Rohrbacher:Tome01-Page112

Un article de Christ-Roi.

Page précédente - Présentation - Sommaire - Toutes les pages - Page suivantePage corrigée

112

HISTOIRE UNIVERSELLE DE L'1ØGLISE CATHOLIQUE.

enfants d'Eplu'aim jusqu'à la troisième génération. Les enfants de Machir, fils de Manassé, naquirent également sur les genoux de Joseph. Après cela, il dit à ses frères Je meurs, et Dieu vous visitera et vous fera remonter de cette terre à celle cØu'il a juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob. Il prit donc à serment les enfants d'Israél, en ces mots Dieu certainement vous visitera; alors transportez d'ici mes os avec vous. Ensuite il mourut, âgé de cent dix ans, et, ayant été embaumé, il fut mis dans un cercueil en Egypte (Gen., 50'.

Telles furent la vie et la mort de Joseph, pa- triarche admirable en tout &t bien digne de préfigu- rer le Christ. Qui ne l'aimerait avec son père? I',lais aussi, en contemplant sa vie, qui n'admirerait et ne bénirait la paternelle providence de Dieu, qui éprouve les justes pour les rendre plus justes encore et faire servir leur justice au salut de tous? Ce mys- tère divin, qui s'est accompli dans le juste mourant sur la croix pour tous les coupables, se manifeste encore dans un arrière-petit-fils d'Esaû.

LIVRE CINQUIÈME. Job, patriarche de 1'IduxnØe, figure et prophùtie du Christ.

EN prenant la postérité de Jacob pour son peuple de prédilection, Dieu n'a point abandonné les autres peuples; c'est même pour le salut de tous les autres qu'il en choisira un pour être le dépositaire de sa loi et de ses oracles, pour être à tout l'univers une preuve vivante de sa providence et de sa justice. C'est dans cette nation que seront bénies toutes les nations de la terre. En attendant, les peuples qui paraissent le plus abandonnés, Dieu ne les aban- donne pourtant pas. Qu'y a-t-il en apparence de plus réprouvé que la race maudite de Chanaan? Et toute- fois, nous avons vu s'élever au milieu d'elle un per- sonnage plus grand qu'Abraham, un roi de justice et de paix, un pontife du Très-Haut, figure prophé- tique, et par son nom, et ses actes, et son histoire, du Pontife éternel, du Fils de Dieu. De même Isrnaêl, le père des Arabes, est chassé de la maison pater- nelle; mais, avec le souvenir de la foi d'Abraham, il emporte dans les déserts une promesse divine, et pour lui et pour toute sa race. Enfin Esail perd par sa faute l'héritage paternel des promesses et des bénédictions; et toutefois, nous allons voir parmi ses descèndants un patriarche et un prophète, qui sera une prôphétie parlante du Christ, et dans ses souffrances et dans sa résurrection. Vers le temps où mourut en Egypte, Joseph, le fils de Jacob, un homme vivait dans la terre de Hus son nom était Job; et cet homme-là était simple et droit, craignant Dieu et s'éloignant du mal. Il lui naquit sept fils et trois filles. Ses possessions en bé- tail étaient de sept mille moutons, trois mille cha- meaux, cinq cents paires de boeufs et cinq cents ânesses. Il avait de plus un nombreux domestique et un labourage considérable. Et cet homme était grand et célèbre, plus qu'aucun des fils de l'Orient. Et ses fils allaient les uns chez les autres et don- naient des repas chacun en son jour, et ils envoyaient inviter leurs trois soeurs à venir manger et boire avec cux; les jours de festin terminés, Job envoyait

vers eux et les sanctifiait, puis, se levant de grand matin, il offrait des holocaustes suivant le nombre d'eux tous; car Job disait : Peut-être que mes en- fants auront commis quelque péché et béni Dieu dans leur coeur. Job en usait ainsi tous les jours (Job, 1). Quelle admirable famille quelle union dans les enfants I Et dans le père, quelle touchante sollici- tude I quelle tendre piété I Peut-être qu'ifs ont béni Dieu dans leur coeur. Il craint de dire le mot blas- phéiner, tant il a horreur de la chose. Dans un très-ancien fragment, qui est à la suite du livre de Job dans le grec, dans l'arabe et dans l'ancienne Vulgate, il est dit .Ø Job demeurait dans la terre Ausitide, sur les confins de l'Idumée et de l'Arabie. Son nom était d'abord Jobab. Il prit une femme d'Arabie, dont il eut un fils nommé Ennon. Son père fut Zaré, l'un des descendanis d'Esaù, et sa mère Bosorrha.; en sorte qu'il était le cinquième depuis Abraham (le sixième en y comprenant le pa- triarche). Or, voici les rois qui régnèrent (fans Edom, région dans laquelle lui-même fut prince. Le pre- mier fut Balac, fils de Béor, et sa ville s'appelle Den- naba; après Balac, ce fut Jobab, qui est aussi nommé Job; après lui vint Asom, chef de la région Thémanitide; après celui-ci fut Adad, fils de J3arad, qui défit les Madianites dans la plaine de Moab le nom de sa ville était Gethaïin. Les amis de Job qui vinrent le voir, furent Eliphaz, l'un des descendants d'Esafl, roi des Thômaniens, Batdad, souverain des Sauchéens , et Sophar, roi des Minéens. » Ce fragment, recommandable par son antiquité et le sentiment commun des Pères et des interprêtes qui vient s'y joindre, établit suffisamment, à nos yeux, le temps où vécut Job et sa descendance d'E- sali. lius, en hébreu Outs, en grec Os, est le nom d'un ancien prince de Séir,. de qui l'on aura appelé terre de ilus ou Ausitide la terre où plus tard ha- biLa Job. Mais revenons à l'lmisloire de ce patriarche,



Image haute résolution
Spécial