Tilly : Différence entre versions

De Christ-Roi
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« Au même instant, les yeux de la Vierge se portèrent sur moi d'un mouvement si rapide et si complet, que j'en sursautai si fort que les personnes qui étaient près de moi s'en aperçurent et me questionnèrent.<br>
 
« Au même instant, les yeux de la Vierge se portèrent sur moi d'un mouvement si rapide et si complet, que j'en sursautai si fort que les personnes qui étaient près de moi s'en aperçurent et me questionnèrent.<br>
 
« Je laisse à vos lecteurs le soin de conclure. Plus qu'un mot. Le prodige de Campocavallo a été formellement reconnu par Rome qui a autorisé la construction d'une magnifique basilique que j'ai vue, laquelle est fort avancée et sera inaugurée en 1900... »<br></i>
 
« Je laisse à vos lecteurs le soin de conclure. Plus qu'un mot. Le prodige de Campocavallo a été formellement reconnu par Rome qui a autorisé la construction d'une magnifique basilique que j'ai vue, laquelle est fort avancée et sera inaugurée en 1900... »<br></i>
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Voyez [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k204594n/f229 ici] l'article de "l'Echo du merveilleux".
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==Tilly et le roi==
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A notre connaissance, Tilly est la seule apparition mariale qui demande à prier pour le roi à venir. D'après d'autres prophéties, ce roi est vraisemblablement le grand monarque qui, avec le saint pape, remettra Dieu et la religion catholique au centre de la vie publique, en France puis dans le monde.<br>
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Cependant il n'y a eu aucune révélation sur ce roi. Nous reproduisons ci-dessous des extraits des pages 117 et suivantes du deuxième tome de l'abbé Villepelée&nbsp;:
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- «Priez, priez et faites pénitence. Oh ! si tous mes enfants voulaient se convertir, que de grands châtiments ils
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s'épargneraient !
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- «Priez aussi pour votre Mère, la Sainte Eglise : le schisme qu'on prépare contre elle, en ce moment, est épouvantable.
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Priez aussi pour le Saint-Père car, en ce moment, son âme est torturée à cause de tout ce que l'on fait contre
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son Eglise».
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Notre bonne Mère du Ciel me dit aussi qu'il fallait prier pour le futur Roi, et elle a ajouté ces mots :
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- «En ce jour, mes enfants, vous vivez sous le règne de Satan, et ce règne est un règne de crime et de malheur; la
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France renaîtra par le Sacré-Coeur de mon Divin Fils».
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J'ai demandé à notre bonne Mère pour son triomphe a Tilly ; elle me dit ces mots
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- ((Cela ne va pas tarder ; ce sera au milieu des grandes épreuves qui vont bientôt arriver. Oh ! mon enfant, tu au­ras beaucoup à souffrir, ainsi que ton Père spirituel. Oh soyez courageux : après le combat, vous aurez la victoire,
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et quand on est victorieux ici-bas, la récompense est là-haut.
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- «Ne craignez rien, mes enfants, votre Mère du Ciel veillera sur vous, elle vous bénit».
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Sans paroles superflues, mais avec force, se trouve évoqué l'essentiel. La Vierge Marie, à nouveau, commence par attirer l'attention sur l'horri­
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ble misère d'un monde qui veut vivre séparé de Dieu au point de s'instal­ler, aveugle, dans le reniement.
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Voilà donc la course à l'abîme, et les catastrophes qu'elle entraîne dans une logique implacable. L'heure de la Justice arrive, annoncée par la Miséricorde qui ne peut plus «retenir le bras» du Sauveur, le Fils de Dieu.
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Ensuite, l'apparition gémit sur la crise moderniste qui déchire sournoi­sement l'Eglise, ne cessant pas de répandre son venin. Les sombres nua­ges de l'hérésie et les menaces alarmantes d'un schisme12 ne donnent pas l'impression d'un rêve. Le peuple chrétien s'expose à de graves périls et ses chefs ne semblent pas y veiller comme devraient le faire de bons pas­
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teurs. Seul le Pape Léon XIII défend la vérité intégrale mais son coeur se perd dans l'angoisse.
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Enfin, discrètement, l'Immaculée se penche sur le sort de la France cruellement blessée, déshonorée, car des lois iniques brisent son âme et ruinent son unité morale. Cependant une promesse est formulée : le pays
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retrouvera son Roi et la fidélité à sa mission divine mais au prix d'un mystérieux calvaire.
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Vision prophétique, insoupçonnée, qui à partir d'événements histori­ques et contemporains s'étend au-delà de l'instant présent pour s'ouvrir sur des perspectives cachées dans la Sagesse de Dieu. Le message, en
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(12) Le schisme, annoncé à Tilly, fut pressenti par certains esprits subtils, tel Emile Zola présentant la crise de l'Américanisme dans l'Eglise : «Léon XIII a conscience du schisme menaçant, du schisme imminent qui doit fatalement se
