Gnose

De Christ-Roi
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Au Ier siècle ap. J.-C., avant que les "gnostiques" n'en subvertissent le sens en se l'appropriant, la gnose constituait aux yeux de saint Clément d'Alexandrie, la vraie science de la foi.

"D'ailleurs, qu'on se le rappelle, l'Eglise, dès l'origine, avait adopté une expression caractéristique, dérivée de saint Paul, pour traduire la manière dont elle comprenait cette théorie (de la "science de la foi"): le mot de gnose et de gnostique, avant d'avoir été déshonoré par l'hérésie , et approprié dans le langage traditionnel, à la secte de ce nom, n'avait, ni étymologiquement ni historiquement, le sens défavorable que lui attribua l'erreur, mais un sens élevé, celui de contemplation et de mysticité. Clément d'Alexandrie nous l'apprend, lorsqu'il dédie son livre des Stromates (liv. IV, VI, VII.) à ceux qui font profession et recherche de la piété, à ceux qui sont parvenus à une habitude consommée de la charité, aux parfaits et aux spirituels; ceux-là, il les appelle gnostiques. Gnose voulait dire connaissance; ainsi plaçait-on la perfection dans la connaissance; et cela prouve encore combien, dans ces temps primitifs, l'idée qu'on avait de la vie chrétienne était doctrinale. "Celui-là qui a la science des choses divines par manière de compréhension, dit saint Clément d'Alexandrie, participe à la Sagesse éternelle, non par substance, mais par écoulement de la puissance divine." - N'est-ce pas ici la meilleure définition possible de la gnose et de la 'vraie théologie, qui est à la fois dogmatique et mystique, et dans laquelle saint Thomas voit une assimilation avec Dieu et, plus qu'une vertu, un degré très éminent de vie spirituelle et d'union à Dieu: Haec est vita aeterna ut cognoscant te solum verum Deum." (Abbé Augustin Aubry, Contre le modernisme, Etude de la Tradition, le sens catholique et l'esprit des Pères, Pierre Tequi Editeur, Gand 1927, réédité aux ESR, p. 179.)

LE MOT "GNOSE" EST EQUIVOQUE

"Le mot gnose est équivoque. Il peut y avoir

  • une gnose catholique et saine (Dupont, Gnosis, La Connaissance religieuse dans les Epîtres de Saint Paul, Louvain, Paris 1949.).
  • mais quand on parle de "gnose", on entend communément mauvaise gnose, gnose théosophique et panthéiste. C'est dans ce sens que nous en parlerons ici. Le gnosticisme est un système ésotérique de philosophie et de théologie qui se rendit fameux dans les premiers siècles du christianisme et qui fut combattu par les Pères de l'Eglise (voir par exemple Saint Irénée.)

(Abbé Julio Meinvielle, De la Cabbale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p 97.)

LA "GNOSE CHRETIENNE" N'EST PAS LE GNOSTICISME MÊME CHRETIEN

"En premier lieu, il faut distinguer nettement entre la gnose chrétienne et le gnostocisme même chrétien.

Quant on parle de "gnose chrétienn", on considère cette connaissance de Dieu et de sys mystères. [...] Le christianisme, comme la religion juive qui l'a précédé, est une connaissance; connaissance d'un secret ou révélation qui est le dessein de DIEU de sauver l'homme par Jésus-Christ. C'est la une vérité clairement contenue dans les Evangiles et dans Saint Paul. On la trouve également chez les auteurs chrétiens des premiers siècles, spécialement chez les Pères Apostoliques. En particulier, cette gnose chrétienne va être pleinement et systématiquement mise au point, en grande partie contre l'hérésie gnostique, par Clément d'Alexandrie et Origène. La tradition origéniste reste vivante chez Grégoire de Nysse (+ 395) et Evagre le Pontique (+ 399).

(Abbé Julio Meinvielle, De la Cabbale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p 115.)

LE PECHE D'ADAM: UN PECHE DE GNOSE

 "Le péché d'Adam fut alors de prétendre à être comme Dieu, connaissant le bien et le mal."

(Nos premiers parents) Ils voulurent imiter Dieu en copiant un attribut qu'il ne convenait pas de copier. En convoitant "un bien spirituel au-dessus de leurs moyens" et "par conséquent en convoitant de manière désordonnée la ressemblance divine" (Saint Thomas, Somme théologique, IIa - IIae, q. 163, a. 2.). "Le premier homme pécha principalement en convoitant la ressemblance avec Dieu à l'égard du bien et du mal, comme le suggéra le serpent: à savoir en vertu de sa propre nature, de déterminer par lui-même ce qui était bon et ce qui était mauvais." Il convoita donc "une suffisance et une autonomie" propres à DIEU, qui de sa loi éternelle, fixe aux céatures leurs limites et ne leur permet pas de se fixer leurs propres limites.

"Le péché d'Adam mettait en cause la cosntitution de l'ordre de la moralité et du bonheur. L'homme serait la règle pour l'homme. L'ordre surnaturel dépendrait alors de l'homme même... Voilà déjà en germe l'hérésie pélagienne, le naturalisme et l'humanisme de l'âge moderne (Voir Droits de l'Homme). L'homme s'arrogeant les attributs divins de législateur suprême. C'est pourquoi le péché d'Adame fut un péché d'orgueil."

"Le péché d'Adam fut un péché de gnose, de connaissance. Ce fut de vouloir connaître immodérément ce que DIEU seul peut connaître. Le péché se situait dans la volonté, mais par rapport à un acte de connaissance. Et cette connaissance était un acte propre à Dieu. L'homme voulait jouir d'une prérogative divine dans le connaître, qui est de constituer l'ordre de la morale et de la foi. Cet acte de gnose, en adjugeant à l'homme un attribut divin, faisait l'homme Dieu. L'homme rejetait toute transcendance et se maintenait dans la plus absolue immanence de l'humain.

[...] Il commit ce péché à l'instigation du serpent et à l'invitation de la femme."

[...] Le résultat du premier péché fut que l'homme resta constitué en un être connaissant le bien et le mal. [...] C'est pourquoi Dieu dit: "Voici l'homme comme l'un de nous, connaissant le bien et le mal" (Gen., III, 22.)

Cette déviation opérée au coeur de l'homme et qui affectait son sens et son destin, ne pouvait laisser d'avoir une influence sur la tradition ou cabale que Dieu avait communiquée à l'homme. Si l'homme innocent se transformait en un être de malice, la cabale devait de même se changer de bonne en mauvaise, surtout après le crime de Caïn.

(Source: Abbé Julio Meinvielle, De la Cabbale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 33-34.)