Weishaupt

De Christ-Roi
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Adam Weishaupt.JPG

Né dans une famille Juive le 6 février de 1748 à Ingolstadt, Adam Weishaupt est mort le 18 Novembre 1830 à Gotha. Converti, il devînt Jésuite. Il tomba dans la pratique de la sorcellerie et se sépara de l'Eglise.

Professeur de droit à l'Université d'Ingolstadt en Allemagne, il fut accepté dans la franc-maçonnerie en 1778; mais il avait déjà créé, deux ans plus tôt, l'ordre occulte des Illuminati, les Illuminés, ceux qui ont la lumière, ceux qui savent (Illuminisme). Il croyait en effet être appelé à régénérer l'humanité.

L'Abbé Barruel indique que "dans les jours où ce conspirateur conçut ses projets (+) il ne connaissait point encore l'objet de la Franc-Maçonnerie: il savait seulement que les Francs-Maçons tenaient des assemblées secrètes: il les voyait unis par un lien mystérieux, se connaissant pour frères à certains signes, à certaines paroles, de quelque nation & de quelque religion qu'ils fussent..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 13)

En 1785, après la découvertes des papiers de la secte par la police bavaroise, il fut destitué de sa chaire professorale, "proscrit de sa patrie comme traître à son Souverain & traître à l'Univers" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 2), il s'exila lui-même; se réfugia d'abord à Regensburg, puis dans l'état du prince Ernest-Louis, duc de Saxe-Gotha, "nourri de pensions sur le Trésor public, décoré du titre de conseiller honoraire".

Il recruta à Weimar, le duc Charles-Auguste (Eschylus), Goethe (Abaris), Herder (Damasus pontifex), Shardt (Appollonis), von Fritsh (Werner). Citons, en outre, le duc Ernest II de Saxe-Cobourg-Gotha, le baron de Dalberg, le duc Ferdinand de Brunswick, le comte (futur prince) de Metternich.

Spartacus Weishaupt, fondateur de l'Illuminisme

Cette secte est cette conspiration annoncée par Augustin Barruel, dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, "Conspiration des Sophistes de l'impiété & de l'anarchie, contre toute Religion & contre tout Gouvernement, sans exception même des républiques; contre toute Société civile & toute propriété quelconque..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 1)

"Le nom d'Illuminé qu'a choisi cette Secte, la plus désastreuse dans ses principes, la plus vaste dans ses projets, la plus astucieuse & la plus scélérate dans ses moyens; ce nom d' Illuminé est antique dans les annales des Sophistes, désorganisateurs. Il fut d'abord celui qu'affectèrent Manès & ses adeptes; gloriantur Manichaei se de caelo illuminatos (Gaultier, verbo Manichaei, sect. 3.). Les premiers Rose-Croix qui parurent en Allemagne se disaient aussi illuminés. De nos jours (en 1798) les Martinistes & diverses autres Sectes ont de même leurs prétentions à l'illuminisme. Pour la fidélité de l'histoire, distinguant leurs complots & lers dogmes, je les réduis à deux espèces. Il est aujourd'hui des Illuminés de l' Athéïsme & des Illuminés de la Théosophie. Ceux-ci sont plus spécialement les Martinistes, dont j'ai fait connaître le système dans le second volume, & les Swédenborgistes, dont je ne dirai en temps & en lieu que ce qu'il m'a été possible de savoir de leur secte. Les Illuminés dont je vais dévoiler la conspiration sont ceux de l' Athéïsme" (Augustin Barruel, ibid., t. III, p. XIII-XIV).

"Phénomène odieux dans la nature, athée sans remords, hypocrite profond, ... ce désastreux Sophiste ne sera connu dans l'histoire que comme le Démon, par le mal qu'il a fait, & par celui qu'il projetait de faire. Son enfance est obscure; sa jeunesse ignorée; dans sa vie domestique, un seul trait échappe aux ténèbres dont il s'environne; & ce trait est celui de la dépravation, de la scélératesse consommée. Incestueux Sophiste, c'est la veuve de son frère qu'il a séduite; père atroce, c'est pour l'infanticide qu'il sollicite le fer & le poison. Exécrable hypocrite, il presse, il conjure & l'art & l'amitié d'étouffer l'innocente victime, l'enfant dont la naissance trahirait les moeurs du père. le scandale qu'il redoute n'est pas celui du crime; c'est, il le dit lui-même, & il l'écrit, c'est celui qui rendant la dépravation publique, le priverait de son autorité sur des élèves qu'il conduit aux forfaits sous le masque de la vertu..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 2-3).