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produire un jour... Il se produira le jour ou, de concession en concession, le pape se trouvera acculé au dogme même. Ce jour-là, il ne pourra aller plus loin: ce sera Rome, l'éternelle, avec sa masse énorme de tradition, ses siècles, ses ruines qui de­viendra l'obstacle infranchissable...»
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effet, contient suffisamment de clarté permettant de susciter l'intérêt des témoins. L'espérance est là, qui ne peut décevoir. Quant à démêler la trame enchevêtrée de l'Histoire, notre intelligence n'y suffirait pas. Il vaut mieux se
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montrer humble et vigilant, soucieux d'accueillir les leçons d'En-Haut pour ne pas dévier et se prêter au jeu de l'Ennemi. C'est pour­quoi Tilly devient un lieu «surnaturellement stratégique». Ce bourg nor­mand n'est plus un simple point
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géographique. Il a été élu par le Ciel et la voyante parle toujours du «Triomphe de Tilly». La formule pourrait sem­bler prétentieuse. Or elle traduit simplement une réalité d'un autre ordre puisque, là encore, plane un mystère de mort
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et de résurrection. Tout doit se réaliser selon le modèle unique : le Christ qui, par sa Croix rédemptrice et glorieuse, a reçu le pouvoir de régir l'univers.
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MM II p. 1119
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3/5/1903
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Maintenant les faits s'enchaînent d'eux-mêmes selon l'ordre prévu par l'apparition. Pour le 3 mai, fête de l'Invention de la Sainte Croix, Marie Martel se rend au Champ, toujours humblement soumise, et attentive à la voix de sa bonne Mère
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«Vers cinq heures un quart, elle arrive, accompagnée de Mme Henry, et s'arrête sans aucune hésitation au point même qui lui a été montré dans de précédentes visions comme la place où se trouvera la Basilique. Plu­sieurs malades sont placés aux côtés de Marie; des objets: cierges, médailles, bougies, chapelets destinés à recevoir la bénédiction céleste, sont posés sur l'herbe devant la voyante.
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«Elle commence la récitation du Rosaire, annonçant comme toujours les mystères et leurs intentions. Les prêtres présents et tous les fidèles y répondent pieusement.
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«Le premier chapelet est terminé, le second commence, lorsqu'arrive le mystère du Couronnement d'épines, au deuxième ou troisième «Ave Maria», le parapluie de Marie s'échappe de ses mains13; il est reçu par Mme Henry qui le ferme immédiatement et enlève le chapeau de la jeune fille. L'extase commence, il est cinq heures quarante. La voyante a les
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(13) Ici prend place un fait rapporté par de nombreux témoins: «Marie arriva par un temps affreux, il tombait de l'eau assez fort: il faisait froid. Elle commença le chapelet, tenant son parapluie à la main, comme tout le monde... Dès le début de l'extase,
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elle le lâcha et se mit à joindre les mains. J'insiste sur ce «côté parapluie» parce que, bien que l'eau tomba assez fort et que tout le monde eut son parapluie ouvert, seule Marie fut préservée; elle n'avait pas les cheveux mouillés et pourtant
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Mme Henry lui avait enlevé son parapluie. A la fin de l'extase, elle n'avait rien qui fut trempé : cheveux, figure, mains, tout était intact. Une dame qui se trouvait derrière elle, sans parapluie, avait toute la poitrine sèche et le dos tout mouillé:
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le périmètre épargné par la pluie n'était probablement pas bien étendu. Tous les assistants peuvent témoigner du fait que je livre à vos réflexions». (L. au Curé de Paren­nes : 9.5.1903).
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bras en croix, sa physionomie s'est transfigurée, ses grands yeux ouverts et radieux sont levés vers le ciel et semblent suivre la vision bienheureuse dont elle jouit. La direction du corps la fait regarder tout à fait à l'est quand, à un certain moment, elle se retourne dans un mouvement remar­qué de tous, et alors ses regards suivent une vision au sud-ouest. Quel­ques fois ses lèvres s'agitent, prononçant des paroles à voix basse. Elle s'entretient avec un être visible; sa figure est éclairée, lumineuse. Tout son corps paraît vouloir s'élever au ciel: elle est heureuses".
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«Une seconde phase s'ouvre bientôt. La voyante s'assombrit; des paro­les s'échappent précipitement de ses lèvres... Elle devient suppliante; ses bras s'élèvent vers la vision. On entend ces paroles : - Oh 1 pitié, pitié, mon Dieu l... Oh 1 les châtiments ! Faites qu'ils passent vite, mon Dieu l... A plusieurs reprises, elle commence des prières : le «Parce Domine», l'«Ave Maria» qu'elle récite très lentement...
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- Hosannah ! Oh ! Fils de David, ayez pitié de nous l...
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- O ma bonne Mère, vous qui êtes si puissante sur le Coeur de votre Divin Fils, priez pour nous l...
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- O ma bonne Mère, sauvez la France l...
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- O guérissez nos malades, et que ce soit bien vite... dès aujourd'hui !
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«Monsieur l Abbé Vachère, agenouillé non loin de Marie depuis le commencement de l'extase, entonne immédiatement ces intentions et la foule l'accompagne avec enthousiasme. Et, avec la plus grande ferveur, ce prêtre ajoute les invocations suivantes : - Reine du Clergé, priez pour nous l... A ces mots, la figure de Marie Martel devient radieuse. Le prêtre continue : -Jésus, Fils de David!.. Marie, Mère du Sacré-Cceur L.. Mère de l Eucharistie l...
