Pierre Chaunu

De Christ-Roi
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Historien protestant, né le 17 août 1923 à Belleville, Meuse.

Elu le 11 janvier 1982, dans la section Histoire et Géographie, au fauteuil laissé vacant par le décès de Maurice Baumont. Président de l'Académie en 1993. [1]

"Pierre Chaunu est l'un des fondateurs de l'histoire quantitative, qui, s'appuyant sur l'outil mathématique, et plus particulièrement statistique, tient compte non seulement de l'économie et de la démographie, mais aussi des faits de culture dans l'analyse de l'évolution des empires et des civilisations." [2]

Carrière

Agrégé d'histoire et docteur ès lettres, M. Pierre Chaunu a commencé sa carrière comme professeur au lycée de Bar-le-Duc en 1947. Attiré par la recherche, il est, dès l'année suivante, membre de l'école des hautes études hispaniques. Il séjourne à Madrid et à Séville jusqu'en 1951. à son retour en France, il est professeur au lycée Michelet de Vanves (1951-1956). C'est à l'Université qu'il poursuit sa carrière : chargé de cours à la Faculté des lettres de Paris (1956), attaché de recherches au Centre national de la recherche scientifique (C.N.R.S.) entre 1956 et 1959, chargé d'enseignement à l'Université de Caen en 1959. Ayant achevé sa thèse monumentale sur Séville, il devient maître de conférence à l'Université de Caen. Il y est élu professeur titulaire dès 1962 et y enseigne jusqu'en 1971. Il y a fondé le Centre de recherches d'histoire quantitative en 1966. En 1971, il est élu professeur d'histoire moderne à l'Université Paris IV-Sorbonne où il enseigne jusqu'à sa retraite. Dans l'Université, Pierre Chaunu a toujours défendu sa conception d'un enseignement de qualité. Il a participé de 1969 à 1989 aux instances chargées de surveiller le recrutement des enseignants (successivement Comité consultatif des Universités, Conseil supérieur des corps universitaires, Comité national des universités). Dans un même esprit, il fut Président de la Fédération des syndicats autonomes de l'enseignement supérieur de 1988 à 1990. Pierre Chaunu a joué par ailleurs un rôle important au Centre national de la recherche scientifique (C.N.R.S.), comme vice-Président de la Commission d'Histoire de 1957 à 1991 et comme membre du directoire et du Conseil scientifique de 1974 à 1982 et depuis 1988. En raison de sa hauteur de vue, il a été désigné pour être membre du Haut Conseil à l'intégration et du Comité des sages sur la nationalité. [3]

En quelques mots

Né en 1923, à la lisière du champ de bataille de Verdun, orphelin de mère presque à ma naissance, élevé dans un monde de vieillards, gorgé de souvenirs, je ne sépare pas le passé de l'avenir, le vertige de l'avant et celui de l'après. La vie est d'autant plus belle que je la sais menacée. Ecœuré par les effets tangibles de la sotte querelle, empêché par les circonstances d'être vraiment utile aux miens - la recherche médicale m'a toujours fasciné - je suis devenu historien. Je suis parvenu à me persuader qu'une connaissance plus étendue du passé pouvait servir, peut-être, à une avancée vers un moindre mal. J'ai cherché donc loin, avant, ailleurs et au dehors de ce qui avait été longtemps le champ étroitement politique et franco-français de notre " Révolution ", mythifiée comme nombril du monde et récitée comme on entendait, dans ma jeunesse, braire l'âne du moulin à l'angle du chemin creux. Quand pointait la décolonisation sur une planète rétrécie, je me suis penché sur le désenclavement planétaire et sur les grands axes de trafics (Atlantique, Pacifique) à la recherche des lois des conjonctures anciennes. Je fonde le premier centre dit d'histoire quantitative. Le front de la connaissance avance au tambour. Place au principe quantique de l'indétermination. Il y a tant de possibles que la seule logique qui résiste en histoire est celle de l'imprévisible. Et la vie et la mort et l'expression des rapports dramatiquement vécus à l'être et au destin. La vie et le destin ne se laissent pas enfermer dans une seule équation. L'historien, sur le tard, peut tout aussi bien être tenté par l'ontologie tâtonnante voire la théologie qui a fait ses classes. Les graphiques des naissances me paraissent plus sûrement annonciateurs que les tendances réunies du Dow Jones, du Nikkaï et du Cac 40 ; et les réflexions et représentations sur l'au-delà de la mort, plus opérationnelles que la lutte dite des classes et le cours du Brent à Rotterdam... (Pierre Chaunu) [4]

Bibliographie

Eugène Sue et la IIe République, Paris, PUF, 1948, 70 p.


