de Maistre ne désespérait pas; et non seulement il ne désespérait pas, mais il annonçait, avec une égale assurance (p. 236) le triomphe de la Sainte Eglise, la fin des schismes et de shérésies; il affirmait que l'oeuvre d'unification opérée dans le monde parallèlement au développement de l'esprit révolutionnaire, et par cet esprit même, aboutirait à la réalsiation de la promesse faite par Notre Seigneur Jésus-Christ la veille de sa mort: "Il n'y aura plus qu'un seul troupeau sous un seul Pasteur."

(p. 237) J. de Maistre : "Je suis persuadé que tout ceci finira, et qui plus est, je crois que tout ce que nous voyons nous mène AU BIEN par des chemins inconnus. Cette idée me console de tout."

Bien peu d'hommes sont capables de comprendre le prodige adorable qui forcera le mal à nettoyer de ses propres mains la place que l'éternel Architecte a déjà mesurée de l'oeil pour ses merveilleuses cosntructions."

"Soyez bien sûr que le parti satanique (entré en scène il y a trois sioècles et plus avec la Renaissance, suivie de la Réforme, suivie de la Révolution) succombe, qu'il touche à sa fin, et qu'il joue de son reste. L'impatience nous est bien naturelle puisque nous souffrons; cependant il faut avoir assez de philosophie pour dompter les premiers mouvements. Les minutes des empires sont des années de l'homme" (XIV, 163.) "Toute révolution est longue, et longue à mesure qu'elle est vaste, à mesure aussi de la masse des éléments mis en fermentation et de la grandeur de l'effet qui doit en résulter" (X, 470.) "S'il y a quelque chose de malheureusement évident, c'est l'immense base de la Révolution actuelle qui n'a d'autres bornes que le monde" (XI, 352.)

(p. 238) "La Révolution étant complètement satanique, elle ne peut être véritablement tuée que par le principe contraire. La contre-révolution sera angélique, ou il n'y en aura point, mais ceci ne me paraît pas possible" (XIV, 149.)

(p. 239) "[...] Cette immense et terrible révolution fut commencée avec une fureur qui n'a pas d'exemple contre le catholicisme et pour la démocratie. Le résultat sera pour le catholicisme et contre la démocratie" (IX, 467).

(p. 250) Il s'est fait dans notre France catholique assiégée par l'armée de Satan avec une habileté, une perfidie, une puissance que nul siècle n'a connues, un silence de mort. Le public regarde, l'ennemi se moque et va de l'avant à pas comptés, (p. 251) sûr de l'anéantissement du catholicisme en France.

Nous osons dire qu'il se trompe.

Il arrivera un moment où la masse de la population criera aide à la religion. Se voyant sur le point de toucher le fond de l'abîme, - s'il n'est point écrit qu'elle doit s'y engloutir, - elle se jettera, dans les bras de Celui quis eul peut la sauver, Notre Seigneur JESUS-CHRIST.

(p. 253) [...] Déjà une foule d'hommes sont effrayés de ce qu'ils voient, épouvantés de ce qu'ils entendent; mais ils voudraient se sauver sans DIEU: ils ont mis là leur point d'honneur... Or DIEU les laissera prendre tout à leur aise les leçons que les évènements contiennent... Ces terribles leçons rendront la lumière fulgurante, et tous seront forcés de tendre les bras vers le CHRIST, seul espoir de salut.

"Nous sommes arrivés à la dernière crise, disait en 1850 M. Blanc de Saint-Bonnet, à qui nous empruntons les paroles qui précèdent: à celle où l'on cesse de parler du salut des gouvernements pour ne s'occuper que du salut suprême de la société... Fondée sur des chimères et soutenue par l'imposture, la Révolution conduit les peuples à leur perte et l'humanité à sa fin. Le christianisme reconstruira la société moderne, ou la verra voler en éclats... Si les hommes reprennent la société, ils vont reconstruire pierre à pierre le christianisme sans le savoir. A la place de chaque erreur, la nécessité les obligera d'apporter (p. 254) une vérité... Et c'est une bien grande joie au milieu du trouble actuel de voir des hommes qui n'appartiennent pas à l'Eglise amenés à constater sur une multitude de points la vérité des dogmes évangéliques, l'impérieuse nécessité de les faire rentrer dans la vie pratique des individus, des familles et des peuples si l'on veut échapper aux dernières catastrophes...

CHAPITRE QUINZIÈME.

QUE FAIRE?

L'heure est solennelle entre toutes. Quel désastre produiraient de fausses manoeuvres.

