Baptême de Clovis

De Christ-Roi
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Résumé

Le baptême de Clovis en 496 constitue traditionnellement dans l'histoire de France, le baptême de la France "Fille aînée de l'Eglise" et constitue donc l'acte de naissance de la France. Ce fait là est un acquis et on ne peut pas l'effacer, faire comme s'il ne s'était jamais produit.

Les ennemis de l'Eglise (la franc-maçonnerie) ont alors imaginé de biaiser en enseignant aux enfants qu'en réalité la France n'est pas née en 496, car d'abord ce baptême aurait été réalisé par Clovis à des fins purement politiques (ce qui ôte l'élément religieux dans la naissance de la France) et qu'ensuite, la France se serait construite petit à petit dans le temps (ils osent même travestir la réalité historique en affirmant que l'espace géographique de la France de Clovis était bien moindre que celui d'aujourd'hui alors qu'en réalité, c'est le contraire). Il s'agit donc pour les francs-maçons de faire croire aux petits français que leur pays n'est pas né avec le baptême de Clovis. Il faut effacer de la mémoire ce baptême, faire comme s'il ne s'était jamais produit. Seulement, l'histoire et les faits historiques sont têtus. L'on ne peut faire comme s'il ne s'étaient jamais produits et l'on ne peut gommer d'un trait plus de 13 siècles d'histoire de France, sans apparaître pour ce que l'on est: un dictateur de la pensée unique et un terroriste intellectuel.

C'est pourquoi, en ces temps de déclin, de décadence pour beaucoup (d'universitaires mêmes), nous devons garder espoir et espérance, car les ennemis de l'Eglise ne pourront jamais faire que la France ne soit pas née en 496, au fameux baptême de Clovis.

Baptême de Clovis, baptême de la France

"Épris de la fière Burgonde [Clotilde], dont l'âme était aussi haute que la sienne, il [Clovis] lui donna une large part d'influence dans les affaires publiques. Elle régna véritablement avec lui, aux applaudissements des Francs, qui admiraient son intelligence, son énergie, son caractère résolu. Les Gaulois se réjouirent de voir assise sur le trône du glorieux Sicambre une femme de ce mérite; ils se prirent à espérer que Chlodowig subirait jusqu'au bout l'ascendant que sa noble épouse obtenait sur lui, et qu'il finirait, instruit à son école, par confesser la foi du Christ..." (C. Guenot, Le Fils aîné de l'Eglise, Épopées de l'histoire de France, Vve H. Casterman, Tournai 1883, p. 49).

On situe traditionnellement la date du baptême de Clovis à Reims avec 3000 guerriers par Saint Rémi, évêque de Reims, le 25 décembre 496 ou 498, voire 506 (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Mayenne 1996, p. 23). "L'estimation la plus prudente situe l'évènement entre 496 et 498" (Régine Pernoud, La femme au temps des cathédrales, Stock, Évreux 1980, p. 16).

"Par la sainte ampoule se trouve symbolisée la doctrine chrétienne, selon laquelle tous les hommes étant égaux, aucun d'eux ne peut exercer l'autorité sur ses semblables si ce n'est par une délégation de Dieu, à qui il devra des comptes. D'ailleurs, l'expression, 'par la grâce de Dieu roi de France', telle qu'on l'employait aux temps féodaux, n'est pas autre chose qu'une forme d'humilité" (Georges et Régine Pernoud, Le tour de France médiévale, L'histoire buissonnière, Stock, Évreux 1982, p. 63).

"Autre symbole de la royauté: l'histoire de David et de Salomon, qu'on peut voir sur cette même façade de la cathédrale de Reims, au-dessus de la grande rose: c'est aux rois juifs, en effet, et aux coutumes hébraïques que se rattache la cérémonie du sacre. Le sacre de nos rois (de même qu'aujourd'hui celui des souverains d'Angleterre) et le sacre de David, que l'on voit figuré au centre de la façade de Reims, sont identiques dans leurs principaux rites.

"Avant que, sur cet autel, l'archevêque ne commence à célébrer la messe, le nouveau roi vient prêter serment sur l'Évangile. On conserve encore à la bibliothèque du chapitre de Noyon un évangéliaire sur lequel fut prêté le serment royal: c'est l'admirable évangéliaire de Morienval. Il date du IXe s.

Le roi jure de défendre l'Église et de conserver à chacun des évêques la loi et la justice qui lui sont dues; il jure également de rendre au peuple la justice à laquelle il a droit. À cet instant, les voûtes de la cathédrale retentissent de cris: ce sont les seigneurs et le peuple qui, par trois fois, crient ensemble en latin: 'Nous approuvons, nous voulons qu'il en soit ainsi!' Ces cris, qu'on appelle, l'"acclamation", rappellent au roi qu'il reste l'élu du peuple" (Georges et Régine Pernoud, ibid., p. 64).

