Définition de la Révolution

De Christ-Roi
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Une idée

D'abord la Révolution est une idée ; sans cela elle n'agiterait pas le monde.

Ensuite c'est une idée opposée à la doctrine formelle de l'Église ; c'est une hérésie comme le gnosticisme, l'arianisme, le nestorianisme.

"Dans l'évolution complète de l'idée révolutionnaire, il y a trois degrés successifs. Il y a le libéralisme : la doctrine de ceux qui, par bon sens ou par timidité, s'arrêtent à mi-chemin. Il y a ensuite le radicalisme, qui nous menace en ce moment : la doctrine de ceux qui, par passion ou par logique, iront jusqu'au bout. Et enfin il y a le socialisme qui s'affirme timidement et attend l'avenir (L’auteur Mgr Bougaud, Le christianisme et les temps présents, écrit cela en 1890 !)...

La dictature d'une minorité

Voici ce que disent deux historiens protestant de la révolution de 1789:

"on passe de la de la tyrannie d'un tyran débonnaire – celle du roi de France – à la véritable tyrannie, celle du monocamérisme ou celle des majorités changeantes d'une assemblée sous la pression des tribunes"... (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Paris 1996, p. 256). Ces deux historiens admettent que la véritable tyrannie n'était pas celle du roi, mais celle de l'Assemblée...

En effet, "[...] 1789, c’est une minorité qui s’empare du pouvoir et se le dispute... Conduite au nom du peuple, la Révolution s’est effectuée sans le consentement du peuple, et souvent même contre le peuple..." (Jean Sévillia, Historiquement correct, pour en finir avec le passé unique).

Et ce qui est terrible, c'est qu'au nom de leur idéologie, les révolutionnaires ont d'abord assassiné le petit peuple des paysans artisans et ouvriers, avant de s'en prendre aux nobles. Il fallait décapiter le bas-peuple en l'extirpant des 'obscurantistes' et des 'brigands' et de tous ceux qui ne voulaient pas du nouveau régime :

"... Les études statistiques montrent que les guillotinés étaient à 31% des ouvriers ou des artisans, à 28% des paysans, à 20% des marchands ou des spéculateurs. Les nobles et les ecclésiastiques n’ont respectivement fourni que 9% et 7% des victimes..." (Jean Sévillia, ibid.).

Ces chiffres sont sensiblement les mêmes que ceux de René Sédillot:

"... (les exécutions) concernent pour 28% des paysans, pour 31% des marchands et des spéculateurs, mais seulement pour 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé..." (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 24).

"... on décapite moins des aristocrates que des artisans ou des boutiquiers, moins par fanatisme que par habitude…" (René Sédillot, ibid., p. 22)

"Chateaubriand dit : 1792-1795 « Les conventionnels (1792-1795) faisaient couper le cou à leurs voisins avec une extrême sensibilité pour le plus grand bonheur de l’espèce humaine… » (Chateaubriand in Jean Sévillia, ibid.).

C'est que les plus grandes dictatures disent toujours travailler au bien du petit peuple...

Notons que si aujourd'hui, la révolution ne tue plus directement (mais elle continue à tuer les âmes), elle n'en reste pas moins une dictature pour un Claude Reichman:

"Anonyme et féroce, la dictature qui soumet la France à son joug est probablement la pire que la France ait jamais connue..." (Claude Reichman, Le secret de la droite)

La Haute Vente dévoile son but

"Personne, sous aucun prétexte, n'obtiendra de moi que je consente à devenir le roi légitime de la Révolution..." (Le Comte de Chambord, dans son manifeste du 25 janvier 1872). [1]

Mais qu'est-ce que la Révolution ? La réponse à cette question est capitale. Sinon on ne peut comprendre la conduite du Comte de Chambord en 1872-1873.

Historiquement, voici comment Jean de Beer la définit, dans son Saint Louis : "dix années les plus obscurantistes, les plus ruineuses, de l'Histoire européenne – 1789-1799 – qui n'ont rien respecté du tout, ni les peuples, ni les frontières, ni les princes, ni la justice, ni la charité..." (Jean de Beer, Saint Louis, Payot, Paris 1984, p. 13).

