La République, un progrès

De Christ-Roi
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Résumé

Le progrès annoncé par les hérauts de la révolution n'est pas celui qu'on a cru.


Aujourd'hui, force est de constater un échec patent.


On peut ironiser mais ceux qui avaient interprété la « modernité (la Révolution) comme une décadence sont aujourd’hui justifiés.


Car à moins d'être aveugle, la 'France' républicaine est en panne...

Elle l'est déjà par rapport à ses propres valeurs et ambitions, en aboutissant paradoxalement à l’inverse de ses buts...


Ce qui n'est d'ailleurs pas nouveau lorsqu'on sait comment un Saint-Just définit la république:

"Ce qui constitue une république, c'est la DESTRUCTION TOTALE de ce qui lui est opposé..." (Saint-Just, cité par Jacques d'Arnoux, L'heure des héros)...


Tout un programme...

La décadence de la France

De plus en plus d'historiens sérieux admettent l'idée soit du déclin soit de la décadence de la France" (La Nouvelle Revue d’Histoire, Déclins et réveils de la France, N°10, janvier-Février 2004).


La république « contractuelle une et indivisible » implose sous nos yeux. Raymond Aron avait pressenti la décadence (voir ses Mémoires, 1983) et "il est légitime de se demander à la suite de Pareto et de beaucoup d’autres, si l’épanouissement des libertés, le pluralisme des convictions, l’hédonisme individualiste ne mettent pas en péril la cohérence des sociétés et leur capacité d’action" (La Nouvelle Revue de l’Histoire, N°10, ibid., page 29).


Nous sommes dans un monde qui vit sur des acquis révolutionnaires. La France n’est plus qu’un simulacre. Mais nous sommes très certainement à la fin de ce cycle. L'explosion de la dette publique, le creusement du déficit et la crise financière sont les signes évidents d'une prochaine réaction du peuple qui devrait balayer le système avec la mafia qui le dirige.


Vouloir replacer la question de la monarchie au cœur du débat public n’est en rien passéiste ou réactionnaire: le régime monarchique - que Montesquieu faisait reposer sur l’honneur - est une vraie alternative à ce système républicain athée défaillant qui ne sait plus créer du lien là où il n'y en a plus ni créé du « vouloir vivre ensemble » (terme de l’impie Ernest Renan définissant ainsi la Nation …) dans des populations que tout différencie...


Le livre "Ne laissons pas mourir la France" de Paul-Marie Couteaux, et Dupont-Aignan chez Albin Michel, parle du danger des communautarismes dangereux pour la paix sociale. Soit la France est de nouveau capable d’être souveraine chez elle, soit c’est la fin qui s’annonce.


"La décadence vient du reniement. Le pays décadent est celui qui renie les vertus et les principes qui avaient fait sa grandeur et sa force. Le reniement de la foi a été le premier signe de la décadence...


Les années cinquante ont été les dernières pendant lesquelles on a vu encore quelque chose de la France. Au déclin est venue s’ajouter la décadence. La France avait déjà connu une première époque de décadence au siècle des Lumières quand la plupart des privilégiés avaient renié les croyances et les principes de leurs pères. La décadence qui s’amorce dans les années 60 du 20ème siècle est beaucoup plus grave parce que le reniement de la foi et des valeurs traditionnelles est quasi général. La crise religieuse postconciliaire, l’abandon de l’Algérie, la trahison de la parole donnée aux harkis, la révolution de Mai 1968, .. forment les principales étapes de ce reniement. Dès les années 70, la France est en état de décadence avancée. Il n’y a plus seulement un déclin, il y a un pourrissement. On le constate dans les lettres et dans les arts. On le constate aussi dans les moeurs. Aujourd’hui, le stade de la décadence est dépassée. La France se meurt. Peut-être est-elle déjà morte. Pourquoi est-on passé de la décadence à la mort ? Il y a trois causes. La première est la substitution définitive de la patrie révolutionnaire, celle des droits de l’Homme, celle qui est ouverte sur l’universel selon l’expression de M. Chevènement, et qui n’est qu’un fantôme et une illusion, à la patrie réelle, celle des vertus et du trésor spirituel et moral accumulé au cours des siècles. La seconde est l’ensemble des lois qui ont détruit la famille et favorisé l’avilissement des moeurs. La troisième est sans doute la plus importante : je veux parler de la nouvelle « éducation » et du « nouvel enseignement » qui sévissant depuis le début des années soixante, ont déjà affaibli les intelligences de deux générations et les ont privées à la fois de leur héritage français et de tout savoir digne de ce nom. Ce peuple a donc perdu, en même temps, et son jugement, et sa mémoire. Il ne vit plus que de ses appétits.... Soumis à de telles conditions, un pays ne peut pas vivre indéfiniment. Il est bientôt asphyxié. La France n’est plus qu’un simulacre. On ne peut plus parler de déclin, ni de décadence. Nous sommes devant la mort et la disparition » (Jean de Viguerie, historien, professeur émérite des universités. Voir son dernier ouvrage, Les Deux Patries, Editions Dominique Martin-Morin, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, ibid., N°10, janvier-Février 2004, page 34.