Fondation de son Illuminisme

"Le moderne Erostrate avait à peine vingt-huit ans... les moyens de séduction étaient tous dans sa tête. Il commença par les essayer sur deux de ses élèves, l'un nommé Massenhaufen qu'il surnomma Ajax, jeune homme de vingt ans, devenu dans la suite Conseiller à Burshaufen, & l'autre nommé Merz, qu'il appela Tibère, à peu près du même âge, mais dont la carrière n'a de remarquable qu'une turpitude des moeurs, qui fit dans la suite rougir de honte son corrupteur même. Bientôt les deux disciples se trouvant aussi impies que leur maître, Weishaupt les jugea dignes d'être admis à ses mystères. Il leur conféra le plus haut des grades qu'il eût alors imaginé; il les nomma ses Aéropagites, s'installa leur chef, & voulut que cette monstrueuse association fut appelée l' Ordre des Illuminés ('Ecrits originaux, t. I, sect. 4; & let. 2 à Phil. Strozzi)

"ce fut le premier mai, année 1776, que fut célébrée cette inauguration" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 14-16).

Lettre de Weishaupt à son adepte Hertel

Augustin Barruel présente une lettre de Weishaupt, "la troisième dans le seond volume des Ecrits originaux des Illuminés de Bavière (Illuminati.

"A présent dit Weishaupt à son adepte, ... me voilà en danger de perdre mon honneur, & cette réputation qui me donnait tant d'autorité sur notre monde. Ma belle-soeur est enceinte. ...Comment rétablirai-je l'honneur d'une personne dont j'ai fait tout le crime?...

"Voici les termes exprès de ce monstrueux hypocrite: "Ce qui me fâche le plus dans tout ceci, c'est que je perds en grande partie mon autorité sur nos gens; c'est de leur avoir montré un côté faible, à l'abri duquel ils ne manqueront pas de se mettre, quand je leur prêcherai morale, & les exhorterai à la vertu & à l'honnêteté..." (Id. tom. I, lett. 61 à Caton)" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 5-6).

L'abolition générale & sans exception, de toute religion, de tout gouvernement, de toute propriété

"Mais c'est plus spécialement comme conspirateur qu'il importe de connaître Weishaupt. Pour savoir ce qu'il fut à l'école de la rebellion, de l'impiété, de l'anarchie, descendons dans l'abyme des conjurés. Là encore, il semble n'avoir jamais connu les gradations du crime à la scélératesse. Là encore, dès l'instant que l'oeil de la justice le découvre, il paraît à la tête d'une conspiration, auprès de laquelle toutes celles des clubs de d'Alembert & de Voltaire, toutes celles des antres d'Orléans ne sont que les jeux de l'enfance, & du Sophiste, & du brigand, novice encore dans l'art des révolutions.

"On ne sait, & il est difficile de constater si Weishaupt eut un maître, ou s'il fut le père des dogmes monstrueux sur lesquels il fonda son école. Il existe seulement une tradition que je rapporterai, d'après quelques-uns des adeptes mêmes.

"Suivant cette tradition, vers l'année 1771, un marchand Jutlandais nommé Kolmer, après avoir séjourné quelque temps en Egypte, se mit à parcourir l'Europe, en faisant des adeptes, auxquels il prétendait communiquer les antiques mystères de Memphis... On lui donne pour disciple, le fameux Comte ou charlatan Cagliostro, & quelques-uns de ces adeptes distingués par leur Illuminisme, dans le comté d'Avignon & à Lyon. On dit que dans ses courses vagabondes il rencontra Weishaupt, & lui fit part de ses mystères. S'il suffisait pour ces confidences d'être impie & réservé sur le secret, jamais homme n'y avait eu plus de titres. Plus habile, & bien plus scélérat que Cagliostro, Weishaupt sut aussi tirer de ses confidences un bien autre parti pour son école.

