Le miracle eucharistique de Lanciano (Bruno Sammaciccia)

Un article de Christ-Roi.

L'Ostensoir-Reliquaireexécuté en 1713 et restauré en 1972
L'Ostensoir-Reliquaire
exécuté en 1713 et restauré en 1972

LE MIRACLE EUCHARISTIQUE DE LANCIANO

BRUNO SAMMACICCIA

Traduit de l'italien par ROLAND BOURDARIAT


Sommaire

INTRODUCTIONS

PRÉSENTATION DE LA PREMIÈRE ÉDITION ITALIENNE

Un souci de valeur spirituelle, culturelle et humaniste nous a incité à confier au professeur Bruno Sammaciccia la compilation et la rédaction d'un volume destiné à illustrer le prodige eucharistique dont depuis douze siècles la ville de Lanciano est la gardienne aimante, respectueuse et jalouse. Et voici que le grand désir que nous avons toujours eu est devenu réalité vivante, admirable ouvrage de foi et de culture, écrit avec profonde sympathie et vibrant amour.

« Le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous » : ainsi était conçu le télégramme par lequel le professeur Odoardo Linoli, officiellement chargé de mener à bien les délicates recherches scientifiques, annonçait au Père Gardien de la Communauté des Frères Mineurs Conventuels de Lanciano le résultat de ses travaux, preuve irréfutable de l'authenticité du miracle.

L'harmonieuse union des éléments scientifiques et historiques élaborée par la compétence du professeur Bruno Sammaciccia nous permet d'offrir au public catholique une oeuvre magistrale, qui non seulement demeurera pour l'avenir un témoignage réel et indiscutable de l'authenticité des reliques eucharistiques vénérées sous le titre de « Miracle de Lanciano », mais à laquelle devront nécessairement se référer tous ceux qui voudront se livrer à une étude scientifique ou parler aux âmes d'une présence tangible qui, pour guérir un doute, vaincre une tentation, réjouira tant de coeurs et fera se courber, avec la science, tant d'esprits incertains.

A l'illustre auteur, j'exprime ma plus vive reconnaissance et la sincère gratitude de l'archidiocèse de Lanciano, en même temps que je dis mes profonds remerciements aux Frères Mineurs Conventuels de la province des Abruzzes, auxquels l'archidiocèse des « Frentans » a voulu confier la garde des saintes reliques, sachant bien à quels coeurs séraphiques elles étaient ainsi remises.

De tout coeur,je souhaite que tous ceux qui auront lu ce livre puissent, à leur tour, s'écrier : « Il a véritablement habité parmi nous ! »


+ Fr. Pacifico M. L. Perantoni o. f. m.

archevêque de Lanciano et évêque d'Ortona


© Editions du Cèdre, 1977.

Lanciano, Annonciation du Seigneur, 25 mars 1973


PRÉSENTATION DE LA DEUXIEME ÉDITION ITALIENNE

La première édition du « Miracle Eucharistique de Lanciano », parue en 1973, étant épuisée, une deuxième édition, revue et corrigée, vient à la lumière, profitant de la ferveur et de l'intérêt qu'a partout suscités la première.

La documentation historique, mystique, scientifique et photographique qu'a su recueillir l'auteur avec une incomparable précision a eu le grand mérite de faire connaître l'un des miracles eucharistiques les plus prestigieux du monde, et a contribué à affermir la foi, le culte et la dévotion au Très-Saint Sacrement.

« Je serai toujours avec vous » : ces paroles de Jésus se vérifient par-dessus tout dans l'Eucharistie, Présence Réelle. Le Miracle eucharistique de Lanciano en est une nouvelle preuve ; après douze siècles de permanence, la science, invitée à dire son mot, a fourni les preuves irréfutables de son authenticité.

Ce nous est une grande joie que de constater que le Sanctuaire de Lanciano attire, même de l'étranger, des pèlerins de plus en plus nombreux.

Nous souhaitons ardemment que la lecture de ces pages avive la foi des fidèles, leur amour pour Jésus voilé sous les Saintes Espèces.


+ Léopold, archevêque de Lanciano et évêque d'Ortona

Lanciano, le 11, février 1976


INTRODUCTION A L'ÉDITION FRANÇAISE

Et Verbum caro factum est !

Telle est l'exclamation du professeur Linoli devant le Miracle Eucharistique de Lanciano, perpétué jusqu'à nos jours depuis douze siècles et permettant ainsi à la science de témoigner de la réalité du Sacrifice Eucharistique au moment précis où, en plus des attaques classiques des ennemis de l'Eglise contre la messe, celle-ci est atteinte par des changements qui la rendent pour le moins ambiguë quand elle ne perd pas sa signification sacrificielle.

A genoux !Tous.

Adorons le Verbe incarné et taisons-nous, en parole et en esprit.

Remercions, pour Sa miséricorde, Notre-Seigneur Jésus-Christ qui nous donne un tel signe à une telle époque.

Aimons-Le de toutes nos forces, Lui, qui sur les autels, réactualise pour nous le Sacrifice de la Croix.

Osons Lui demander de L'aider à porter Sa Croix.

Fortifiés dans la Foi, sachons en témoigner par notre être plutôt que par notre « paraître ».


Et le Verbe s'est fait Chair.

Oui, et cette Chair que nous vénérons à Lanciano est, d'après les analyses scientifiques, un morceau de muscle cardiaque !

N'est-ce pas là un signe, préparé des siècles à l'avance, pour notre époque libérale et laïcisée qui refuse les messages du Sacré-Coeur et rejette Son Amour Douloureux et Miséricordieux ?

Avec la grâce de Dieu, aucune situation n'est désespérée, et le Miracle Eucharistique de Lanciano doit conforter notre Espérance.

Dieu se manifesterait-il ainsi s'il n'y avait plus d'espoir de reconstruire une société chrétienne, la Chrétienté, sans passer par la destruction de Sodome et Gomorrhe ?

Plus que jamais, donc, soutenus par ce miracle, nous devons accueillir la grâce, nous devons laisser toucher nos coeurs et faire ce que Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, Corédemptrice du genre humain, rappelle si patiemment et si intensément : Prière et Pénitence.

Coeurs Douloureux et Miséricordieux de Jésus et de Marie, Priez pour nous qui avons recours à vous !


Docteur Michel Villette

Président de la Confédération Nationale des Familles Chrétiennes, Fondateur de la Maintenance Morale de l'Ordre des Médecins

PRÉFACE DE L'AUTEUR

Lorsque le R. P. Antonio De Sanctis, Provincial des Frères mineurs conventuels des Abruzzes, me confia la tâche considérable d'écrire un livre sur le « Miracle Eucharistique de Lanciano », j'éprouvai une certaine hésitation, tant à cause de l'importance historique, mystique et scientifique d'un événement si exceptionnel, qu'en raison de la responsabilité qui m'incomberait si j'acceptais un mandat confié avec une estime et une confiance si manifestes. J'acceptai, néanmoins, et me mis à l'œuvre. Je recueillis, dans les ouvrages précédents, les documents anciens et les données traditionnelles d'origine populaire, les matériaux historiques et culturels concernant le Miracle Eucharistique de Lanciano ;je m'efforçai de rétablir la trame des événements historiques et de clarifier certains points qu'avaient embrouillés des élaborations imparfaites et des expressions apparemment incohérentes, de manière à établir dans toute la mesure du possible un plan historique, religieux et scientifique qui pût offrir une physionomie assez claire et acceptable, et me risquai même à hasarder quelques hypothèses qui fussent de nature à ouvrir la voie à des connaissances nouvelles et à de nouvelles thèses, sans jamais trahir le puissant bagage historique qui sert de preuve de base au Miracle Eucharistique de Lanciano.

Avant de publier le présent ouvrage, que les autorités religieuses ont bien voulu approuver et patronner, je donnai dans des revues spécialisées diverses études destinées à préparer le terrain et à divulguer le fait très exceptionnel auquel ce livre est consacré. Tous mes travaux ont été exécutés dans l'esprit de clair amour qui me lie profondément au monde spirituel, et qui, avec une passion intense et une dévotion chaleureuse, m'unit à Frère François, le chantre de l'amour universel, le poète de l'âme et de la pure charité. La texture culturelle de mon étude sur le Miracle Eucharistique n'est pas celle d'une oeuvre froide, analytique, mesurée et anonyme, niais celle d'un ouvrage vivant et suggestif : dépassant les données froidement historiques, j'ai ouvertement exposé nies intentions de chrétien, mes sentiments et mes convictions les plus profonds, peu désireux de ne donner au public qu'une liste de dates, de noms, etc.

J'ose espérer que le lecteur saura lire entre les lignes et méditer les thèmes moraux, historiques, mystiques et sociaux que, implicitement mais sincèrement, j'expose et propose, brisant la glace culturelle de notre siècle et démontrant la grandeur d'une vie vécue selon la Vérité intérieure, qui seule peut nous donner véritablement paix, joie et justice. A la folle ascèse de notre monde mécaniste, de notre ère de consommation, de frénésies scientifiques qui, si elles ne sont guidées par une saine morale, ne peuvent, comme nous le constatons dans tous les domaines, que causer des dommages, nous n'échapperons que si nous savons mûrir de l'intérieur, dans l'intime de notre coeur, là où tout s'explique parce qu'y réside le Seigneur. Alors seulement nous pourrons trouver le remède à tous les maux. Autrement, rien n'y fera, ni la science de l'homme sans Dieu, ni - moins encore - la froide charité des lois sociales, ni - surtout - la contrainte de masse.

Comme je l'ai dit et démontré, il est, aujourd'hui plus qu'hier, important et nécessaire de divulguer et d'apprécier le Miracle Eucharistique de Lanciano, en tant que signe manifesté par ce monde infini où nous retrouvons à la fois Dieu et notre conscience d'esprits et d'hommes. Je prie instamment les exégètes et les historiens de ne pas faire jouer ici leurs instruments de mesure, et plus encore de renoncer à l'habitude qu'ils ont de défigurer tous les faits historiques ; qu'ils usent d'indulgence, qu'ils pensent et comprennent que, outre que tout est historiquement discutable, mon ouvrage exige une vue globale, intuitive et substantielle. Le bagage historique et scientifique dont nous disposons est plus que suffisant pour que nous affirmions l'authenticité du Miracle Eucharistique de Lanciano.

Je crois avoir été humble et sincère, et c'est dans le même esprit d'humilité que je lance à tous un appel pour qu'ils méditent sur des événements du genre de celui que je traite présentement. Il se pourrait alors que les hommes comprennent que leur unité de mesure, si parfaite et si grande qu'elle puisse paraître, se révèle, devant Dieu et Ses manifestations, infinitésimale et misérable.


B. S.

I - LE MIRACLE EUCHARISTIQUE DE LANCIANO

Nature du Miracle

Le très ancien prodige dont nous traitons ici entre dans la catégorie des « Miracles Eucharistiques » qui constellent l'histoire de l'Eglise, depuis l'époque de S. Cyprien - l'un des premiers auteurs qui en ait parlé - jusqu'à l'âge moderne. Le plus connu de ces miracles est sans doute celui de Bolsène, qui inspira les chefs-d'oeuvre de la cathédrale d'Orvieto et la célèbre fresque de Raphaël, et à la suite duquel l'Eglise, en 1264, institua la fête du Corpus Domini - la « Fête-Dieu » (Sanna Solaro G. M., La conversione miracolosa in Carne della Grande Ostia che si conserva nella Chiesa di S. Francesca in Lanciano, pp. 15-16.). De même que Sienne, qui fut le siège de deux miracles de cet ordre - l'un en 1330, conservé dans le Sanctuaire de Sainte Rita à Cascia, et l'autre en 1730, conservé à Sienne, dans la Basilique de S. François - de même la ville de Lanciano fut à deux reprises le lieu d'un Miracle Eucharistique, à des époques et dans des circonstances entièrement différentes : une première fois au VIIIe siècle - et c'est cet événement qui nous intéresse ici - et une seconde fois en 1273, lors de ce que l'on appelle communément « le Miracle d'Offida » (Sergiacomi G., Il Miracolo Eucaristico di Offida, p. 62, note en bas de page.), du nom de la localité des Marches où un certain Père Agostino de Merulis da Offida transféra plus tard les Saintes Reliques (A la suite de ce second miracle, et à cause des circonstances dans lesquelles il se produisit, les habitants de Lanciano reçurent le sobriquet de « Frija Christo » [littéralement « Ceux qui font frire le Christ »], par lequel ils sont aujourd'hui encore désignés dans les Abruzzes.).

Les divers Miracles Eucharistiques transmis par la Tradition ont pour trait commun la soudaine transmutation, après que le prêtre célébrant la Sainte Messe ait prononcé les paroles de la Consécration, des espèces du pain et du vin, respectivement et simultanément, en vraie Chair et vrai Sang, ou du seul pain en vraie Chair ou du seul vin en vrai Sang, dans des quantités et selon des modalités variant selon les cas.

Par rapport aux autres, le premier Miracle Eucharistique de Lanciano est sans doute le plus complet et le plus « macroscopique », car la transmutation y concerne les deux espèces et affecte quantitativement des proportions importantes. Voici comment il se produisit, selon ce que nous pouvons conclure de documents dont l'authenticité sera plus loin étudiée.

Un jour non identifié du VIIIe siècle, dans une église de Lanciano dédiée aux saints Légontien et Domitien, martyrs de Chieti, un moine basilien célébrait la Sainte Messe en rite latin - c'est-à-dire, entre autres, avec une hostie de pain azyme. Après la double consécration, il se prit à douter de la Présence réelle de Jésus dans le Sacrement, ou peut-être y fut-il induit sans faute de sa part ; toujours est-il qu'il vit soudain l'hostie se changer en Chair et le vin se changer en Sang (le Précieux Sang devait par la suite, en se coagulant, former cinq petits caillots irréguliers de formes et de tailles diverses). La première réaction du moine, stupéfait et bouleversé, fut de chercher à cacher ce qui venait de se passer, mais, maîtrisant son émotion, il manifesta le prodige aux fidèles qui, devenus ainsi ses témoins oculaires, en diffusèrent la nouvelle dans la ville.