(p. 263) [...] L'heure est solennelle entre toutes, et jamais il n'a été plus nécessaire pour tous ceux qui veulent être vraiment les serviteurs de Dieu et seconder ses desseins, comme il nous fait la grâce et l'honneur de nous le demander, de se bien orienter, pour ne point s'exposer à faire de fausses manoeuvres (Voir Documents, n. XLI.)

Toute fausse manoeuvre est nuisible à la cause que l'on veut servir. Ici quel désastre elle pourrait produire! Si donc nous n'avons (p. 264) point fait erreur, si la situation actuelle du monde est bien telle que nous venons de l'exposer, combien les ministres du Seigneur doivent être circonspects pour ne point, croyant faire bien, prêter leurs concours à l'ennemi dix-huit fois séculaires du nom chrétien, au fauteur de toutes les hérésies qui ont assailli l'Eglise de son premier jour à celui où nous sommes, et qui aujourd'hui espère l'anéantir bientôt et complètement!

Le système de spiritualité, d'éducation cléricale et de propagande religieuse préconisé par l'américanisme n'a-t-il pas des traits de ressemblance et des points de contact avec celui dont l' Alliance-Israélite-Universelle attend l'apostasie du peuple chrétien?

(p. 264) Or le système de spiritualité, d'éducation cléricale et de propagande religieuse préconisé par l'américanisme n'a-t-il pas des traits de ressemblance et des points de contact avec celui dont l' Alliance-Israélite-Universelle attend l'apostasie du peuple chrétien? Nous croyons, sinon l'avoir démontré, du moins avoir donné des indices suffisants pour éveiller l'attention sur un danger, le plus redoutable peut-être, que l'oeuvre du divin Sauveur ait jamais connu.

Dire qu'il faut "prêcher le bien-être" aux chrétiens de nos jours "si l'on veut répondre au nouvel état de l'esprit huamin", et que le devoir des prêtres est actuellement de "donner le paradis tout de suite en attendant l'autre";

(p. 265) Dire que les vertus auxquelles il faut actuellement former les chrétiens doivent être de préférence celles qui peuvent favoriser leurs succès en ce monde;

Dire que l'Eglise doit "maintenant pourvoir au salut et à la transfiguration des corps par des sacrements terrestres";

Dire que le député, même nommé par un collège catholique, même prêtre, ne doit faire servir son mandat qu'à la défense des intérêts matériels du peuples et qu'il n'a pas à s'occuper des intérêts des âmes et des intérêts de l'Eglise...;

Vouloir abolir la douane que le divin Maître a postée à l'entrée de la Cité sainte pour la défendre contre l'introduction des fausses doctrines;

Vouloir étouffer la polémique qui jusqu'ici a préservé la foi de toute corruption, l'a éclairée, l'a raffermie, l'a développée, pour lui substituer l'irénique qui ne maintiendrait la paix, - et quelle paix! - qu'aux dépens des droits imprescriptibles de la vérité;

Vouloir faire reculer le dogme devant la science et cela jusqu'au delà même des définitions ex cathedra;

(p. 266) Louer ceux qui, en fait de religion, laisseraient jeter par-dessus bord tout l'ensemble des dogmes pour ne garder que la morale et n'en considérer que les résultats:

Où tout cela peut-il aboutir? Si ce n'est à cette vague religiosité où l' Alliance-Israélite-Universelle voudrait amener les hommes,a fin que "les temps messianiques prédits par les prophètes d'Israël puissent se réaliser."

[...] Et comme il arrive toujours, autour de ce parti sont venus se grouper ceux qui, de tout temps, ont cherché à concilier l'esprit du monde avec l'esprit de Notre Seigneur JESUS-CHRIST. Nous trouvons actuellement ces conciliateurs parmi ceux qui se sont donné, eux (p. 267) aussi, un nom particulier au sein de la grande famille catholique, le parti de la Démocratie chrétienne.

Ce qui nous permet cette affirmation, ce sont les propositions que leurs chefs ne cessent de formuler et qui, sur plusieurs points, sont identiques à celles exprimées par les Américanistes; ce sont aussi les sympathies mutuelles que les chefs des deux partis se sont témoignées publiqueemnt, et les efforts faits d'un côté comme de l'autre pour se pousser réciproquement dans le monde et y faire pénétrer leurs idées (Voir l'abbé Naudet, Vers l'avenir, p. 57-62; voir le chapitre III, Vieux Monde, dans L'HISTOIRE D'UNE IDEE; voir surtout les articles et les correspondances publiés dans les journaux et les revues de la Démcoratie chrétienne, depuis que les Congrégations romaines ont commencé l'examen des doctrines de l'américanisme.)

