Thiers

De Christ-Roi
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Louis Adolphe Thiers, (1797-1877), homme d’État et historien français.

Il fut boursier au lycée de cette ville. Il concourut à l'Académie d'Aix pour un éloge de Vauvenargues, et, bien qu'il méritât le prix, l'Académie renvoya son jugement à l'année suivante ; cette fois, Thiers obtint l'accessit, et le prix fut donné à une composition jugée meilleure, qui avait été envoyée de Paris et dont l'auteur était... Thiers lui-même ! Ami de Manuel et de Laffitte, il entra au Constitutionnel, fonda le National, combattit la royauté de Charles X. Ministre des Travaux publics, de l'Intérieur en 1832, du Commerce le 25 décembre de la même année, de l'Intérieur en 1834, il fut président du Conseil de 1836 à 1840, il fut l'adversaire et le rival de Guizot. Député à la Constituante et à la Législative, il fit partie du Corps législatif de 1863 à 1870, où il fut un des chefs de l'opposition à l'Empire. Son rôle politique, déjà considérable depuis quarante années, grandit encore avec les événements de 1870-1871 ; à la demande du gouvernement de la Défense nationale, il parcourut l'Europe pour l'intéresser au sort de la France vaincue, mais il n'obtint que des témoignages de sympathie platonique ; vingt-six départements l'élurent député à l'Assemblée nationale qui se réunit à Bordeaux au mois de février 1871 ; il fut chef du pouvoir exécutif de 1871 au 24 mai 1873, il eut à combattre la Commune de Paris et à poursuivre les négociations avec la Prusse ; l'habileté de sa politique financière lui permit d'obtenir une plus prompte évacuation du territoire français par les armées allemandes, ce qui le fit surnommer le Libérateur du Territoire. Il resta député à l'Assemblée de Versailles jusqu'à sa mort ; il prononça de nombreux et remarquables discours dans sa carrière parlementaire. L'importance de ses occupations politiques n'empêcha pas Thiers de se livrer à des travaux d'histoire et d'économie politique ; il écrivit une Histoire de la Révolution et une Histoire du Consulat et de l'Empire qui fait autorité. À la mort de François Andrieux, Thiers, soutenu par la presse libérale, par le salon Laffitte, par Béranger, fut candidat à l'Académie ; étant à ce moment président du Conseil des ministres, il ne fit pas de visites et fut élu le 20 juin 1833 ; il ne fut reçu que le 13 décembre 1834 par Viennet, et, dans son discours de réception, il attaqua l'école romantique. Il persista dans ces sentiments en votant contre Victor Hugo la première fois qu'il sollicita les suffrages académiques, mais il lui donna sa voix en 1841. Thiers exerça une grande influence à l'Académie, il y fit élire ses amis de Salvandy, Mignet, de Rémusat, favorisa ses collaborateurs du Constitutionnel, vota pour son adversaire Guizot. Il fut souvent en désaccord avec ce dernier sur le terrain académique, comme il l'avait été sur le terrain politique ; il soutint la candidature Littré en 1863, vota pour Autran et pour Auguste Barbier contre Théophile Gautier, et, après la détente qui suivit l'avènement d'un ministère libéral, il patronna Émile Ollivier. Thiers, adversaire du régime impérial, obtint le premier prix biennal de 20 000 francs fondé par l'empereur ; il l'accepta, mais le remploya immédiatement en une nouvelle fondation qu'on appela le prix Thiers. À ses funérailles, qui eurent un caractère très imposant et une signification particulière en raison de la crise politique que traversait la France, l'Académie désigna Sylvestre de Sacy pour parler en son nom ; ce devoir incombait à Émile Ollivier, alors absent de Paris, qui protesta et revendiqua son droit de répondre à celui qui succéderait à Thiers ; un nouvel incident se produisit encore et ce fut Xavier Marmier qui le remplaça. Thiers appartint à l'Académie des Sciences morales et politiques. Mort le 3 septembre 1877. [1]