Rohrbacher:Tome01-Page113
Un article de Christ-Roi.
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LIVRE V. - JOB, FIGURE ET PROPFIØT1E DU ChRIST.
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que l'apôtre saint Jacques nous propose pour mo- dèle (Jac., 5, `11). Or, un jour les enfants de Dieu, les anges, étant. ?enuo i.... ØiuitI'& ueVØLflt Jéhova, Satan se trouva aussi parmi eux. Et Jéhova dit à Satan : D'oû viens- tu? Satan répondit à l'Eternel : Je viens de parcou- rir la terre et de la visiter. Alors l'Eternel dit à Sa- tan : As-tuØ remarqué mon serviteur Job? Il n'a point d'égal sur la terre, homme simple et droit, craignant Dieu et s'éloignant du mal. Satan répon- dit à l'Eternel : Est-ce gratuitement que Job craint Dieu? Ne l'avez-vous pas entouré comme d'un rem- part, lui, sa maison et tous ses biens? N'avez-vous pas béni les oeuvres de ses mains? Ses possessions en troupeaux ne se sont-elles pas multipliées sur la terre? Mais étendez un peu votre main et touchez tout ce qu'il possède, et vous verrez s'il ne vous bé- nira pas en face, c'est-à-dire s'il ne vous blasphé- mera pas. L'Eternel dit alors à Satan : Voilà que tout ce qu'il a est en ton pouvoir; mais n'étends pas la main sur lui-mème (Job, I). L'Eternel apparaît ici comme le roi sur son trône. Les ministres de sa providence viennent lui rendre compte et des nations auxquelles il les a préposés, et des individus qu'il a commis à leur garde; ils lui présentent les prières des Saints , les larmes des pé- nitents, les souffrances des pauvres, et attendent les ordres de sa bonté. Satan, l'adversaire, le mé- chant, vient aussi pour accuser les hommes devant Dieu et savoir qui il lui sera permis de tenter et d'affliger. Il est en la présence de Dieu comme l'a- veugle en la lumière du soleil, sans le voir. Appre- nons maintenant comme il a usé de la permission qui lui a été donnée. Un jour que les fils de Job et ses* filles man- geaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné, un messager vint à Job et dit : Les boeufs labouraient et les ânesses paissaient auprès, lors- que les Sabéens sont venus fondre dessus, les ont enlevés et ont passé les gardiens au fil de l'épée; seul, je me suis échappé pour vous en donner la nouvelle. Il parlait encore, un autre survint et dit Le feu de Dieu est tombé du ciel sur les brebis et sur les gardiens, et les a consumés; seul, je me suis échappé pour vous en apporter la nouvelle. Il n'avait pas encore achevé de parler, lorsqu'un autre vint dire : Les Chaldéens, partagés en trois ban- des, se sont jetés sur les chameaux, ils les ont en- levés, ont tué les gardiens, et je me suis échappé seul pour vous en donner la nouvelle. Il parlait en- core, un autre entra et dit : Vos fils et vos filles étaient à manger et à boire du vin dans la maison de leur frère alnô; et voilà qu'un, vent violent s'est élevé du fond du désert et a ébranlé les quatre coins de la maison, en sorte qu'elle s'est écroulée sur. les enfants, et ils sont morts; et, seul, je me suis échappé pour vous .en apporter la nouvelle. Alors Job se leva, déchira son manteau, se rasa la tète, et, Øe prosternant à terre, il adora et dit: « Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu j'y retournerai. L'E- ternel l'a donné, l'Eternel l'a repris; comme il a plu à l'Eternel, ainsi il est arrivé. Que le nom de l'Eter- nel soit bénit » En toutes ces choses, Job ne pécha point par ses lèvres et ne dit rien contre Dieu qui fût indiscret. Satan s'était vanté qu'il le lui ferait blasphémer,
et le voila qui le bénit! La foudre, la tempêt n'y ont rien pu, non plus que les voleurs. Il y avait deux peuples du nom de Sabéens. L'ur descendait de Saha, fils de Regma, fils de Cush fils de Cham; l'autre, de Saha, frère de Regma, et par conséquent aussi de Cham. Ils habitaient l'Arabie, les uns vers la mer Rouge, les autres vers le golfØ Persique. Les Chaldéens dont il est ici parlé, sont ceux de cette nation qui, pendant :que tout le reste obéissait à l'empire de Babylone, maintinrent si bien leur indépendance au milieu de leurs montagnes, que, du temps de Cyrus encore, ils sortaient de là pour vivre de pillage ou se mettre à la solde de qui les voulait payer (Xénophon, Cyropéclie, 1. 3). Il n'est pas étonnant que l'ennemi de tout bien se soit servi dc pareils auxiliaires pour faire le mal. Néan- moins il fut vaincu. Job se montra, comme Dieu l'avait dit, parfait, irréprochable, car c'est le sens du mot original, ciue la Vulgate rend ici par simple, mais dont elle exprime toute la force dans ces pa- roles du Seigneur à Abraham : « Marche devant moi, et sois parfait. » Un autre jour que les enfants de Dieu s'étaient présentés devant l'Eternel, et que Satan se trouvait parmi eux, l'Eternel lui dit : D'où viens-lu? Il ré- pondit : De parcourir la terre et de la visiter. L'E- ternel reprit : As-tu remarqué mon serviteur Job, qui n'a point d'égal sur la terre, homme simple et droit, craignant Dieu, s'éloignant du mal et con- servant encore l'innocence, quoique tu m'aies porté à l'affliger gratuitement? Salan répondit à iØEternel: L'homme donnera toujours peau pour peau et tout ce qu'il a pour conserver sa vie. Mais étendez votre main et touchez ses os et sa chair, et vous verrez qu'il vous maudira en face. Alors l'Eternel dit à Satan : Le voilà en ta main, mais épargne sa vie. Satan sortit de la présence de Jéhova, et frappa Job d'un horrible ulcère, depuis la plaiiteØ des pieds jusqu'au sommet de la tète. Lui prit un tét pour se ràcler avec cela, et s'assit sur le fumier et la cendre (Job, 2, 1-8). Satan est encore vaincu. Job souffre son mal sans ouvrir la bouche, et cependant quel mal t la plus affreuse des lèpres, l'assemblage de tous les maux. Tout son corps n'est qu'une plaie; des pieds à la tète il est plein d'ulcères, les ulcères pleins dç vers et de pourriture; la fièvre le brûle, une esquinancie étouffante l'empêche d'avaler sa salive, ses reins et ses entrailles sont en proie à des douleurs sans fin, son visage est enflé à force de pleurer, ses yeux sont obscurcis; sa voix rauque rugit plutôt qu'elle ne parle; décharné, épuisé, desséché, il n'a plus que la peau sur les os, plus que les lèvres autour des dents; son haleine est d'une puanteur insup- portable; sa propre femme en a horreur, tous les siens l'abandonnent, il est obligé de demeurer hors de la ville, éloigné du commerce des autres hommes. Là, et la nuit et le jour, l'ennui, l'inquiétude, des terreurs soudaines, des songes effrayants viennent tourmenter son âme. Voilà ce que l'Ecriture nous dit de son mal. Il y avait déjà longtemps qu'il souffrait, lorsque sa femme lui dit : Quoi? tu tiens encore à ton inno- cence, à ta piété? Bénis Dieu, et meurs. ØIais il lui répondit : Vous parlez comme une de ces femmes qui n'ont point de sens. Si nous avons reçu les biens
Tome I. - S

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