Histoire de l’Amérique latine, Paris, PUF, 1949, lle éd., 1996, 128 p.


Séville et l’Atlantique (1504-1650), Paris, SEVPEN, 1955–1960, 12 vol. gr. In–8º et in–4º, 7343 p. Première partie statistique, avec collaboration d’Huguette Chaunu


Les Philippines et le Pacifique des Ibériques, Paris, SEVPEN, 1960–1966, 2 vol. gr. in–8º et in–4º, 302 et 80 p.


Collaboration à l’Histoire universelle, t. III, Encyclopédie de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1958


Collaboration au Monde contemporain , Paris, Hatier, 1962


L’Amérique et les Amériques de la préhistoire à nos jours, Paris, A. Colin, 1964, gr. in–8º, 470 p., 40 pl. h. T., 15 cartes, 14 graphiques, 90 fig.


Collaboration à L’Espagne au temps de Philippe II, Paris, Hachette, 1965


Las Grandes líneas de la producción historica en América Latina, Caracas, Un. Central de Venezuela, 1965, gr. in-8º


La Civilisation de l’Europe classique, Paris, Arthaud, 1966, gr. in-8º, 706 p., 264 héliogravures, 8 pl. en couleurs, 37 cartes et plans; 2e éd., 1971


L’Expansion européenne du XIIIe au XVe siècle, Paris, PUF, 1969, 400 p, 2e éd., 1983, 3e éd., 1995


Conquête et Exploitation des nouveaux mondes, Paris, PUF, 1969, 448 p, 3e éd., 1987, 5e éd. 1995


Collaboration à l’Histoire de Normandie , Toulouse, Privat, 1970


Collaboration au Bâtiment , enquête d´histoire économique (XIVe–XIXe siècle), Paris, Mouton, 1971, 550 p.


La Civilisation de l’Europe des Lumières, gr. in–8º, 239 héliogravures, 8 pl. coul.,53 cartes et plans, Paris, Arthaud, 1971, 670 p.


Collaboration à Documents de l`histoire de Normandie, Toulouse, Privat, 1972


Introduction à la réédition de La Prépondérance espagnole, d’Henri Hauser, Mouton, 1973, XL, 594 p.


L’ Espagne de Charles Quint, Paris, SEDES, 1973, 2 vol., 660 p.


Collaboration à Faire l`histoire, Paris, Gallimard, 3 vol., 1974


Histoire, science sociale, 438 p., Paris, SEDES, 1re éd., 1974, 2e éd., 1983


Le Temps des réformes. La crise de la chrétienté, l’éclatement, Paris, Fayard, 1975, 572 p., 2e éd., 1976, 3e éd. , 1981


De l’histoire à la prospective, Paris, R. Laffont, 1975, 398 p., 2e éd., 1976


La Mémoire de l’éternité, Paris, R. Laffont, 1975, 300 p., 2e éd., 1976


Le Refus de la vie, analyse historique du présent, Paris, Calmann-Lévy, 1975, 2e éd., 1976


Collaboration aux Terreurs de l’an 2000, Paris, Hachette-Sciences humaines, 1976, 270 p.


Les Amériques, XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, Paris, A. Colin, 1976, 272 p.


La peste blanche, Paris, Gallimard, 1976, 272 p., (avec Georges Suffert)


L’Histoire économique et sociale de la France (1450 – 1650), Paris, PUF, 1977, 503 p., (avec Richard Gascon)


Séville et l’Amérique aux XVIe et XVIIe siècles (avec Huguette Chaunu), Paris, Flammarion, 1977, 367 p.


Lettres aux Eglises (avec François Bluche), Paris, Fayard, 1977, 211 p.


Histoire économique et sociale du monde (en collaboration), t. I, Paris, A. Colin, 1977, 600 p.


La Mort à Paris (XVIe, XVIIe, XVIIIe siècle), Paris, Fayard, 1978, 550 p., 2e éd., 1984


La Violence de Dieu, Paris, R. Laffont, 1978, 220 p.