"Quoiqu'il en soit de ce premier maître, le Sophiste Bavarois ne semble pas en avoir eu besoin. Dans un siècle de toutes les erreurs, il fit naturellement ce qu'on devait attendre de ces hommes, que dans le choix des opinions ou politiques ou religieuses, un malheureux instinct décide toujours pour la plus détestable. Très certainement il eut des notions au moins informes sur les anciens Illuminés, puisqu'il en adopte le nom, puisqu'il renouvelle toute la partie la plus désorganisatrice de leur système. Ces notions s'accrurent sans doute par une étude de prédilection pour les mystères désorganisateurs du Manichéisme, puisqu'on le voit recommander à ses adeptes l'étude de ces mêmes mystères, comme ayant une étroite connexion avec son école, & comme leur donnant un avant-goût de ceux qu'il se dispose à leur révéler. (V. le grade intitulé Illuminatus dirigens oder Scottischer Ritter, p. 72) Mais athée de coeur, & détestant toute théosophie, il se joua du double Dieu de cet ancien Illuminisme, & ne prit de Manès, de l'esclave révolté contre tous les gouvernements, que l'universalité de l'anarchie... Il connut les Sophistes du jour; & malgré toute leur démocratie, tous ces prétendus Philosophes lui parurent encore trop réservés sur les conséquences de leur égalité & de leur liberté. Il ne prit d'eux que leur haine pour Dieu, que le pur athéïsme. Les uns le conduisaient à la nullité de toute loi politique & civile; les autres à la nullité de toute loi religieuse: de ces deux systèmes il forma un monstrueux ensemble, dont le résultat fut le voeu le plus ardent, le plus absolu, le plus frénétique pour l'abolition générale & sans exception, de toute religion, de tout gouvernement, de toute propriété...

" [...] il n'avait pas encore vingt-huit ans qu'il vint à bout de se faire nommer Professeur en droit à l'Université d'Ingolstadt. Dans ses lettres à Zwach, il dit en 1778, 10 mars, n'avoir encore que 30 ans; & dans cette même lettre il lui fait confidence de ses projets ultérieurs pour l'Illuminisme qu'il avait déjà fondé deux ans plutôt..." (Augustin Barruel, ibid., t. III, p. 7-10).

Déraciner dans les coeurs tous les principes de la religion, de l'amour national, de l'amour de la patrie, de l'amour de la famille

je cite l'abbé Barruel: "(Voyez les Ecrits orig. t. 2, lett. de Philon-Knigge à Caton- Zwach). Ici les chefs lui disent: "Cette Société secrète qui vous a conduit avec tant de soins à déraciner dans votre coeur tous les principes de la religion, tous ces faux sentimens d'amour national,d 'amour de la patrie, d'amour de la famille, toutes ces prétentions de propriété & de droits exclusifs à des richesses, à des fruits de la terre; cette Société qui a tant travaillé à vous montrer le despotisme & la tyrannie dans tout ce que vous appeliez lois des Empires; cette Société qui vous déclare libre, & vous apprend qu'il n'est pour vous d'autre souverain que vous-même, d'autres droits près des autres que ceux d'une parfaite égalité,d 'une liberté absolue & d'une entière indépendance; cette Société n'est point l'ouvrage de la superstitieuse & ignorante antiquité; elle est celui de la philosophie moderne; elle est le nôtre. le véritable père de nos Illuminés, c'est Spartacus Weishaupt..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 299).

La plus grande des sciences: connaître les hommes

"Il est pour le Novice Illuminé une étude plus nécessaire encore, celle de la science appelée dans le Code la plus grande de toutes. Cette science par excellence, est la connaissance des hommes. Le Frère instituteur doit la représenter à son élève comme la plus intéressante de toutes les sciences. Pour apprendre cet art de connaître les hommes, tout novice [...] il faudra qu'il se mette à observer tous ceux des hommes avec qui il se trouve, à tracer leur caractère, à se rendre compte à lui-même de tout ce qu'il voit, de tout ce qu'il entend. Crainte de l'oublier, il faut toujours qu'il ait sur lui quelque feuille volante, ou bien des tablettes de poche sur lesquelles il puisse d'heure en heure, écrire ses observations, pour les rédiger ensuite dans son journal. pour s'assurer de leur exactitude sur ce point, le Frère Instituteur doit se faire montrer de temps à autre & le journal & les tablettes des Novices... Des tous les exercices des Illuminés, il n'ene st point dont l'habitude soit plus souvent & plus spécialement recommandée dans leur code. Ce doit être la grande étude du Novice; ce doit être celle de tous les grades (Let. vérit. Illum. instruct. sur l'art de former les élèves, n° 13; V. Ecrits originaux, des Statuts, N° 9, 10, 13, 14; Instruct. pro insinuant. 3, pro recip. 16).

