Trajan

De Christ-Roi
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TRAJAN 98-117 Trajan alors en tournée d’inspection sur la frontière romaine en Germanie, devint le seul maître de l’Empire. Il ne rentra à Rome que deux ans plus tard en 100. Il organisa l’entretien des enfants de citoyens pauvres à Rome et dans d’autres villes d’Italie, continuant ainsi le système d’assistance gouvernementale inauguré par Nerva.

Comme pour bien des conflits modernes, des mobiles économiques déterminèrent donc sa politique impérialiste. Ses objectifs:

  • accroître la réserve de métal précieux (butin, conquête de régions aurifères),
  • protéger les routes commerciales intérieures et étendre l'Empire vers le riche Orient afin de prendre le contrôle des routes commerciales asiatiques.

97-109 Pline le Jeune (neveu de Pline l’Ancien): Lettres,

  • lettres à Trajan, dont il fut l’un des hauts fonctionnaires, sont, avec les réponses de l’empereur, un bon document sur les méthodes de l’administration impériale.

Fin Ier siècle Afrique: Le Christianisme s'implante à Carthage. Il est vraisemblable qu'il y ait d'abord eu des conversions dans les communautés juives, nombreuses en Afrique. (Jean Daniélou, L'Église des premiers temps, des origines à la fin du IIIe s., Points Histoire, Tours 1999, p. 162).

Le Christianisme s'est ensuite développé dans des milieux parlant grec et les premières liturgies ont eu lieu dans cette langue.

IIe et IIIe siècle Le docétisme : développement de l'hérésie selon laquelle, le Fils ne s'est pas incarné mais a seulement pris une apparence humaine. Tertullien explique la résurrection de la chair en réponse au docétisme.

100 Pline le Jeune, Panégyrique de Trajan: Pline le Jeune dresse un portrait des plus flatteurs de l’empereur Trajan, Pline rappelle l’intérêt de l’adoption — pratique courante dans l’Antiquité — qui permet au mérite de supplanter le privilège de la naissance. Il illustre ses propos avec l’adoption de l’«excellent prince» Trajan par l’empereur Nerva, qui fait également écho à la propre adoption de l’auteur par son oncle.

100 Consulat de Pline.

V. 100 Martyr de saint Jean (l'Evangéliste). Qu'il soit ou non venu de son plein gré à Rome, le viel apôtre y aurait été interpellé et déféré devant la justice impériale. Puis condamné à mort.

  • "Jean devait être plongé vif dans une chaudière d'huile bouillante, supplice qui commençait d'être à la mode. Spécialement prisé à Alexandrie: on verra périr ainsi d'assez nombreux martyrs aux siècles suivants, entre autres la jeune sainte Potamienne et sa mère Marcella. Conduit à La Porte Latina, lieu choisi pour l'exécution, l'évangéliste aurait été, en effet, jeté dans la marmite bouillonante. Et en serait ressorti frais comme une rose et vif comme un gardon, nullement incommodé par son bain. À cette vue la foule, stupéfaite, aurait hurlé à la sorcellerie et Domitien, superstiteux et épouvanté, aurait commué la peine de mort en une sentence de bannissement à vie sur l'île de Patmos.
  • Faute de documents historiques jugés assez anciens et crédibles, et par recul devant un miracle trop éclatant, la fête de saint Jean à La porte Latine a été supprimé par Paul VI du calendrier catholique en 1966... (Anne Bernet, Les chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 79).