Tel est le récit du Miracle, où le croyant moderne ne saurait voir aucune absurdité ou erreur historique. Il est entre autres historiquement démontré que, dans les premiers siècles de l'Eglise, alors que n'existait pas encore une dichotomie rigide entre le rituel latin et le rituel oriental, les ministres grecs - ce qu'était très probablement le moine basilien protagoniste du miracle - célébraient très souvent en rite latin, utilisant des hosties rondes faites de pain azyme, et non des hosties carrées de pain fermenté, comme le voulait normalement le rite grec (Sanna Solaro, op. cil., pp. 20 et 21.).

Aujourd'hui, douze siècles après l'événement miraculeux, les Saintes Reliques sont restées pratiquement intactes. A première vue - la structure biochimique des Reliques sera étudiée plus loin - l'Hostie de Chair, qui a conservé les dimensions de la « grande Hostie » originale, a une apparence fibreuse et une couleur brune, qui rosit si l'on place une lumière derrière l'ostensoir. Le Sang, contenu dans le calice, a une couleur terreuse tendant au jaune d'ocre, et se compose de cinq petits caillots, dont le plus gros est constitué par deux fragments distincts soudés l'un à l'autre ; leur poids total est de 16 g et 505 mg, ainsi répartis : 8g, 2,45 g, 2,85 g, 2,05 g, 1,15 g et 5 mg de poussière de sang.

Si l'on passe de l'aspect phénoménique du prodige à son aspect substantiel, un problème théologique se pose, qui est d'ailleurs commun à tous les Miracles Eucharistiques. Ce problème n'est certes pas d'actualité chez les théologiens modernes, mais jusqu'à un passé récent il a attiré l'attention des spécialistes : la Sainte Chair et le Saint Sang doivent-ils être aujourd'hui considérés comme de simples reliques, par ailleurs particulièrement vénérables, ou bien la Présence Réelle se cache-t-elle en eux ? En ce cas, le culte qui leur serait dû serait un culte de lâtrie, d'adoration. Au cours des siècles, Franciscains et Dominicains ont débattu de la question, produisant des arguments et des solutions divergents ; qu'il nous suffise ici d'en mentionner l'existence (Sergiacomi, op. cit., pp. 303 et 304.).

Données historiques concernant la ville de Lanciano

Intérieur de l'église de S. François, construite en 1258.La dernière restauration date de 1958
Intérieur de l'église de S. François, construite en 1258.
La dernière restauration date de 1958
Lanciano, lieu de deux grands Miracles Eucharistiques, possède depuis ses origines, comme nous allons dire, une tradition sacrée spécifique liée au Sang de Jésus-Christ. Dans un dessein providentiel où tout s'unifie et prend son sens, ce n'est pas par hasard que l'antique cité des Abruzzes a été deux fois témoin de la merveilleuse transmutation. Lanciano, qui se nommait jadis Anxa, Anxia, Anxanum ou Ansanum, comme en témoignent les monuments épigraphiques et les documents antérieurs à l'an mil (Pansa G., Il rira aiudaieo della profanazione dell' Ostia..., p. 20. ), était l'une des principales cités des Frentans. Indépendamment de ses diverses traditions, il est certain qu'elle fut fondée à une époque très antérieure au christianisme.

Aujourd'hui, l'antique cité n'existe plus ; selon les uns, elle aurait été détruite par Pépin roi des Francs, selon d'autres elle aurait été plus probablement rasée au sol par des tremblements de terre postérieurs. Cette dernière opinion est notamment celle du plus fameux historien local, le médecin Giacomo Fella, auteur d'une précieuse Chronologia civitatis Lancianensis. Un autre historien local, l'archevêque Antinori, écrit dans ses Memorie storiche della città di Lanciano, publiées après se mort, que la ville ancienne était située à un peu moins de trois kilomètres de la ville présente. La cité fut célèbre sous les Romains et sous les Byzantins, puis plus tard sous les Papes ; en 1515, Léon X l'érigea en évêché immédiatement soumis au Saint-Siège, et en 1562 Pie IV l'éleva à la dignité d'archevêché, en raison même de ses traditions sacrées, dont, en premier lieu, celle qui se rapportait à ses Miracles Eucharistiques.

Il est intéressant pour notre propos de relever qu'au début du XIIIe siècle le nom original, Ansanum, se transforma en Lanzanum (Pansa, ibid.). L'apposition de l'article ne fut pas due au hasard, mais à l'image de la lance (« lancia ») qui figurait dans les armes angevines de Lanciano et évoquait la contribution épique de la ville à la libération du Saint-Sépulcre. Néanmoins - et c'est là le trait que nous tenons à souligner - le thème de la Lance dans la Lanciano du XIIIe siècle constitue de façon quasi certaine la reprise, le prolongement naturel d'un thème original analogue et beaucoup plus ancien, lié directement, par le truchement même de la Lance, au Sang du Jésus historique. Cette hypothèse, qui nous sert non seulement aux fins d'une reconstitution philologico-religieuse érudite, mais aux fins d'une explication, au plan de la logique providentielle et surnaturelle, du choix divin de Lanciano comme siège de deux Miracles Eucharistiques, trouve un appui, sinon dans une histoire documentée, au moins dans une tradition locale tenace et fort ancienne.

Autel majeur, où les Reliques ont été transférées en 1902.On remarquera les deux tabernacles superposés : le tabernacle supérieur contient le Reliquaire
Autel majeur, où les Reliques ont été transférées en 1902.
On remarquera les deux tabernacles superposés : le tabernacle supérieur contient le Reliquaire

Selon cette tradition, Longin, le centurion romain qui, avec une lance, transperça le flanc du Christ déjà mort, aurait été originaire de Lanciano. Louche, il fut guéri en portant à ses yeux sa main tachée du sang de Jésus ; il se convertit et mourut martyr (Pansa, op. rit., p. 18. [Notons que S. Longin fut martyrisé à Césarée de Cappadoce, et qu'au IX° siècle la ville de Mantoue se glorifiait de posséder, avec son corps, une goutte de sang du Christ. N. du Tr.]) . Il est de fait qu'à Lanciano les moines basiliens eurent en propriété l'église des SS. Légontien (ou Léontien) et Domitien, altrimenti detta di S. Longino, auprès de laquelle existait anciennement une fontaine appelée « pont de S. Longin » dont les restes furent retrouvés en 1532. Et S. Longin fut toujours vénéré de façon spéciale par les habitants de Lanciano. Quoi qu'il en soit, on sait que les saints Légontien et Domitien subirent le martyre à Chieti, où l'on conserve une partie des reliques de S. Légontien ; les Bollandistes fixent leur fête au 5 février.

Il convient maintenant de s'arrêter quelque peu à l'histoire de cette église des SS. Légontien et Domitien, que quelques historiens nomment simplement « église de S. Légontien » (L'église en question est dite « de S. Légontien » dans une Bulle du pape Alexandre III, datant de 1176, « de S. Léontien » dans un Bref d'Alexandre IV datant de 1255, « de S. Légontien » dans une autre Bulle de S. Pie V, « de S. Ligorio » dans d'autres sources citées par Ughelli, et « de S. Longin » dans un diplôme de Henri VI. Cf. Pansa, op. rit., p. 19, note en bas de page) car elle eut l'honneur d'abriter le premier grand Miracle Eucharistique de Lanciano. Selon l'historien Pollidoro, qui fait appel à la tradition, elle était antérieure à l'époque de Charlemagne, et fut pendant le règne de ce dernier annexée au monastère des Basiliens grecs.

Si l'on croit ce que disent les historiens (l'archevêque Antinori et d'autres), elle était située hors de la ville, in curte ateana, à 3 km environ au sud. Au moment où se produisit le miracle, elle était certainement desservie par des moines basiliens, et il y avait donc dans le voisinage un monastère régi par un abbé ou par un supérieur dépendant d'un autre monastère (Sanna Solaro, op. cit., p. 6.). A une époque ultérieure, l'église en vint à se trouver au centre de la « nouvelle » Lanciano, qui, ressuscitant sans doute de ses ruines après avoir été détruite, se répartit autour de la vieille église et de son monastère, selon une pratique commune dans l'urbanistique ancienne. La population environnante, qui formait le « bourg », donna naissance à la Lanciano actuelle.


Date du Miracle. - Documents historiques

Nous en venons maintenant à un point de particulière importance : il s'agit de déterminer, sur la base des matériaux historiques dont nous disposons, sinon la date, même approximative, du moins l'époque à laquelle se produisit le Miracle.

Disons sans plus tarder que la croyance traditionnelle selon laquelle le Miracle aurait eu lieu au VIIIe siècle trouve, sinon une démonstration rigoureuse, au moins une confirmation et un appui dans l'analyse historique. Au VIIIe siècle, la ville ancienne était encore debout, les Francs n'étant pas encore passés par là, et l'église de S. Légontien se trouvait donc à la périphérie, comme nous avons eu occasion de le dire ; et il est fort probable qu'elle était alors desservie par des moines basiliens, qui, selon les documents dont nous disposons (Sanna Solaro, op. cit., p. 13), arrivèrent en Italie dès les premières années du VIe siècle, après la défaite des Goths par le byzantin Bélisaire en 537 ; à cette époque, en fait, le patriarcat de Constantinople commença d'exercer sa juridiction sur les Pouilles, la Calabre et les Abruzzes, et il l'exerça évidemment par l'intermédiaire de prêtres grecs qui, conformément aux lois ecclésiastiques du temps, devaient nécessairement, s'ils étaient revêtus d'une certaine importance hiérarchique, être moines. Venant en Italie, les Grecs adoptaient le rite latin ; et c'est précisément dans ce rite que célébrait le moine protagoniste du miracle, comme nous avons déjà dit.

De toute façon, nous possédons à ce sujet un témoignage historique : dès l'an 401, Rufin introduisit dans l'un des premiers monastères d'Italie la règle de S. Basile, qui, à la demande de l'abbé Ursejo, fut traduite en latin, et elle fut adoptée par plusieurs monastères.

Ayant établi ces prémisses qui démontrent que la tradition selon laquelle le Miracle aurait eu lieu au VIIIe siècle est digne de considération (Le R. P. Luigi Laurella, de la Communauté des Mineurs Conventuels de Lanciano, nous a judicieusement rappelé que les Pères du deuxième Concile de Nicée, lors de la session du 6 octobre 787, condamnèrent en ces termes un des aspects de l'hérésie des Iconoclastes : « Nul Apôtre n'a enseigné que le Sacrifice non sanglant fût l'image du Corps du Christ, car ce n'était pas ce que les Apôtres avaient appris de Jésus, ni que Jésus avait dit : Prenez et mangez l'image de mon Corps, mais bien : Prenez et mangez, ceci est mon corps » (cf. Mansi, t. XI III, col. 262-267). Les moines servirent de cible particulière aux Iconoclastes, pour qui l'Eucharistie n'était précisément que la seule « image » tolérée de Jésus-Christ : persécutés, ils durent fuir en grand nombre. (N. du Tr.) ), ou tout au moins qu'elle n'est pas manifestement erronée, venons-en à parler des documents relatifs au Miracle.

Nous commencerons par dire que Pollidoro mentionne l'existence de peintures très anciennes représentant le Miracle, peintures qui ne sont pas parvenues jusqu'à nous. De son côté, Fella, dans son oeuvre posthume intitulée Chronologia civitatis Lancianensis, au chapitre XVIII De Sacris aedibus et coenobiis, pp. 156-160, écrit qu'existait dans l'église de S. François - où comme aujourd'hui étaient conservées les Saintes Reliques - un très ancien manuscrit sur parchemin, écrit en grec et en latin, recouvert de deux tablettes, dont on peut présumer qu'il était le document original attestant et décrivant le Miracle. Mais, ajoute Fella, deux Conventuels de S. François lui avaient raconté dans les premières années du XVIe siècle que ce précieux témoignage avait été subtilisé soixante-dix ans plus tôt par deux moines basiliens, qui peut-être avaient ainsi voulu faire disparaître le témoignage de ce qu'ils considéraient comme une « honte » pour leur Ordre, à savoir le doute éprouvé sur la Présence réelle par le moine basilien leur prédécesseur ; et le document n'avait plus jamais été retrouvé, malgré toutes les recherches effectuées.


Voici la traduction littérale des paroles exactes de Fella :

« Maintes fois m'ont affirmé les Très Révérends Pères Maestro Antonio Scarpa et Angelo Silo qu'il y a soixante-dix ans [...] vinrent dans notre couvent de S. François deux moines de S. Basile, lesquels, à l'aube, sans saluer personne, prirent la fuite en emportant le manuscrit de parchemin, recouvert de deux plaquettes, écrit en grec et en latin, qui la veille au soir leur avait été remis pour qu'ils le lisent par le Gardien et les autres frères dudit couvent. Lesdits Pères affirmaient encore que ce manuscrit contenait la merveilleuse histoire de la conversion du pain en Chair et du vin en Sang, fait survenu dans les temps anciens dans l'église de S. François qui alors, sous le titre de S. Légontien, était desservie par les moines de S. Basile, et que l'on n'avait jamais pu savoir où avaient disparu ces deux fugitifs. »

Nombreux sont les documents historiques datant d'époques postérieures : parmi ceux que mentionnent les historiens Fella et Antinori (Sanna Solaro, op. cit., p. 8), nous citerons un texte épigraphique de 1636 écrit à la mémoire de l'archevêque Rodriguez, qui procéda à cette date à une reconnaissance des Reliques (la pierre se trouve aujourd'hui à droite de l'autel où les Reliques furent conservées de 1636 à 1902). Voici la traduction littérale du texte :

« Environ les années du Seigneur sept cent dans cette église alors sous le titre de S. Légontien des moines de S. Basile un moine prêtre douta si dans l'hostie consacrée était véritablement le corps de Notre-Seigneur, si dans le vin le Sang. Il célébra la messe et ayant prononcé les paroles de la consécration vit l'hostie faite Chair et le vin fait Sang. Tout fut montré à ceux qui l'entouraient puis à tout le peuple. La Chair est encore entière et le Sang divisé en cinq parties inégales qui prises ensemble pèsent autant que chacune prise séparément. Cela se voit aujourd'hui de la même façon dans cette chapelle faite par Giovanni Francesco Valsecca à ses propres frais l'an du SEIGNEUR MDCXXXVI. ».