"Par son assiduité à ce grand art, le novice apprend à distinguer ceux qu'il pourra lui-même enrôler un jour, & ceux qu'il devra écarter de l'Illuminisme. C'est pour cela que son Instituteur doit l' engager sans cesse à proposer ceux qu'il croit propres à l'Ordre (Inst. pro recipient, N° 13).

"Tandis que le novice est tout occupé de ces observations, de cette étude; il ne sait pas qu'il est lui-même continuellement observé, étudié par son Insinuant; que celui-ci écrit aussi de son côté, note, rédige exactement, & fait passer aux Supérieurs toutes ses observations sur les fautes ou les progrès, sur le faible & le fort de son élève (Instruct. pour l'Insinuant, N° 3 & 4; le vritable Illuminé; Instruct. sur l'art de former des Frères, N° 1 & 2). Il ne sait pas surtout que la grande étude de son Instituteur est de le lier si étroitement à l'Illuminisme, que bien long-temps avant de connaître les secrets de l'Ordre, il y tienne malgré lui par des liens invincibles, par tous ceux de la crainte & de la terreur, si jamais il venait à s'end étacher par l'horreur des systèmes & des complots qu'il pourra découvrir" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 75-77).

Imiter les moyens des Jésuites "en se proposant des vues diamétralement opposées"

"Tout en détestant les enfants de Benoît, de François, d'Ignace, il admirait les institutions de ces Saints Fondateurs; il admirait sur-tout ces lois, ce régime de Jésuites, qui, sous un même chef, faisaient tendre par-tout au même but, tant d'hommes dispersés dans l'univers; il sentit qu'on pourrait imiter leurs moyens, en se proposant des vues diamétralement opposées (Mirabeau, Monar. pruss. tom. 5, art. religion, p. 97). Il se dit à lui-même: Ce qu'ont fait tous ces hommes pour les Autels & les Empires, pourquoi ne le ferais-je pas contre les Autels & les Empires? Par l'attrait des mystères & par des légions d'adeptes sous mes lois, pourquoi ne détruirais-je pas dans les ténèbres ce qu'ils édifient en plein jour? Ce qu'a fait le Christ même pour Dieu & pour César, pourquoi ne le ferais-je pas contre Dieu & César, par mes disciples, devenus mes apôtres?

"En prêtant à Weishaupt cette funeste émulation, les historiens ne seront pas réduits à de vaines conjectures. Ces voeux & ce langage sont consignés dans toutes les confidences & dans les lois même qu'il donne à ses disciples, jusque dans les reproches qu'il leur fait, de ne pas imiter dans leur soumission celle des compagnons de tous ces pieux instituteurs (Ecrits originaux, tome 1, Lettre 27 à Caton)" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 13).

Lier les Novices à l'Illuminisme

"Ce grand art de lier les Novices à l'Illuminisme, est d'abord dans l'idée magnifique que le Frère Insinuant leur donne des projets de la Secte, & dans le voeur qu'il leur fait arracher d'une soumission aveugle & absolue à tout ce que les Supérieurs prescriront de moyens pour arriver au but de l'Ordre.

"C'est ici que Weishaupt a paru plus spécialement vouloir assimiler le régime de la Secte à celui des ordres religieux, & sur-tout à celui des Jésuites, par l'abandon total de leur propre volonté & de leur jugement, qu'il exige de ses adeptes, & auquel il eû expressément ordonné aux Frères Enrôleurs d'exercer leurs Novices. (V. Mirabeau, Monarchie Prussienne, t. 5; Essai sur les Illuminés, chap. 3; derniers éclaircis. de Philon, p. 61). Mais c'est ici précisément, qu'il fallait observer l'énorme différence qui se trouve entre l'obéissance religieuse & l'obéissance illuminée"..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 77-78).