100-130 Juvénal, Satires célèbres, qui nous sont parvenues. Remarquables par leur style épigrammatique, ces œuvres sont des attaques passionnées contre les excentricités et les vices de la société romaine de l'époque, et elles dressent, pour le lecteur moderne, un tableau frappant de la vie à Rome. Mais relever les limites de leurs visions : exagération manifeste, généralisations abusives, amalgames douteux … (ex : le mépris affiché pour les Grecs qui parle des Graeculi « petits Grecs » et de leurs rivalités dérisoires. La plupart des Satires révèlent l’indignation morale de Juvénal face aux outrages et à la décadence qu'il observait autour de lui en opposition avec la sévérité et la rigueur des ancêtres: l'hypocrisie, les mauvais traitements infligés aux pauvres par les riches, la gloutonnerie et la cupidité, la corruption au sein de l'administration de Domitien, le rapport entre la déchéance du vrai Romain et l’ascension de l’affranchi qu’il dénonce.

101 Trajan entreprend sa première campagne contre les Daces (aujourd'hui l'ouest et le centre de la Roumanie)

  • Le combat contre les Daces fut rude et long, mais les Romains avaient complètement soumis ce pays en 106, qui devint la province romaine de Dacie (actuelle Roumanie 107). C'en était bien fini de l'humiliant et ruineux tribut que le timoré Domitien avait payé aux Barbares daces.

105-106 Arabie du Nord, conquête et annexion du royaume des Nabatéens (Jordanie actuelle).

  • l'Arabie devient province Romaine.. Trajan, en s'emparant de l'Arabie Pétrée protégea la route commerciale vitale qui reliait l'Asie mineure à l'Égypte.

106 Décébale en fuite se suicidait, son royaume annexé à Rome devenait province romaine, Trajan rentrait à Rome avec un butin faramineux: 165 tonnes d’or et 300 d’argent; les problèmes financiers étaient subitement résolus. Pour se donner l’idée de cette opération et de ses conséquences sur l’économie romaine, il faudrait imaginer le Trésor Public français voyant affluer du jour au lendemain les insondables réserves bancaires d’une Suisse qu’un coup de main nous aurait permis de conquérir, de conserver et d’exploiter... Ce sont là de bien vilaines pensées, mais les Romains à n’en pas douter, considéraient l’action de leur princeps comme globalement positive. La mémoire bénie de ces évènements s’inscrit en spirale sur l’extraordinaire colonne trajane (24 spires sur 29.50 m).

Trajan avait maintenant de quoi financer la seconde expédition qu’il méditait: vaincre les Parthes, autrement plus risquée.

107 Triomphe à Rome et jeux qui durent quatre mois. Le plus grand combat de gladiateurs fut donné par Trajan au cours d'une cérémonie de victoire: cinq mille paires de combattants...

107 L’or des Daces permet de nombreuses dépenses (Trajan, «grand bâtisseur» = entreprise de remodelage du centre monumental de Rome, jadis commencée par César) le Forum plus vaste que tous les autres réunis, sa construction exigea l’aplanissement d’un éperon du Quirinal, haut de trente mètres, la place elle-même (l’ensemble fut achevé par Hadrien, par la construction du temple dédié à son prédécesseur divinisé), à peu près carrée avec le côté de façade incurvé, précède l’immense basilique Ulpienne, avec ses deux absides; puis deux bibliothèques encadraient la cour où se dresse encore la colonne trajane (106-113) représentant la première guerre dacique (Napoléon fit ériger Place Vendôme, une colonne à la gloire des vainqueurs d’Austerlitz inspirée de la colonne Trajane de Rome, surmontée d’une statue de l’Empereur- 1810), thermes, arc de Bénavent terminé par Hadrien (pour l’ouverture de la nouvelle via Appia, conduisant au port de Brindes), arc de Timgad (cité romaine d'Algérie située à 1 070 m d'altitude), monument d’Adam- Klissi, célèbre pont d’Alcantara en Lusitanie, aqueduc de Ségovie (le plus grand édifice romain d'Espagne construit sous l'empereur Trajan à la fin du Ier s. ap. J.-C) où l'eau est encore aujourd'hui acheminée au cœur de la ville par le célèbre aqueduc.