Fella nous a laissé un autre témoignage, sous forme d'une longue inscription qui raconte minutieusement le Miracle, et que l'on pouvait lire au début du XVIe siècle dans l'église Sainte-Marie-de-Prenazzano - l'actuelle Popezzano des Abruzzes, proche de Teramo. Ce témoignage est significatif, car il indique la notoriété du Miracle et sa tradition ininterrompue, même hors de la région de Lanciano et bien des siècles après l'événement.

D'autres historiens parlent du Miracle, de façon plus ou moins prolixe : citons Pietro Ridolfi dans son Historia Seraphicae Religionis de 1586, l'abbé Pacichelli dans ses Memorie dei viaggi per l'Europa cristiana de 1685, et le Père Ughelli dans son Italia sacra de 1659 ; ce dernier affirme avoir emprunté le récit intégral à Sebastiano Rinaldi di Lanciano, évêque titulaire de Chalcédoine, l'historien le plus ancien de la région (Sanna Solaro, op. cit., p. 9). Il convient de souligner que Pacichelli et Ughelli affirment avec assurance que le Miracle est survenu au VIIIe siècle.


Vicissitudes historiques de l'église de S. Légontien et des Saintes Reliques

L'église de S. Légontien, desservie par les moines basiliens à l'époque où se produisit le Miracle, fut abandonnée par eux lorsqu'ils quittèrent la région, à la fin du XIIe siècle. Selon ce que rapportent Rinaldi et Ughelli (Idem, p. 27), l'église et le monastère qui lui était annexé devinrent, par concession du pape Innocent III, propriété des Bénédictins qui en firent une dépendance du monastère de S. Giovanni in Venere. Ils n'y demeurèrent néanmoins qu'une cinquantaine d'années, car dès 1253 les Frères Mineurs Conventuels prenaient possession des lieux, profitant de l'élection au siège de Chieti - dont dépendait Lanciano - d'un grand ami des Franciscains, Landolphe, qui accorda de bonne grâce la concession requise. Cette concession fut confirmée par un Bref du Pape Innocent IV (12 Kal. maj., pont. 9, Anno 1252). Les nouveaux venus trouvèrent des bâtiments réduits en mauvais état par les tremblements de terre, fréquents dans la région ; telle était très probablement la raison pour laquelle les Bénédictins, après les avoir obtenus, les avaient si rapidement abandonnés.

En 1258, les religieux édifièrent un nouveau couvent et une nouvelle église, sur les ruines mêmes de l'ancien couvent et de l'ancienne église. La construction nouvelle fut animée du souffle artistique propre aux Abruzzes : éléments gothiques, romans, bourguignons et bénédictins s'y mêlèrent dans un édifice d'une parfaite harmonie. Ainsi naquit l'actuelle église de S. François, qui depuis plus de sept siècles abrite le Miracle Eucharistique, ayant pris le relais de sa « génératrice » spirituelle, l'église de S. Légontien qui en constitue le fondement.

Nous savons de source sûre (Sanna Solaro, op. cit., p. 29) que lorsque les Frères prirent possession de l'église de S. Légontien, ils y trouvèrent très vif le culte des Saintes Reliques qui y étaient conservées, et qu'ils les transférèrent dans l'église supérieure dès que celle-ci fut achevée.

De la longue histoire, riche en documents, de la présence des Conventuels à S. François, où ils étaient chargés de la garde des Saintes Reliques, nous extrairons un épisode qui nous paraît significatif. En 1666, les Conventuels durent s'opposer à une tentative, de la part d'une Confraternité locale dite des « Raccomandati », d'appropriation de l'antique église de S. Légontien qui, comme nous avons dit, sert de soubassement à l'église de S. François. Les Conventuels eurent gain de cause, en cette même année 1666, grâce à l'intervention officielle du cardinal Giannetti, préfet de la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers. Et dix-huit années plus tard, en 1684, afin d'établir définitivement leur droit de propriété, ils firent dresser par le notaire Simone Peschio un acte d'où il résultait clairement que l'église située sous l'église S. François, l'une et l'autre étant en leur possession, était la véritable église originelle de S. Légontien, où avait eu lieu le Miracle. Cet acte est encore aujourd'hui visible à la Chambre des notaires de Lanciano (p. 154 du « Protocollo »).

Devant de semblables faits, une question se pose spontanément, qui contient en elle-même la réponse : pourquoi tant et de tels différends, de procès même, portés devant les plus hauts tribunaux ecclésiastiques et civils, pour la possession d'une vieille église ruinée, sinon pour la raison évidente qu'elle valait bien plus que sa valeur matérielle, à cause de son éminente qualité, traditionnelle et ininterrompue, de temple et de gardienne d'un grand Miracle ?

En raison de la suppression des ordres religieux par Napoléon, les Franciscains durent quitter Lanciano en 1809. Mais, après une absence d'un siècle et demi, appelés par l'archevêque de Lanciano, Mgr Migliorini, ils rentrèrent solennellement dans leur ville et dans leur Sanctuaire le 21 juin 1953.

Modes et lieux de conservation des Saintes Reliques au cours des siècles

L'historien Bellini, qui puisait certainement à une source ancienne, affirme que les Saintes Reliques Eucharistiques, avant d'être, en 1258, transférées dans la nouvelle église de S. François, c'est-à-dire, pendant les cinq siècles qu'elles demeurèrent dans l'église de S. Légontien - étaient conservées dans un précieux reliquaire d'ivoire.

A partir de 1258, si l'on en croit le P. Gardien de 1666 - date de la controverse avec la Confrérie des « Raccomandati » - les Reliques furent placées à gauche de qui regardait l'autel majeur, sans doute dans un tabernacle spécial, ce qui est d'ailleurs confirmé en 1723 par l'archevêque Paternô.

En 1566, comme il résulte d'un acte notarié dont le texte nous a été conservé par Antinori (Sanna Solaro, op. cit., p. 39), les Saintes Reliques furent cachées dans une petite chapelle obscure située a cornu evangelii et sans doute murée, pour les protéger contre les incursions des Turcs qui commençaient de se montrer sur le rivage des Abruzzes et auraient facilement pu pénétrer jusqu'à Lanciano. Cette chapelle existe encore aujourd'hui, quoique transformée, et ne possède qu'une seule fenêtre, haute et étroite, en fer de lance C'est l'actuel réfectoire de la Communauté (N. du Tr.).

Dans le même acte notarié, établi sur la demande du « Sindaco » d'alors, il est dit qu'en 1636 les Saintes Reliques furent retirées de ladite chapelle obscure - le péril turc s'étant éloigné - et placées dans une chapelle digne d'elles, construite aux frais d'Antonio Valsecca (Il s'agit plutôt d'un autel que d'une chapelle proprement dite (N. du Tr.)). Antinori ajoute :

« Les Saintes Reliques furent enfermées avec quatre clés : celle qui fermait la grille de fer fut conservée par le Sindaco au nom de la ville ; un autre par le Gardien au nom du Couvent ; la troisième, qui fermait l'étui de bois, par Leone Riccio beau-frère de Valsecca ; et la dernière, celle de la grille de fer, par le sacristain du Couvent, afin d'y faire célébrer des messes à l'intention du bienfaiteur Valsecca (Aujourd'hui, la grille de fer qui entourait l'Autel n'existe plus). »

La clé confiée au Gardien, dont on ne nous dit pas ce qu'elle fermait, semble évoquer un reliquaire plus ou moins précieux, en contact direct avec la Sainte Chair et le Saint Sang, et contenu à son tour dans l'étui de bois dont la clé avait été confiée au beau-frère - c'est-à-dire aux héritiers - de Valsecca. Cette supposition est pleinement confirmée par l'abbé Pacichelli, qui, relatant une visite qu'il fit à Lanciano en 1693, écrit dans ses Lettere famigliari :

« Les Conventuels possèdent une petite chapelle peinte à droite de la nef unique de leur église et dans deux petites boîtes d'argent fermées par plusieurs clés dans une armoire de bois et dedans un vase de cristal du Pain Eucharistique changé en Chair et de la sacrée Liqueur congelée en cinq morceaux de Sang inégaux depuis le septième siècle (Nous préférons parler du VIIIe siècle) a entre les mains d'un moine infidèle de S. Basile... »

En octobre 1902, la chapelle Valsecca étant jugée désormais peu adaptée, Mgr Petrarca, archevêque de Lanciano, voulut transférer les Précieuses Reliques à l'autel majeur, qui, grâce aux offrandes spontanées des habitants de Lanciano, fut réédifié par l'Ingegnere Filippo Sergiacomo. L'inauguration de ce nouvel autel se fit en grande pompe, en présence des cinq évêques de la région des Abruzzes, de nombreux pèlerins et de la population de Lanciano. Le poète Cesare De Titta dressa derrière l'autel une pierre portant une inscription latine commémorant le Miracle et le nouveau monument qui lui était dédié.

En 1920, la générosité des habitants de Lanciano permit d'installer derrière l'autel un double escalier de marbre en colimaçon donnant accès au Tabernacle qui renferme les Saintes Reliques. En décembre 1958, enfin, un espace fut ouvert derrière l'abside, et un escalier droit, plus praticable, fut mis en place.

En ce qui concerne les actuels « conteneurs» directs des Saintes Reliques, la Sainte Chair est aujourd'hui placée entre deux lunettes de cristal faisant partie d'un ostensoir d'argent finement ciselé, celui-là même dans lequel la Sainte-Relique fut déposée le 16 avril 1713, Giulio Fiore étant « mastrogiurato » et Giovanni Varini Realto « Sindaco ». Le Saint Sang est conservé dans un calice de cristal gravé à couvercle de cristal, fixé sur la base de l'ostensoir ; ce calice, haut de 15 cm et dont la coupe conique a une largeur maximale de 8 cm, serait selon certains le calice primitif où fut déposé le Sang à l'époque du Miracle. La hauteur totale du reliquaire est de 63 cm, et la gloire, a 25 cm de large. Un double ruban d'or, flottant, porte incisées les paroles : TANTUM ERGO SACRAMENTUM - VENEREMUR CERNUI. L'ostensoir fut exécuté aux frais d'un chanoine Domenico Coli, comme l'indique l'inscription gravée sur la base :

TANTO. FIDEI MYSTERYO.

INCREDULO. SACERDOTI. QUONDAM. PATEFACTO.

DOMINYCUS. COLI. AERE. SUO. MDCCXIII.



Attitude officielle de l'Eglise

La dévotion de la population de Lanciano pour ses Reliques miraculeuses remonte à des temps fort anciens. Elle a toujours donné lieu, chaque année, à une grande solennité, célébrée avec l'intervention officielle d'archevêques et d'évêques, ainsi que du « Sindaco », qui dans le passé jouissait du privilège d'avoir un siège d'honneur proche du reliquaire (Ainsi nous apprend Mgr Paternô ; cf. Spigone, op. cit., p. 198, note en bas de page).

L'autel construit en 1636 par Francesco Valsecca fut déclaré privilégié par Benoît XIV le 14 octobre 1751, comme on peut encore lire sur une pierre placée au-dessus du gradin (Spigone, op. cit., p. 198, note en bas de page).

En 1887, Mgr Petrarca, archevêque de Lanciano, obtint de Léon XIII - faveur exceptionnelle de la part de l'Eglise - l'indulgence plénière à perpétuité pour ceux qui visiteraient l'église du Miracle pendant les huit jours précédant la fête annuelle, qui se célèbre le dernier dimanche d'octobre.

En raison de l'importance et de la notoriété du Miracle, Lanciano fut choisie comme siège du premier Congrès Eucharistique de la région des Abruzzes, tenu du 23 au 25 septembre 1921 sous la présidence du cardinal Oreste Giorgi, Légat pontifical.

Depuis lors, et jusqu'à nos jours, les cérémonies commémoratives ont toujours eu lieu en présence de hauts dignitaires de l'Eglise.



Reconnaissances successives

(Avant de parler de la reconnaissance effectuée en 1970, nous mentionnerons les reconnaissances antérieures attestées par les documents dont nous disposons.)

Le 17 février 1574, l'archevêque Rodriguez procéda à une première reconnaissance ; comme l'atteste une inscription gravée sur un bloc de marbre situé dans l'église, il constata en présence du peuple que le poids total des cinq caillots de Sang était identique au poids de chacun d'eux ; ce fait, d'origine évidemment préternaturelle et appartenant à une catégorie de manifestations miraculeuses fréquentes dans l'Histoire de l'Eglise et des Saints, affermit la foi au Miracle. Néanmoins, cet événement prodigieux ne se renouvela plus lors des reconnaissances ultérieures.

En 1637, à l'occasion de la translation des Saintes Reliques dans la chapelle Valsecca, le Gardien du Couvent, Fra Serafino da Scanno, procéda en présence de la population à une deuxième reconnaissance.

Une troisième reconnaissance fut effectuée, le 23 octobre 1770, par l'archevêque Gervasone, qui voulut faire nettoyer le reliquaire ; à cette occasion, l'Hostie de Chair en fut retirée pour quelque temps (Satina Solaro, op. cit., p. 34.).

La dernière reconnaissance - avant celle toute récente de 1970, exécutée selon des critères rigoureusement scientifiques et dont nous parlerons en détail par la suite - remonte au 26 octobre 1886. L'archevêque Petrarca, assisté d'une Commission de chanoines et d'ecclésiastiques, brisa les sceaux et les cordons de soie qui avaient fermé le Calice depuis la reconnaissance de 1770. Il ne toucha pas au sceau de la Monstrance, mais crut constater la présence dans la Sainte Chair de plusieurs fragments de l'espèce du pain.