[...] Qu'ils nous permettent de (p. 268) mettre sous leurs yeux quelques passages d'un article tout récent de l' Osservatore Romano qui répond bien à leurs préoccupations:

"On dit que le prêtre doit être moderne, ce qui rend nécessaire, bien entendu, une instruction et une éducation modernes du clergé... C'est ainsi que, quand certaines gens veulent louer un prêtre, ils le qualifient de prêtre moderne, de la même façon que, pour rendre hommage à un simple laïque, ils disent que c'est un homme de son temps. on a fait la même chose pour tel ou tel évêque, que l'on a proclamé un évêque moderne, pour l'élever par cet éloge au-dessus des autres...

"En poursuivant la même voie, on passera au Pape moderne, puis à l'Eglise moderne; on aura aussi un Evangile et un Décalogue modernes, un CHRIST, un DIEU moderne... Il en est qui formulent des critiques acerbes contre les études que l'on fait dans les séminaires; ils disent qu'avec l'isntruction que l'on y donne on ne forme point le prêtre moderne, le prêtre tel qu'il doit être de nos jours, celui qui est réclamé par les temps nouveaux et les besoins de la société moderne.

(p. 269) "[...] De nos temps, on étudie peu. On commence à écrire alors qu'on n'a pas encore étudié; on parle de tout alors qu'on ne connaît pas encore grand chose. Le jeune homme dogmatise, comme n'oserait pas le faire le vieillard dont les cheveux ont blanchi sur les livres, dans l'étude; bien des gens se prennent pour autant de Salomons une fois qu'ils ont dit qu'il faut que les choses anciennes cèdent le pas aux choses modernes...

[...] Mais remarquons bien ceci: SI L'EGLISE FORME LE PRÊTRE POUR LES TEMPS, ELLE NE MODÈLE PAS LE PRÊTRE SUR LES TEMPS.

"Voilà le danger auquel s'exposent imprudemment ceux qui, ne connaissant que peu ou (p. 270) point le sacerdoce catholique et les temps présents, réclament si bruyamment le prêtre moderne afin de moderniser le clergé; alors que ce qui serait plutôt nécessaire, ce serait de christianiser les temps, car le dix-neuvième siècle a subi trop de déchristianisation pour ne pas avoir un besoin urgent d'être rechristianisé.

Que les critiques le sachent bien: il n'y a rien de plus moderne que l'Eglise, que ses institutions, que ses prêtres, parce qu'il n'y a rien qui soit, autant que l'Eglise, de tous les temps et pour tous les temps.

Croire qu'il faut "modeler le prêtre sur les temps", voilà la grande, la plus pernicieuse erreur des Américanistes; modeler le prêtre sur le monde d'aujourd'hui, voilà le grand mal auquel concourent, qu'on leu veuille ou qu'on ne le veuille pas, les conférences sociales établies dans les séminaires, les cercles d'études sociales pour le jeune clergé qui en ont été la suite, et les congrès ecclésiastiques qui devaient en être le couronnement.

Les résultats de ces innovations peuvent être déjà constatés.

(p. 271) Mgr Lelong, évêque de Nevers, les a signalés à son clergé, après avoir choisi pour cela le moment où celui-ci était le mieux préparé à entendre une telle leçon, c'est-à-dire au milieu du recueillement de la retraite ecclésiastique.

"Il semble qu'en ce moment l'Enfer se déchaîne contre le sacerdoce avec un redoublement de fureur. Il passe sur le clergé un souffle de rationalisme et de mondanité. On lui propose un idéal venu de par-delà l'Océan; on lui vante comme le seul capable de faire du prêtre l'homme de son temps et des sociétés modernes."

Il n'est point de prêtre, ayant vraiment l'esprit de son état, qui n'ait constaté, à la grande douleur de son âme, l'action pernicieuse de ce souffle dans nos rangs. Ils sont bien rares encore, fort heureusement, les confrères qui en sont atteints, mais leur nombre n'aurait point tardé à s'accroître, si des voix autorisées ne s'étaient élevées, comme celle de Mgr Germain sur son lit de mort, pour dire: "Messieurs , soyez fidèles aux Traditions de l'Eglise; ne vous jetez pas dans les nouveautés. Ce n'est point par les prêtres qui s'y laissent (p. 272) entraîner que le bon Dieu sauvera son Eglise. On a prêté aux directions du Pape un sens qu'elles n'ont pas. Que les jeunes prêtres et les séminaristes se défient. Je ne désire pas pour le diocèse des abbés démocrates." (Voir Documents, n. XLII.)