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«Alors, la physionomie de la voyante s'illumine; elle semble jouir du bonheur des cieux ; - Bonne et Sainte Famille, que je vous aime L.. La voyante s'est avancée sur l'herbe, d'un mètre et demi environ et cela en glissant, sans changer d'attitude. A cette nouvelle place, elle ne reste qu'un instant, ses bras s'abaissent, la vision a disparu, l'extase a duré vingt-cinq minutesss
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(14) L'Abbé Beucher ne manque pas de remarquer la beauté impressionnante de l'extase et son passage de la joie à la tristesse intense: «L'extase fut très belle: Marie pria avec des accents indéfinissables. Il y eut un moment de joie très vive, puis
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une tristesse profonde (elle entendait les menaces qui vont recevoir leur accomplisse­ment). Vers la fin de l'extase, au moment où elle suppliait Notre-Seigneur, les larmes aux yeux, tout le monde pleurait et ce n'était pas seulement des larmes silen­
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cieuses, mais des larmes entremêlées de sanglots...» (L. id. ; 9.5.1903).
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(15) Récit des pèlerins de Cherbourg et de Barfleur, recueilli par Melle Fontaine et versé à son important dossier.
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page 121
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Alors, on se presse autour de Marie, on l'accable de mille questions, mais «elle ne dit rien, pensant qu'on l'interroge plus par curiosité que par piété»". Cependant, avant de quitter la chapelle où elle vient de s'arrêter
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pour une dernière prière, des pèlerins obtiennent quelques détails.
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Replacées dans leur contexte initial, les réponses de la voyante for­ment un ensemble digne d'intérêt ; chacune d'elles se présente comme une confidence intime, véritable écho de cet entretien bouleversant :
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Je ne vois pas la Sainte Vierge, mais je l'entends
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- «Le triomphe viendra, ce ne sera pas long... Je prie, je sup­plie mon Divin Fils, avec le coeur de la plus tendre des mères, afin qu'il éloigne les fléaux...
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- «O mes enfants, priez, priez beaucoup !... Il faudra prier beaucoup pendant le mois d'août et de septembre... Il faut prier pour le futur Roi... et pour le Souverain Pontife... La République va tomber : c'est le règne de Satan!... Un autre monde et un autre règne vont venir...»
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L'annonce des ténèbres est vraie : il y aura des ténèbres pen­dant lesquelles, on ne pourra obtenir de lumière qu'avec des cierges bénits, ou des bougies et des alumettes bénites. ... Il y aura quarante jours de ténèbres à la fin du monde mais ni vous, ni moi n'y seront plus ! D'ici là, il y en aura trois jours et une heure ; pendant ce temps les bougies et les cierges bénits donneront de la lumière... Surtout restez chez vous ! Ne sortez pas ! Priez ! s'.
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Les châtiments annoncés : la guerre religieuse18 qui se fait maintenant, la guerre civile, puis la guerre étrangère. Ce­pendant, si on priait beaucoup, les châtiments seraient re­tardés et amoindris... Il y aura des villes plus particulièrement
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(16) L. de l'Abbé Beucher : Idem.
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(17) Marie Martel donne alors une précision particulière: 'Les cierges que la Sainte Vierge a bénis le 9 mars ont ce pouvoir-là. Ils ont reçu la vertu qu'elle leur don­ne. Une fois, elle dit d'en apporter pour la guérison des plaies, et ils les guérirent en effet. Des ouvriers avaient été blessés ; on mit de la cire bénite sur leurs bles­sures : en un rien de temps, ils furent guéris... Les cierges bénis à la Purification, dans nos chapelles, peuvent très bien servir». (cf. Dossier de Melle Fontaine).
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(18) Au sujet de la persécution religieuse orchestrée par le gouvernement de l'époque, Marie Martel souligne : «Quasi toutes les religieuses partiront... Lourdes sera fermé, mais ce ne sera pas long». (cf. Dossier de Melle Fontaine).
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punies : Paris, Marseille, Lyon, Versailles, Fontainebleau.. Viendra un règne tout nouveau...
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J'ai vu aussi les anges.
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J'ai vu le Sacré-Coeur : il n'était guère au-dessus de nous autres, on aurait pu le prendre!". Au début, il était triste,
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mais cela n'a pas duré. Il a béni la foule une fois. La Sainte Vierge l'a bénie trois fois, ainsi que les objets de piété por­
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tés par tous et exposés sur l'herbe. Elle nous recommanda de prier pour le clergé
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«Car il n'est pas ce qu'il devrait être».
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Message de prière et de pénitence qui répercute au sein des Temps Mauvais la prédication évangélique du Sauveur. La Vierge Marie multi­plie les appels, car son rôle de Mère l'incite à se pencher sur le sort de ses enfants rebelles. C'est pourquoi la pauvre voyante, instrument fidèle et docile de l'Immaculée, «recommande à tous, avec insistance, de prier beaucoup, de réciter chaque soir le Rosaire»20.
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Voyez [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k204594n/f229 ici] l'article de "l'Echo du merveilleux".
 