Autres notices historiques et ecclésiastiques anciennes

1536 - Bulle de Pie IV, relative à l'Eglise de S. Légontien, stipulant que « rien n'y doit être changé » (De Giorgio, Cronache delle chiese di Lanciano, Vol. II, p. 35).

12 juin 1557 - Testament de Maître Ferdinando Di Giovanni del Barbiero, rédigé par le notaire Giovanni Angelo Di Fazio sépulture à Santa Maria Nuova devant la chapelle de S. Jean Baptiste, legs faits à cette dernière, à l'église de Santa Maria del Ponte et à l'église du Corpus Domini (Antinori, Libro delle Memorie, n. 244, p. 349).

1586 - Le P. Tossignano rapporte qu'à S. François de Lanciano « reperitur hostia carnis miraculose conversa in Corpus Christi, reperiuntur quoque Reliquiae sanguinis miraculosi » (Tossignano, Historiarum Seraphicae Religionis Libri Tres, p. 277).

7 juin 1593 - De passage à Lanciano, la Marquise di Vasto assiste à la messe de l'évêque Paolo Tarso à Santa Maria del Ponte, et voit l'Hostie et le Sang qui, conservés à S. François, ont été apportés au Dôme par les PP. Conventuels (Bocache, Libro 7, p. 56. (L'église de Santa Maria del Ponte et le « Dôme » sont une seule et même église : c'est la cathédrale de Lanciano. N. du Tr)).

Ferdinando Ughelli (1594-1670) parle ainsi du Miracle : « Le couvent de S. François conserve de nombreuses reliques, mais celle qui les surpasse toutes est le Sacrement de la Très Sainte Eucharistie, convertie il y a mille ans en Chair, et cinq gouttes de vin converties en Sang » (Ughelli, Italia Sacra, t. VI, p. 787.

26 avril 1601 - Entrée à Lanciano de Son Excellence le Duc de Monteleone, fils de Très Illustre Dame Germana Colonna. Il visite les Très Saintes Reliques à S. François. (Bocache, op. cit., p. 52))

17 mai 1610 - Relation d'une Ordination sacerdotale « in Ecclesia SS. mi Corporis » " (Archives diocésaines, Fuse. « De Sacris Ordinationibus ».).

16 août 1631 - Rapport présenté, au nom de l'évêque Andrea Gervasio, à la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers par son procureur, le chanoine Croce. Il y est affirmé que depuis 400 ans est conservée et vénérée dans l'église de S. François de Lanciano une Hostie devenue Chair du Christ, et que l'on y observe également du Sang coagulé (Arch. Vat., S. Congr. dei Vescovi e Regolari, pro Ecclesia Lancianensi, p. 448).

20 août 1637 - A la requête du « sindaco » Giovanni Tommaso Rialto, le notaire Giovanni Battista Verna reçoit dans l'église de S. François la déclaration suivante du P. Gardien Serafino Zaccardo da Scanno : « En l'an 700, dans le susdit Monastère, alors dénommé de S. Légontien, où résidaient les moines basiliens, alors qu'un certain moine éprouvait des doutes sur la foi dans le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie, tandis qu'il prononçait les paroles de la consécration à la Messe, en présence du peuple advint ce grand Miracle du pain converti en Chair et du vin converti en Sang... » " (Acte notarié conservé dans les Archives du Sanctuaire)..

18 octobre 1671 - L'évêque Alfonso Alvarez Barba Ossorio qualifie le Miracle de Lanciano de « Maxima et stupenda Reliquiarum Reliquia » (Arch. Vat., ibid).

25 juin 1672 - Clément X déclare l'autel des Saintes Reliques autel privilégié pendant toute l'octave des Défunts et tous les lundis de l'année" (Bocache, Libre 7, p. 343).

1686 - L'abbé Giovanni Battista Pacichelli écrit : «Dans l'antique Temple de S. François, jadis [propriété] des Moines de S. Basile, puis des Cassiniens, entre autres nombreuses reliques, on conserve avec grande vénération l'Hostie Sacrée changée en Chair et quelques gouttes de vin [changées] en Sang il y a mille ans entre les mains d'un Prêtre Religieux incrédule, ce dont l'histoire est peinte dans la Sacristie » (Pacichelli, op. cit., IV° partie, t. 2, p. 213).

7 août 1700 - Dans son testament, Bernardino De Cecco demande qu'après sa mort soient célébrées cinquante Messes dans la Chapelle des Reliques qui se trouve dans l'église de S. François (Archives du Sanctuaire).

17 février 1717 - L'archevêque Giovanni Uva donne ordre à Giuseppe Ricci de remettre la clé des Très Saintes Reliques à D. Domenico Basciano (38 Ibid).

30 juillet 1728 - Dans son testament, l'archevêque Antonio Paterne ordonne que les clés des Saintes Reliques demeurent en la possession du Rév. Don Silvestro De Cecco, qui les conservera durant la vacance du siège et les remettra au futur Archevêque son successeur (39 Ibid).

18 avril 1743 - Carlo Cinerini, magistrat de la Ville, fait écrire par le notaire Francesco Madrigale : « Sur requête à nous faite nous nous sommes rendu dans la Vénérable Eglise de S. François et à peu de distance de l'Autel sur lequel était déjà exposée la si célèbre, unique et insigne Relique de l'Hostie Sacrée de Notre-Seigneur Jésus-Christ... » (Acte notarié conservé dans les Archives du Sanctuaire).

20 avril 1787 - Visite de l'archevêque De Vivo à l'Hostie changée en Chair (Bocache, Libro 7, p. 340).

19 juin 1799 - L'archevêque Francesco Amoroso, « à la requête des bons citoyens, concède une procession de pénitence avec intervention du Chapitre, du Clergé séculier et régulier et des Confraternités, y étant portée l'insigne Relique de l'Hostie, que l'on a coutume de porter ainsi dans les nécessités très graves et urgentes » (42 Coppa Zucca, Vol. 1, p. 265).

27 septembre 1809 - Le Duc de Monteyasi, Chambellan de S. M. le Roi, écrivant de Chieti et par ordre de la Maison Royale de Naples, demande au Vicaire Capitulaire s'il existe des Sanctuaires de particulière dévotion. Le Vicaire répond que dans l'église de S. François se conserve une insigne Relique de l'Hostie et du Vin changés en la Chair et le Sang de N.-S. J.-C. (Archives du Sanctuaire).

9 juillet 1868 - Les pluies ayant inondé les campagnes pendant 45 jours, le peuple éploré demande au Vicaire général que l'on organise une procession avec les Saintes Reliques. La procession sort de S. François sous la pluie, et à peine est-elle arrivée sur la place qu'un vent impétueux de mistral dissipe tous les nuages" (Sanna Solaro, op. cit., p. 33).

16 septembre 1886 - Le cardinal Gaetano Alimonda informe l'archevêque Petrarca qu'il envoie à Lanciano le P. Sanna Solaro, S. J., pour une éventuelle reconnaissance du Miracle devant une Commission d'ecclésiastiques. (Archives du Sanctuaire).

5 août 1889 - Le P. Sanna Solaro, président de la Société italienne « Fasti Eucaristici », informe l'archevêque Petrarca qu'il a fait confectionner à Turin, pour être envoyée à Paray-le-Monial, une bannière portant l'inscription : « Hommage de l'Archevêque, du Clergé et de la Population de Lanciano » (Ibid).

4 octobre 1904 - Mgr Angelo Dalla Cioppa fonde l'Association de l'Adoration Quotidienne ; l'autel des Très Saintes Reliques est désigné comme autel de l'Adoration (47 Ibid).

TRADUCTION DU DOCUMENT REPRODUIT CI-CONTRE AD PERPETUAM REI MEMORIAM

Lanciano, jadis nommée Ansiano, cité fameuse pour les foires qui y ont lieu deux fois l'an dans les Abruzzes, autrefois territoire des Sannites et des Pélignes, située à quatre milles du rivage et de la rivière Sangro.

En cette ville, vers les années 700 de N. S. se trouvait dans le monastère de S. Légontien, où habitaient des Moines de S. Basile, aujourd'hui couvent de S. François, un moine qui, peu ferme dans la foi, versé dans les sciences du monde mais ignorant de celles de Dieu, allait de jour en jour doutant que dans l'Hostie consacrée fût [présent] le vrai Corps du Christ et de même dans le vin fût [présent] le vrai Sang.

Toutefois, n'étant pas abandonné de la grâce divine de l'oraison perpétuelle, il priait Dieu constamment de lui ôter du coeur cette plaie qui affligeait son âme, et le Dieu Très-Bon, Père de miséricorde et de toute notre consolation, se plut à le relever d'une si obscure ténèbre, lui faisant cette même grâce qu'il accorda à l'Apôtre S. Thomas.

Tandis donc qu'un matin, au milieu de son sacrifice, après avoir prononcé les très-saintes paroles de la consécration, il se trouvait plus que jamais enfoncé dans son ancienne erreur, il vit (ô faveur singulière et merveilleuse !) le pain en Chair et le vin en Sang changés.

AD PERPETUAM REI MEMORIAMAnno Domini 1631
AD PERPETUAM REI MEMORIAM
Anno Domini 1631

Épouvanté et confus d'un tel et si stupéfiant miracle, il demeura un long temps comme transporté en une divine extase ; mais finalement, la terreur le cédant à la joie spirituelle qui lui emplissait l'âme, le visage radieux encore que baigné de larmes, il se tourna vers ceux qui l'entouraient et leur dit : « O bienheureux assistants, à qui le Dieu Béni, pour confondre mon incrédulité, a voulu se dévoiler dans ce Très-Saint Sacrement et se rendre visible à vos yeux! Venez mes frères, et voyez notre Dieu [qui s'est] fait semblable à nous. Voici la Chair et le Sang de notre Christ bien-Aimé. »

A ces mots, le peuple avide se précipita en courant à l'Autel et tout effrayé commença non sans grande abondance de larmes à crier miséricorde. Le bruit d'un si rare et singulier miracle s'étant répandu par toute la ville, qui pourra dire les actes de componction que grands et petits, accourus en grande hâte, s'efforçaient d'accomplir : les uns, confus, invoquaient d'une voix dévote la divine Pitié, d'autres, se frappant la poitrine se déclaraient coupables des erreurs [qu'ils avaient] commises, d'autres avec des accents étouffés et des soupirs ininterrompus se proclamaient indignes de contempler un si précieux trésor, d'autres enfin dans un silence tacite et respectueux admiraient, s'étonnaient, louaient et remerciaient le Dieu Très-Bon d'avoir voulu soumettre au sens mortel Son immortelle et incompréhensible Majesté.

Lorsque fut finalement apaisée cette affligeante harmonie et qu'eurent été rendues au Ciel les grâces convenables, les Notables de la Cité firent exécuter un très-beau Tabernacle d'ivoire, peut-être [parce] qu'en ce temps cette dent [sic] était plus estimée qu'aucun autre métal, [Tabernacle] dans lequel une telle Relique a été conservée presque jusqu'à nos jours : depuis lors dans un très-beau vase d'argent comme un calice et finalement dans un très-riche cristal de roche, où elle est aujourd'hui conservée.

Cinq sont les fragments de ce Sang, d'inégale et diverse grandeur, et de plus (ô merveille !) [lorsqu'ils furent], par inspiration divine et peut-être pour confondre quelque incrédule, pesés avec la balance de l'Archevêque, qui était Fra Antonio di S. Michele, on s'aperçut que l'un pesait autant que tous, deux autant que trois, le plus grand autant que le petit.

Une telle Relique est montrée à quiconque désire la voir, le lendemain de Pâques, après déjeuner. Giovanni Botero, ne sachant pas l'histoire, écrit au 1er livre de ses Relations Universelles qu'à Lanciano on montre le Très-Saint-Sacrement changé en Chair et Sang lorsqu'un Juif le frappa d'un couteau. Mais il n'existe pas de trace d'un autre Miracle que celui que le Dieu Béni voulut manifester par cette même Relique.

En 1566, les Turcs parcourant tous les rivages du Royaume de Naples, et brûlant et dévastant, avec une rage et une fureur exécrables, toutes les villes circonvoisines, fra Giovanni di Mastro Renzo, des Mineurs Conventuels, ne se fiant pas à l'aide divine et oubliant la confiance tant prêchée par notre séraphique Père S. François, s'enfuit, le premier jour d'août, avec beaucoup de jeunes gens de la ville déjà abandonnée, portant avec lui cette sacro-sainte Relique afin qu'elle ne tombât pas indécemment aux mains de ces Chiens. Ayant ainsi marché à grands pas toute la nuit, et par conséquent croyant avoir fait un grand voyage, il se retrouva le matin près de la porte même de la ville par laquelle il était sorti ; tout plein d'émerveillement et de confusion pour son manque de confiance, il se tourna vers ses compagnons et leur dit : « N'attribuez pas, Compagnons, à la mauvaise fortune cette erreur commune, mais imputez le tout à la divine Providence, dont les secrets sont inscrutables et investigables. En conséquence, nous devons rester ici et si nécessaire répandre sans hésiter notre sang et offrir notre vie : un vrai et bon soldat et disciple du Christ doit certainement donner sa vie pour ce même Christ. »

Réconfortés par de telles et autres semblables paroles, les compagnons changés subitement de doux et timides agneaux en lions forts et courageux, emplis d'audace céleste, rentrèrent dans la ville abandonnée et en reprirent la garde avec une intrépidité pieuse et dévote.

Mais la puissance de ce Seigneur qui jadis préserva des flammes voraces les trois jeunes garçons hébreux garda également intacts et protégea des épées ennemies les fidèles gardiens de ce céleste et précieux Trésor.