Différence entre l'obéissance religieuse & l'obéissance Illuminée (A. barruel)

"De tous les religieux qui suivent la règle de saint Basile, de saint Benoît, de saint Dominique ou de saint François, il n'en est pas un seul qui ne sache qu'il est pour lui une voix bien plus impérieuse que celle de ses Supérieurs. La voix de la conscience, celle de son Dieu & celle de l'Evangile. Il n'en est pas un seul qui dans le cas où ses Supérieurs ordonneront des choses contraires aux devoirs du Chrétien ou de l'honnête homme, ne voie l'exception à faire à l'obéissance qu'il a vouée. Cette exception est souvent exprimée & toujours évidemment annoncée par tout l'objet des Instituteurs Religieux; elle est surtout formelle, & bien des fois positivement répétée dans celui des Jésuites; mais c'est dans le cas où ils ne verront point de péché à obéir, ubi non cerniretur peccatum). (Constitution des Jésuites, part. 3, ch. 1, parag. 2, vol. 1, édition de Prague).

"Enfin, [...] l'Instituteur des Jésuites, [...] a soin de répéter que cette obéissance, malgré tout le voeu qu'ils en font, ne doit avoir lieu que lorsque les ordres de l'homme ne sont pas opposés à ceux de Dieu" (V. Epist. Ignat. de obedient).

" [...] l'obéissance religieuse n'est dans son essence même qu'un engagement à faire tout le bien qui sera prescrit sans mélange du mal..."

(alors que l'obéissance Illuminée) "exige de ses membres le Sacrifice de leur liberté, non pas sur toute chose, mais absolument sur tout ce qui peut être un moyen d'arriver à son objet..."

"Telle est l'obéissance des Illuminés" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 78-80).

Questions à répondre par le Novice Illuminé

"Ces questions sont au nombre de vingt-quatre & conçues en ces termes:

1° Êtes-vous encore dans l'intention d'être reçu dans l'Ordre des Illuminés?

2° Avez-vous bien mûrement pesé, que vous hasardez une démarche importante, en prenant des engagements inconnus?

3° Quel espoir, quelles causes vous portent à entrer parmi nous?

4° Auriez-vous ce désir, quand même nous aurions uniquement pour objet la perfection de l'homme, & point d'autre davantage?

5° Que feriez-vous si l'Ordre était une nouvelle invention?

Si vous veniez à découvrir dans l'Ordre quelque chose de mauvais ou d'injuste à faire, quel parti prendriez-vous? Wenn unanftaendige, ungerechte fachen vorkaemen, wie er sich verhalten wurde?

7° Voulez-vous & pouvez-vous regarder le bien de notre Ordre comme le vôtre même?

8° On ne peut vous cacher que les membres entrant dans notre Société, sans autre motif que l'espoir d'acquérir de la puissance, de la grandeur, de la considération, ne sont pas ceux que nous aimons le plus. Souvent, il faut savoir perdre pour gagner. Savez-vous tout cela?

9° Pouvez-vous aimer tous les membres de l'Ordre, ceux même de vos ennemis qui pourraient s'y trouver?

10° S'il arrivait que vous dussiez faire du bien à ces ennemis que vous auriez dans l'Ordre, qu'il fallût les recommander, les exalter; y seriez-vous disposé?

11° Donnez-vous de plus, à notre Ordre ou Société LE DROIT DE VIE ET DE MORT? Sur quel fondement lui refusez-vous ou donnez-vous ce droit?

12° Êtes-vous disposé à donner en toute occasion, aux membres de notre Ordre, la préférence sur tous les autres hommes?

13° Comment voudriez-vous vous venger d'une injustice grande ou petite?, que vous auriez reçue des étrangers ou de nos Frères?

14° Comment vous comporterz-vous, si vous veniez à vous repentir d'être entré dans notre Ordre?

15° Voulez-vous partager avec nous heur & malheur?

16° Renoncez-vous à faire jamais servir votre naisance, vos emplois, votre état, votre puissance, au préjudice ou au mépris des Frères?

17° Êtes-vous, ou pensez-vous à devenir membre de quelque autre Société?

18° Est-ce par légéreté ou bien dans l'espoir de connaître bientôt la cosntitution de notre ordre, que vous faites si facilement ces promesses?