Ces paroles, reproduites dans beaucoup de Semaines religieuses, signalées à l'attention du clergé par plusieurs évêques et par le cardinal vicaire de Rome, donnèrent à réfléchir à plusieurs. D'autres restèrent sous l'influence de ce souffle "venu de l'enfer", et Mgr de Nevers ne craignit point de disséquer leurs âmes sous les yeux de son clergé assemblé pour montrer à tous ce qui s'y trouve, ou plutôt ce qui ne s'y trouve plus:

"Ils oublient ce qui a fait le prêtre à toutes les époques de l'histoire. Ce qui a toujours assuré la fécondité de son ministère: ce sont des principes qui ne changent pas et qui se trouvent nettement formulés dans l'Evangile de Notre Seigneur JESUS-CHRIST:

  • l'humilité,
  • la mortification,
  • le désintéressement,
  • la vie intérieure,
  • l'esprit de sacrifice."

C'est cela et uniquement cela, et non point la confiance en soi-même et le reste de l'Amé-

(p. 273) ricanisme, qui a permis aux Apôtres et aux missionnaires d'étendre l'Eglise jusqu'aux confins du monde, et qui a donné aux pasteurs la vertu de porter les âmes aux sommets de la perfection.

Aussi Mgr Lelong put conclure:

"Voilà nos armes, Messieurs. Elles ont été vcitorieuses entre les mains des Apôtres et de tous les saints prêtres; avec la grâce de Dieu elles le seront aussi dans les nôtres. Se conduire par d'autres principes, chercher à introduire dans le dogme et dans la morale certaines atténuations, rêver ces conciliations que l'Evangile a par avance déclarées chimériques, c'est marcher sur le bord d'un précipice, et s'exposer à y tomber."

Graves remontrances de l' Osservatore romano, de Mgr l'évêque de Nevers.

Aveux du docteur Schell et de l'ex-abbé Charbonnel.

(p. 273) Déjà, hélas! plusieurs y sont tombés. M. Herman Schell, professeur à la Faculté de théologie catholique de Würzburg, bien que se rattachant, de son propre aveu, aux idées américaines, a avoué dans une récente brochure que le mouvement dont il s'est fait l'apôtre en Allemagne a poussé des prêtres dans le protestantisme. Il n'en va pas autrement en France. Il y a un an, la Faculté de (p. 274) de théologie protestante de Paris inscrivait six prêtres apostats, et celle de Montauban quatre, comme aspirants pasteurs. En même temps, L'Eclair nous apprenait qu'il existe une oeuvre protestante pour accueillir les prêtres qui désertent l'Eglise; il donnait les noms de dix-huiy malheureux qui sont allés demander des secours à cette association (Voir Documents, n. XLIII.)

Quoi d'étonnant!

Après avoir cité les paroles de Mgr Lelong que nous venons de rapporter, l'ex-abbé Charbonnel dit avec vérité: "Cet évêque-là, du moins, a de la clairvoyance, la logique de l'Américanisme mène loin du catholicisme autoritaire: elle affranchit et libère."

Et un peu plus loin: "Sans nul doute JE DOIS AUX IDEES QUE CES HOMMES REPRESENTENT MON APOSTASIE." Il venait de nommer le P. hecker, Mgr Ireland, Mgr Keane, Mgr. Félix Klein.

Dans un article qu'il publia le 1er octobre 1898 dans un périodique protestant, La Revue chrétienne, le même ex-abbé est plus explicite encore: "Il est vrai que je fus un Américanisant ou un Américaniste de la pre-

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mière heure. C'est bien, en effet, à mon ami d'autrefois et à moi que les jésuites peuvent attribuer la responsabilité de ce qui désormais dérange si profondément leurs diées et leurs habitudes. Dans mon livre Histoire d'une diée, Congrès universel des religions, j'ai raconté les commencements de l' Américanisme;... nous traduisîmes les discours les plus importants de Mgr Ireland. M. Félix Klein les publia sous ce titre: L'Eglise et le Siècle. Cela fitle tour de la presse... Voilà hautement revendiqué mo neffort d' Américanisme... Ayant bien reconnu mes illusions et que toute évolution libérale du catholicisme est impossible, je quittai l'Eglise. Assurément la logique de l AMERICANISME doit aboutir à cette conclusion, car rien n'est plus contraire que l' Américanisme aux principes catholiques."

La fin du sicèle dernier a donné une leçon, comme l'observait récemment Mgr l'évêque d'Annecy, que ces MM. n'ont point assez méditée. On y voit le suites funestes de ces entraînements quise produisent tout à coup et auxquels s'abandonnent ceux qui ne prennent point la peine de réfléchir: entraînements qui conduisent toujours plus loin que ne l'ont

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voulu d'abord ceux mêmes qui les ont produits.