109 Inauguration des Thermes de Trajan.

110 Trajan place des chevaliers à la tête des bureaux centraux.

113 Orient Préparation de la grande expédition contre les Parthes. Son expédition contre les Parthes en 113 av. JC semble avoir été plus décidée par le mirage oriental et le grand rêve du Macédonien que par des nécessités politiques. L’expédition fut préparée de longue main. Peut-être Trajan voulait-il apparaître et se voir lui-même en nouvel Alexandre ? Eternel mirage ! César déjà avait caressé ce projet. Plus sûrement veut-il venger comme César et Auguste, la défaite de Crassus à Carrhes en-54. Trajan concentra donc d’importants effectifs, du matériel et des approvisionnements en Asie Mineure ; Il ne manquait plus que le casus belli. Ce fut une fois de plus l’Arménie ! Le roi Parthe Arsacide Chosroès, en violation de l’accord de Randheia de 63, venait de déposer le roi-client Tiridate (couronné en 66), lequel déchu, fit appel à Trajan, et d’y placer comme roi un de ses neveux, qui n’avait pas l’agrément de Rome : Trajan sauta évidemment sur l’occasion et quitta Rome en octobre 113 pour l’Asie Mineure. Trajan fondit sur l’Arménie qui céda. Le détail des opérations en Mésopotamie nous est mal connu. On sait toutefois que les succès rapides de Trajan l’amenèrent à s’emparer de l’Assyrie et de la Babylonie –où de nombreux Juifs s’étaient implantés suite à la guerre de Judée (66-73) -, et à enlever Séleucie du Tigre et Ctésiphon capitale des Parthes sur le Tigre. Ensuite de quoi les Romains enhardis par ces victoires descendirent jusqu’au golfe Persique. Mais cette expédition ne devait être qu’un feu de paille. Les Parthes surmontant les dissenssions dynastiques qui les avaient mis à la merci de l’envahisseur, se ressaisirent et se rassemblèrent autour de Chosroès. Il s’ensuivit alors une série de revers pour les Romains. La situation se compliqua encore d’une brutale révolte juive qui fit des milliers de morts en Cyrénaïque, Egypte et Chypre.

A but économique (assurer le contrôle des grandes routes commerciales de l’Orient) l’expédition contre les Parthes permit donc le gain momentané de :

  • Arménie,
  • Mésopotamie : prise de Ctésiphon (près de Bagdad, dans l'Irak actuel), capitale des Parthes sur le Tigre et percée jusqu'au golfe Persique. À ce moment, les peuples, Juifs notamment, récemment conquis se révoltèrent, profitant de la position isolée de l'empereur. Ce que ne leur pardonnera aps Hadrien !…
  • Assyrie.

V. 115 Tacite (55-120),

- Vie d'Agricola, éloge de son beau-père (général de Domitien et prêteur)

- De la Germanie (v. 100) traité sur les Germains. "Cet ouvrage a pour nous un autre genre d'intérêt: il peint les mœurs de nos ancêtres". (Tacite, Annales, GF-Flammarion, Manchecourt 2004, p. 15).

- Dialogue des orateurs (100-105) dont le sujet portait sur le déclin de l'éloquence.

- Histoires (104-109) œuvre composées de quatorze livres, les Historiae de Tacite relatent l’histoire de l’Empire romain du début du règne de Galba en 69 jusqu’à l’assassinat de l’empereur Domitien en 96, soit l’accès au pouvoir et le règne de la dynastie des Flaviens. Seuls les quatre premiers livres et une partie du cinquième ont été conservés, et le récit dont nous disposons aujourd’hui ne couvre qu’un peu plus d’une année.

- Annales (115-117), œuvre de 16 livres, publiée sous le règne de trajan empereur (98-117), vers 115 (Burnouf, Tacite, Annales, Introduction, GF-Flammarion, Manchecourt 2004, p. 18). Récit de l'histoire de Rome, de la mort d'Auguste à celle de Néron. Ne nous est parvenu que livres I à IV, XI à XVI, et des fragments des livres V et VI.