19° Êtes-vous résolu à suivre très exactement nos lois?

20° Vous engagez-vous à une obéissance absolue sans réserve? Et savez-vous la force de cet engagement? Ob er unbedingten gehorsam angelobe, und wisse was das sey?

21° N'y a-t-il point de crainte qui puisse vous détourner d'entrer dans notre Ordre?

22° Voulez-vous, dans le cas qu'on en ait le besoin, travailler à la propagation de l'Ordre, l'assister de vos conseils, de votre argent & de tous vos moyens?

23° Avez-vous soupçonné que vous auriez à répondre à quelques-unes de ces questions? Quelles sont celles que vous soupçonniez?

24° Quelle assurance nous donnerez-vous de ces promesses? Et à quelle peine vous soumettez-vous si vous y manquez? (Ecrits origin. t. I; Protocole de la réception de deux novices, sect. 17, cité in Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 82-85).

Réponses du Novice

"Pour savoir en quel sens doivent ^tre conçues les réponses écrites & signées par le Novice Illuminé, & confirmées par son serment, il suffit de jeter un coup d'oeil sur le Protocole de la réception de deux frères, tel que nous le présentent les archives de la Secte.

"A cette question: Quelle conduite tiendriez-vous, si vous veniez à décourvrir dans l'Ordre quelque chose de mauvais ou d'injuste? Le premier de ces Novices, âgé de 22 ans, et nommé François-Antoine St... répond, & signe, & jure: "Je ferais même ces choses-là, si l'Ordre me les commandait, parce que peut-être ne suis-je pas capable, de juger si elles sont réellement injsutes. D'ailleurs, quand même elles pourraient être injustes sous un autre rapport, elles cessent de l'être, dès qu'elles deviennent un moyen d'arriver au bonheur & d'obtenir le but général [Pour les Illuminés, "la fin justifie les moyens..."]

"A cette même question, le Novice François-Xavier B. répond, écrit & jure en même sens: "Je ne refuserais point de faire ces choses-là (mauvaises & injustes) si elles contribuent au bien général"...

"A la question sur le droit de vie et de mort, le premier de ces Novices répond encore & jure: "Oui, j'accorde ce droit à l'Ordre Illuminé, & pourquoi le lui refuserais-je, si l'Ordre se voyait réduit à la nécessité d'employer ce moyen, & que sans cela il y eût de craindre pour lui de très-grands malheurs? (littéralement, pour sa très - grande ruine). [...] Au reste, je renvoie à ma réponse, N° 6, c'est-à-dire à celle où j'ai promis de faire même ce qui serait injuste, si mes Supérieurs le trouvaient bon & me l'ordonnaient" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 85-86).

Promotion du Novice

"Une première question lui est faite, pour savoir s'il persévère dans son intention d'être reçu parmi les Frères. Sur sa réponse affirmative, il est envoyé méditer de nouveau sa résolution, dans une chambre parfaitement obscure (notons ici la ressemblance de la "méditation" illuminée avec les méditations des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola... Comme quoi le diable est un singe du bon Dieu!) De nouveau rappelé, il rentre; les questions se succèdent; elles tendent toutes à s'assurer s'il est disposé à la soumission la plus absolue aux lois de l'Illuminisme" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 89).

Menaces de l'Initiant au Novice

"Mais si tu allais n'être qu'un traître, qu'un parjure, apprends que tous nos frères seront appelés à s'armer contre toi. Ne crois pas échapper ou trouver un lieu de sûreté. Quelque part que tu sois, la honte, les remords de ton coeur, la rage de nos Frères inconnus, te poursuivront, te tourmenteront jusque dans les replis de tes entrailles..." (Augustin Barruel, Mémoires Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 90).

Menaces au candidat "chevalier

"Ne dois-tu être qu'un faux frère? sois tout à la fois maudit & malheureux. Que le Grand Architecte de l'Univers te précipite dans l'abyme..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 143).

Faire étudier les anciens Gnostiques et les Manichéens

L'Illuminé chevalier devait consacrer ses recherches à l'étude des anciens Gnostiques et des Manichéens, par lesquels il "pourra faire de grandes découvertes sur cette véritable Maçonnerie..." (Source: Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 149-150).