Saint Pie X

De Christ-Roi
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Pie X (1903-1914).JPG

Pie X (1835-1914), pape (1903-1914) successeur de Léon XIII.

En 1954, Pie X est canonisé par son troisième successeur Pie XII.

Pape de la condamnation du modernisme, saint Pie X apparaît comme le champion de la Tradition et de l’orthodoxie.

Né à Riese, petit bourg de Vénétie – bastion du catholicisme italien –, et fils d’un agent communal, Giuseppe Sarto devait avoir une carrière ecclésiastique exceptionnellement heureuse: parti d’une origine très humble, qui demeura une de ses caractéristiques, il gravit tous les échelons de la hiérarchie. On doit ajouter que cette carrière fut très classique, tout entière consacrée au ministère pastoral. Entré au séminaire à l’âge de 15 ans, il en sortit prêtre à 23 ans et fut successivement vicaire, curé, directeur spirituel du séminaire et chancelier du diocèse de Trévise, évêque de Mantoue en 1884, patriarche de Venise en 1893. Partout, on avait remarqué son train de vie modeste, son zèle pastoral et son souci du clergé, son goût pour la musique sacrée et le culte, mais de plus son habileté dans les affaires aussi bien financières que politiques.

Quand Léon XIII mourut, en 1903, on lui donnait volontiers pour successeur le cardinal Rampolla (un franc-maçon), son secrétaire d’État. Les révolutionnaires Français désiraient ce dernier. L’empereur d’Autriche qui découvrit l'identité de Rampolla lui opposa son veto à la demande des évêques polonais. Giuseppe Sarto fut élu: il avait 68 ans.

Le nouveau pape déploya une très grande activité.

Sur le plan administratif,

  • il entreprit, la codification du droit canonique (le nouveau Code, promulgué en 1917 par son successeur Benoît XV, a été en vigueur jusqu’à la révision de 1983),
  • la réforme de la Curie romaine et du diocèse de Rome,
  • la réorganisation des séminaires et des congrégations religieuses,
  • un aménagement des règles concernant les évêques, les curés, le mariage religieux.

Sur le plan pastoral,

  • il ordonna la visite apostolique du diocèse de Rome, puis de tous les diocèses et séminaires italiens, promulgua deux catéchismes successifs où il voyait un modèle universellement valable, favorisa la communion précoce des enfants (dès qu'ils sont en âge de comprendre, qu'ils ont conscience de la signification de la communion) et fréquente,
  • retoucha la liturgie,
  • établit un nouveau bréviaire,
  • remit en honneur le chant grégorien,
  • développa ses contacts avec l’épiscopat du monde entier.

Sur le plan intellectuel,

  • il confia aux jésuites la fondation d’un Institut biblique à Rome, et aux bénédictins la révision du texte de la Vulgate latine.

Sur le plan politique, les deux points marquants furent l’amélioration progressive des relations du Saint-Siège avec l’Italie (ce qu’on appela l’alliance clérico-modérée, face à la montée du socialisme) et la rupture des relations diplomatiques avec la France (1904), suivie par la condamnation de la loi de 1905 sur la "séparation des Églises et de l’État" (Encyclique Vehementor nos, 1906).

Le combat de saint Pie X contre le modernisme

Cent deux auteurs furent atteints par l’Index, et certains plusieurs fois ou pour plusieurs livres, voire l’ensemble de leurs travaux; des périodiques modernistes furent interdits; cinq prêtres et une religieuse furent excommuniés.

Les condamnations les plus marquantes furent celles du modernisme:

  • décret Lamentabili du 3 juillet 1907,
  • encyclique Pascendi du 8 septembre 1907 [1]
  • Lettre Notre charge du 25 août 1910 sur le Sillon;

Saint Pie X, en outre, se montra défavorable à l’autonomie des catholiques en matière politique ou sociale par rapport aux directives ecclésiastiques et insista sur le caractère ouvertement confessionnel des œuvres catholiques et des syndicats chrétiens.

Pie X avait pris pour devise: «Tout restaurer dans le Christ» (Omnia instaurare in Christo). Il traduisit: développement de la vie religieuse, maintien de l’unité doctrinale, retour à la pureté des traditions; et, pour cela, lutte impitoyable contre les forces dites "progressistes" et les tendances novatrices-modernistes.

Dès sa première encyclique, il ne cache rien de ses appréhensions devant les «projets insensés» qui aboutissent à un rejet de Dieu, aujourd’hui «presque commun» : «Qui pèse ces choses a droit de craindre qu’une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des temps et que véritablement l’Antéchrist dont parle saint Paul ne se trouve déjà parmi nous.» Ici l'Antéchrist dénoncé par saint Pie X est le modernisme.

On trouverait sans peine des textes analogues chez Léon XIII, et il ne faut pas trop opposer les deux pontifes, l’un politique et libéral, l’autre religieux et fermé; du premier au second, c’est au contraire une même tradition idéologique qui se transmet. Mais l’évolution politique amorcée à la fin du siècle précédent s’accélère, introduisant dans l’Église un principe de dissension et de division dont surent profiter les modernistes: face à la Révolution, faut-il maintenir la vieille intransigeance d’un front catholique ou négocier des alliances tactiques, voire amorcer des révisions plus profondes? Sur ce point, il eût été utile d'observer le mot de Mgr Freppel: "Le plus grand malheur pour un peuple ou pour un pays, c'est l'abandon ou l'amoindrissement de la vérité. On peut se relever de tout le reste. On ne se relève jamais du sacrifice des principes"...

Ainsi s’explique que ce pape, mort en odeur de sainteté, soit aussi demeuré un "signe de contradiction" (à l'instar de Notre Seigneur Jésus-Christ) entre catholiques et hérétiques modernistes, le symbole de tout ce que les uns défendent et que les autres refusent.

Liens sur saint Pie X

Biographie sur le site de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X [2]

Biographie sur le site Fatima.be [3]