Que se taisent donc les langues sacrilèges des Juifs, que s'attendrissent les cours obstinés des incrédules, que se réjouisse et entre en fête la religion chrétienne, à qui se découvre visiblement ce qu'elle professe et croit. Mais par-dessus tout qu'exulte et triomphe l'Italie, au sein de laquelle se cache cet immense Seigneur que toutes les choses créées mise ensemble ne peuvent contenir, et dont avec révérente solennité nous pouvons bien chanter avec la sainte Eglise : Non est alla Natio tam grandis, quae habeat deos appropinquantes sibi sicut adest nobis Deus noster, cui ab omni creatura laus honor et gloria in saecula saeculorum. Amen.

Suprascriptum miraculum a Rev. Sebastiano de Rinaldis luculentissime exaratum, atque in libro cui titulus « Flos Sanctorum » compendiose repositum and fidelium pleniorem letitiam perfideliter extractum est anno Domini 1631. - Dans l'Eglise de S. François.




II - PROCÈS-VERBAUX DE LA RECONNAISSANCE DE 1970-1971

Introduction

L'Ostensoir-Reliquaireexécuté en 1713 et restauré en 1972
L'Ostensoir-Reliquaire
exécuté en 1713 et restauré en 1972

Dans le courant de l'année du Seigneur 1970, la Communauté des Frères Mineurs Conventuels à qui est confiée la garde du Miracle Eucharistique conservé dans l'église de S. François de Lanciano, pressée par S. Exc. Mgr Pacifico Perantoni, archevêque de Lanciano et évêque d'Ortona, et par le T. R. P. Bruno Luciani, Ministre provincial des Frères Mineurs Conventuels des Abruzzes, décida de procéder à la reconnaissance scientifique dudit Miracle, réalisant ainsi l'une des entreprises les plus osées de toute la Province religieuse des F. M. Conventuels depuis 1953, date à laquelle Mgr Benigno Migliorini, alors archevêque de Lanciano, lui confiait de nouveau, après un long intervalle dû à la suppression opérée par Napoléon, la garde du Miracle.

La charge de procéder à cette reconnaissance fut confiée au professeur Odoardo Linoli, professeur d'anatomie, histologie pathologique, chimie et microscopie clinique, chef de service aux Hôpitaux réunis d'Arezzo, à qui furent données, sur le plan humain et scientifique, toutes les garanties nécessaires pour une opération si délicate et si lourde de responsabilités. Il fut entendu que le professeur Linoli s'assurerait le concours du professeur Ruggero Bertelli, professeur émérite d'histologie à l'université de Sienne.

Pour motifs techniques, il fut décidé que la reconnaissance se ferait en deux étapes. La première consisterait en le prélèvement de quelques échantillons des Saintes Reliques, que le professeur Linoli emporterait à son laboratoire d'Arezzo en vue des examens nécessaires. La seconde comporterait, une fois achevés ces examens, la lecture, faite par lui-même, du rapport scientifique du professeur Linoli.


Premier procès-verbal

Détail de l'Ostensoir-Reliquairela coupe de cristal contenant le Précieux Sang

Le 18 novembre 1970, à 10 h du matin, se sont réunis dans la sacristie de l'église de S. François, en vue de procéder à la première phase des travaux S. Exc. Mgr Pacifico Perantoni, archevêque de Lanciano et évêque d'Ortona :

Le T. R. P. Bruno Lanciani, Provincial des Frères Mineurs Conventuels des Abruzzes ;

Le professeur Odoardo Linoli, professeur d'anatomie, histologie pathologique, chimie et miscroscopie clinique, chef de service aux Hôpitaux réunis d'Arezzo ;

Don Giuseppe Castiglione, chancelier de l'archidiocèse de Lanciano ;

Le R. P. Anastasio Poletto, secrétaire de S. Exc. Mgr l'Archevêque ;

Les RR. PP. Amedeo Giuliani, Luigi Laurella et Pio Grannonio, des Frères Mineurs Conventuels ;

Toute la communauté du Miracle, composée des RR. PP. Angelo Zenobio, supérieur, Giorgio di Febo, Luigi Mariano et du Frère Massimiliano Di Cristoforo.

A 10 h 15, S. Exc. Mgr l'Archevêque a brisé les sceaux apposés par l'archevêque Francesco Petrarca sur le reliquaire et le calice contenant les Saintes Reliques. Il a été constaté que le reliquaire contenant la Chair n'était pas hermétiquement clos, ce qui expliquait la présence, ultérieurement révélée par l'observation au microscope, de moisissures et autres corps étrangers.

Après avoir examiné le tissu de la Chair, le professeur Linoli a exprimé la crainte de ne pouvoir trouver, au cours des analyses de laboratoire, d'éléments valables permettant d'arriver à des conclusions scientifiques, le tissu de la Chair risquant d'être désormais dépourvu de tout élément d'identification.

Passant ensuite au Sang, le professeur Linoli s'est efforcé de prélever quelques fragments de l'intérieur des caillots, espérant qu'ils seraient plus riches en éléments identifiables. Auparavant, il a voulu contrôler le poids des cinq caillots de sang. Comme lors de la reconnaissance de 1886, la pesée a donné un total de 16 g et 505 mg. Le phénomène de l'identité de poids entre chaque caillot et leur ensemble, affirmé par l'archevêque Rodriguez lors de la reconnaissance qu'il fit le 17 février 1574 et relaté dans l'inscription gravée en 1636 sur le bloc de marbre situé près de l'autel du Miracle dans l'église de S. François, n'a pas été constaté, comme déjà il n'avait pas été constaté lors de la reconnaissance de 1886.

Une fois achevé le prélèvement des échantillons, le sceau de S. Exc. Mgr Pacifico Perantoni a été apposé sur le reliquaire et sur le calice.


In fede...
+ Pacifico Perantoni, O. F. M., Archevêque
P. Bruno M. Luciani, Provincial P. Luigi Mariano
P. Amedeo Giuliani
P. Angelo Zenobio, Supérieur
P. Pio Grannonio


D. Giuseppe Castiglione

Chancelier archiépiscopal

Lanciano, 4 mars 1971


Second procès-verbal

Le 4 mars 1971, il a été procédé à la deuxième étape de la reconnaissance scientifique du Miracle Eucharistique conservé dans l'église de S. François de Lanciano.

Le professeur Odoardo Linoli a donné lecture, dans l'église de S. François, d'un rapport scientifique concernant les analyses qu'il a effectuées dans son laboratoire sur des fragments des Saintes Reliques.

Etaient présents : S. Exc. Mgr Pacifico Perantoni, archevêque de Lanciano et évêque d'Ortona ; le Rme P. Ludovico Cava, Procureur général de l'Ordre des Frères Mineurs Conventuels ; le T. R. P. Bruno Luciani, Ministre Provincial des Frères Mineurs Conventuels des Abruzzes ; un grand nombre de Frères Mineurs Conventuels ; les Supérieurs des maisons religieuses de la ville ; les Rév. Curés de Lanciano ; le « Sindaco », la magistrature, les autorités civiles et militaires ; plusieurs représentants du corps médical de l'hôpital civil ; les Directeurs d'écoles et un nombreux public.

Après lecture de la communication du professeur Linoli, un débat s'est instauré, auquel ont pris part notamment le T. R. P. Bruno Luciani et le professeur Urbano, Analyste en chef de l'hôpital civil de Lanciano, professeur à l'université de Florence.

La communauté des Frères Mineurs Conventuels a remis au professeur Linoli une reproduction en cuivre repoussé de l'ostensoir des Saintes Reliques.


In fede...
+ Pacifico Perantoni O. F. M., Archevêque
D. Ludovico M. Cava, Vicaire et Procureur général
P. Bruno M. Luciani, Ministre Provincial
P. Luigi Mariano
P. Angelo Zenobio, Supérieur
P. Pio Grannonio
P. Nicola Nasuti
Fr. Massimiliano Di Cristoforo


D. Giuseppe Castiglione,

Chancelier archiépiscopal

Lanciano, 5 mars 1971


P.S. Le professeur Linoli a remis au Supérieur de la Communauté du Miracle le matériel utilisé pour les analyses et quelques fragments de Sang non utilisés pour les recherches. Ce matériel est conservé dans les archives du couvent de Lanciano. Dans les mêmes archives se trouvent les originaux du rapport scientifique et des procès-verbaux de la reconnaissance. Des copies certifiées conformes des procès-verbaux et du rapport scientifique ont été remis à la Curie généralice des Frères Mineurs Conventuels et à la Curie provinciale ; deux exemplaires ont été remis à S. Exc. Mgr Pacifico, l'un destiné à être conservé dans les archives archidiocésaines et l'autre à être remis, au cours d'une audience privée, à S. S. Paul VI.



III - EXAMEN SCIENTIFIQUE DE LA CHAIR ET DU SANG DE LANCIANO

(Ce chapitre est la traduction du rapport intégral du professeur Linoli. La traduction a été faite sur le manuscrit même (N. du Tr.)).

Le 18 novembre de l'an du Seigneur 1970 à 10 h du matin, en l'église de S. François de Lanciano, en présence de S. Exc. Mgr l'Archevêque et des Révérends Pères, mission a été donnée au professeur Odoardo Linoli, chef de service à l'Hôpital d'Arezzo, de procéder à la reconnaissance des Saintes Espèces du Miracle Eucharistique de Lanciano.

A cette fin, l'Ostensoir contenant la Sainte Chair et le Saint Sang a été porté sur des linges blancs, sur une table disposée à cet effet dans la Sacristie.



Description de l'Ostensoir et du Saint Tissu

L'Ostensoir, d'argent massif, présente au sommet, sur la partie antérieure, des rayons formant une gloire et sur la partie postérieure un élégant travail en relief ; il est surmonté d'une Croix du même métal.

Il est constitué de deux parties, antérieure et postérieure, maintenues ensemble par un cordon de couleur rouge se terminant, en ses deux extrémités, par deux sceaux de même couleur.

La Monstrance présente en son centre une fenêtre ronde, délimitée par deux verres opposés de 69 mm de diamètre ; entre les deux verres se trouve un fragment d'un Tissu, de forme irrégulièrement arrondie présentant dans la zone centrale une vaste solution de continuité, de sorte que le Tissu paraît comme rétracté à la périphérie, prenant comme l'aspect d'un anneau. Mais alors que la zone marginale périphérique paraît suffisamment bien tracée, la zone centrale, entourant la cavité ci-dessus mentionnée, est effrangée, et quelques lambeaux de Tissu jaillissent dans l'espace vide.

Les diamètres maximaux du Tissu sont de 55 et 60 mm ; l'espace central vide délimité par le Tissu a un diamètre de 35 mm dans la zone la plus large et de 17 mm dans la partie la plus étroite. Le Tissu est de couleur jaune-brun-marron, avec quelques taches plus nettement brunes et des stries de même couleur, diversement orientées.

En outre, la surface du Tissu présente des taches blanchâtres, en partie isolées, en partie réunies en formations de forme et de dimension variées, à marges sinueuses.

Les plus grandes taches ont 9 x 4 mm, les taches moyennes 4 x 2 mm, et la dimension des petites taches va de celle d'un grain de millet à celle d'une pointe d'épingle.

Quelques formations blanches adhèrent également au verre antérieur ; elles sont entièrement détachées du Tissu.

A un examen détaillé plus attentif, la zone marginale externe du Tissu présente quelques petits trous, qui par leur dimension et leur régularité évoquent une ancienne couture (* On peut supposer qu'à une certaine époque l'Hostie miraculeuse fut cousue sur un corporal. (N. du Tr.) ). Cinq de ces trous sont visibles sur une partie du contour, mais sur le reste du contour l'observation est impossible, le Tissu étant contracté et de plus recouvert par un anneau métallique.


Ouverture de l'Ostensoir et examen au microscope des taches blanches paraissant sur la Sainte Chair

Les sceaux ayant été brisés, et une petite languette courbe de fermeture ayant été enlevée, l'Ostensoir a été ouvert, ce qui a permis d'avoir une vision entière de la Sainte Chair et de vérifier les aspects décrits ci-dessus, concernant la forme, les dimensions et la couleur.

Ayant reçu de S. Exc. Mgr l'Archevêque la permission de toucher la Sainte Chair, j'ai constaté qu'elle était de consistance dure, presque ligneuse, uniforme en toutes ses parties sauf dans la zone marginale, plus épaisse et plus dense, et dans la zone centrale, de plus en plus fine jusqu'à être totalement inexistante.

Les formations blanches, isolées ou groupées, ont pu être examinées ; elles étaient sèches, de consistance très ténue, molles. Elles se détachaient aisément de la superficie de la Chair, sans qu'aucune y adhérât.

L'observation de la surface de la Chair a permis de constater également la présence de quelques résidus de petits insectes, de larves, sans nulle trace de vie.

Y ayant été autorisé par S. Exc. Mgr l'Archevêque, le soussigné a examiné les petites formations blanches, pour vérifier si elles contenaient de l'amidon.

A cette fin, il avait demandé et obtenu de pouvoir disposer, sur une petite table, d'un microscope.

Les taches blanches ont été recueillies en plusieurs régions de la Sainte Chair, chacune d'elles a été suspendue dans une petite goutte de solution physiologique et l'on a essayé de les étaler sur une lame porte-objet. On a ajouté ensuite une goutte de solution iodo-iodurée (Lugl fort), qui réagit de manière spécifique à l'amidon qu'elle colore en violet - ce dont on s'assure au microscope.

La préparation ayant été recouverte d'une lamelle couvre-objet, j'ai constaté partout l'absence d'amidon, alors que dans tous les cas j'observais d'importantes concentrations de spores et de moissures.

Les nombreuses préparations observées m'ont permis de conclure que les taches blanches se trouvant sur la Chair et sur le verre de l'Ostensoir étaient de microscopiques champignons de nature parasitaire.

Ayant exécuté ces épreuves, le soussigné a demandé de pouvoir prélever quelques petits fragments de la Chair, demande qui lui a été accordée.

Avec une paire de ciseaux, j'ai donc prélevé deux petits fragments de la zone marginale qui, lorsque je les ai pesés au laboratoire de l'Hôpital d'Arezzo, ont accusé un poids de 20 mg.