Voici à présent l'analyse de Jean Tulard: «Le déclin n’est pas la fin. Mais incontestablement, la France de 2004 n’est pas celle du sacre de Napoléon. Alors la France était le pays le plus peuplé d’Europe, Russie mise à part, et possédait la population la plus jeune. Le français était la langue de l’Europe cultivée : il servit à la rédaction des traités de Vienne qui détruisaient pourtant le grand empire. Aujourd’hui l’anglais l’a supplanté et la France est un pays d’immigration. Ce déclin a commencé en 1918. La Grande Guerre a fauché une génération ; plus grave, elle a brisé un élan. Il n’en faut pas plus pour précipiter un déclin. Une crise économique n’est pas mortelle. La chute de sa démographie et la perte de sa langue condamnent une nation à n’être plus qu’un fantôme (Jean Tulard, membre de l’Institut, vice-président de l’Académie des Sciences morales et politiques, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 34).


« On pourrait dire que l’on assiste à la décadence d’une France officielle, instituée, et à la renaissance d’une France instituante... La république, une et indivisible, se veut homogène, alors que la royauté était quand même plus intéressante. Le roi était le primus inter pares parmi les baronnies, des régions, des spécificités locales qui étaient fortes" (Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne-Paris V. Dernier ouvrage paru : Précis de subversion post-moderne (Flammarion), cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 33.


« On peut dire que la France est en déclin si l’on compare la période actuelle aux grandes périodes de prospérité et de rayonnement international . Le mot de déclin me semble correspondre à l’aspect économique de la question. Mais du point de vue moral, je préférerai parler de décadence. Déclin se rapporte à ce qui est matériel. Le mot de décadence a une valeur morale très forte. Pour moi, la décadence que nous connaissons vient très clairement du refus du travail. J’ai été professeur à l’Université de Nanterre. Le processus a été progressif, puis il a explosé en 1968. Je n’y ai pas vu la grande fête dont on a parlé, mais le refus de jeunes gens de courir le risque de la compétition et de la réussite par le travail... Mais l’histoire nous enseigne que rien n’est définitif et que rien n’est jamais pareil...» (Jacques Heers, directeur du département d’études médiévales de Paris-Sorbonne. Dernier ouvrage paru : Les Négriers en terre d’islam (Perrin), cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid.).


« La littérature française n’a absolument plus l’éclat qu’elle avait eu pendant au moins quatre siècles. L’art français n’est plus grand chose. Paris n’est plus la capitale des arts et des lettres. De ce point de vue, la place de la France dans le monde est évidemment en déclin » (Marcel Gauchet, haute figure de l’Histoire et de la sociologie française, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales. Dernier ouvrage paru : La Condition historique, L’histoire comme boussole, chez Stock, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 33.


« L’ivresse de mai 68 se solde pour Gauchet par une gueule de bois théorique, l’expérience d’une illusion et d’une désillusion » ... On ne peut mieux dire...


« Au fond, ce qui porte le schéma marxien d’émancipation c’est le postulat qu’il suffirait que la société soit pleinement elle-même pour que nous devenions libres ; elle serait alors débarassées de toutes les hypothèques que sont l’Etat, les classes, la domination, le politique. ... C’est exactement le contraire qui s’opère, et si une chose est étonnante, c’est précisément qu’on ait pu croire l’inverse ». Marcel Gauchet, de la génération qui eut des certitudes en 1968, est un des rares intellectuels qui aient su très tôt ériger le doute en sagesse et porter un regard critique sur les assises de la modernité ; il a été cloué au pilori à l’automne 2002 sous l’infamante accusation de « nouveau réactionnaire » (Daniel Linderberg, Le Rappel à l’ordre, Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Le Seuil, 2002).


L’effacement des repères sociaux, l’exarcerbation des individualismes : la machine à broyer les peuples est bel et bien à l’oeuvre selon Gauchet (diagnostic anticipé par des visionnaires sulfureux comme Oscar Spengler, Ernst Jünger, ou Martin Heidegger (La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 27).


