Rohrbacher:Tome02-Page253
Un article de Christ-Roi.
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et Jude frère de Jacques. Tous ceux-ci persévéraient unanimement dans la prière avec les pieuses femmes, et Marie, mère de Jésus, et ses frères ou ses parents (Act., 1, 11-14).
Pierre est ici nommé le premier comme ailleurs. Il s'appelait dans l'origine, Simon, fils de Jona ou Jean. La première fois que Jésus le vit, il lui donna le nom de Céphas ou Pierre (Joan., 1, 42). Plus tard il parut pourquoi. Pierre ayant répondu à son maître : Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant; Jésus lui répondit à son tour: Bienheureux es-tu Simon, fils de Jona; car ce n'est pas la chair et le sang qui te l'ont révélé, mais mon Père qui est au ciel. Et moi aussi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette même pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Et c'est à toi que je donnerai les clés, du royaume des cieux; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux (Matth., 16, 17-19). A la veille de mourir, Jésus lui disait encore: Simon, Simon, voici que Satan vous a demandés à cribler comme on fait le froment; mais moi j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; alors donc que tu seras converti un jour, affermis tes frères (Luc, 22, 31 et 32). Jusque-là ce sont des promesses des recommandations pour l'avenir. Quelques jours avant son ascension, Jésus lui commande au présent: Simon, fils de Jean, pais mes agneaux, pais mes brebis (Joan., 21, 15). Alors seulement il fut investi de sa charge: C'est à ce même Pierre, et, avec lui, aux autres apôtres dont il était le chef, que Jésus-Christ dit en les quittant: Il m'a été donné toute puissance au ciel et sur la terre : allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du fils, et du Saint-Esprit; leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé: et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation du monde (Matth., 28, 18).
Telles sont les promesses de Jésus-Christ à ses apôtres. Il y a des chrétiens dévoyés qui en ont grand'peur. Dans leurs histoires ecclésiastiques, les protestants font semblant de ne pas les voir, ou bien ils assurent qu'ils n'y voient aucunement ce qu'y ont vu les chrétiens de tous les lieux et de tous les temps. Cela peut être. Dieu a dit: Que la lumière soit; et la lumière fut: et cependant quand on ferme les yeux on ne voit pas la lumière. Le vrai de tout cela, c'est que cette pierre, devenue une montagne qui remplit toute la terre, les offusque : son unité compacte, son immuable solidité, ils les déclarent un abus; ils voudraient qu'elle fût demeurée pierre qui roule. Les siècles chrétiens ne pensent pas comme, eux.
Jésus avait commandé à ses apôtres de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'y attendre la promesse du Père, la vertu de l'Esprit-Saint qui devait descendre sur eux. Ce fut dans ces jours d'attente que Pierre déploya pour la première fois l'autorité dont il était revêtu. Le Sauveur avait choisi douze apôtres suivant les douze tribus d'Israël ;ce nombre, sacré n'était plus complet depuis que le traitre Judas s'était pendu.Il s'agissait de lui donner un successeur.
« Pierre, sans aucun doute, dit le docteur le plus célèbre de tout l'Orient, saint Chrysostome, aurait pu, lui seul, faire ce choix, vu que le Seigneur, par ces paroles: Affermis tes frères, avait placé tous les autres sous sa main. Toutefois, par condescendance, il en remit le jugement à la multitude, afin de lui rendre plus vénérable celui qu'elle choisirait, et pour ne point exciter sa jalousie.[1] » Il tint donc une assemblée où se trouvèrent environ cent vingt hommes, y rappela le funeste sort de Judas, ainsi que le champ du sang acheté du prix de sa trahison, et décida qu'il fallait qu'un autre prit sa charge d'évêque; puis il régla qu'on devait le choisir parmi ceux qui avaient toujours été avec Jésus-Christ, afin qu'il pût rendre témoignage de sa résurrection. L'assemblée en présenta deux, Joseph Barsabas, surnommé Juste, et Mathias. Comme ils paraissaient tous les deux également dignes, on résolut, après une fervente prière, de jeter le sort, qui tomba sur Mathias; et dès ce moment ce disciple fut compté parmi les apôtres, et devint participant de toutes leurs prérogatives (Act., 1, 15-26).
On approchait de la Pentecôte, ou cinquantième jour après la Pâques. C'était une fête aussi solennelle que la Pâque même. Elle rappelait ce jour mémorable où, sept semaines après la sortie d'Egypte, l'Eternel publia sa loi sur le mont Sinaï, au milieu des foudres et des éclairs, et l'écrivit ensuite sur deux tables de pierre, que Moïse ,brisa au pied de la montagne, quand il vit le peuple adorant le veau d'or. Cette action de Moïse rompant les premières
tables de la loi, faisait entendre que la législation qu'il établissait alors n'aurait qu'un temps, et qu'elle
serait remplacée un jour par une autre. Peu avant sa mort, il parla aux enfants d'Israël du futur législateur en ces termes: L'Eternel, votre Dieu, vous suscitera de votre nation et du milieu de vos frères, un prophète comme moi: c'est lui que vous devrez écouter (Deut., 18, 15). Jérémie avait également annoncé cette loi nouvelle : Il viendra des jours, dit le Seigneur, et je ferai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle et différente de celle que j'ai faite avec leurs pères quand je les tirai d'Egypte. Voici quelle sera cette alliance: Je mettrai ma loi dans leurs entrailles, et je l'écrirai dans leurs cœurs; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple (Jerem., 31, 31-33). Cette prédiction allait s'accomplir en présence d'une foule innombrable, que la solennité de la fête et l'attente plus vive que jamais du Messie avaient attirée à Jérusalem de toutes les parties de la terre.
Le jour de la Pentecôte, les apôtres, unis de sentiments, étaient encore réunis dans le même lieu, à ce que l'on croit, sur la montagne de Sion; lorsque tout à coup un grand bruit retentit, semblable à celui d'un vent impétueux qui remplit toute la maison où ils étaient assis. Il leur apparut comme des langues de feu divisées, et il s'en reposa sur chacun d'eux; symboles de l'ardeur et de la lumière nouvelle que l'Esprit-Saint allumait dans leurs cœurs, ainsi que de la divine éloquence qu'il leur communiquait. Ce bruit extraordinaire attira sur la sainte montagne une grande multitude de Juifs, qui s'y trouvèrent surpris de nouveaux prodiges. Quoiqu'ils fussent de diverses nations et qu'ils parlassent des langues différentes, chacun entendit néanmoins les apôtres parler
- ↑ Chrys., Homil. 3 in Act. apost, n. 2 et 3. Voir encore une autre homélie, qu'on croit être de saint Grégoire de Nysse. Combefis, Biblioth. PP. concionat., t VII, p.222.

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