Voici maintenant de quelle façon s'exprimait le duc d'Anjou, en 1987, à la veille de la 'célébration' du bicentenaire de la révolution:

"Quel intérêt y a t il en effet à commémorer la plus tragique fracture de notre histoire, cette guerre civile, guerre franco-française, qui a coûté plus d'un million de vies à notre peuple [le prince se trompe, le bilan de la Révolution est de deux millions de morts selon René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 11 et 28], qui a plongé le plus vieil Etat d'Europe dans un chaos sans nom, ruinant les efforts de plus de dix siècles, qui a rétrogradé la première puissance de l'époque, qui nous a fait perdre quasiment un siècle sur les autres nations dans l'ordre des institutions, des techniques, de l'économie, et qui a créé chez nous, par le seul pouvoir maléfique des slogans démagogiques et d'idées creuses, des antagonismes factices dont nous souffrons et qui nous épuisent encore deux siècles plus tard ?" (Alphonse duc d'Anjou et de Cadix, dans une allocution prononcée à Paris, le 22 janvier 1987). [2]

Comment donc une telle catastrophe a-t-elle pu se produire ?

"Notre but final est celui de Voltaire et de la Révolution française, l’anéantissement à tout jamais du catholicisme et même de l’idée chrétienne, qui , restée debout sur les ruines de Rome, en serait la perpétuation plus tard..." (Instruction permanente de la Haute Vente des Carbonari en Italie).

"Dans cette Révolution Française, tout, jusqu’à ses forfaits les plus épouvantables, tout a été prévu, médité, combiné, résolu, statué ; tout a été l’effet de la plus profonde scélératesse" (Abbé Barruel) [3]


[...] Satan allait susciter Voltaire, Rousseau, la Franc-Maçonnerie, l'athéisme philosophique, enfin la Révolution proprement dite, c'est-à-dire la grande Révolte de la société contre l'Eglise, de l'homme contre le Fils de l'homme, de la terre contre le ciel (Mgr de Ségur, Le Sacré-Cœur de Jésus, 10e édition, Paris : Tolra, libraire-éditeur, 1876, p. 50).

C'est que "la Révolution était préparée depuis longtemps par le libertinage des esprits et des moeurs. Ce sont les impies et brigands associés qui l’ont fait éclater ; mais ils n’auraient jamais réussis dans leurs desseins s’ils n’avaient eu pour alliés les égoïstes et les peureux et surtout les partisans à outrance des demi-mesures et de la conciliation..." (Père de Clorivière)

Dieu détrôné, l'homme à sa place

"Si, arrachant le masque à la Révolution, vous lui demandez : Qui es-tu ? elle vous dira : "Je ne suis pas ce que l'on croit. Beaucoup parlent de moi, et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme qui conspire dans l'ombre, ni l'émeute qui gronde dans la rue, ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d'une dynastie à une autre, ni le trouble momentané de l'ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades ni le pillage, ni l'incendie ni la loi agraire, ni la guillotine ni les noyades. Je ne suis ni Marat ni Robespierre, ni Babeuf ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes oeuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers, et moi je suis un état permanent (…)

Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n'a pas établi et dans lequel il n'est pas roi et Dieu tout ensemble ; je suis la proclamation des droits de l'homme contre les droits de Dieu ; je suis la philosophie de la révolte, la politique de la révolte, la religion de la révolte ; je suis la négation armée ; je suis la fondation de l'état religieux et social sur la volonté de l'homme au lieu de la volonté de Dieu ! en un mot, je suis l’anarchie ; car JE SUIS DIEU DÉTRÔNÉ ET L'HOMME À SA PLACE. Voilà pourquoi je m'appelle Révolution ; c'est-à-dire renversement, parce que je mets en haut ce qui, selon les lois éternelles, doit être en bas, et en bas ce qui doit être en haut" (Mgr Gaume)

Voilà le cadre fixé. La Révolution est DIEU DETRÔNE ET L'HOMME À SA PLACE...

"Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu'on a vu, et peut-être de tout ce qu'on verra" (J. De Maistre, Considérations sur la France, chap. V., cité in Marquis de la Franquerie, Louis XVI le roi-martyr, Éditions Résiac, Montsurs 1981, p. 37).

"[...](la génération)des Diderot, Rousseau, d'Holbach, d'Alembert et Condillac, écrivait la plupart du temps sous l'empire d'une volonté démoniaque: d'un côté ses représentants prônaient ouvertement la destruction de toute structure sociale et de toute forme de moralité sans distinction; de l'autre ils élaboraient une sorte de mathématique sociale, éloignée de la réalité, d'après laquelle la nouvelle humanité [mythe de l'homme nouveau] devait être reconstruite. Si l'on étudie les révolutions qui ont suivi jusqu'à nos jours, on découvre que pour des situations historiques extrêmement variées, les revendications des idéologues révolutionnaires, depuis les philosophes, jusqu'à nos gauchistes d'aujourd'hui, sont identiques dans l'inspiration comme dans le détail…. Ils ont élaboré un système abstrait dans l'espoir de l'imposer à la société avec une certaine 'prédisposition idéologique', ce que Gibbon a appelé une 'attitude fondamentale' (Stance toward the world), une liberté critique. Les philosophes n'aspiraient à rien moins que la Société Idéale" (Thomas Molnar, La Contre-Révolution, Poche, Union Générale d'Éditions, Saint-Amand 1972, p. 20)