La Mémoire et le Sacré, Paris, Calmann-Lévy, 1978, 288 p., 2e éd., Pluriel, 1979


Histoire quantitative, histoire sérielle, Paris, A. Colin, 1978, 310 p.


Le Sursis, Paris, R. Laffont, 1978, 344 p.


La France ridée (en collaboration), Paris, Pluriel, 1979, 520 p.


Un futur sans avenir, histoire et population (avec Jean Legrand), Paris, Calmann-Lévy, 1979, 320 p.


Maiastra (en collaboration), Paris, Plon, 1979, 324 p.


Histoire et Foi, Paris, France-Empire, 1980, 314 p.


Histoire et Imagination, la transition, Paris, PUF, 1980, 304 p.


Eglise, culture et société, Réforme et Contre-Réforme (1517–1620), Paris, SEDES, 1980, 2e éd., 544 p.


Histoire et Décadence, Paris, Perrin, 1981, 365 p.


La France, histoire de la sensibilité des Français à la France, Paris, R. Laffont, 1982, 380 p et Pluriel, 1983, 450 p.


Ce que je crois, Paris, Grasset, 1982, 265 p.


L’Europe des Lumières, Paris, Flammarion, "Champs", 1982, 450 p.


Le chemin des mages, dialogues avec Gérard Kuntz, Lausanne, PBU, 1983, 150 p.


Pour l’histoire , Paris, Perrin, 1984, 428 p.


Le Temps des Réformes, Paris, Éd. Complexe, 1984, 2 vol. , 572 p.


L’Europe classique, Paris, Arthaud–poche, 1984, 512 p.


L’historien dans tous ses états, Paris, Perrin, 1984, 690 p.


L’historien en cet instant, Paris, Hachette, 1985, 365 p.


Rétrohistoire, Paris, Economica, 1985, 1028 p.


Au coeur religieux de l’histoire, Paris, Perrin, 1984, 1986, 600 p.


L’Aventure de la Réforme, DDB, Hermé, 1986, 288 p.


Une autre voie (avec Éric Roussel), Paris, Stock, 1986, 256 p.


La Liberté, Paris, Fayard, 1987, 320 p.


Du big bang à l’enfant, Paris, DDB, 1987, 137 p.


Essais d’égohistoire (en collaboration), Paris, Gallimard, 1987, 370 p.


L’Obscure Mémoire de la France, Paris, Perrin, 1988, 484 p.


Apologie par l’histoire, OEIL, Tequi, 1988, 618 p.


Le Grand Déclassement, Paris, R. Laffont, 1989, 300 p.


Collaboration à l’édition du Journal de Jean Héroard par Madeleine Foisil, Paris, Fayard, 1989, 2 vol., 3140 p.


Trois millions d’années, quatre-vingt milliards de destins, Paris, R. Laffont, 1990, 345 p. et Pluriel, 1997


Reflets et Miroir de l’Histoire, Paris, Economica, 1990, 681 p.


Dieu, apologie, Paris, DDB, 1990, 200 p.


Colère contre colère, Seghers, 1991, 254 p.


L’Aventure de la Réforme–Le Monde de Jean Calvin, édition refondue, Éd. Complexe, 1991, 200 p.


Introduction à la réédition des Traités réformateurs de Luther (1520), Aubier, 1992


Introduction à la réédition des Propos de table de Luther, Aubier, 1992


Brève Histoire de Dieu, R. Laffont, 1992, 315 p.


Colomb ou la Logique de l’imprévisible, F. Bourin, 1993, 304 p.


Les Fondements de la paix, PUF, 1993, 180 p.


L’instant éclaté (Entretiens avec François Dosse), Aubier, 1994, 335 p.


L’Axe du temps, Julliard, 1994, 290 p.


Les Enjeux de la paix, nous et les autres, PUF, 1995, 365 p.


L’Héritage. Au risque de la haine, Aubier, 1995, 384 p.


Baptême de Clovis. Baptême de la France (avec Éric Mension-Rigau), Balland, 1996, 331 p.


Les Ailes et le Sablier (avec Roger Charneau et Antoine Stephani), Le Cercle d’Art, 1997


Danse avec l’Histoire (avec Éric Mension-Rigau), Éd. De Fallois, 1998, 316 p.