"Plus tard les révolutionnaires, en s'acharnant sur Clovis avec une fureur dévastatrice (son sarcophage est profané, sa basilique détruite, la sainte ampoule solennellement brisée neuf mois après la mort de Louis XVI), le consacrent, malgré eux, comme le fondateur de la royauté sacrée.

L'affrontement parfois violent au cours du XIXe s., des deux France [la France catholique et la 'France' républicaine] lui donne un nouveau souffle: comparé à Charlemagne, saint Louis ou Jeanne d'Arc, il devient le symbole de la France chrétienne et royaliste, opposée aux républicains laïcs (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, ibid., p. 12).

Saint Rémi et Clovis

Relatons à présent l'histoire de Rémi, ce grand évangélisateur de la Gaule qui a converti Clovis, le roi des Francs.

Saint Rémi (440-533), est né dans une grande famille, il fut nommé évêque de Reims très jeune et exerça son ministère pendant soixante ans. Il organisa l'évangélisation de l'est de la France.

"Les évêques assemblés à Lyon pour la conférence qui se tint de son temps contre les Ariens, déclarèrent que leur zèle pour la défense de la foi, était excité par l'exemple de Rémi qui avait détruit de toutes parts les autels des idoles par une multitude de signes et de miracles" (Saint Grégoire de Tours, L'histoire, livre II, chapitre 34, cité in Marquis de la Franquerie, Saint Rémi,Tthaumature et Apôtre des Francs, Éditions Résiac, Montsurs 1981, p. 6). Sidoine –Appolinaire et d'autres auteurs affirment que saint Rémi était un des plus savants et des plus éloquents hommes de son temps, malheureusement la plupart de ses œuvres ont été perdues.

"La plus grande merveille de Saint Rémi fut sans doute la conversion de Clovis et des Francs" (Mgr Paul Guérin, Les Petits Bollandistes, – Vie des Saints, tome XI, p. 588). Elle sauva l'Église de l'Arianisme et, en baptisant et en sacrant la Race Royale des Francs, comme l'aînée de toutes les maisons souveraines, elle assurait à l'épouse du Christ une protection utile à sa pérennité.

En 869, Hincmar, archevêque de Reims, nous dit que Rémi, immédiatement après le baptême de Clovis, l’avait sacré et oint avec une huile « envoyée du ciel dans la sainte ampoule » par le truchement d’une colombe venue se poser sur l’autel même de l’Eglise. Cette histoire plaisant fort au peuple, sera reçue comme un symbole par presque tous.

Or, l'histoire telle qu'on l'enseigne aujourd'hui nous dit qu'en réalité, le premier monarque franc à avoir été sacré fut Pépin le Bref en 751 par Saint Boniface et en 754 par le pape. Il me semble qu'il s'agit là d'une thèse avancée par la maçonnerie pour ruiner l'origine baptismale de la France. Car si l'on en croit Hincmar, et je ne vois pas pour quelle raison on devrait écarter a priori son témoignage, Clovis fut sacré et oint avec une huile sainte, ce qui est resté dans la tradition historique comme le premier sacre (de droit divin) de nos rois.

Voici maintenant la narration du baptême tel qu'il se produisit, suivi de la présentation du serment de saint Rémi :

"Dans la nuit de Noël 496, au jour anniversaire et à l'heure même de Sa naissance, le Christ – lors de la naissance spirituelle de notre France et de nos Rois – voulut, par un miracle éclatant, affirmer la Mission providentielle de notre pays et de notre race Royale, au moment même où saint Rémi va proclamer cette Mission au nom du Tout-Puissant, pour sanctionner solennellement les paroles (divinement inspirées) de Son Ministre. À minuit, alors que le Roi, la Reine et leur suite sont dans l'Église Saint-Pierre où l'Archevêque les a convoqués, "soudain, raconte Hincmar (Migne, Patrologie Latines, tome CXXV, p. 1159. Hincmar, Vita Sancti Remigii, chap. XXXVI), une lumière plus éclatante que le soleil inonde l'Église! Le visage de l'évêque en est irradié! En même temps retentit une voix: La paix soit avec vous ! C'est moi! N'ayez point peur! Persévérez en ma dilection! Quand la voix eut parlé, ce fut une odeur céleste qui embauma l'atmosphère. Le Roi, la Reine, toute l'assistance épouvantée, se jetèrent aux pieds de saint Rémi qui les rassura et leur déclara que c'est le propre de Dieu d'étonner au commencement de Ses visites et de réjouir à la fin.