"Ce que l'on pourrait appeler aujourd'hui la 'tentation du totalitarisme' est ainsi parfaitement présente chez les théoriciens de la Société Idéale au XVIIIe s… Pour commencer, il fallait changer du tout au tout les institutions et les structures sociales existantes, les détruire même, et l'Église comme la monarchie devaient aider au travail de démolition. L'attaque lancée contre le christianisme et l'Église fut d'abord déguisée derrière des professions de foi jansénistes, anticléricales, sentiments très répandus chez les intellectuels et les magistrats; après 1715, date de mort de Louis XIV, l'intention véritable se montra au grand jour.

Une des premières pièces de Voltaire, Œdipe (1718), contient ces vers, qui n'auraient certainement pas été tolérées du vivant du vieux roi, et pouvaient soudain être acceptés sous la Régence : "Nos prêtres ne sont pas ce qu'un vain peuple pense, notre crédulité fait toute leur science". Les attaques contre le christianisme, l'Église et le clergé allèrent désormais de pair et fournirent, sans doute possible, le thème le plus largement exploité du siècle, les traits d'esprit d'un Voltaire rivalisant avec les expressions de mépris et de haine d'un d'Holbach. La formule de Peter Gay, "la montée du paganisme moderne", sous-titre de son livre sur Les Lumières, est très évocatrice" (Thomas Molnar, ibid., p. 30-34).

"...(les philosophes), leurs dogmes étaient : la liberté indéfinie de la presse et la tolérance illimitée des opinions… La cour montra un goût masochiste pour la liberté d'opinion.

On connaît la représentation du Mariage de Figaro, où la cour tout entière, y compris le couple royal, applaudit aux vers que Figaro adresse au comte Almariva, lui reprochant de n'avoir rien fait d'autre dans la vie que de s'être donné la peine d'être né. Le vieux Voltaire put se permettre de décerner une approbation à Marie-Antoinette pour la félicter de son "libéralisme"...

(Voltaire), après son Œdipe, une autre de ses tragédies, Brutus, fut représentée davant la cour de Versailles. Le comte de Ségur note dans ses Mémoires que deux vers avaient été applaudis avec un enthousiasme particulier:

"Je suis fils de Brutus et je porte en mon cœur La liberté gravée et les rois en horreur"...

De nombreux actes de renoncement à l'autorité précédèrent et suivirent celui-là.

Il semble qu'il soit dans la nature des choses que de tels actes, destinés à apaiser les forces hostiles et à écarter le danger qu'elles représentent, servent mal leur cause. En réalité, ils accélèrent le processus révolutionnaire, parce qu'ils dévoilent les hésitations et les craintes des contre-révolutionnaires.

Spengler en a fourni ce diagnostic lucide : "Dans la période de la démocratie montante (avant 1789 en France, avant 1918 en Allemagne), on trouve un moment fatal où il devient trop tard pour que la réforme nécessaire soit présentée comme un don gratuit; elle est au contraire présentée comme un sacrifice, et l'on devrait alors la refuser avec la dernière énergie, car elle devient le signe de la dissolution" (Oscar Spengler, The Decline of the West, II, 12.

Un autre exemple est l'amnistie accordée par Pie IX quand il devint pape en 1846. Comme le remarque E. E. Hales, cette amnistie ne fut pas comprise comme un signe de pitié, mais de changement dans les sentiments politiques. Deux ans plus tard le pape manqua d'être tué par les révolutionnaires) (Thomas Molnar, ibid., p. 57-58).

"L'autorité était cependant la cible principale et ultime de la république des lettres. Le roi ne pouvait en user pour la réalisation d'aucun dessein, comme il devint parfaitement évident après la convocation des États généraux (Thomas Molnar, ibid., p. 60.

L'homme naturel, enfin dégagé des ruines de l'histoire, devait être l'architecte de l'histoire nouvelle (Barère s'écria le 15 juin 1789 : "Vous êtes appelés à recommencer l'histoire! " Taine commente: "À partir d'aujourd'hui il y aura deux histoires: l'histoire passée de l'homme dénué de raison, et maintenant l'histoire de l'homme rationnel" in Origines de la France contemporaine, II, 47.)