Voyez [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k204594n/f229 ici] l'article de "l'Echo du merveilleux".

Version du 12 septembre 2015 à 16:21

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Article en cours d'écriture



Le 18 mars 1896, débutaient les apparitions de la sainte Vierge à Tilly-sur-Seulles en Normandie, près de Caen. Bien qu'elles n'aient pas été encore reconnues par l'évêque du lieu, elles sont comparables à celles de Lourdes et de Fatima, et même, Tilly deviendra probablement plus grand que Lourdes et Fatima.
Nous nous contenterons ici de rapporter les faits les plus probants reliant Tilly à l'Eglise.

Tilly et les autorités

Les prodiges démoniaques ont malheureusement terni Tilly. Quelques dizaines d'années avant les apparitions, Eugène Vintras, faux prophète et grand séducteur, a eu un véritable succès national. Ensuite il y a eu pendant les apparitions, des cas relativement évidents d'apparitions démoniaques, par exemple une sainte vierge qui empêche les fidèles d'assister aux vêpres de l'ascension et qu'il faut supplier pour éviter le scandale[1].
Dans ces conditions, les adversaires de Tilly ont eu beau jeu et l'évêque du lieu a dû redoubler de prudence.

1er évêque: Mgr Hugonin, jusqu'à mai 1898

Mgr Hugonin a autorisé les dévotions sur le lieu des apparitions et conseillé « une attente respectueuse et la prière »[2]. Il a officieusement demandé au curé d'installer une statue de la sainte Vierge[3].


2ème évêque: Mgr Amette, de 1898 à 1906

Mgr Amette était plutôt défavorable[4]. Notre-Dame de Tilly dira à la voyante Marie Martel: « mon enfant, l'évêque est un gouvernemental ! »[5]. De fait, un article nécrologique[6] le présente comme un « grand promoteur de l'union sacrée[7] ». Ce même article nous apprend que Mgr Amette est mort subitement, la nuit, après avoir appelé à l'aide. Son domestique l'a retrouvé au matin, étendu par terre.


3ème évêque: Mgr Lemonnier, de juillet 1906 à décembre 1927

Mgr Lemonnier sera tout à fait hostile. Il interdira aux prêtres d'accéder au champs des apparitions[8]. Il a lui aussi « accepté de grand coeur l'union sacrée[7] »[9].


Pape Léon XIII, jusqu'au 20 juillet 1903

Léon XIII avait prescrit aux foyers de prier devant une image de la sainte Famile. Il chercha en vain une image adéquate. En 1900, on lui présenta une peinture faite d'après une vision donnée par Notre Dame de Tilly et aussitôt il l'accepta[10].


Pape saint Pie X, d'août 1903 au 20 août 1914

Saint Pie X a béni la voyante, honoré le curé de Tilly et voulu que cette cause aboutisse[11].


Le curé de Tilly, l'abbé Guéroult

Dans une lettre au P. Lesserteur, en 1904, l'abbé Guéroult écrit: « Je suis convaincu que la sainte Vierge veut être honorée à Tilly, et Elle sera honorée selon sa sainte Volonté »[12].


Congrès marial international de Fribourg, 1902

Mr le chanoine Lesserteur, directeur au séminaire des missions étrangères à Paris, exposa les apparitions de Tilly-sur-Seulles au congrès marial international de Fribourg en 1902. Voici le compte-rendu.



Tilly et la sainte Famille

Sainte Famille montrée par Notre Dame de Tilly

Extrait du compte rendu du congrès marial international de Fribourg, tome 2, p.419:
C'est le 25 avril 1899, trois ans, jour pour jour, après la première apparition, dont Marie Martel avait été favorisée au champ, que cela se produisit. (...) Avant de disparaître pour toujours, la Vierge lui accorda, comme dernière faveur, de contempler un tableau de la Sainte Famille, d'une conception absolument remarquable.

En établissant l'Association universelle de la Sainte Famille, Léon XIII avait prescrit de conserver dans chaque maison une image représentant ce sujet, et de prier devant tous les jours.

Mais comme il n'y a pas dans l'Église de type traditionnel et uniforme pour représenter la Sainte Famille, les uns la représentent pendant la fuite en Egypte ou en voyage, les autres dans l'atelier de Nazareth, etc. Léon XIII mit ce sujet au concours, à l'occasion de l'exposition de Turin, en 1898, avec Lintenlion d'adopter officiellement le modèle, qui serait jugé répondre le mieux à l'idée-mère de la dévotion qui sert de base à l'association susdite. En définitive, aucun des nombreux projets présentés ne fut approuvé.

Au contraire, lorsqu'en 1900 on mit sous les yeux du Souverain Pontife une toile représentant la Sainte Famille, telle qu'elle avait été vue par Marie Martel, Léon XIII en fut aussitôt émerveillé, et manifesta le désir de garder ce tableau pour ses appartements particuliers.

Ce tableau représente la Sainte Famille, non point en voyage ou en travail, mais en prière.

L'Enfant Jésus est debout, au milieu, le regard en haut, les bras élevés verticalement vers le ciel, la paume des mains en dehors. 11 semble dire à son Père : « Hostiam et oblalionem noluisti, corpus autem aptasti mihi... » et il remplit ainsi l'office de médialeur et d'intercesseur. Lui, le Maître, quoique revêtu de la livrée du serviteur, il prie debout.

La Sainte Vierge est assise, soutenant de la main droite le bras gauche de son divin Fils, comme autrefois Aaron et Hur soutenaient les bras de Moïse priant sur la montagne ; ses yeux sont fixés, non sur Jésus, mais dans la même direction du ciel que les siens. Ce rôle d'auxiliaire dans l'œuvre de la médiation divine convient admirablement à celle que l'on a justement qualifiée de co-rédempirice et de omnipoteniia supplex.

Saint Joseph est dans l'attitude qui convient à la créature qui prie son créateur, il est à genoux. Mais comme il est le gardien et le protecteur de la famille, il est appuyé sur son bâton. Il tourne son regard du côté de TKnfant divin, laissant entendre par là qu'il met toute sa confiance, pour l'efïicacilé de sa propre prière, dans l'union avec celle de Jésus.