Description du Calice et du Sang

Un calice de cristal de 10 cm de haut (non compris le piédestal et la base circulaire), d'un diamètre de 16 cm à la partie supérieure et de 5 cm à la partie inférieure, est soutenu par un piédestal de 3 cm de haut, qui s'appuie sur une base circulaire de 6,5 cm de diamètre, comportant un anneau d'or qui le ceint à la périphérie.

Un couvercle, également de cristal, à bord ondulé et gravé de cinq oiseaux ailés, surmonté d'une petite boule de cristal élégamment dessinée, ferme le calice. La boule a un diamètre de 24 mm et est surmontée d'un ornement lamellé d'argent doré, finement travaillé et dans lequel sont enchâssées trois pierreries rouges et quatre pierreries vert-noir.

Un anneau circulaire d'argent court en haut du couvercle et un autre anneau se trouve dans la partie intermédiaire du calice. Ces anneaux sont raccordés entre eux par quatre fils d'argent, auxquels s'ajoute un cordon rouge qui porte un sceau de cire-laque frappé aux armes de Mgr Francesco Petrarca.

De l'anneau situé dans la zone intermédiaire du calice partent deux soutiens incurvés, qui rejoignent un autre anneau métallique contournant la base du calice.

Dans la zone inférieure du calice se trouvent plusieurs formations solides, irrégulièrement superposées, présentant une surface finement rugueuse et sillonnée de plis à orientation variée.

Ces formations sont de couleur jaune-marron.

Une fois enlevés le cordon rouge et les fils métalliques qui unissent le couvercle au corps du calice, il m'a été possible de recueillir le Sang et de le disposer sur un linge blanc.

J'ai constaté qu'il s'agissait de cinq fragments d'une substance solide de forme irrégulière, de couleur jaune-marron, présentant un aspect crayeux. La surface de ces formations s'est révélée rude, avec quelques points blanchâtres.

La consistance du Sang s'est révélée dure, uniforme, et sur le fond du calice est apparue une petite quantité de poudre de couleur brune, dérivant évidemment du Sang.

Les points blanchâtres faisaient partie du Sang, et j'ai pu exclure leur nature parasitaire ou en tout cas étrangère.

J'ai ensuite procédé à la pesée du Sang, au moyen d'une petite balance fournie par une pharmacie de Lanciano.

L'ensemble des cinq fragments a donné un résultat de 15,85 g. La pesée de chacun des fragments a donné des résultats différents.

Le soussigné a demandé à S. Exc. Mgr l'Archevêque de pouvoir prélever, aux fins d'analyse, un petit fragment du Sang. Le fragment ainsi prélevé, soigneusement pesé au laboratoire d'Arezzo, a accusé un poids de 318 mg.



Etude histologique de la « chair »

(Cf. Linoli, « Ricerche istologiche, immunologiche e biochimiche sulla carne e sut sangue del Miracolo Eucaristico di Lanciano (VIII secolo)», tiré à part des Quaderni Sclavo di Diagnostica, 7, 1971 [Condensé du présent rapport. N. du Tr.](.

Le petit fragment de tissu prélevé pour l'étude histologique a présenté au microscope un aspect homogène, dense, de couleur jaune brunâtre et de consistance extrêmement résistante.

Aux fins d'analyse, il a fallu commencer par la réhydratation, exécutée selon la technique de L. Lenzi (1932) (Lenzi, « Il riconoscimento istologico dei tessuti mummificati », Boit. Acc. Pugliese di Scienze, 7, 5/6, 1932). Pour ce faire, le fragment a été immergé pendant 36 heures dans une solution physiologique maintenue à une température de 4°C. Aussitôt après, il a été plongé pendant 6 heures dans de l'alcool à 50%, afin de « fixer » les constituants tissulaires. On a ensuite procédé à la déshydratation en faisant séjourner, pendant 2 à 3 heures chaque fois, le fragment dans des alcools de concentration croissante (80, 90 et 100%). Puis un bain de xylol d'une durée de 18 heures a permis d'obtenir une clarification partielle du tissu, et enfin l'on a procédé comme d'ordinaire à l'inclusion dans de la paraffine.

Les coupes pratiquées au microtome se sont révélées d'une épaisseur excessive, due à la grande fermeté du tissu même. Ces coupes microtomiques ont été soumises aux colorations panoptiques hématine-éosine et van Giesen pour le tissu conjonctif, outre l'imprégnation au sel d'argent selon la méthode de Gomori pour l'examen des structures du précollagène et du tissu en général et la coloration à l'hématoxylline diluée de Delafield pour la mise en évidence des stries transversales du tissu musculaire.

En outre, quelques coupes exécutées par M. Ugo Ignesti à l'Institut d'anatomie comparée de l'université de Florence (en vue d'obtenir des coupes techniquement plus satisfaisantes et des colorations spéciales) ont été traitées, outre la coloration à l'hématine-éosine, selon la méthode de Mallory pour le conjonctif et selon celle d'Ignesti pour le tissu musculaire.



Résultats de l'examen au microscope

Le tissu a présenté au microscope des aspects identiques dans toutes ses régions, et des caractéristiques nettement diverses de celles des tissus frais, en raison de la non-coloration des noyaux (phénomène constant lorsqu'il s'agit de tissus conservés, même depuis quelques années) et d'une certaine homogénéisation des métaplasmes dus au vieillissement et à l'absence de fixation chimique.

Par contre, la conservation histologique a permis d'aboutir à des conclusions d'une objectivité absolue.

Attendu que j'ai pu, dès le début, exclure la nature épithéliale glandulaire (ou de revêtement) du tissu à l'étude, il m'a paru évident qu'il s'agissait d'un tissu d'origine mésodermique, constant dans ses aspects structurels et sans le moindre interstice collagène, d'où un aspect plutôt homogène.

En outre, malgré l'imperfection de la coloration, il a été extrêmement aisé d'exclure d'une part le tissu collagène, d'autre part le tissu musculaire lisse, qui présentent l'un et l'autre des caractéristiques morphologiques propres, et compte tenu du fait que dans le cas du second aurait dû exister un interstice collagène bien différencié (comme dans le myomètre).

Au contraire, le fragment à l'étude a pu être identifié avec certitude comme un tissu musculaire strié, ce diagnostic reposant, bien que les stries transversales ne soient pas évidentes, sur des données morphologiques d'une valeur indiscutable.

En effet, le tissu est composé de fibres musculaires groupées en faisceaux d'épaisseurs diverses (fig. 1, 2, 3) et diversement orientés.

L'identificabilité des fibres est particulièrement remarquable aux points les plus minces, ainsi d'ailleurs que dans les régions plus denses (fig. 4,5,6), et elle ressort avec une grande clarté dans les régions dissociées par coupe microtomique, ce qui fait de cette donnée un élément caractéristique fondamental du tissu (fig. 7, 8, 9). La structure fibrillaire longitudinale s'est révélée évidente lors des colorations fondamentales (fig. 9, 10) et de l'imprégnation au sel d'argent, mais jamais, même lors de la coloration à l'hématoxylline de Delafield, on n'a pu mettre en évidence la striation transversale propre au tissu musculaire strié, fait dont il n'y a pas lieu de s'étonner si l'on considère qu'on doit nécessairement procéder à une recherche de cet ordre sur des tissus frais et fixés dans des liquides particuliers. La nature musculaire striée a été également confirmée par la coloration exécutée selon la méthode d'Ignesti : le tissu y a pris en majeure partie une coloration jaune, spécifique des tissus musculaires.

En outre, les fibres musculaires sont apparues disposées en forme syncytiale : de l'extrémité de nombreuses fibres émergent clairement des prolongements en forme de ruban, qui les relient aux éléments précédents ou suivants, l'ensemble réalisant une contexture discontinue, mais articulée sur des fibres distinctes et connectées entre elles (fig. 11, 12).

Ces résultats mènent, sans doute possible, à l'identification du tissu musculaire strié du myocarde.

Dans de nombreux autres champs d'observation, la densité des fibres, leur intime union, la greffe de chaque fibre sur celle qui est située à son extrémité constituent une nouvelle démonstration de la nature syncytiale du tissu à l'étude (fig. 13, 14, 15, 16) et donc de son appartenance au myocarde. Il est en outre clairement observable que les fibres ne sont pas disposées parallèlement l'une à l'autre, comme dans les muscles à fibres lisses, mais que, dans des zones très proches l'une de l'autre, elles prennent des orientations diverses : longitudinale, oblique, transversale. Ce phénomène est extrêmement fréquent, surtout dans les régions les plus minces (fig. 17).

J'ajouterai que dans l'interstice de la « Chair » est apparu un nodule isolé de tissu graisseux (fig. 18) dans lequel s'enfoncent et se perdent les fibres musculaires, fait qui contraste avec ce que l'on sait des tissus musculaires à fibres lisses, lesquelles entourent le tissu graisseux sans y pénétrer, et qui est propre au muscle cardiaque.

Enfin, je dois préciser que dans aucune des préparations histologiques que j'ai observées je n'ai noté la présence de substances imprégnant le tissu susceptibles d'être assimilées à des éléments chimiques jadis utilisés pour la conservation des chairs.


Conclusions : l'examen histologique de la « Chair » du Miracle Eucharistique de Lanciano a permis de dégager clairement les données suivantes :

- Tissu musculaire strié.
- Disposition en syncytiums résultant de la connexion des fibres avec les fibres contiguës grâce à de petites expansions en forme de ruban, et par jonction et continuité de fibre à fibre.
- Orientation variée des faisceaux de fibres musculaires dans un même champ d'observation microscopique.
- Pénétration du tissu musculaire strié dans un nodule de tissu graisseux, opposé à une disposition périphérique marginale.


Les données ci-dessus permettent de préciser que la « Chair » examinée se compose de tissu musculaire strié du myocarde.


Je dois ajouter que cette opinion est également celle du Professeur Ruggero Bertelli, professeur émérite d'histologie à l'université de Sienne, avec qui je me suis entretenu à plusieurs reprises pour avoir confirmation de l'objectivité et de la certitude absolues des aspects histologiques relevés dans le Tissu, quelque notables que soient les transformations qu'il a subies du fait des dégâts causés par le temps.



Recherches exécutées sur le « Sang »

Le « Sang » se présente sous forme d'amas solides, de couleur brunâtre marron, d'aspect compact, homogène et vaguement granulaire, de consistance très ferme. L'examen au microscope a porté sur un tout petit fragment.

Ce petit fragment de « Sang » a été réhydraté, par immersion pendant 72 heures dans une solution physiologique maintenue à la température de + 4°C. Il a été ensuite fixé dans de l'alcool à 60% pendant 12 heures, puis en partie déshydraté par des bains rapides (1-2 h) dans des alcools de plus en plus concentrés (80%, 95 et 100%). On a ensuite cherché à clarifier le fragment en l'immergeant pendant 48 heures dans un bain d'huile de cèdre. On a enfin procédé à l'inclusion dans de la paraffine et à la coupe au microtome.


Résultats de l'examen au microscope

La coloration à l'hématoxylline-éosine ne fait apparaître aucun élément cellulaire, mais dans tous les champs d'observation on constate la présence de tissu non structuré, filamenteux, parfois réticulé, rarement granulé, avec des mailles d'ampleur diverse, généralement menues, évoquant la fibrine. Ces mailles renferment, de manière diffuse, une substance granuleuse ou finement granitée, de couleur jaune verdâtre, ce qui suggère qu'elle dérive de l'hémoglobine. On note également la présence de quelques corps étrangers tels que formations granitées ou filamenteuses de forme irrégulière.


Examen microchimique

a) Recherche des dérivés de l'hémoglobine : chlorhydrate d'hématine et hémochromogène

Pour rechercher les dérivés de l'hémoglobine, on a utilisé les techniques microchimiques traditionnelles : réactif de Teichmann modifié par Bertrand pour le chlorhydrate d'hématine et réactif de Takayama pour l'hémochromogène.

Pour la recherche du chlorhydrate d'hématine, une toute petite parcelle de Sang a été placée sur une lame porte-objet, diluée, dans toute la mesure du possible, dans 2-3 gouttes de réactif de Bertrand et recouverte avec une lamelle couvre-objet.

Parallèlement, un échantillon de sang humain desséché à dessein a été traité de la même manière, à titre de contrôle.

En chauffant légèrement à la flamme ce sang-contrôle et en l'observant au microscope, on a constaté la présence de très nombreux cristaux en forme d'aiguille ou en plaque de couleur brun sombre, caractéristiques du chlorhydrate d'hématine. Dans le « Sang », par contre, on n'a pas observé de cristaux.

La recherche de l'hémochromogène alcalin s'est faite de la même manière, avec le réactif de Takayama.

Dans le sang-contrôle, on a constaté la présence de nombreuses formations incurvées de couleur rouge orangé, caractéristiques de l'hémochromogène. Dans le Sang, par contre, le résultat a été entièrement négatif.

Conclusions : le caractère positif des tests pour le chlorhydrate d'hématine ou pour l'hémochromogène a une valeur indicative décisive pour l'identification du sang. Mais leur caractère négatif est sans valeur substantielle, du fait que le pigment du sang peut perdre la capacité de donner des cristaux de chlorhydrate d'hématine et d'hémochromogène par suite de phénomènes divers tels que la putréfaction, une température élevée, l'action de la lumière solaire, d'acides et d'alcalis, de substances oxydantes, de sels métalliques, etc.

Dans le « Sang » examiné, l'action corrosive du temps, de la lumière de l'autel, la lente oxydation opérée par l'air, peuvent être envisagées comme cause de la négativité des tests pour le chlorhydrate d'hématine et pour l'hémochromogène.


b) Recherche des oxydases

On a recherché la présence d'oxydases dans une goutte de Sang en suspension déposée sur un disque de papier absorbant.

A cette fin, on a laissé tomber sur la tache les réactifs du test de Stone et Burke (Stone et Burke, J. Am. med. Ass. 102, 1549, 1934) à l'ortho-toluidine, très sensible pour révéler les oxydases.