Ce qui faisait autrefois le ciment de la société – les traditions, les lois, les servitudes, les entreprises communes, les souffrances communes, les fêtes commémoratives – tout cela devait être aboli et remplacé par une géométrie sociale reliant dans un système sans histoire les êtres humains dorénavant considérés comme autant d'unités abstraites, uniformes, pensant la même chose, partageant des intérêts identiques, sans le moindre désir de s'élever au-dessus des autres (mythe de l'égalité) ni la moindre raison de tomber plus –bas (mythe du communisme: tout le monde pareil)...

À première vue, cette triste géométrie sociale, celle de Rousseau, de Condillac, d'Helvétius, ne semble pas faite pour enflammer l'imagination ni l'enthousiasme de quiconque, encore moins pour rassembler des disciples motivés (Thomas Molnar, ibid., p. 72).

La conviction croissante est que l'humanité peut prendre en main sa propre évolution pour aboutir à un monde différent et meilleur. L'homme devient le véritable DEMIURGE ou encore, comme l'écrivait un des philosophes, Dupont de Nemours, avant Marx, il est destiné à se fondre à nouveau avec cette matière dont il est originaire, à retrouver par ses seules forces, l'éternité divine. C'est ainsi que dans la doctrine révolutionnaire, l'individu est le grand centre d'intérêt, on le glorifie au-delà de toute mesure... (Thomas Molnar, ibid., p. 77).

Pour rendre le peuple heureux s'écriait Rabaut Saint-Étienne, président de l'Assemblée révolutionnaire, il est nécessaire de rénover, de changer les idées, les lois, la morale… de changer les hommes, les choses, le monde… de tout détruire. Car tout est à recommencer".

Soixante ans plus tard, Bazarov, dans le roman de Tourguéniev, tenait la même justification. Il faut tout détruire répétait Bazarov dans le bureau de Pavel Pavelitch. – Que faire, si le peuple ne le veut pas ? – Cela ne prouve rien! Répliquauit Bazarov. Tu iras contre le peuple, alors ? – Pourquoi pas ? criait Bazarov... (Thomas Molnar, ibid., p. 88.

Le règne de Satan dans le monde

"... Les principes de la Révolution desserviront toujours et partout les intérêts de l'Église, parce que la lutte contre l'Église catholique, apostolique et romaine est la raison d'être et l'essence même de la Révolution. Leur opposition n'est pas accidentelle, due aux circonstances, aux lieux, aux contingences d'un moment... Ce sont des ennemis essentiels.

On a dit : « L'Église est le bien absolu. La Révolution est le mal absolu. » C'est vrai autant que cela peut l'être. Car l'Église, c'est Jésus-Christ. Et la Révolution, c'est Satan." (A. Roul - Docteur en théologie et en philosophie-, L'Eglise Catholique et le Droit Commun, Éditions Doctrine et Vérité, 1931, p. 517.

"[...] la révolution française [...] est satanique dans son essence [...]" (Joseph De Maistre, Du Pape, 1820, in Œuvres choisies, Paris : A. Roger et F. Chernoviz éditeurs, 1909, pp. 40-41).

"[...] la Révolution 1789 est, ou plutôt serait la destruction totale de l'ordre divin sur la terre, le règne parfait de Satan dans le monde..." (Mgr de Ségur, La Révolution expliquée aux jeunes gens, 1862, Éditions du Trident, 1997, p. 15)[4]

"[...] la Révolution française [...] est une doctrine et une doctrine radicale, une doctrine qui est l'antithèse absolue du christianisme..." (Mgr Charles Freppel, La Révolution Française, 1889, Éditions du Trident, 1997, p. 21).

"[...] la Révolution est satanique dans son essence [...]" (Cardinal Pie, Lettre à M. de l'Estoile, 12 juillet 1846, cité par le chanoine Étienne Catta, La doctrine politique et sociale du Cardinal Pie, Nouvelles éditions Latines, 1991, p. 105).