Tilly et Lourdes

LourdesGuerisonsTilly01.jpg

Il y a de nombreux liens entre Tilly et Lourdes. Citons un cas étonnant:
Ci-contre se trouve la photo de quatre personnes guéries en même temps à Lourdes et tirée du livre "Les grandes Guérisons de Lourdes", Boissarie, Gustave, éd. Téqui, 1900, page 328. Or trois au moins de ces guérisons ont été obtenues par un voeu fait à Notre Dame de Tilly. C'est le récit que donne le marquis de l'Espinasse, page 397 dont voici l'extrait:
Au commencement de septembre 1899, un pèlerinage de la Touraine partait pour Lourdes. Une pieuse Carmélite qui, depuis le commencement des apparitions de Tilly, était invinciblement portée chaque jour à prier pour que la volonté divine y fût connue et accomplie, eut soudain une inspiration; elle savait que le pèlerinage emmenait à la grotte bénie trois malades qu'elle connaissait : 1° Isabelle Bassereau, atteinte depuis cinq ans d'une gastrite rebelle qui, depuis trois ans, ajoutait aux cruelles douleurs de chaque jour des vomissements de sang noir fréquents. - 2° Marie-Louise Chupin, depuis six ans presque toujours couchée avec des douleurs lancinantes au côté droit. Cette région était tou­jours gonflée, dure, très douloureuse ; le certificat médical constate une pérityphite avec phlegmons multiples suppu­rants. - 3° Philomène Pontamier, affectée d'un lincome de la cornée gauche, ne voyant plus du tout de l'oeil gauche.
Cette religieuse Carmélite fit à Dieu des promesses et commença une neuvaine dans les conditions suivantes : « Si c'est bien la Très Sainte Vierge qui apparaît à Tilly, je me permets de demander, pour le prouver, que ces malades soient guéries toutes les trois dans les conditions les plus désirables, et que ces guérisons soient constatées au bureau même des constatations à Lourdes. »
Voilà des conditions nettement établies. Or, leJournal de la grotte de Lourdes dit:
1° Pour Mlle Bassereau : 10 septembre 1899, à partir du premier bain de piscine, tous les symptômes morbides ont disparu, elle ne vomit plus, ne souffre plus, mange, etc.
2° Le 7 septembre 1899, Marie-Louise Chupin, à la procession du Saint-Sacrement, se lève soudain; ... depuis ce moment, elle éprouve un bien-être inconnu, elle ne souffre plus ... toutes les fonctions ont repris leur cours normal.
3° Philomène Pontamier quittant la piscine le 6 sep­tembre, la vue lui est subitement rendue; on constate qu'elle lit franchement, facilement de l'oeil gauche. - Trois mois après, la Semaine Religieuse de Tours confirme que depuis le pélerinage ces guérisons se maintiennent.
Au lecteur de conclure.




Tilly et Campocavallo

Tableau miraculeux de Campocavallo

Extrait du livre du marquis de l'Espinasse, page 285:
La comtesse de V... suivait depuis plusieurs mois les mystérieux événements de Tilly. Je connais intimement cette femme distinguée, j'ai pu apprécier sa foi et sa ferveur et je me porte garant de sa sincérité.
Tout en ayant l'entière conviction que c'était bien la Sainte Vierge qui apparaissait à Marie Martel, elle voulait en avoir une preuve certaine. Se souvenant de la miraculeuse Addolorata de Campo­cavallo, elle conçut le projet d'entreprendre ce voyage pour aller prier dans ce sanctuaire.
Préalablement elle adressa une lettre à la supérieure du couvent de Lorette pour lui demander si les manifestations de Campocavallo continuaient toujours, et voici la réponse qu'elle reçut :
« ... Le prodige du mouvement des yeux est presque continuel, écrit la soeur Marie du Verbe incarné ; tout le monde ne le voit pas toujours, cependant toutes les per­sonnes présentes, la plupart du temps, remarquent également l'expression de son beau visage et le disent tout haut avec leur bonne foi italienne.
« Ordinairement, pendant le mois de mai, la divine madone est plus prodigue de ses maternels regards pour consoler ses enfants et les encourager à la ferveur pendant son beau mois. »
Au reçu de cette lettre, Mme de V... se décide à partir pour Rome et Campocavallo.
Laissons-la raconter elle-même, dans une lettre envoyée à "l'Echo du Merveilleux", ses impressions en présence de l'Addolorata :
« Monsieur, déjà une fois, vous avez bien voulu donner dans "l'Echo" une hospitalité bienveillante à quelques rensei­gnements que je vous transmettais, aujourd'hui je vous demande de bien vouloir donner place, dans le numéro qui paraîtra le 15 de ce mois (juin), à la lettre suivante que le journal "La Croix", à qui je l'avais d'abord adressée, a refusé d'insérer :
« Monsieur le Directeur,
« Puisque vous avez déjà publié dans "La Croix" plusieurs articles sur les apparitions de Tilly, qui intéressent et pas­sionnent bien des personnes, je compte sur votre impartialité pour bien vouloir donner place dans vos colonnes à ma lettre, à l'endroit même où les autres ont paru.
« Vous avez jadis parlé du tableau miraculeux de « Notre­ Dame des Sept Douleurs » à Campocavallo. Je suis restée plus de deux heures devant la Sainte Image, à ses pieds et tout près, je la voyais donc fort bien. Il est nécessaire de vous faire observer que sur cette image la Vierge a les yeux levés vers le ciel, qu'en conséquence on ne voit guère que la moitié de la prunelle qui est noire, tandis qu'au dessous on voit beaucoup du blanc de l'oeil.
« Or, pendant ces deux heures, entre autres prières adressées à la Sainte Vierge de Campocavallo, je lui ai fait celle-ci : - Ma bonne Mère, si c'est bien vous qui appa­raissez à Tilly à Marie Martel, je vous supplie de me le faire connaître en condescendant à abaisser votre regard jusqu'à moi.
« Au même instant, les yeux de la Vierge se portèrent sur moi d'un mouvement si rapide et si complet, que j'en sursautai si fort que les personnes qui étaient près de moi s'en aperçurent et me questionnèrent.
« Je laisse à vos lecteurs le soin de conclure. Plus qu'un mot. Le prodige de Campocavallo a été formellement reconnu par Rome qui a autorisé la construction d'une magnifique basilique que j'ai vue, laquelle est fort avancée et sera inaugurée en 1900... »

Voyez ici l'article de "l'Echo du merveilleux".