Le Sang a immédiatement réagi par une tache de couleur bleue, prouvant ainsi qu'il possédait des oxydases.

Conclusions : la valeur des oxydases pour l'identification du Sang est grande, mais elle n'est pas absolue. En effet, la réaction n'est pas caractéristique du Sang, puisqu'elle peut être provoquée avec des tissus contenant des ferments, et même avec des extraits végétaux ou minéraux finement subdivisés.

Le résultat positif obtenu n'en oriente pas moins vers une possible nature hématique du matériau examiné.


Analyse chromatographique

En raison de la morphologie de matériau examiné, en tous points éloigné du sang, et de la négativité des tests à l'hémine et à l'hémochromogène, on a jugé nécessaire, pour affirmer la nature hématique de la substance étudiée, d'approfondir l'examen grâce à la chromatographie.

A cette fin, le liquide de dilution du « Sang » a été soumis à un examen chromatographique selon la technique de Fiori (In Franchini, Manuale di Tecnica medico-legale, 1968), le papier proposé par cet auteur étant remplacé par la technique en couche mince, plus sensible et précise.

En outre, la macération du « Sang » dans la soude (hématine alcaline) s'est révélée en l'occurrence plus efficace que la macération dans l'acide chlorhydrique. L'identification du sang par chromatographie sur papier ou en couche mince s'effectue par la constatation du déplacement, après le passage en chambre chromatographique, de standards connus (hématine, alcaline ou oxyhémoglobine) et d'un échantillon inconnu, en l'occurrence le Sang du Miracle Eucharistique.

Sur une plaque de Gel de silice de 20 x 20 cm, ont été déposés, sur la ligne de départ (fig. 19) :

- 5 µl d'oxyhémoglobine (notée Oz), obtenue par dilution de 200 µl de sang normal dans 4 ml d'ammoniaque à 0,04%, selon la technique proposée par Dacie (Dacie, Manuale di tecnica ematologica, Piccin cd., 1957). Une ultérieure dilution de 1 ml dans 50 ml d'ammoniaque s'est révélée utile aux fins de la chromatographie ;
- 5 µl d'hématine alcaline (notée NaOH), obtenue par dilution de 500 µl de sang normal dans 4,95 ml de NaOH 0,1 N, portée à ébullition au bain-marie pendant 3 mn exactement puis rapidement refroidie, comme indiqué par Dacie (Ibid). Une dilution ultérieure de 1 ml dans 50 ml de soude s'est révélée utile aux fins de la chromatigraphie ;
- 50 µl d'hématine alcaline (notée C), obtenue par dilution de 500 µl de suspension du « Sang » dans de l'eau distillée dans 0,60 ml de NaOH 0,1 N, portée à ébullition au bain-marie pendant 3 mn et rapidement refroidie. Aucune dilution ultérieure ne s'est révélée utile en ce cas, les taches chromatographiques étant trop peu évidentes ou absentes.

Le liquide utilisé pour le test chromatographique était du méthanol-acide acétique-eau dans la proportion 90/3/7.

L'expérience a duré 90 mn. Le niveau du solvant a été marqué, puis on a procédé à la mise en évidence des taches par aspersion d'une solution de benzidine dans l'acide acétique et aussitôt après d'eau oxygénée à 3%.

La figure 19 montre l'alignement parfait des taches, qui ont le même Rf (= 0,88).

L'interprétation du test est infaillible : l'épreuve est parfaitement renouvelable, et dans le cas présent elle a été répétée trois fois de suite, avec des standards et un échantillon nouveau.

Conclusion: L'analyse chromatographique en couche mince démontre avec une certitude absolue que le matériau solide, défini « Sang du Miracle Eucharistique de Lanciano », est du sang véritable, et une telle affirmation constitue une réponse définitive et indiscutable à la question posée.


Étude immunologique visant à déterminer à quelle espèce appartiennent la « Chair » et le « Sang »

Une question d'importance fondamentale se pose lorsque l'on étudie un tissu, objet de vénération séculaire : à quelle espèce appartient-il, et peut-on exclure qu'il s'agit d'un tissu animal ?

Pour répondre à cette question, on a immergé 10 mg environ de la « Chair » pendant quarante-huit heures dans de la solution physiologique maintenue à température de réfrigération ; aussitôt après, le fragment de « Chair » et le liquide ont été transférés dans un petit homogénéisateur de Potter afin de fragmenter le tissu et de dégager les antigènes qui y étaient contenus.

Le liquide qui en est résulté, légèrement opalescent, a été transféré dans une éprouvette de 12 x 120 mm et utilisé pour la présente étude.

Pour procéder à une recherche analogue sur le « Sang », on a immergé de petits fragments dans une solution physiologique pendant quarante-huit heures, à température de réfrigération. Avec une mince spatule de verre, on a obtenu la fragmentation du « Sang », le liquide surnageant présentant un aspect trouble, de couleur jaune-marron. Après filtrage au papier, ce liquide a été utilisé pour la présente étude.

La méthode immunologique la plus valable s'est révélée être la réaction d'Uhlenhuth (Uhlenhuth, Dt. med. Wschr. 27, 1901, pp. 499-501), plutôt que l'immunodiffusion préconisée par Outchterlony (Outchterlony, Handbook of Immunodiffusion and Immunoelectrophoresis, Ann Arbor Science Publ., 1968) vu l'impossibilité où l'on était de déterminer au préalable les quantités optimales de l'antigène et de l'antisérum à utiliser dans la réaction, comme proposé par Piazzi (Piazzi, in Analyt. Biochem. 27, 1969, pp. 281-284), en raison de l'exiguïté des matériaux disponibles.

La réaction de précipitation zonale d'Uhlenhuth a été préparée selon la méthode classique, universellement adoptée.

Les figures 20 et 21 montrent les résultats de la réaction de précipitation zonale du « Sang » (éprouvette n° 1) et de la « Chair » (éprouvette n° 2). Sur la figure 20 figurent en outre les éprouvettes de contrôle nos 3, 4, 5 et 6, et sur la figure 21 les éprouvettes n°8 3, 5, 6 et 7.

Pour la réaction reproduite sur la figure 20, on a utilisé des pipettes Pasteur, employées en sérologie pour obtenir des images de précipitation zonale plus marquées, et permettant en même temps d'économiser les matériaux rares, comme c'était le cas.

Par contre, pour la réaction reproduite sur la figure 21, on a utilisé de toutes petites éprouvettes confectionnées pour la circonstance.

Manière de procéder. Au fond des petites éprouvettes n° 1 et n° 2 des figures 20 et 21, on a déposé du sérum précipitant anti-homme de la maison Behringwercke. Au-dessus du sérum, on a placé soigneusement un peu du liquide de suspension du « Sang » (éprouvette n° 1) et de la « Chair » (éprouvette n° 2 des figures 20 et 21).

Le phénomène de précipitation zonale en forme d'anneau s'est produit très rapidement, en 5 mn environ, et de façon clairement visible, comme on peut le constater sur les figures 20 et 21.

- L'éprouvette n° 3 apparaissant sur les deux figures (contrôle positif) contient, au fond, du sérum précipitant anti-homme recouvert de sérum humain normal dilué à 1/100. Le résultat de la réaction zonale de précipitation est positif.
- L'éprouvette n° 4 (contrôle négatif) contient du sérum normal de lapin dilué à 1/100 recouvert de liquide de suspension du Sang. La réaction est clairement négative.
- L'éprouvette n° 5 (contrôle négatif) contient du sérum normal de lapin dilué, recouvert de liquide de suspension de la Chair. Le résultat est clairement négatif (fig. 20 et 21).
- L'éprouvette n° 6 (contrôle négatif) contient, au fond, du sérum précipitant anti-homme de la maison Behringwercke, recouvert de sérum de boeuf dilué à 1/100. Dans les deux figures, le résultat est clairement négatif.
- L'éprouvette n° 7 (contrôle négatif) contient, au fond, du sérum précipitant anti-homme recouvert de solution physiologique. Le résultat apparaît négatif (ce contrôle a été omis lors de l'épreuve illustrée par la figure 20).

Conclusions: La réaction de précipitation zonale d'Uhlenhuth est d'usage fréquent dans le domaine médico-légal et immunologique pour la détermination de l'espèce à laquelle appartient un tissu, et depuis plusieurs décennies les résultats en font foi, en raison des nombreux contrôles qu'elle comporte et qui excluent de manière catégorique la possibilité de réactions de précipitations aspécifiques.

Dans le cas particulier qui nous intéresse, la réaction d'Uhlenhuth démontre de manière absolument évidente la rencontre immunologique qui s'est faite entre le sérum précipitant anti-homme du commerce et les antigènes encore présents dans le « Sang » (éprouvette n° 1) et dans la « Chair » (no 2), lors de deux expériences distinctes, effectuées en des jours différents.

Sur de telles bases, on peut affirmer sans risque de soulever des critiques la Nature humaine du « Sang » et de la « Chair » du Miracle Eucharistique de Lanciano.

Détermination du groupe sanguin

Les connaissances modernes en immuno-hématologie permettent de préciser le groupe sanguin (système ABO) auquel appartiennent des tissus vieillis et altérés et les divers liquides de l'organisme, grâce à des techniques particulières qui n'utilisent pas, comme il est de règle, les globules rouges ou le sérum du sang du sujet examiné comme substrat pour la réaction.

Au cours de ces dernières années, en raison de ses caractéristiques de sensibilité et de précision, s'est surtout affirmée la réaction d'« absorption-dilution », proposée en 1923 par Siracusa et perfectionnée en 1963 par Fiori et ses collaborateurs.

Cette réaction se fonde sur le concept que les anticorps agglutinants liés à l'antigène en peuvent être détachés par réchauffement à 56° et que les anticorps ainsi libérés peuvent réagir sur des globules rouges homologues qui mettent la réaction en évidence.

Manière de procéder. Pour déterminer le groupe sanguin, deux petites bandes de papier absorbant de 1 X 0,4 cm ont été immergées dans le liquide de macération du « Sang » et deux autres, dans le liquide de macération de la « Chair », puis maintenues pendant une nuit à température de réfrigération.

Aussitôt après, les petites bandes de papier ont été prélevées, laissées à peine sécher à l'air et immergées pendant 20 mn dans du méthanol absolu, pour que les antigènes se fixent sur le papier. Les deux bandes ont été ensuite séchées à température ambiante pendant quelques minutes, puis réhydratées par brève immersion dans un bain de solution physiologique.

Les deux bandelettes provenant du « Sang » ont été déposées au fond de deux éprouvettes numérotées A et B. On a opéré de même pour la « Chair », et les éprouvettes ont été marquées A/1 et B/1.

Dans les éprouvettes A du « Sang » et A/1 de la « Chair » ont été introduites quelques gouttes de sérum agglutinant anti-A de la maison Ortho, jusqu'à ce que le papier en soit recouvert.

Dans les éprouvettes B du « Sang » et B/1 de la « Chair » on a déposé du sérum agglutinant anti-B.

Deux autres éprouvettes de contrôle ont été préparées (c-a et c-b) ; elles contenaient de petites bandes de papier traitées comme précédemment, à l'exception du contact avec le « Sang » et la « Chair ».

Toutes les éprouvettes ont été maintenues pendant 12 heures à température de réfrigération. On a alors procédé, avec une solution physiologique refroidie, à un lavage soigneux des éprouvettes et des bandelettes ayant servi pour les tests et pour le contrôle, afin d'éloigner toute trace du sérum agglutinant non lié, fait prouvé par la disparition du pouvoir agglutinant du liquide de lavage sur les hématies du groupe homologue.

A ce point, les bandelettes de papier A et B du « Sang » et A/1 et B/1 de la « Chair », ainsi que les bandelettes de contrôle c-a et c-b, ont été déposées dans des éprouvettes contenant 0,30 ml de solution physiologique et y sont demeurées immergées pendant l0 mn dans une chambre humide chauffée à 56°C, afin de provoquer le détachement des anticorps agglutinants adhérant éventuellement aux antigènes présents sur le papier.

Enfin, le liquide contenant les anticorps ainsi libérés a été transféré dans de petites éprouvettes de 7 x 70 mm soigneusement marquées.

Dans les éprouvettes A du « Sang », A/1 de la « Chair » et c-a de contrôle, on a ajouté deux gouttes de suspension de globules rouges humains du groupe A à 2% ; dans les éprouvettes B, B/1 et c-b on a ajouté deux gouttes de suspension de globules rouges humains du groupe B à 2%.

Après quelques minutes de contact à température ambiante, les éprouvettes ont été centrifugées à 1000 tpm pendant 1 mn.

Le sédiment d'hématie, extrait du fond des petites éprouvettes par agitation latérale, a été observé à l'agglutinoscope.

Dans les éprouvettes A et B, dérivant du contact avec le « Sang », on a observé une claire agglutination des hématies, en amas de nature diverse. Le même phénomène s'est vérifié dans les éprouvettes A/1 et B/1 de la « Chair » (fig. 22,23).

Dans les éprouvettes de contrôle c-a et c-b, aucune agglutination n'a été observée.

Conclusions Le résultat peut se résumer comme suit : les bandes de papier mises au contact du liquide de dilution du « Sang » et de la « Chair » ont absorbé les antigènes (agglutinogènes) ; ceux-ci, par la suite, se sont mis en contact avec les anticorps agglutinants anti-A et anti-B, qui se sont liés aux antigènes susdits.

La libération des anticorps par bain à 56 °C et l'agglutination ultérieure des hématies homologues prouvent la présence dans le « Sang » et dans la « Chair » d'agglutinogènes A et B.

En conséquence, la délicate épreuve immunohématologique permet d'affirmer en toute objectivité et certitude que le « Sang » et la « Chair » du Miracle Eucharistique de Lanciano appartiennent au même groupe sanguin AB.

Il convient de souligner ici que l'identité du groupe sanguin du sang et de la chair peuvent indiquer l'appartenance du sang et de la chair à une seule et même personne, mais aussi à deux personnes distinctes du même groupe sanguin.