" [...] la philosophie sans foi et sans loi du XVIIIe siècle a passé des spéculations dans l'ordre pratique ; la philosophie sans foi et sans loi du XVIIIe est constituée la reine du monde et elle a donné le jour à la politique sans Dieu. La politique ainsi sécularisée, elle a un nom dans l'Evangile : on l'appelle « le prince de ce monde, le prince de ce siècle » ou bien encore « la puissance du mal, la puissance de la Bête » et cette puissance a reçu un nom aussi dans les temps modernes, un nom formidable qui, depuis soixante-dix ans, a retenti d'un pôle à l'autre : elle s'appelle la Révolution. Avec une rapidité de conquête qui ne fut jamais donnée à l'islamisme cette puissance émancipée de Dieu et de son Christ a subjugué presque tout son empire, les hommes et les choses, les trônes et les lois, les princes et les peuples" (Cardinal Pie, Discours pour la solennité de la réception des reliques de saint Emilien, in Œuvres, t. III, p. 516-518, cité par le Chanoine Étienne Catta, La doctrine politique et sociale du Cardinal Pie, Nouvelles Éditions Latines, 1991, pp. 106-107).

" [...] la Révolution nie Dieu et affirme l'homme. L'homme, affublé du triple droit de penser, de dire et de faire, ce qu'il juge vrai, bon et utile, l'homme est le Dieu de la terre. [...] La Révolution à tous les degrés est athée et doit l'être ; elle veut tuer Dieu, c'est-à-dire ceux qui y croient pour établir ce qu'il lui plaît d'appeler « le bonheur sur la terre" (Mgr Fèvre, protonotaire apostolique, Préface du tome XV de l'Abbé Rohrbacher, Histoire universelle de l'Église catholique, Paris : Librairie Louis Vivès, 1904, tome XV, p. 7-9).

La Révolution n'est donc pas née de l'Évangile contrairement à ce que d'aucuns voudraient nous faire croire (Lamartine par exemple...); elle est née contre l'Évangile, des passions que réprouve l'Evangile. Elle en est la contradiction et la haine.

Qui comprendrait cela verrait clair dans les obscurités redoutables de l'heure présente, et s'expliquerait la conduite de l'Église. L'Église n'a jamais condamné la société moderne ; elle a condamné vingt fois la Révolution ; elle la condamnera jusqu'à la fin.

Entre l'Église et la société moderne il y a moyen de s'entendre. Entre l'Église et la Révolution il n'y en a point. Ou l'Église tuera la Révolution, ou la Révolution tuera l'Église. C'est un duel à mort. (Mais nous avons les promesses de l'éternité).

"Tuer dans l'humanité tout élément supérieur, religieux et divin, en faire disparaître de ce monde jusqu'au dernier vestige, y substituer le culte de l’homme animal et terrestre, la religion de la chair et des appétits immondes et infâmes, livrer l'homme à l'esclavage le plus hideux de la matière et des sens, sous prétexte de l'affranchir de toutes les servitudes et de constituer ainsi la société parfaite : voilà le but unique que la révolution poursuit en ce moment avec une frénésie de rage dont rien jusqu'à présent ne peut donner l'exemple." (C. F. Chevé, L'armée Antichrétienne, in L'écho de la France, Vol. V, Montréal, 1867, pp. 399-407).

L'Etat sans Dieu

"La Révolution se met à la remorque du peuple et le pousse à l'abîme [...] La Révolution, c'est-à-dire l'Etat sans Dieu [...]" (R. P. A. Berthe, Garcia Moreno, Édition canadienne, Trois-Rivière : Librairie du Sacré-Cœur, P. V. Ayotte, pp. 350-351).

"L'Etat sans Dieu ! N'est-ce pas, en effet, le mal social particulier à notre temps ! N'est-ce pas la vraie cause de nos malheurs, l'explication de tant d'évènements inexplicables, l'aberration la plus incompréhensible dans laquelle puisse tomber une nation chrétienne au nom du progrès ! (...) L'irréligion d'Etat ne profite qu'à l'irréligion générale, qu'à la ruine de toute religion et de toute société..." (Cardinal Pie, La royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ).

"Pour tout dire d'un seul mot : l'émancipation progressive de l'Europe de la tutelle du catholicisme, sa sortie de l'ordre divin et la substitution, en toutes choses, de la souveraineté de l'homme à la souveraineté de Dieu : voilà le caractère distinctif de l'époque moderne ; voilà ce que nous appelons la Révolution ; voilà le mal !" (Mgr Gaume, La Révolution, Paris : Gaume Frères, 1856, Vol. 1, p. 7).

Une régression barbare

La Révolution n'est pas la société moderne ; elle en est le chancre !!! … un cancer.

"[...] Et tous ensemble sont ce que j'ai appelé le chancre de la société moderne, et en seraient la ruine totale, si l'Église n'était pas là" (Mgr Bougaud, Le christianisme et les temps présents, 4e édition, Paris : Librairie Poussielgues Frères, 1890, Tome 4e, 3e partie, chap. II, pp. 386-387).