Méfions-nous!

Un saint missionnaire, le P. Aubry, a dit quelque part, dans son Essai sur la méthode des études ecclésiastiques en France, ouvrage que MM. les directeurs de séminaires ne sauraient trop lire et méditer:

"Le moyen fondamental et unique du retour de la société à DIEU, c'est le minsitère apostolique ordinaire, quotidien, ignoré, inaperçu, humble, de chaque curé dans son petit coin, où il est en présence de l'homme réel et pratique, de celui qui compose la société. C'est ce ministère-là qu'il faut soigner en préparant d'excellents curés de paroisses...

"La force du clergé, dans une nation catholique, c'est que ses membres sont partout postés au milieu des popualtions, armés pour travailler là quotidiennement, petitement, end étail, sur les plus humbles éléments, sur les infiniment petits qui composent la société. C'est bien là ce que saint Léon appelle imbuere mundum Evangelico..."

En agissant ainsi, nous serons certainement dans notre voie, dans notre mission, (p. 277) nous serons certains de ne point nous égarer et de ne point nous mettre en danger d'égarer ceux que nous devons conduire au ciel: car c'est la voie que Notre Seigneur JESUS-CHRIST a tracée et dans laquelle la Sainte Eglise a cosntamment maintenu pasteurs et ouailles.

Sages paroles de Mgr Isoard, du P. Aubry, de M. le chanoine Convert.

(p. 277) Le curé d'Ars, M. le chanoine Convert, a adressé au mois d'août de cette année, une allocution aux pèlerins prêtres qui étaient venus s'agenouiller sur le tombeau du saint curé, avant que d'aller à La Salette méditer les leçons de Notre-Dame. il leur dit:

"Un prêtre s'est trouvé en Amérique, bon et zélé sans doute, mais aux idées aventureuses, à l'esprit mal équilibré, d'une science médiocre et douteuse, plein d'une joyeuse confiance en lui-même, ne rêvant que de conquêtes par des chemins inexplorés.

"Et cet homme, ses compatriotes l'ont élevé sur un piédestal; et, le montrant à la vieille Europe, ils ont dit: "voilà l'ornement et le joyau de notre clergé!" Et, en France, de nombreux échos ont répondu: Oui, "c'est un docteur! un de ceux qui apprennent à des séries de générations humaines ce (p. 278) qu'elles ont à faire. Il a tracé et réalisé en lui l'idéal du prêtre pour l'avenir nouveau de l'Eglise".

"Mais le souverain Pontife, le 27 juillet 1896, avait condamné à l'avance cet enthousiamse inconsidéré, en présentant à la vénération de l'univers catholique J.-B.-M. Vianney, curé d'Ars.

Le vrai idéal du clergé présenté par Léon XIII.

"Il est, dit Léon XIII dans son décret In Ecclesiae terras, il est le modèle achevé de toutes les vertus, et ses admirables exemples sont ceux qui conviennent le mieux à notre siècle."

"Voilà le prêtre dont nous avions besoin, et qu'a suscité au milieud e nous le DIEU des miséricordes.

Voilà 'le vrai type du prêtre moderne'

"Voilà 'le vrai type du prêtre moderne' : il va au peule, et surtout il attire le peuple à lui et à Jésus-Christ.

"Il va au peuple: mais on sent les macérations sanglantes, la prière, le jeûne, l'humilité qui lui ouvrent les coeurs et aplanissent sur son chemin tous les obstacles.

"Voilà le vrai 'type du prêtre qu'il faut à l'Eglise pour lui faire recouvrer le terrain que lui a fait perdre le protestantisme et (p. 279) l'incrédulité, aussi bien que pour la rendre capable de reprendre sa marche en avant dans l'accomplissement de sa mission divine."

"Car il combat avec les seules armes que lui ont légués JESUS-CHRIST et les Apôtres: le bouclier de la foi, le glaive de la parole de Dieu, la pauvreté évangélique et l'abnégation.

"Il n'estime point qu'il soit inopportun de prêcher les grandes leçons de l'éternité à ces coeurs amollis par le bien-être et le sensualisme, à ces esprits que le rationalisme a déchristianisé.

"A l'exemple du Maître, il montre sans cesse l'enfer ouvert sous les pas du pécheur endurci; à l'exemple de l'Apôtre il fait trembler les petits et les grands en leur annonçant le jugement et la résurrection future.

"Il n'amoindrit pas la vérité et ne retient pas le verbe de DIEU, car il sait que la vérité délivre, et une intuition prophétique lui révèle que le monde ne peut être de nouveau sauvé que par les moyens qui l'ont arraché une première fois aux hontes et aux souillures du paganisme.