Tilly et le roi

A notre connaissance, Tilly est la seule apparition mariale qui demande à prier pour le roi à venir. D'après d'autres prophéties, ce roi est vraisemblablement le grand monarque qui, avec le saint pape, remettra Dieu et la religion catholique au centre de la vie publique, en France puis dans le monde.
Cependant il n'y a eu aucune révélation sur ce roi. Nous reproduisons ci-dessous des extraits des pages 117 et suivantes du deuxième tome de l'abbé Villepelée : - «Priez, priez et faites pénitence. Oh ! si tous mes enfants voulaient se convertir, que de grands châtiments ils s'épargneraient ! - «Priez aussi pour votre Mère, la Sainte Eglise : le schisme qu'on prépare contre elle, en ce moment, est épouvantable. Priez aussi pour le Saint-Père car, en ce moment, son âme est torturée à cause de tout ce que l'on fait contre son Eglise». Notre bonne Mère du Ciel me dit aussi qu'il fallait prier pour le futur Roi, et elle a ajouté ces mots : - «En ce jour, mes enfants, vous vivez sous le règne de Satan, et ce règne est un règne de crime et de malheur; la France renaîtra par le Sacré-Coeur de mon Divin Fils». J'ai demandé à notre bonne Mère pour son triomphe a Tilly ; elle me dit ces mots - ((Cela ne va pas tarder ; ce sera au milieu des grandes épreuves qui vont bientôt arriver. Oh ! mon enfant, tu au­ras beaucoup à souffrir, ainsi que ton Père spirituel. Oh soyez courageux : après le combat, vous aurez la victoire, et quand on est victorieux ici-bas, la récompense est là-haut.

- «Ne craignez rien, mes enfants, votre Mère du Ciel veillera sur vous, elle vous bénit». Sans paroles superflues, mais avec force, se trouve évoqué l'essentiel. La Vierge Marie, à nouveau, commence par attirer l'attention sur l'horri­ ble misère d'un monde qui veut vivre séparé de Dieu au point de s'instal­ler, aveugle, dans le reniement. Voilà donc la course à l'abîme, et les catastrophes qu'elle entraîne dans une logique implacable. L'heure de la Justice arrive, annoncée par la Miséricorde qui ne peut plus «retenir le bras» du Sauveur, le Fils de Dieu.

Ensuite, l'apparition gémit sur la crise moderniste qui déchire sournoi­sement l'Eglise, ne cessant pas de répandre son venin. Les sombres nua­ges de l'hérésie et les menaces alarmantes d'un schisme12 ne donnent pas l'impression d'un rêve. Le peuple chrétien s'expose à de graves périls et ses chefs ne semblent pas y veiller comme devraient le faire de bons pas­ teurs. Seul le Pape Léon XIII défend la vérité intégrale mais son coeur se perd dans l'angoisse. Enfin, discrètement, l'Immaculée se penche sur le sort de la France cruellement blessée, déshonorée, car des lois iniques brisent son âme et ruinent son unité morale. Cependant une promesse est formulée : le pays retrouvera son Roi et la fidélité à sa mission divine mais au prix d'un mystérieux calvaire. Vision prophétique, insoupçonnée, qui à partir d'événements histori­ques et contemporains s'étend au-delà de l'instant présent pour s'ouvrir sur des perspectives cachées dans la Sagesse de Dieu. Le message, en (12) Le schisme, annoncé à Tilly, fut pressenti par certains esprits subtils, tel Emile Zola présentant la crise de l'Américanisme dans l'Eglise : «Léon XIII a conscience du schisme menaçant, du schisme imminent qui doit fatalement se produire un jour... Il se produira le jour ou, de concession en concession, le pape se trouvera acculé au dogme même. Ce jour-là, il ne pourra aller plus loin: ce sera Rome, l'éternelle, avec sa masse énorme de tradition, ses siècles, ses ruines qui de­viendra l'obstacle infranchissable...» effet, contient suffisamment de clarté permettant de susciter l'intérêt des témoins. L'espérance est là, qui ne peut décevoir. Quant à démêler la trame enchevêtrée de l'Histoire, notre intelligence n'y suffirait pas. Il vaut mieux se montrer humble et vigilant, soucieux d'accueillir les leçons d'En-Haut pour ne pas dévier et se prêter au jeu de l'Ennemi. C'est pour­quoi Tilly devient un lieu «surnaturellement stratégique». Ce bourg nor­mand n'est plus un simple point géographique. Il a été élu par le Ciel et la voyante parle toujours du «Triomphe de Tilly». La formule pourrait sem­bler prétentieuse. Or elle traduit simplement une réalité d'un autre ordre puisque, là encore, plane un mystère de mort et de résurrection. Tout doit se réaliser selon le modèle unique : le Christ qui, par sa Croix rédemptrice et glorieuse, a reçu le pouvoir de régir l'univers.