Etudes ultérieures sur le « Sang »

a) Electrophorèse des protéines

L'électrophorèse des protéines plasmatiques sur acétate de cellulose selon la technique de Kohn permet d'isoler en fractions séparées les diverses composantes, en fonction de la différence de vitesse des migrations dans un champ électrique et sur un support approprié ; ces fractions ainsi isolées permettent une détermination quantitative de chacune d'entre elles.

Pour l'étude électrophorétique, une petite quantité de « Sang » a été suspendue dans de l'eau distillée pour porter en suspension les protéines.

Afin d'obtenir une plus grande concentration des protéines, on a procédé pendant 6 h à la dialyse de 0,50 ml de liquide dans une microcuve Colover contre du carbowax. Le liquide s'en est trouvé concentré cinq fois, et avec les quelques gouttes qui ont pu être recueillies on a procédé, selon la technique usuelle, aux électrophorégrammes. Les traces ténues obtenues à plusieurs reprises ont été rendues plus évidentes et mieux appréciables à la photométrie, par dépôt sur l'acétate de cellulose de quelques gouttes de liquide au même point sur la ligne de départ.

L'électrophorèse a duré 30 mn, avec un tampon Véronal sodique de pH 8,6, sous une différence de potentiel de 0,5 mA. A la fin, la bande d'acétate de cellulose a été colorée avec Ponceau S, puis asséchée, rendue transparente et lue au photomètre Cromoscan.

La figure 24 révèle la présence d'un tracé superposable à celui du sang humain frais, avec prévalence nette des albumines (61,93%) que suit un faible pic des globulines alpha-1 (2,38%) et celui des globulines alpha-2 (7,14%) ; puis apparaissent les globulines bêta (7,14%) et les globulines gamma (21,4 %).

Il est véritablement admirable que des protéines recueillies dans un sang de date aussi ancienne fournissent une trace électrophorétique présentant un profil propre au sérum frais, et qui conserve le pourcentage des diverses fractions identifiables aux valeurs normales du schéma séroprotéique normal.

Conclusion : le tracé électrophorétique obtenu, après concentration des protéines par voie de dialyse, se révèle de type absolument normal et concourt à définir mieux encore le profil du vrai Sang du Miracle Eucharistique de Lanciano.


b) Dosage du calcium, des chlorures, du phosphore, du magnésium, du potassium et du sodium.

Pour l'analyse chimique des composants minéraux, on a procédé à la pulvérisation dans un mortier d'une petite quantité de « Sang », dont on en a pesé exactement 100 mg. La poudre a été déposée dans une éprouvette conique graduée bouchée à l'émeri, dans lequelle on a ajouté 1 ml d'eau distillée.

Ainsi réhydraté, l'échantillon a été maintenu, bien scellé, pendant 96 heures à une température de + 4°C, périodiquement agité et de temps à autre reporté à la surface de l'eau de dilution avec une mince spatule de verre afin de rendre possible l'extraction du plus grand nombre possible de composants minéraux.

Aux fins de contrôle, des échantillons de sang de sujets normaux d'âges divers ont été desséchés dans un thermostat à 37 °C (et périodiquement à 50 °C) pendant plusieurs semaines, en vue d'obtenir une dessiccation complète et d'avoir un sang comparable au « Sang » examiné. Pour chaque échantillon, 100 mg de poussière hématique ont été portés en solution dans 1 ml d'eau distillée.

De la même manière, on a procédé à la dessiccation d'un étalon de sérum normal de contrôle Hyland, et d'un étalon de sérum spécial de contrôle Hyland, dont les composantes ont été notées sur l'étiquette attachée aux flacons, afin d'avoir des valeurs de référence exactes pour les déterminations photométriques et titrimétriques à effectuer sur le « Sang ».

Des deux sérums desséchés et pulvérisés, 100 mg ont été portés en suspension dans 1 ml d'eau distillée. A la fin de la période de 96 h, on a ajouté dans l'éprouvette du « Sang », dans les 10 éprouvettes de sang normal et dans les 2 éprouvettes de sérum de contrôle, 1 ml d'acide trichloracétique à 10%, pour provoquer la déprotéinisation. La substance surnageante a été utilisée telle quelle pour la détermination des chlorures et du phosphore. Pour toutes les autres expériences, on a dilué 1 ml de la substance surnageante dans 5 ml d'eau distillée.

La détermination du calcium et du magnésium a été effectuée au spectrophotomètre en absorption atomique SP 90 Unicam. Pour la détermination du potassium et du sodium, il a été nécessaire de diluer davantage (dilution finale, 1 : 250). La lecture a été effectuée au photomètre à flamme EEL. Le phosphore a été déterminé selon la méthode de Golden et Fernandez (Golden et Fernandez, in Clin. Chem. 92, 1966, p. 871. Cf. Siracusa, in Arch. Annropol, crim. Psichiatr. Med. les. 43, 1923, pp. 362-365), et les chlorures l'ont été selon la méthode de Schales et Schales (Schales et Schales, in J. biol. Chem. 140, 1941, p. 879).

La table ci-après donne les valeurs des minéraux trouvés dans le « Sang » et dans les sangs entiers normaux desséchés de contrôle. Les valeurs ont été calculées sur la base des sérums standards Hyland.

Echantillon Ca
mg %
Cl
mEq/l
P
mg %
Mg
mEq/l
K
mEq/l
Na
mEq/l
Sang de Lanciano 114.20 2.25 1.99 0.96 5.76 46.44
Sang n°1 4.42 31.8 8.42 1.57 12.80 55.04
Sang n°2 3.96 30.75 8.37 1.52 12.16 48.16
Sang n°3 3.73 31.5 8.75 1.15 14.08 48.16
Sang n°4 4.66 43.2 8.10 1.39 5.12 116.9
Sang n°5 3.73 37.7 9.72 1.39 4.80 99.76
Sang n°6 3.26 31.76 8.42 1.54 3.84 79.12
Sang n°7 4.89 35.2 9.07 1.82 4.00 65.36
Sang n°8 3.96 36.0 10.0 1.66 4.16 68.8
Sang n°9 3.82 34.4 9.55 1.34 4.00 79.12
Sang n°10 3.35 32.8 9.47 1.64 3.84 73.96
Moyenne arithm. 3.97 34.51 8.98 1.50 6.88 73.43
Valeurs normales
dans le sang entier
9-11 77-90.6 28-48 1.7-3.4 43 85
(voir Tables scientifiques, Documents Geigy, 6e édition, pp. 582-585)


Cette table permet de poser les conclusions suivantes :

1) Au cours du processus de lente dessiccation du sang humain entier normal à une température de 37-50 °C, des pertes sensibles se sont produites en contenu de phosphore, de chlorures et de potassium, et des pertes peu importantes en contenu de magnésium et de sodium, par rapport aux valeurs normales connues pour le sang entier

2) Le « Sang » s'est révélé porteur de chlorures, de phosphore, de magnésium, de potassium et de sodium, en quantités réduites par rapport à la normale, mais relativement peu différentes des quantités relevées dans les échantillons de sang humain normal desséché. Compte tenu de ce fait, on peut dire que, dans l'ensemble, les composants du « Sang » se sont maintenus à travers les siècles d'une manière non différente du sang de contrôle desséché.

Les réductions quantitatives des minéraux doivent être attribuées soit à des processus de vieillissement soit aux « échanges » qui s'effectuent ordinairement entre les substances et les parois de verre du récipient. De telles réactions provoquent le plus souvent une perte de la substance contenue, mais on ne peut exclure une augmentation, comme il peut être advenu pour le calcium ; des chutes de calcium du mur dans le calice contenant le Sang ne sont d'ailleurs pas invraisemblables.

C'est là un phénomène bien connu en chimie, et il peut être nécessaire d'utiliser, pour la conservation de solutions titrées, des récipients non de verre mais de plastique. Par contre, le contenu en calcium a fortement augmenté (114,20 mg).

Considérations terminales

Les résultats des recherches effectuées sur les fragments de « Sang » et de « Chair » que l'antique tradition chrétienne et la vénération des générations nous ont transmis sous le nom de Miracle Eucharistique de Lanciano peuvent se résumer comme suit :

  1. Le « Sang » du Miracle Eucharistique est du véritable sang et la « Chair » de la véritable chair.
  2. La Chair est constituée de tissu musculaire cardiaque.
  3. Le Sang et la Chair appartiennent à l'espèce humaine.
  4. Le Sang et la Chair appartiennent au même groupe sanguin, ce qui tend à prouver qu'ils proviennent d'une seule et même personne, la possibilité demeurant néanmoins qu'ils proviennent de deux individus différents appartenant au même groupe sanguin.
  5. Les protéines contenues dans le Sang sont normalement réparties, dans un rapport de pourcentage identique à celui du schéma séroprotéique du sang frais normal.
  6. On a trouvé dans le Sang des chlorures, du phosphore, du magnésium, du potassium et du sodium en quantité réduite, ainsi que du calcium en quantité surabondante.


Je dois revenir ici sur le diagnostic histologique qui a conclu à identifier la Chair de Lanciano avec un fragment de myocarde.

Les illustrations qui accompagnent ce texte suffisent en elles-mêmes à confirmer ce diagnostic, irréfutable en dépit des limitations de la coloration du tissu.

Mais si même l'on voulait écarter ces preuves complémentaires et reprendre par d'autres voies le raisonnement diagnostique différentiel, on ne saurait parvenir à aucune autre interprétation.

Etrangère sans doute à la tâche qui m'a été confiée, une réflexion s'impose à moi après achèvement de mes travaux. Les résultats de mes examens, en particulier en ce qui concerne la nature de la Chair, rendent peu plausible l'hypothèse d'un « faux » opéré dans les siècles passés. En effet, à supposer que l'on ait prélevé le coeur d'un cadavre, j'affirme que seule une main experte en dissection anatomique aurait pu obtenir une « tranche » uniforme d'un viscère creux (comme on peut encore l'entrevoir sur la « Chair ») et tangentielle à la surface de ce viscère, comme donne à penser le cours prévalamment longitudinal des faisceaux de fibres musculaires, visible en plusieurs points dans les préparations histologiques.

De plus, si le Sang avait été prélevé sur un cadavre, il se serait rapidement altéré, par déliquescence ou putréfaction.

A ce propos, je tiens encore à répéter qu'aucune section histologique n'a révélé la trace d'infiltrations de sels ou de substances conservatrices utilisées même dans l'antiquité aux fins de momification.

Enfin, mon devoir est de préciser que la conservation des protéines et des minéraux observée dans la Chair et dans le Sang de Lanciano n'est ni impossible ni exceptionnelle : des analyses répétées à plusieurs reprises ont permis de trouver des protéines dans des momies égyptiennes datant de 4.000 ans (Hansemann (Verh. physiol. Ges. Berl., 1904)) et de 5.000 ans (Meyer (Münch. med. Wschr. 51, 1904, pp. 663-664)). Mais il convient de souligner que le cas d'un corps momifié grâce aux procédés connus est bien différent de celui d'un fragment de myocarde laissé à l'état naturel pendant des siècles, exposé à l'action d'agents physiques atmosphériques et biochimiques.


Sienne, 26-2-1971
Sienne, 26-2-1971


UNIVERSITÉ DE SIENNE

Le Professeur Odoardo Linoli, Chef du laboratoire d'analyses cliniques et d'anatomie pathologique de l'Hôpital « Santa Maria Sopra i Ponti » d'Arezzo, a soumis à mon évaluation une série de préparations histologiques obtenues à partir d'un fragment par lui prélevé, m'a-t-il formellement déclaré, sur une Sainte Hostie conservée dans une église de Lanciano.

L'examen des lames m'a amené à conclure que les tranches microscopiques qui s'y trouvent contenues sont constituées par un tissu de nature mésodermique et, plus précisément, par un tissu musculaire strié.

Bien que ne soient visibles dans les préparations ni les noyaux ni la striature transversale des éléments histologiques, la disposition particulière de ces derniers, qui sont juxtaposés et groupés en colonnettes, incite à poser ce diagnostic.

Si l'on veut procéder à une analyse plus approfondie, l'allure des faisceaux musculaires, qui s'entrecroisent à des plans divers et dans des directions différentes, les uns étant sectionnés dans le sens de la longueur et les autres dans le sens transversal, ainsi que la présence de régions anastomotiques entre chaque fibre, observables là où la vision est facilitée par la dissociation des faisceaux en leurs éléments constitutifs, orientent le diagnostic vers un tissu musculaire myocardique.

En foi de quoi...
Professeur Ruggero Bertelli
Professeur émérite d'histologie

POSTFACE

J'espère avoir contribué à la réalisation d'une oeuvre de démonstration spirituelle, scientifique et historique, basée non sur ma propre sensibilité mais sur des données fournies par les précieux documents qui m'ont été communiqués, et avoir livré au public un ouvrage sérieux, animé du grand amour qui me lie au monde infini de l'esprit et à la profonde passion qui me conduit au-delà du seuil du rationnel, de la mesure superficielle, là où l'on sent Dieu, là où nous conduit, à la fin de la vie humaine, tout le désir que nous avons de connaître le grand mystère de l'immensité, dans tous les sens du terme, qui est la Vie même. Le Miracle Eucharistique de Lanciano n'est pas seulement une preuve que l'on considérera et méditera pour cueillir les fruits de la vérité intérieure ; c'est par-dessus tout une invitation, douce mais pressante, à se remémorer le sacrifice mystérieux et infiniment significatif que subit Jésus pour la rédemption de l'homme et l'affirmation de la plus haute et sublime vérité spirituelle : Dieu.

Aux athées je souhaite la véritable méditation, aux croyants la joie et la prière, à ceux qui souffrent l'espérance et la foi, aux rationalistes de renoncer à une mesure qui se révèle toujours trop courte...

B.S.


DOCUMENTATION PHOTOGRAPHIQUE








BIBLIOGRAPHIE SUCCINCTE

A. PARTIE HISTORIQUE

Manuscrits.

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Spécial