(p. 280) "Voilà un vrai docteur, un de ceux qui apprennent à des séries de générations humaines ce qu'elles ont à faire."

"Voilà celui qui a réalisé l'idéal du prêtre pour l'avenir nouveau de l'Eglise. Ila pratiqué les vertus passives d'humilité, de patience, de chasteté qu'une jeune école proclame aujourd'hui un peu démodées...; il a été un contemplatif du Moyen Âge, un ascète des premiers siècles, et au-delà des mers on sourit en pensant qu'il eût mieux fait de se livrer selon une expression aussi nouvelle qu'inexacte, aux 'vertus actives',c ar on n'est point prêtre pour soi, mais pour les autres.

"Or, dit Léon XIII, sans être sorti de l'humble village où il exerça, il est vrai avec éclat, le ministère pastoral, il produisit, à la manière des hérauts de l'Evangile, d'abandants fruits de salut dans toutes les autres régions de l'univers qu'il ne put parcourir.

"Il tient de DIEU une assistance et une grâce particulière pour attirer chaque jour à flots pressés, les peuples au tribunal de la pénitence et pour ramener au bien les hommes perdus de vices; ce qui fut même son oeuvre par excellence." (Léon XIII)

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(p. 281) [...] Que Dieu nous donne des prêtres comme le vénérable Vianney, des prêtres d'oraison, des prêtres humbles et mortifiés comme lui, et des temps nouveaux, en effet, se lèveront pour l'Eglise; les âges apostoliques reparaîtront avec toute leur ferveur".

CHAPITRE SEIZIÈME.

SPIRITUM INNOVA IN VISCERIBUS.

Inquiétude des esprits dans le monde contemporain. Il demande au catholicisme de le réchauffer. Comment le catholicisme lui rendra-t-il la chaleur qui lui est nécessaire?

(p. 283) [...]Une inquiétude profonde commence à pénétrer ceux qui réflechissent sur les conditions de vie et de durée de la société civilisée. Cette société ne saurait subsister sans principes moraux: cela est évident. D'un autre côté, les principes de la vieille morale sont sapés par l'athéisme et le positivisme.

(p. 284) A la morale de DIEU a rapidement succédé la morale sans obligation et sans devoir, c'est-à-dire une morale qui laisse toute liberté aux vices et aux passions.

Les docteurs des écoles négatives ont essayé de parer à ce danger: ils ont inauguré de nombreux systèmes pour diriger la conduite des hommes, en se servant de motifs d'intérêts ou de persuasion.

Mais ces systèmes... sont de pures théories abstraites, sans efficacité sur le coeur des hommes et sur leur conduite.

"Lorsque viendra le jour où le besoin d'une croyance se fera sentir avec force, lorsque la société, se sentant perdue, appellera la religion à son secours... le catholicisme aura-t-il une force suffisante pour accomplir l'oeuvre demandée?"
La RELIGION, seul recours contre la barbarie

Il est donc à prévoir qu'un grand nombre d'esprits, dans la double pensée de rendre à l'humanité un idéal dont elle ne saurait se passer, et d'empêcher la société de redescendre, faute de principes, vers la barbarie (Note de Christ-Roi.net: c'est déjà fait...), se tourneront vers la religion, qui a été partout et toujours l'institutrice morale de l'humanité, et lui demanderont le secours dont ils sentent vivement le besoin. Seulement..., lorsque viendra le jour où le besoin d'une croyance se fera sentir avec force, lorsque la société, se sentant perdue, appellera la religion à son secours... le catholicisme aura-t-il une force suffisante pour accomplir l'oeuvre demandée?

(p. 285) [...] La Révolution, depuis, un siècle (Note de Christ-Roi.net: deux maintenant!), s'acharne à casser ses ailes, et la société git dans (p. 286) l'égoïsme et la sensualité, quand elle ne va point à la cruauté. Et c'est pourquoi l'on voit les meilleurs, parmi les hommes qui n'ont point reçu le bienfait de la foi ou qui l'ont perdu, tourner leurs regards vers cette religion que l'on veut anéantir et lui demander le secours dont ils sentent vivement le besoin.

(p. 287) Depuis la Renaissance, le Protestantisme, le Jansénisme, le Libéralisme, ont accumulé les glaces sur le coeur de l'humanité et l'ont conduite à un état voisin de la mort.