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3/5/1903

Maintenant les faits s'enchaînent d'eux-mêmes selon l'ordre prévu par l'apparition. Pour le 3 mai, fête de l'Invention de la Sainte Croix, Marie Martel se rend au Champ, toujours humblement soumise, et attentive à la voix de sa bonne Mère «Vers cinq heures un quart, elle arrive, accompagnée de Mme Henry, et s'arrête sans aucune hésitation au point même qui lui a été montré dans de précédentes visions comme la place où se trouvera la Basilique. Plu­sieurs malades sont placés aux côtés de Marie; des objets: cierges, médailles, bougies, chapelets destinés à recevoir la bénédiction céleste, sont posés sur l'herbe devant la voyante. «Elle commence la récitation du Rosaire, annonçant comme toujours les mystères et leurs intentions. Les prêtres présents et tous les fidèles y répondent pieusement. «Le premier chapelet est terminé, le second commence, lorsqu'arrive le mystère du Couronnement d'épines, au deuxième ou troisième «Ave Maria», le parapluie de Marie s'échappe de ses mains13; il est reçu par Mme Henry qui le ferme immédiatement et enlève le chapeau de la jeune fille. L'extase commence, il est cinq heures quarante. La voyante a les

(13) Ici prend place un fait rapporté par de nombreux témoins: «Marie arriva par un temps affreux, il tombait de l'eau assez fort: il faisait froid. Elle commença le chapelet, tenant son parapluie à la main, comme tout le monde... Dès le début de l'extase, elle le lâcha et se mit à joindre les mains. J'insiste sur ce «côté parapluie» parce que, bien que l'eau tomba assez fort et que tout le monde eut son parapluie ouvert, seule Marie fut préservée; elle n'avait pas les cheveux mouillés et pourtant Mme Henry lui avait enlevé son parapluie. A la fin de l'extase, elle n'avait rien qui fut trempé : cheveux, figure, mains, tout était intact. Une dame qui se trouvait derrière elle, sans parapluie, avait toute la poitrine sèche et le dos tout mouillé: le périmètre épargné par la pluie n'était probablement pas bien étendu. Tous les assistants peuvent témoigner du fait que je livre à vos réflexions». (L. au Curé de Paren­nes : 9.5.1903). 118 119

bras en croix, sa physionomie s'est transfigurée, ses grands yeux ouverts et radieux sont levés vers le ciel et semblent suivre la vision bienheureuse dont elle jouit. La direction du corps la fait regarder tout à fait à l'est quand, à un certain moment, elle se retourne dans un mouvement remar­qué de tous, et alors ses regards suivent une vision au sud-ouest. Quel­ques fois ses lèvres s'agitent, prononçant des paroles à voix basse. Elle s'entretient avec un être visible; sa figure est éclairée, lumineuse. Tout son corps paraît vouloir s'élever au ciel: elle est heureuses". «Une seconde phase s'ouvre bientôt. La voyante s'assombrit; des paro­les s'échappent précipitement de ses lèvres... Elle devient suppliante; ses bras s'élèvent vers la vision. On entend ces paroles : - Oh 1 pitié, pitié, mon Dieu l... Oh 1 les châtiments ! Faites qu'ils passent vite, mon Dieu l... A plusieurs reprises, elle commence des prières : le «Parce Domine», l'«Ave Maria» qu'elle récite très lentement... - Hosannah ! Oh ! Fils de David, ayez pitié de nous l... - O ma bonne Mère, vous qui êtes si puissante sur le Coeur de votre Divin Fils, priez pour nous l... - O ma bonne Mère, sauvez la France l... - O guérissez nos malades, et que ce soit bien vite... dès aujourd'hui ! «Monsieur l Abbé Vachère, agenouillé non loin de Marie depuis le commencement de l'extase, entonne immédiatement ces intentions et la foule l'accompagne avec enthousiasme. Et, avec la plus grande ferveur, ce prêtre ajoute les invocations suivantes : - Reine du Clergé, priez pour nous l... A ces mots, la figure de Marie Martel devient radieuse. Le prêtre continue : -Jésus, Fils de David!.. Marie, Mère du Sacré-Cceur L.. Mère de l Eucharistie l... «Alors, la physionomie de la voyante s'illumine; elle semble jouir du bonheur des cieux ; - Bonne et Sainte Famille, que je vous aime L.. La voyante s'est avancée sur l'herbe, d'un mètre et demi environ et cela en glissant, sans changer d'attitude. A cette nouvelle place, elle ne reste qu'un instant, ses bras s'abaissent, la vision a disparu, l'extase a duré vingt-cinq minutesss (14) L'Abbé Beucher ne manque pas de remarquer la beauté impressionnante de l'extase et son passage de la joie à la tristesse intense: «L'extase fut très belle: Marie pria avec des accents indéfinissables. Il y eut un moment de joie très vive, puis une tristesse profonde (elle entendait les menaces qui vont recevoir leur accomplisse­ment). Vers la fin de l'extase, au moment où elle suppliait Notre-Seigneur, les larmes aux yeux, tout le monde pleurait et ce n'était pas seulement des larmes silen­ cieuses, mais des larmes entremêlées de sanglots...» (L. id. ; 9.5.1903). (15) Récit des pèlerins de Cherbourg et de Barfleur, recueilli par Melle Fontaine et versé à son important dossier.

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Alors, on se presse autour de Marie, on l'accable de mille questions, mais «elle ne dit rien, pensant qu'on l'interroge plus par curiosité que par piété»". Cependant, avant de quitter la chapelle où elle vient de s'arrêter pour une dernière prière, des pèlerins obtiennent quelques détails. Replacées dans leur contexte initial, les réponses de la voyante for­ment un ensemble digne d'intérêt ; chacune d'elles se présente comme une confidence intime, véritable écho de cet entretien bouleversant : Je ne vois pas la Sainte Vierge, mais je l'entends

- «Le triomphe viendra, ce ne sera pas long... Je prie, je sup­plie mon Divin Fils, avec le coeur de la plus tendre des mères, afin qu'il éloigne les fléaux...


