Rohrbacher:Tome01-Page111
Un article de Christ-Roi.
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Mais quelque. chose de plus solennel encore se prépare. Après une vie de près d'un siècle et demi,, sur le point de se réunir à son peuple, Jacob appelle ses fils autour de sa couche et leur dit : Assemblez- vous et je vous annoncerai ce qui vous arrivera dans ia suite des jours. Assemblez-vous et écoutez, fils de Jacob : écoutez Israêl votre père. Puis à chacun il adresse, avec sa bénédiction propre, soit des re- proches, soit des louanges; en particulier des pré- dictions sur le caractère, la force ou la faiblesse de sa tribu, sur le pays qu'elle habiterait et lè sort qu'elle aurait dans la terre promise : prédictions qui toutes se sont accomplies quatre iu cinq siècles après. A Ruben il déclare qu'en punition de son inceste, il n'aura aucun privilège de primogéniture. A Siméon et Lévi il reproche le massacre des Sichémites; èt maudite Soit leur colère, s'écrie-t-il, parce qu'elle a été inexorable! maudite soit leur fureur, parce qu'elle a été cruelle! Je les diviserai dans Jacob et je les disperserai au milieu ct'IsraiM. Ce qui en effet a eu lieu : lors du partage de la terre promise, Si- méon a été dispersé dans la tribu de Juda, et Lévi dans toutes les autres. Arrivé à son quatrième fils, à Juda, dont le nom signifie louange, l'esprit du patriarche-prophète s'anime et s'élève Juda! tes frères te loueront t ta main sera sur la tète de tes ennemis! Les enfants de ton père t'adoreront t tu es un jeune lion, ô Juda t Tu t'es élevé, ô mon fils, à ravir la proie! Il ploie ses pieds et se couche des- sus, comme le lion et comme la lionne : qui l'exci- tera à se lever? Le sceptre ne sortira point de Jucla, ni le prince de sa postérité (autrement, d'entre ses étendards), jusqu'àce que vienne Celui qui doit être envoyé, ou le Messie; et c'est lui qui sera l'attente des nations, autrement, c'est à lui qu'appartient l'o- bôissanre des peuples (Gen., 49, 8-10). Pour éviter tout embarras de discussion, nous avons traduit ces paroles sacrées comme les tra- duisent les docteurs `les plus révérés des Juifs, et pôur leur antiquité et pour Peur science, ceux dont ils impriment souvent les commentaires avec le texte mème de la Bible, tels que Salomon Yarrhi et On- kelos (î). Cela seul nous démontreque l'ancienne synagogue voyait dans ces paroles,, comme tous les chrétiens, que le Messie naîtrait de la tribu de Juda, lorsqu'elle aurait perdu la puissance souvdraine. Pour l'accomplissement, il ne faut que des yeux pour le reconnaître en Jésus-Christ. La tribu de Juda, toujôurs la plus puissante entre toutes les tribus d'IsraiØl, devenue la tribu royale depuis David, conserve le pouvoir souverain, le droit de vie et de mort, jusque dans la captivité de Babylone; forme, au retour, une nation indépen- dante sous des chefs qu'elle choisit librement; donne son nom à tous les descendants de Jacob. Mais entin Je sceptre lui est ôté, les Romains lui imposent pour roi un étranger, l'Iduméen Hérode; bienW.Ø Øl1e cesse d'être un royaume, elle n'est plus qu'une province romaine, il ne lui est plus permis de condamner personne à mort. Alors paraît le grand Envoyé, le Messie, le Christ; une partie de ses frères l'adorent lion de la tribu de Juda, il triomphe de la mort, de l'enfer et du monde; les peuples se soumettent à son empire. Et, après avoir été l'attente des nations (1) Voyez, entre autres, un Pentat.uque Imprimé Ø Ofl'enbaoh il p Ø une vingtaine d'années.
iii pendant plus de quatre mille ans, depuis deux mille, aucune nation ne l'attend plus. Le Juif opiniàtre confesse que les temps sont passés, que le !`,Iessie a dØi venir; Øeulement, ajoute-t-il en tremblant, il est encore caché : - pour lui, cela est vrai. Comme les enfants d'Israêl en Egypte; il est devant Joseph et ne le reconnaît point. Après avoir béni de cette manière chacun de ses douze fils, Jacob leur commanda de l'cnsevelir'dans la caverne de Mambré, avec Abrahain et Isaac; puis, joignant les pieds sur sa couche, il mourut et fut réuni à son peuple (Gen., 49). Joseph voyant son père mort, se jeta sur son visage en pleurant. Il or- donna à ses médecins d'embaumer le corps, suivant la plus parfaite méthode; car il y en avait `trois, plus dispendieuses l'une que l'autre. Les Egyptiens, sans doute par ordre du roi , portèrent le deuil de Jacob pendant soixante-dix jours : c'était, à deux jours près, autant que pour les rois eux-mêmes. Les jours du deuil public étant passés, Joseph pria les officiers du roi de lui obtenir la permission d'aller ensevelir son père dans spn sépulcre hérédi- taire au pays de Chanaan. Le roi la lui accorda. Jø- seph partit alors avec toute sa maison et ses frères ils ne laissèrent en Gessen que leurs enfants et leurs troupeaux. De plus, tous les ministres de Pharaon, les sénateurs de son palais, ainsi que tous les séna- teurs de l'Egypte l'accompagnaient avec des chars et de la cavalerie: Sa suite formait enfin un camp très- considérable. , -4 Arrivés jusqu'à l'aire d'Atad, qui est au delà du Jourdain, ils célébrèrent les funérailles avec des pleurs et des cris, et Joseph y mena le deuil de son père pendant sept jours. Ce que les habitants du pays de Chanaan ayant vu, ils dirent : Il y a un grand deuil parmi les Egyptiens. C'est pourquoi le nom de ce lieu fut le Deuil de l'Egypte. Les fils ,de Jacob firent donc ce que leur père leur avait ordonné, et le portant en la terre de Chanaan, ils l'ensevelirent en la caverne de Macphelah, vis-à-vis de Mambré, qu'Abraham avait achetée d'Ephron, 1-Jéthéen, avec son champ, pour en faire le lieu de son sépulcre. Quand ils l'eurent enseveli, Joseph retourna en Egypte avec ses frères et tous ceux qui l'avaient ac- compagné. Ses frères voyant que leur père était mort, eurent peur, *et se dirent entre eux : Peut-être que Joseph se souviendra présentement de l'injure qu'il a soufferte, et nous rendra tout le mal que nous lui avons fait. Ils lui envoyèrent donc dire Votre père nous a commandé, avant qu'il mourût, de vous djre en son nom : Je te prie d'oublier 16 crime de tes frères et le péché et la malice çlont ils ont usé envers toi : maintenant donc, de grèce, par- donnez cette uiîense aux serviteurs du Dieu de votre père. Mais Joseph pleura quand on lui dit ces pa- roles. Ses frères étant venus eux-mèmes, se pros- ternèrent devant lui, et dirent: Voilà, nous sommes voS serviteurs. Joseph leur dit : Ne craignez point t suis-je donc à la place de Dieu? Vous avez pensé sur moi en mal, mais Dieu l'a pensé en bien, pour faire ce qui est aujourd'hui, conserver la vie à une multitude de peuples. Ne craignez donc point t je vous nourrirai, vous et vos enfants. Et il les consola, et il leur parla au coeur. Joseph habita ainsi en Egypte avec toute la fa- mille de son père, et il vécut cent dix ans. Il viL leØ
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