"S'il ne se fait pas une révolution morale en Europe, si l'esprit religieux n'est pas renforcé dans cette partie du monde, le lien social est dissous. On ne peut rien deviner et il faut s'attendre à tout..." (Joseph de Maistre)

[...) Oui le monde est à la veille de finir si le christianisme ne vient lui rendre la chaleur vitale qu'il a perdue. Et comment lui rendre cette chaleur? En le replongeant dans la connaissance de l'ordre surnaturel et dans l'amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme pour notre salut. Seuls cette connaissance et cet amour peuvent emporter de nouveau les âmes à travers la patience, la résignation et l'espérance, jusqu'à la sérénité; et par delà la tempérance, la pureté et la bonté, jusqu'au dévouement et au sacrifice.

La douce France, le vase qui versait au coeur des nations l'esprit de JÉSUS-CHRIST doit être réparé. Il doit l'être par le clergé. Moyens insuffisants. Il faut que, de nouveau, la théologie soit le sang qui coule dans les veines du monde européen.

(p. 290) Que le clergé de prenne donc garde que son zèle ne s'égare dans les voies où l'Américanisme prétend le pousser. Nous l'avons vu, les moyens qu'il préconise pour procuer l'extension extérieure de l'Eglise et son avancement intérieur, auraient pour effet de la dissoudre dans une vague religiosité qui achèverait de glacer les coeurs et le monde.

Le zèle vraimet apostolique, le zèle qui a fait la société chrétienne, et qui seul peut la refaire, est celui qui, enflammé de l'amour de DIEU et des âmes, s'attache à propager la foi dans son intégrité et dans sa pureté. or, (p. 291) comme l'a fort bien dit Dom Laurent Janssens, "l'Américanisme, c'est le principe protestant mis aus ervice du libéralisme total". Rien de plus glacial, rien de plus mortel. C'est de libéralisme que la société se meurt, comment ce qui la tue pourrait lui rendre la vie?

[...] (p. 292) Et si le clergé de France veut accomplir les sublimes destinées que de Maistre présageait de lui après que la Révolution aurait achevé son cours, il faut que lui-même se retrempe dans l'esprit de foi et qu'il n'ait d'autre vue, d'autre passion, que d'en imbiber les âmes. Son but, l'unique but de son zèle, doit être de ramener ces temps anciens où, selon la parole de Guizot, "la théologie était le sang qui coulait dans les veines du monde européen."

Le noeud de la question, c'est l'ÉDUCATION CLÉRICALE

(p. 293)

  "On ne guérit pas une nation malade dit le P. Aubry, avec de l'enthousiasme, 
  des sentiments, de grands cris d'espérance jetés dans les chaires, les tribunes, 
  les journaux et les livres" 

(p. 296) Poussant à ses dernières limites l'hypothèse des ravages que cause présentement l'esprit moderne dans les âmes et dans la société, le P. Aubry dit: "Quand les idées régnantes, les désertions et les scandales auraient enlevé à l'Eglise la moitié, puis les trois quarts, puis les neuf dixièmes, puis les quatre-vingt-dix-neuf centièmes, puis les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf millièmes de sa famille, si le millième demeuré fidème est excellent et radical, tout sera regagné, car ce millième formera la petite mais vaillante armée de Gédéon, la semence saine et irréprochable d'une nouvelle société. Combien serait plus puissante, pour la régénération d'un peuple comme le nôtre, une telle phalange sorties d' écoles théologiques solides, armée de toute la force surnaturellle de l'Evangile, fortifiée de principes sûrs et inébranlables contre l'esprit du siècle! Certainement elle vaincrait, à moins que l'Ecriture n'eût menti en disant: Haec est victoria quae vincit mundum fides nostra."

(p. 297) Non! l'Esprit-Saint n'a point menti. C'est la foi et la foi seule qui a triomphé, qui triomphe et qui peut toujours triompher de l'esprit du monde."

DOCUMENTS ET ÉCLAIRCISSEMENTS

AU CHAPITRE PREMIER.

I. L'américanisme n'est point tout en Amérique. 301

II. Quelques déclarations. Origines du mot "Américanisme" 304

III. Intentions pontificales mal interprétées 308

AU CHAPITRE DEUXIÈME.

IV. Promesses de Dieu à Abraham, Isaac et Jacob 309

V. Ascension du peuple juif d'après Disraéli 312

VI. Les Sionistes et leurs espérances 314

AU CHAPITRE TROISIÈME.

VII. Partout les Juifs restent Juifs 317

VIII. Comment les Juifs sont devenus nos maîtres 320

IX. Les sociétés secrètes en Amérique 325

X. Ce que les Francs-maçons et les Juifs entendent par le mot République. 327

XI. Conseils donnés aux Juifs pour établir la souveraineté de leur race sur tous les peuples. 329

AU CHAPITRE CINQUIÈME.