- «O mes enfants, priez, priez beaucoup !... Il faudra prier beaucoup pendant le mois d'août et de septembre... Il faut prier pour le futur Roi... et pour le Souverain Pontife... La République va tomber : c'est le règne de Satan!... Un autre monde et un autre règne vont venir...»

L'annonce des ténèbres est vraie : il y aura des ténèbres pen­dant lesquelles, on ne pourra obtenir de lumière qu'avec des cierges bénits, ou des bougies et des alumettes bénites. ... Il y aura quarante jours de ténèbres à la fin du monde mais ni vous, ni moi n'y seront plus ! D'ici là, il y en aura trois jours et une heure ; pendant ce temps les bougies et les cierges bénits donneront de la lumière... Surtout restez chez vous ! Ne sortez pas ! Priez ! s'.

Les châtiments annoncés : la guerre religieuse18 qui se fait maintenant, la guerre civile, puis la guerre étrangère. Ce­pendant, si on priait beaucoup, les châtiments seraient re­tardés et amoindris... Il y aura des villes plus particulièrement (16) L. de l'Abbé Beucher : Idem. (17) Marie Martel donne alors une précision particulière: 'Les cierges que la Sainte Vierge a bénis le 9 mars ont ce pouvoir-là. Ils ont reçu la vertu qu'elle leur don­ne. Une fois, elle dit d'en apporter pour la guérison des plaies, et ils les guérirent en effet. Des ouvriers avaient été blessés ; on mit de la cire bénite sur leurs bles­sures : en un rien de temps, ils furent guéris... Les cierges bénis à la Purification, dans nos chapelles, peuvent très bien servir». (cf. Dossier de Melle Fontaine). (18) Au sujet de la persécution religieuse orchestrée par le gouvernement de l'époque, Marie Martel souligne : «Quasi toutes les religieuses partiront... Lourdes sera fermé, mais ce ne sera pas long». (cf. Dossier de Melle Fontaine).

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punies : Paris, Marseille, Lyon, Versailles, Fontainebleau.. Viendra un règne tout nouveau... J'ai vu aussi les anges. J'ai vu le Sacré-Coeur : il n'était guère au-dessus de nous autres, on aurait pu le prendre!". Au début, il était triste, mais cela n'a pas duré. Il a béni la foule une fois. La Sainte Vierge l'a bénie trois fois, ainsi que les objets de piété por­

tés par tous et exposés sur l'herbe. Elle nous recommanda de prier pour le clergé «Car il n'est pas ce qu'il devrait être». Message de prière et de pénitence qui répercute au sein des Temps Mauvais la prédication évangélique du Sauveur. La Vierge Marie multi­plie les appels, car son rôle de Mère l'incite à se pencher sur le sort de ses enfants rebelles. C'est pourquoi la pauvre voyante, instrument fidèle et docile de l'Immaculée, «recommande à tous, avec insistance, de prier beaucoup, de réciter chaque soir le Rosaire»20.


Voyez ici l'article de "l'Echo du merveilleux".

Références

  1. Historique des apparitions de Tilly-sur-Seulles, Marquis de l'Espinasse-Langeac, Collection les documents de Tilly, 1901, réédition 1967, p.119 ss
  2. Historique des apparitions de Tilly-sur-Seulles, Marquis de l'Espinasse-Langeac, Collection les documents de Tilly, 1901, réédition 1967, p.6
  3. Marquis de l'Espinasse, p.540
    Marie Martel, Abbé J.F. Villepelée, Les amis de Tilly, 1982, tome 1, p.59 à 63
  4. Abbé J.F. Villepelée, tome 2, p.6 à 8, 97 ss.
  5. Abbé J.F. Villepelée, tome 2, p.109
  6. Courrier de l'Oise du 5 septembre 1920
  7. 7,0 et 7,1 « L'union sacrée » est un vocabulaire inversé qui désigne, entre autres mais surtout, une soumission de l'Eglise à l'Etat satanique. En effet, Notre Dame de Tilly dira à Marie Martel: « vous vivez sous le règne de Satan » (Marquis de l'Espinasse, p.518). Or il ne peut pas y avoir d'union entre Dieu et le diable et encore moins une union sacrée. Donc il y a eu une volonté sacrilège de soumission au diable.
  8. Historique des apparitions de Tilly-sur-Seulles, Marquis de l'Espinasse-Langeac, Collection les documents de Tilly, 1901, réédition 1967, p.540
  9. Eloge funèbre, supplément à l'"Indicateur de Bayeux", 10 fév. 1928, dernère colonne, p.2. Liens: page 1, page 2.
  10. Congrès marial international de Fribourg, tome 2, p.419
  11. Abbé J.F. Villepelée, tome 1, p.9. Voir aussi le tome 2, p.109: l'abbé Beucher déclare que la question de Tilly est résolue à Rome depuis le mois de février 1906. Mais l'autorité ordinaire en cette matière revient à l'évêque et non au pape.
  12. Abbé J.F. Villepelée, tome 1, épigraphe

Historique des apparitions de Tilly-sur-Seulles, Marquis de l'Espinasse-Langeac, Collection les documents de Tilly, 1901, réédition 1967, p.540 Historique des apparitions de Tilly-sur-Seulles, Marquis de l'Espinasse-Langeac, Collection les documents de Tilly, 1901, réédition 1967, p.540