Puis soudainement illuminé d'une vision d'avenir, la face rayonnante, l'œil en feu, le nouveau Moïse s'adressant directement à Clovis, Chef du nouveau Peuple de Dieu, lui tint le langage – identique quant au sens – de l'ancien Moïse à l'ancien peuple de Dieu : "Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l'Église romaine, qui est la seule véritable Église du Christ" (On semble l'oublier de nos jours!...) "Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes et il embrassera toutes les limites de l'Empire romain ! Et il soumettra tous les peuples à son sceptre ! Il durera jusqu'à la fin des temps ! Il sera victorieux et prospère tant qu'il sera fidèle à la foi romaine. Mais il sera rudement chatié les fois qu'il sera infidèle à sa vocation ( Migne, Patrologie Latines, tome CXXXV, p. 51, Flodoard, Historia Ecclesiae Remensis, Lib. I, chap. XIII).

Remarquez le bien: la prophétie est faite directement à la race royale, pour bien marquer que la race royale doit être aussi inséparable de la France que la France doit être inséparable de l'Église... (Marquis de la Franquerie, ibid., p. 10).

Notons aussi que d'un point de vue politique, le choix du catholicisme (associé à l'Empire romain, faible et lointain) plutôt que de l'arianisme (peuplades barbares voisines) n'était certainement pas le choix le plus facile. Il y a donc bien une réelle démarche de foi de la part Clovis.

"Tous les peuples vaincus de l'Empire romain étaient catholiques, mais toutes les nations barbares et victorieuses étaient ariennes, en Gaule, en Espagne, en Italie, en Afrique. Il fallait donc au Roi se séparer de tous les peuples amis, issus de la même origine, pour adopter la religion des peuples de race étrangère et ennemie ! C'était la vraie difficulté. Elle était si grande que le prince avait vu s'introduire l'arianisme jusque dans sa propre famille. Sa sœur Alboflède, qu'il aimait beaucoup, et qui sans doute exerçait une grande influence sur son esprit était arienne. Aussi sommes-nous convaincu que Rémi ménagea le mariage de Clotilde et de Clovis pour combattre avec plus de succès auprès du roi l'influence de sa sœur. Car non seulement, Clotilde était catholique, mais elle était de plus l'ennemie personnelle des ariens" qui avaient assassiné ses parents et ses frères... Si Clovis avait été astucieux et rusé (comme certains historiens le prétendent) il aurait feint la conversion, se réservant de revenir plus tard à ses convictions, quand sa domination eût été assurée; il ne le fit pas: lui aussi préféra rester impuissant, plutôt que de se mentir à lui-même. Dieu pour fonder la France avait préparé deux grandes âmes, nobles toutes deux, dignes de s'entendre, de s'estimer et de s'aimer...

Aussi à partir du baptême du roi, l'intimité devint plus grande (encore), Rémi prit part aux affaires de la nouvelle royauté; tous deux de concert s'appliquèrent à réaliser l'unité religieuse et territoriale des Gaules. Dans toutes les guerres de Bourgogne et d'Aquitaine, Saint Rémi était intervenu, les avait approuvées et pratiquement dirigées, en plein accord avec Clovis. Le pape saint Hormisdas – le zélé défenseur de l'orthodoxie contre les euthychéens fit signer par l'empereur Justin, le formulaire de foi qui proclamait l'infaillibilité de l'Église en matière de foi, institua saint Rémi légat avec pleins pouvoirs pour toute l'ancienne Gaule, toute la France: "nous vous donnons tous nos pouvoirs pour tout le royaume de notre cher Fils spirituel Clovis, que par la grâce de Dieu vous avez converti avec toute sa nation, par un apostalat et des miracles dignes du temps des Apôtres (Hincmar, Vita Sancti Remigii, chap. LIV, cité in Marquis de la Franquerie, ibid., p. 26-27).

C'est qu'au moment du baptême de Clovis, à la fin du Ve s., l'Eglise et les fidèles sont opprimés de tous côtés par des princes hérétiques. "L'empereur Anastase, en Orient, est livré aux Eutychiens; Theodorick, roi d'Italie, Alarik, roi des Wisigoths en Espagne et en Aquitaine, Gondebald, roi des Burgondes, Trasamond, roi des Vandales en Afrique, professent les erreurs d'Arius" (C. Guenot, Le Fils aîné de l'Eglise, Épopées de l'histoire de France, Vve H. Casterman, Tournai 1883, p. 77).

