Rohrbacher:Tome09-Page219

Un article de Christ-Roi.

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ton., 111e part., tit. 22, c. 10; Raynald, an 1431, n. 3). Au, conclave, les çardinaux s'étaient engagé par serment à faire jurer au nouveau Pontife, avant qu'il fût ceint de la tiare, certains articles pour le bien de la monarchie ecclésiastique et la dignité des iØardinaux. Le Pape élu devait promettre de rétablir Øa discipline ecclésiastique dans son ancienne inté- Ørité, de ne pas transférer le Siége apostolique en divers lieux, de célébrér le concile oecuménique au ØiØu et au temps marqués, de ne procla[ØIer de car- dinaux que suivant le décret de Constance et avec l'assentiment de la majeure partie du sacré collège, à qui serait assignée la moitié des revenus de l'E- glise romaine. Eugène IV confirma cet engagement par une bulle dû 12 mars 1431. II fit mieux : il' exécuta sans délai ce qu'il avait promis. Jusqu'alors c'était la coutume de faire part de l'exaltation des papes aux tètes couronnées, par des nonces qu'on leur envoyait exprès. Ces commis- sions étaient fort briguées, à cause des présents considérables que faisaient les princes à ceux qui eu étaient chargés. Le nouveau Pontife supprima cet usage, bien résolu d'en supprimer encore d'au- tres qui ressentaient trop le gain et l'intérêt, afin, dit-il, de délivrer son pontificat et la cour romaine de toute tache honteuse. Il se contenta donc de faire informer de son exaltation les rois et les princes souverains par les ministres qu'ils tenaient à sa cour. C'est lui-même qui s'en explique ainsi dans une lettre au roi Jean de Castille (Raynald, an 1431, n.9). Rome admirait alors les vertus d'une sainte dame, née en cette ville, l'an 1384, de Paul de Buxo et de Jacqueline de RofØedeschi, deux familles distin- guées. Au baptême, elle reçut le nom de Françoi.se. Dès sa première enfance, elle donna des marques étonnantes de pudeur virginale, et soufl'rant avec peine d'être touchée par un homme, même par son père. Dès qu'elle sut parler, la premièrØ chose qu'elle apprit, fut de réciter l'office de la sainte Vierge. Tranquille, humble et docile, enfant par l'âge, matrone par la sagesse, elle ne, s'amusait à rien de puéril , `ne cherchait point à savoir ou à redire de nouvelles; mais, retirée dans l'inté- rieur de la maison , elle évitait la conversation .des hommes, afin de jouir plus cômmodément de celle de Dieu. Les yeux toujours modestement baissés, jamais elle ne perdait la présence de Dieu et de ses anges. Ce que le travail et la prière lui laissaient de temps, elle l'employait à lire les vies des vierges illustres par leur sainteté, dans le désir d'imiter leurs exemples. A pèine visible aux personnes de la maison hors des heures nécessaires, il n'est *pas étonnant qu'elle fùt inconnue du voisinge; Dès lors elle avait coutume de faire l'examen de toutes ses actions, et d'expier pØr une sévère pénitence ce qu'elle trouvait avoir commis de fautes. C'était mer- veille de voir avec quel respect et quelle soumission elle obéissait à son confesseur; il n'y avait qu'un point où elle était importune, qu'on lui permit de tourmenter son jeune corps par des pénitences, au- dessus de son âge. Plus d'une fois il fallut condes- cendre à ses pieux désirs; Dieu voulait de bonne heure former à la mortification celle qu'il destinait Ø une si ixaute sainLe'Øé.

`219 Vivant ainsi à la maison comme une recluse Françoise mûrissait dans son esprit le dessein de garder la virginité et de la consacrer `k Dieu dans quelque monastère. Son confesseur lui conseilla d'y penser longuement, de bien examiner le pour et le contre de chaque état, et d'essayer ses forces par quelque austérité secrète. Elle obéit, et se rendit de jour en jour plus affermie dans sa résolution. Elle s'en ouvrità ses parents, qui en avaient déjàsoup- conné quelque chose. Non-seulement ils n'y consen- tirent point, mais, comme elle avait passé douze ans, ils songèrent aussitôt à la marier. Sur les or- dres formels de son père, elle se résigna par obéis- sance, mais après avoir rversé bien des larmes, et épousa Laurent de Ponzanis, jeune seigneur romain dont la fortune égalait la naissance. Peu après ses noces*, elle tomba grièvement ma- lade. Elle dépérissait de jour en jour; les médecins n'y voyaient point de remède. Le père s'affligeait d'autant plus, qu'il `regardait la maladie de sa fille comme une punition du ciel, parce qu'il lui avait refusé la permission d'embrasser la vie religieuse. Des personnes osèrent espérer sa guérison par des sorti léges; mais Françoise protesta constamment qu'elle airiiait mieux mourir que d'offenser Dieu par aucune superstition. Sans aucun secours des méde- cins, ellé recouvra la santé en partie; mais, retom- bée quelque temps après, elle fut près d'un an si malade, qu'elle ne pouvait se mouvoir dans son lit `ni retenir dans l'estomac aucune-nourriture, avec de grandes douleurs et pour elle et pour ses pro- clies, qui s'attendaient à sa mort chaque jour. Une femme qui se mêlait de sortilèges se présenta d'elle. même pour la guérir. Mais elle fut, reçue de telle sorte, qu'elle se trouva heureuse d'échapper de la maison sans étre battue. C'était la veille de Saint- Alexis, 17 juillet-1398, quatorzième année de Fran- çoise. Au milieu de la nuit, tous les domestiques dormaient profondément, même les gardes-malades; Françoise veillait et pensait à Dieu. Tout à coup la chambre est éclairée d'une lumière extraordinaire; saint Alexis apparaît rayonnant de, gloire; il se nomme et lui annonce que Dieu l'envoie pour la guérir;'il pose son manteau d'or sur la malade, et lui rend une santé parfaite. Françoise aussitôt so lève bien portante, s'en va trouver son amie d'en- fance, sa belle-soeur Vannozie ou Jeannette, qui venait à peine de s'endormir, lui raconte le miracle, l'invite à venir avec elle en remercier Dieu dans l'é- glise voisine : ce qu'elles font toutes deux avec une indicible dévotion. Retournée chez elle, Françoise y est reçue par toute la famille comme une personne ressuscitée d'entre les morts. Tout Rome en fut dans l'admiration. Revenue ainsi des portes de la mort, Françoise s'applique avec une ardeur plus grande que jamais à toutes les oeuvres de piété. Le désir de la vie soli- taire se renouvelle dans son coeur, afin de s'y don- ner à Dieu tout entière. Vannozie, survenant, la trouve tout absorbée dans ces réflexions. S'étant ex- pliquées l'uûe avec l'autre, Vannozie entre dans les idées de Françoise. Mais comment s'y prendre pour l'exécution, étant mariées toutes deux? Au plus haut dé la maison, où n'allait presque jamais per- sonne , elles se construisirent un petit oratoire; à l'extrémité du jardin, d'anciennes ruines formaient -

LIVRE LXXXII. - SAiNTE FRANÇOISE, DAME ROMAINE.



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