"Et qu'est-ce, d'ailleurs, que [...] la Révolution, sinon le droit de l'homme affranchi du contrôle de Dieu ? Et qu'est-ce qu'un tel droit, sinon le retour à la barbarie ? [...] La Révolution est la dernière barbarie [...]" (Antoine Blanc de Saint-Bonnet, L'infaillibilité, 1861, Paris : Nouvelles Éditions Latines, 1956, pp. 29-31).

La révolution marque donc le retour à la barabarie antique. Mais la situation est bien terrible. Car de nos jours, les impies se sont détournés de Dieu en conscience, en connaissant la Vérité : ce sont des apostats qui ont renié Dieu, alors que les Barbares des temps anciens eux, ne savaient pas...

"Depuis 89, tout s'agite, tout roule sur la Révolution. La Révolution nie Dieu, Jésus-Christ et l'Eglise, elle affirme l'homme avec la légitimité de ses passions et la prépotence absolue de son droit dans l'organisation de la société. Il s'agit toujours d'établir l'ordre social en dehors de l'ordre religieux, et même en opposition à toute révélation surnaturelle" (Abbé Rohrbacher, Histoire universelle de l'Église catholique, Paris : Librairie Louis Vivès, 1904, tome XIV, livre 92e, p. 10).

Raison(s) de l'échec de la contre-révolution (Thomas Molnar)

Thomas Molnar, La Contre-Révolution, Poche, Union Générale d'Éditions, Saint-Amand 1972, p. 99: La considération dans laquelle on tient la révolution à notre époque vient principalement de la pénétration progressive des idées d'extrême-gauche dans les classes moyennes. Celles-ci les cultivent pour répandre ensuite dans toutes les directions par tous les moyens de communication disponibles.

On peut dire que la stratégie principale de la révolution depuis deux cents ans est l'utilisation consciente des moyens de communication… (Or)… ce que les contre-révolutionnaires ne comprenaient pas était que le système qu'ils rejetaient, et qui était incontestablement fragile, reposait sur la possibilité d'une rapide mobilisation de l'opinion publique, c'est-à-dire sur l'action des moyens de communication au sens étroit (au début surtout les journaux) et d'amplificateurs tels que les masses urbaines, les partis politiques, et des groupes d'intellectuels capables de formuler dans l'instant des idéologies capables de séduire. Ainsi le contenu de la révolution était-il inséparable de sa méthode de propagation dans tous les coins de la société et, en retour, cette méthode ne pouvait que servir le dessein révolutionnaire (p. 110).

Le révolutionnaire de tout pays et de tout milieu est anti-militariste, car le militarisme que l'on rencontre dans un contexte national est inséparable du nationalisme et donc, du point de vue hégélien, de la division de l'humanité en diverses entités. Mais en réalité, le révolutionnaire est militariste dans l'âme, en ce sens qu'il veut l'unité de l'espèce humaine, ce qui implique une obligation agressive d'uniformité. Tous les groupes révolutionnaires, quels que soient les slogans anarchistes qu'ils peuvent arborer, finissent en uniforme... (p. 131).

"La thèse principale de ce livre est que l'échec général de la contre-révolution est dû à … l'absence d'une dynamique sociale agitée et impatiente qui aurait procuré l'énergie nécessaire à un élan soutenu… une attitude de quasi-mépris à l'égard des instruments typiques de l'organisation moderne telle que le parti politique, les moyens de propagande enrégimentés, les mythes idéologiques fabriqués"… (je résume l'idée de l'auteur : la pensée et l'action contre-révolutionnaire auraient été affectées par l'absence d'un appareil d'opinion cependant que cet appareil existait dans le camp adverse) (p. 173-174).

La restauration contre-révolutionnaire a régulièrement échoué, non en raison de quelque faiblesse intrinsèque dans la philosophie contre-révolutionnaire, mais parce que les contre-révolutionnaires étaient largement incapables d'utiliser des méthodes modernes, une organisation, des slogans, des partis politiques et la presse. Le processus publicitaire était abandonné aux révolutionnaires, si bien que les contre-révolutionnaires se sont toujours montrés sous une lumière défavorable, quand du moins ils parvenaient à se faire connaître. Une conséquence est que l'homme de la rue, même non engagé, porte en lui-même un petit mécanisme qui lui dicte des réactions sympathiques à l'égard des héros et des causes révolutionnaires et un sentiment d'étrangeté devant les causes contre-révolutionnaires. Les agents de communication au service des contre-révolutionnaires font peu, sinon rien du tout, pour corriger cette attitude initiale, qui ne fait que se renforcer sous l'influence permanente de la propagande de gauche. Les contre-révolutionnaires s'adressent essentiellement aux déjà convertis, dont le nombre est peut-être très important, peut même représenter la majorité, mais n'augmente pas au-delà de ce premier contact. Par ailleurs, le public contre-révolutionnaire est en général un public "statique", qui ne ressent pas le besoin ou la possibilité d'une plus grande expansion, que ce soit par le moyen du savoir, de la mobilité ou de la conquête des institutions; il lui suffit de savoir que ses opinions sont justes (p. 179-180).