  • Livre 15, XLIV, ..."Pour mettre fin à ces rumeurs (de l'incendie de Rome par Néron), Néron supposa des coupables et fit souffrir les tortures les plus raffinées à ces hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus". (Tacite, Annales, GF-Flammarion, Manchecourt 2004, p. 439).
  • l'indication par tacite que le Christ fut livré au supplice sous Ponce Pilate confirme l'Evangile - le supplice étant à cette époque-là la peine de mort par crucifixion -. Ce qui contredit le Coran qui nie la crucifixion de Notre Seigneur Jésus-Christ dans la sourate IV Les Femmes verset 156/157: «alors qu’ils ne l’ont ni tué ni crucifié mais que son sosie a été substitué à leurs yeux». La note au verset 156 explique que ce fut "un chrétien nommé Serge qui, miraculeusement, avait pris la ressemblance de Jésus, ce fut donc en fait ce Serge qui subit la crucifixion et non Jésus (le Coran Traduction Régis Blachère, Edition Maison-Neuve et Larose, p. 128, conseillé par Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris et Président du CFCM..): ce verset coranique nie donc la crucifixion du Christ et se trouve par là en contradiction avec toutes les sources antiques (Tacite, Suétone, Favius Josèphe, les Evangiles, et même le talmud, qui disent toutes que le Christ a bien été mis en croix)

115 Trajan prend Séleucie, capitale parthe sur le Tigre qui le restera sous les Perses Sassanides (224/631) et Ctésiphon.

115 Trajan atteint le golfe persique où le désir de gloire du prince fut marqué selon Dion Cassius par sa méditation sur Alexandre les Grands devant les eaux du Golfe Persique.

115 Début de la décadence de la royauté parthe arsacide se prolongeant avec Lucius Verus en 165 et Septime Sévère en 197-198, anéantie en 224 par les Sassanides.

115 Création éphémère des provinces de Mésopotamie et d’Arménie, et moins probablement d’Assyrie.

Mésopotamie et Arménie furent évacuées dès l’avènement d'Hadrien.

116 Prise de Doura-Europos par Trajan.

116 Martyr de Saint Polycarpe. Prélat chrétien, père apostolique et évêque de Smyrne (Izmir, Turquie) pendant la première moitié du IIe siècle. Il reçut la visite d’Ignace d’Antioche, peu de temps avant son martyre (peut-être en 116), qui lui remit une épître. Vers la fin de sa vie, il représenta les Églises d’Asie Mineure au cours de réunions, à Rome, avec le futur pape Anicet (155-166) ; un des sujets de discussion était la date de Pâques. Polycarpe fut martyrisé à Smyrne à l’âge de quatre-vingt-six ans. Selon le théologien et martyr chrétien Irénée, qui fut un de ses élèves, Polycarpe parla avec l’apôtre Jean l’Évangéliste, dont il fut probablement un disciple, ce qui lui valut, ainsi que son don de prêcheur et son caractère dévoué, une grande autorité dans les Églises d’Orient. Sa fête est le 26 janvier.

116-117 Révolte juive interrompit la guerre de conquête de Trajan en Perse et provoqua peut-être aussi l'apoplexie fatale de l'empereur.

117 Construction du Temple de Trajan sur l’Acropole de Pergame.

117 Retraite de Trajan dont la santé déclinait vers l’Italie.

9 août 117 Mort de Trajan à Selinonte de Cilicie, Turquie actuelle, à l’âge de 63 ans.

Dépité, courroucé, humilié, Trajan mourut d'apoplexie. Hadrien, son petit-neveu par alliance et fils adoptif, 41 ans, lui succéda.

11 août 117 Les légions d'Orient proclament Hadrien Empereur. Hadrien conscient de la fragilité des conquêtes, fit évacuer les nouvelles provinces et rendit un roi à l’Arménie.