XII. La mystérieuse influence des Juifs sur les gouvernants 334

XIII. Timidités parlementaires 335

XIV. Les Juifs et la neutralité scolaire. 336

XV. Plaidoyer ecclésiastique en faveur des Francs-maçons 336

AU CHAPITRE SIXIÈME.

XVI. La confiance en soi chez les américanistes 338

XVII. La séparation de l'Eglise et de l'Etat et Sa Sainteté Léon XIII 340

XVIII. Le Broadmindednen 342

AU CHAPITRE SEPTIÈME.

XIX. Les besoins modernes. 345

XX. Le catholicisme n'est pas une entrave au progrès 347

XXI. Le culte de la Très-Sainte Vierge, les dogmes de la Trinité et de l'Incarnation aux premiers siècles. 351

AU CHAPITRE HUITIÈME.

XXII. La situation des Etats-Unis au point de vue religieux 353

XXIII. D'où vient l'augmentation du nombre des catholiques aux Etats-Unis? Est-elle complètement satisfaisante? Quelle conclusion en tirer? 354

XXIV. Se débarrasser des dogmes et garder la morale 358

AU CHAPITRE NEUVIÈME.

XXV. Le Congrès des religions: bonnes intentions; résultats déplorables. 361

XXVI. Les progrès du spiritisme, l'une des formes les plus redoutables de la conjuration antichrétienne. 365

AU CHAPITRE DIXIÈME.

XXVII. Les voeux de religion. Controverses à propos de la candidature de M. l'abbé Gayraud. 367

XXVIII. Le parti de la démocratie chrétienne en opposition directe avec l'Evangile 373

AU CHAPITRE ONZIÈME.

XXIX. La biographie du promoteur des congrès ecclésiastiques 376 XXX. Les congrès ecclésiastiques et la Semaine religieuse du diocèse de Cambrai 377

XXXI. Les congrès ecclésiastiques, leur réprobation par Mgr Isoard. La conduite de Rome à leur égard. 379

AU CHAPITRE DOUZIÈME.

XXXII. La tentative de M. l'abbé Naudet de "christianiser la Révolution". Tentative analogue de Louis XVIII: Légitimer la Révolution 381

AU CHAPITRE TREIZIÈME.

XXXIII. Veillez! Gardez-vous des faux prophètes! Les pierres d'achoppement se multiplient. La grande tentation du jour 383 XXXIV. Les devoirs du député ecclesiastique d'après M. l'abbé Lemire. Ce que dit S. S. Léon XIII sur ce sujet. L'abbé Dabry renchérit sur l'abbé Lemire. 387

XXXV. Si l'homme attendu, messie pour les Juifs, antéchrist pour nous, se levait de nos jours, aurait-il chance de se faire accepter par les Juifs, par les chrétiens? 392

AU CHAPITRE QUATORZIÈME.

XXXVI. "Le temps des nations" marqué par Notre-Seigneur, c'est-à-dire le temps de leur entrée dans l'Eglise est arrivé. C'est aussi le temps de l'affranchissement des Juifs, et bientôt celui de leur conversion et de leur apostolat 397

XXXVII. Sommes-nous arrivés à la fin du monde, ou au terme des premiers siècles de l'Eglise? Triomphe final de l'Eglise 400

XXXVIII. Les espérances fondées sur la définition de l'Immaculée-Conception. La guerre entre Marie et Satan depuis le premier jour du monde. Le prince de ce monde va être jeté dehors. Paroles de Pie IX, leur réalisation commencée 401

XXXIX. Les fausses religions sont toutes en dissolution 406 XL. Le zèle de l'Eglise pour la propagation de l'Evangile n'a jamais été plus grand 409

XLI. La lutte de l'homme contre DIEU. Pourquoi DIEU la permit-il? Quelle sera son issue? 411

AU CHAPITRE QUINZIÈME.

XLIb. Définition de l'américanisme par Dom Laurent Janssens. L'influence que les races saxonnes doivent prendre dans l'Eglise 413 XLII. Le sentiment de plusieurs évêques sur le parti des abbés démocrates. Le mot de S. S. Léon XIII sur la démocratie chrétienne 417

XLIII. OEuvre protestante pour accueillir les prêtres apostats 423 APPENDICE.

Lettre du Supérieur des Paulistes 429

Lettre de Mgr Ireland. 431

Lettres de Mgr Keane, de M. l'abbé Klein et du Dr Schell 433

La Vie catholique, les abbés Dabry et Naudet et la lettre de Léon XIII 434