Dans l'arène politique, la contre-révolution doit habituellement attendre que les évènements persuadent la population et les électeurs de rallier sa cause; elle semble être dans l'incapacité de les persuader en période de calme et de normalité, ce qui est dû pour une large part à ce que les contre-révolutionnaires ne font aucun effort particulier dans ce sens et laissent le champ libre aux moyens de propagande révolutionnaire. Aussi le moment de la crise venu, ne possèdent-ils aucun groupe de partisans organisé et éprouvé, mais seulement une masse de gens unis pour la circonstance, invertébrée, réclamant à grands cris une protection immédiate contre l'agression idéologique, le désastre financier ou l'anarchie. La réputation des porte-parole contre-révolutionnaires en souffre doublement: d'abord, parce que dans la période qui a précédé la crise, ils se posent en 'prophètes du malheur'; ensuite, parc qu'une fois la crise venue, on les accuse d'être incapables de redresser la situation. De toute manière, ils se font connaître avant comme après, en tant qu' "hommes de crise", n'émergeant qu'à l'occasion de circonstances exceptionnelles, assurant les interrègnes en "hommes providentiels" et en "dictateurs"… Le contre-révolutionnaire laisse les révolutionnaires se charger de faire son portrait, de sorte que la description de son passage au pouvoir et la réputation qu'il laisse à la postérité sont également faites (ou refaites) par ses adversaires ! On pourrait dire que la philosophie contre-révolutionnaire – mais aussi les programmes et les actes – sont vus par l'opinion publique et par l'histoire à travers les descriptions et avec les critères de jugement des révolutionnaires.

Raison(s) spirituelle de l'échec de la contre-révolution

L'apostasie des nations (apocalypse)

L'envoi d'une 'puissance d'égarement'

A cause de nos péchés, et à cause des péchés de l'Eglise, le concile Vatican II, serait-il cette 'puissance d'égarement' pour que l'on croit au mensonge (II, 10-11) ? Les fruits de la nouveauté théologique, politique et doctrinale, ne se sont de toutes façons pas faits attendre :

- Effondrement des vocations religieuses et sacerdotales, - Affaissement de la pratique religieuse, - Montée vertigineuse de l’indifférentisme, du relativisme, du scepticisme, de l'athéïsme...

Depuis 1962, les nouvelles générations sont élevées dans une totale ignorance de la religion ; la transmission ne se fait plus. Le nombre des baptêmes en France est en chute libre. Le dépôt de la foi n'est plus gardé gardé par ceux qui ont le devoir sacré de le conserver. Dès lors, rien de surprenant si depuis quarante ans, la société s’est complètement décomposée. En quatre décennies, la société a plus changé qu’en deux millénaires : nous avons quitté la civilisation édifiée par des siècles d’efforts, de sacrifices, de dévouement, pour une barbarie infiniment pire que celles des Romains ou celle des Germains de l’Empire romain. Car notre monde n’est pas païen par ignorance comme sous l’Antiquité, mais par apostasie. Ce qui est bien plus grave... Il a rejeté en conscience et avec obstination la vérité connue. Or comme le prophétisait le cardinal Pie « lorsque le bon Dieu ne règne pas par sa présence, il règne par toutes les calamités liées à son absence »... Le péché contre le Saint-Esprit est le REFUS OBSTINE de se conformer à la vérité, tout en connaissant celle-ci :

Matthieu 12.31 Jésus dit : je vous le déclare, tout péché, tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné.

Mt 12:32 Quiconque parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce monde ni dans le monde à venir.

Celui qui enseigne aux autres consciemment à rejeter le Fils de Dieu (parler contre l’Esprit Saint), et qui plus est au public, s'expose au jugement de Dieu.

Notre Seigneur Jésus-Christ nous avertit :

"Qui m'aura renié devant les hommes, sera renié devant les anges de Dieu" (Luc XII, 9).