Et il ne faut pas oublier que la majorité des soldats de Clovis étaient païens... Par son baptême, Clovis se mettait le monde à dos. On est donc loin d'une conversion par calcul politique telle qu'on l'enseigne aujourd'hui, puisque cette conversion entrainait mécaniquement un effet contraire au calcul politique: l'hostilité de tous les rois barbares alentour et la probable hostilité même des soldats! Pour surmonter ces faits, il fallut donc que se trouve chez Clovis une véritable foi qui ne pouvait s'accomoder d'une quelconque tergiversation ou d'un quelconque calcul politique.

Il reste néanmoins vrai que la Gaule des campagnes était déjà à ce moment largement acquise au catholicisme. La conversion lui ouvrit sans doute des portes dans les provinces et affermit davantage son autorité. Mais il reste qu'à l'extérieur, voire même tout prêt des frontières du royaume franc (Burgondie, Espagne, Allemagne, Italie), les autres princes ne partageaient pas la foi catholique.

"Le roi des Francs, chose rare en ces temps de redoutable souvenir, possédait l'affection des peuples. Francs et Gaulois soumis à sa domination, proclamaient sans cesse leur amour pour l'illustre guerrier. Cette main si terrible dans les combats, était légère dans l'administration intérieure; tous bénissaient le sceptre étendu comme une protection sur les têtes. Les Gallo-Romains de l'Est et du Sud supplient Chlodowig de les ranger au nombre de ses sujets; il s'empresse de remplir leurs vœux. Les évêques assis au berceau du nouveau peuple, n'élèvent jamais en vain leur voix respectée; leurs ambassadeurs obtiennent la liberté des vaincus de Tolbiac, celle des prisonniers de Voulon; un prêtre sollicite le pardon des révoltés de Verdun, et il est exaucé.

L'Orient s'associe à l'admiration de l'Occident pour le Fils des Sicambres, et l'empereur de Constantinople [Anastase Ier (491-518)]lui envoie les insignes de la dignité suprême [510: pour le remercier de sa victoire sur les Barbares, l'empereur d'Orient lui offre les insignes de consul honoraire de Rome, ce qui le fait considérer par les évêques comme le successeur des empereurs romains, avec le titre d’ 'Auguste' ("nouveau Constantin")]. "Remigius (Rémi), le saint évêque de Reims, vient l'entretenir des devoirs d'un roi chrétien, et il est docilement écouté… Chlodowig a bien compris sa mission, qui est celle de la France; il est le fils aîné de l'Église (C. Guenot, ibid., p. 146-147).

Où en est la France de Clovis aujourd'hui ?

Le baptême de Clovis constitue la première des conversions des rois germains. De là vient que notre pays est restée dans la tradition, la "France fille aînée de l'église". Ce baptême de Clovis scelle pour treize siècles, l'alliance du trône et de l'autel, l'alliance de l'Etat et de la religion, l'alliance de la politique avec Dieu. Ce baptême de Clovis constitue aussi et surtout le baptême de la France. C'est l'acte de naissance de notre pays.

D'ailleurs, mêmes des historiens protestants le reconnaissent. Voici ce qu'ils disent: "Que célèbre-t-on en 1996 ? Moins le 1500e anniversaire de Clovis – pour quelle raison célébrer le baptême d'un homme ? – que celui d'un mythe au sens le plus noble du terme: "le baptême de la France" (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, ibidem., p. 11).

Or, en 1996, "on a vu les régimes communistes d'Europe orientale, officiellement athées, chercher à se montrer tolérants lorsqu'ils ont commencé à se désintégrer. En 1988, l'URSS – ce fut son chant du cygne – célébra avec éclat le millénaire de la conversion de la Russie au christianisme [en 988, le grand-prince de Kiev, Vladimir, reçut le baptême pour épouser une sœur de l'empereur byzantin Basile II]. Le gouvernement officiellement athée a fait des déclarations soulignant l'importance de cet anniversaire. Notre république semble s'aviser de remarquer que le baptême de Clovis et la conversion de la France au christianisme ont eu quelque importance dans la suite de l'histoire… (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, ibid., p. 56).

Voici alors ma réflexion: ne peut-on pas espérer là, le chant du cygne de la république athée et l'annonce d'un réveil religieux ou du moins d'un réveil de ce qui a fait la France avec la prise de conscience chez les Français que "c'est par le retour à ses traditions de Foi et d'honneur, que la grande nation (i.e. la France) un moment affaiblie, recouvrera sa puissance et sa gloire" (Comte de Chambord) [1] ?


--Phil 18 avr 2005 à 09:00 (EDT)