Or qu'est ce que nos constitutions 'modernes', qui toutes les unes après les autres ont apostasié le Nom de Notre Seigneur pour se mettre en conformité avec la nouvelle théologie conciliaire, si ce n'est une apostasie publique ?

La Sainte Vierge avait dit à La Salette que l'Eglise serait éclipsée. Or, les faits sont là devant nos yeux, il semble bien que depuis 1965, le concile Vatican II ait comme éclipsé l'Eglise. Cela nul ne peut le nier à moins d'être aveuglé par la "puissance d'égarement" (T.OB.) ou "opération d'erreur" (Vulgate) ou "illusions puissantes" (Bible Crampon) permises par Dieu à la fin des temps...

II Thessaloniciens II, 9 : "Il (l'impie) viendra par l'opération de Satan, au milieu de toute sorte de miracles, de signes et de prodiges menteurs. 10. Et avec toute séduction d'iniquité pour ceux qui périssent, parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité afin d'être sauvés. C'est pourquoi Dieu leur enverra une 'opération d'erreur', de manière qu'ils croiront au mensonge"...

Comme lors du phénomène de l'éclipse, la lune, un astre mort (le concile) est venue se placer devant la lumière de Dieu (son Eglise), qui d'ennemie du monde s'est faite amie du monde...

Lors de la messe célébrée, le dimanche de Pentecôte 2004, par .E. Mgr Richard Williamson (qui eut les honneurs du Figaro, le lendemain...) : "Le monde qui nous entoure ne vaut pas cher, c’est une quincaillerie éblouissante, lança-t-il aux fidèles. Ne vous laissez pas leurrer !".

En effet, Jacques I.27 nous indique : "la religion pure et sans tache devant Dieu le Père, la voici :… se garder du monde pour ne pas se souiller..."

Jacques IV, 4 précise si ce n'était pas assez clair: " Adultères, ne savez-vous pas que l'amitié du monde c'est l'inimitié contre Dieu? Quiconque veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu..."

Or, j'ai remarqué dernièrement cette scène étrange du monde venu au chevet de Jean-Paul II lors de son enterrement, où pour la première dans l'histoire, on voit les présidents américains venir assister au funéraille d'un pape...

Les amis d'hier sont devenus les ennemis (les Traditionalistes et la F.S.S.P.X.), les ennemis (Juifs, Protestants, Musulmans), les amis...

Cette nouvelle donne laisse tout de même à réflechir.

L'hérésie moderniste dénoncée par saint Pie X semble bien avoir pris le siège de Rome.

La religion noachide se met en place.

On a pu voir s'afficher le drapeau arc-en-ciel des anarchistes 'Peace and Love' lors des funérailles de Jean-Paul II.

La sainte Vierge l'avait prophétisé à La Salette: "Rome deviendra le siège de l'Antichrist... Et un cloaque d'impureté..."

Un article du Monde du 27.03.05 écrivait [5] :

"Mgr Ratzinger, doyen du Sacré Collège des cardinaux, présenté parfois comme un successeur potentiel, que Jean Paul II avait chargé de rédiger les méditations spirituelles du chemin de croix. Le ton très dur de certains de ses textes a surpris. "Souvent, Seigneur, ton Eglise nous semble une barque prête à couler, une barque qui prend l'eau de toutes parts", a écrit le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Lus par des comédiens, ses textes ont résonné comme autant de commentaires d'actualité. Sur les problèmes de pédophilie, par exemple : " Que de souillures dans l'Eglise, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! Combien d'orgueil et d'autosuffisance !..."

Comment croire que si l’Eglise catholique n’avait pas été trahie par ceux-là mêmes qui avaient charge de la conserver, nous en serions là ?

"On juge l'arbre à ses fruits..." (Matthieu VII, 16-20)

He bien là, quoiqu'en disent les progressistes, et c'est un de leur cardinaux qui le dit, l'Eglise étant devenue comme une 'barque prête à couler', les fruits ne sont pas bons, mais alors pas bons du tout! Ils nous avaient promis le printemps de l'Eglise et c'est la tempête qui est arrivée et qui sur son chemin, a tout balayé.

Le péché capital depuis ce concile, me semble-t-il, c'est l'apostasie des nations, au public, dans leur droit interne, pour être conforme à la nouvelle théologie de l'Eglise sur la liberté religieuse (Dignitatis humanae).

Quant à nous, tenons-nous prêts. Préservons-nous de toute souillure, d'erreur et de corruption.


--Phil 22 avr 2005 à 15:26 (EDT)