"L’Homme coupé de ses racines divines est aussi l’homme qui doit affronter la solitude résultant de l’effacement des structures collectives et l’inéluctable omnipotence des individualismes". Gauchet poursuit en dénonçant l’individu-roi sanctifié par l’idéologie des droits de l’Homme. La primauté du marché engendre une dévalorisation du politique. Ce qui explique que notre société de plus en plus libérale se révèle être de moins en moins démocratique... (La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 28).


Voici maintenant ce que nous dit Max Gallo: « Pour moi, la crise est essentiellement celle de l’identité. Je veux dire par là un trouble profond quant au sens de l’histoire nationale. Les élites sont travaillées par l’idée que la nation est obsolète et que les histoire nationales sont finies. Personnellement, je suis d’un avis différent » (Max gallo, agrégé d’histoire. Dernier ouvrage paru : Morts pour la France, trois tomes chez Fayard), cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 32).


« Même si la classe politique de gauche comme de droite estime que parler d’un déclin de la France est un faux problème, ce déclin est patent. La Constitution de 1958 dévoyée (cohabitation, quinquennat, abandon de fait du référendum), la faiblesse de la classe politique expliquent dans une large mesure le déclin français » (François-Georges Dreyfus, professeur émérite d’histoire contemporaine à la Sorbonne. Dernier ouvrage paru : L’Engrenage, 1919-1939 chez Fallois, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 31).


« Déclin et décadence s’entendent en termes de recul de la confiance en soi et de volonté de persévérer dans son être... Il n’est pas exagéré de parler de déclin. On peut voir par exemple un signe de déclin dans le fait que la France a depuis quelque temps relâché ses efforts consacrés au développement de la francophonie dans le monde » (Chantal Delsol, professeur de philosophie politique à l’Université de Marne-la-Vallée. Dernier ouvrage paru : La République, une question française au PUF, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 31).


« Certes notre vieux pays a surmonté jadis maintes crises (1429, 1589, 1815 etc.) mais il avait encore alors une âme... » (François Bluche, professeur émérite à l’Université de Paris X. Dernier ouvrage paru : Richelieu chez Perrin, cité in La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 30).


« Si l’on examine l’état de la France au début du XXè siècle et ce qu’elle est à la fin, il y a un déclin » (Philippe Alméras, professeur de littérature et historien. Docteur de l’Université de Californie, son Retour sur le siècle, est un bilan du XXème siècle... La Nouvelle Revue d’Histoire, N°10, ibid., page 30).


François Chamou, membre de l’Institut de France, un des plus grands hellénistes français, ancien élève de l’Ecole normale supérieure et membre de l’Ecole française d’Athènes, agrégé des lettres, docteur ès lettres, témoigne : « J’ai vécu une très longue vie pendant laquelle j’ai vu le monde se transformer et en particulier notre pays passer d’une situation brillante à sa présente déconfiture » (François Chamou, entretiens Nouvelle revue d’Histoire N°8, Sept-octobre 2003).


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Qu'est-ce que la patrie ?

En France le roi a toujours été le père du peuple : "la Patrie, ce fut à l’origine le territoire de la famille, la terre du père. Le mot s’étendit à la seigneurie, et au royaume entier, le Roi étant le Père du peuple. L’ensemble des territoires sur lesquels s’exerçait l’autorité du Roi s’appelait donc ‘Patrie’" (F. Bunck-Brentano, L’ancienne France, le Roi, in Marquis de la Franquerie, La mission divine de la France, ESR, p 96. Cette famille est aimée et respectée comme la première du pays. Elle personnifie ses traditions et ses gloires. Sa prospérité et celle du pays n’en font qu’une. Elle porte en elle les espérances de l’avenir. Tous le savent et vivent en paix. (Mgr Delassus, L’esprit familial, dans la famille, dans la cité, dans l’État, p. 31, in Marquis de la Franquerie, ibid., ESR, p. 96).


"La patrie est une unité totale dans laquelle tous les individus et toutes les classes sont intégrées… Elle est une synthèse transcendante, indivisible, capable d'assumer son propre dessein… Unité permanente, irrévocable" (Antonio de Primo de Rivera, Discours prononcé au Théâtre de la Comédie de Madrid, le 29 octobre 1933, cité in Thomas Molnar, La Contre-Révolution, Poche, Union Générale d'Éditions, Saint-Amand 1972, p. 147).


... Il faut relire le discours prononcé un jour par Charette devant ses officiers : "Notre patrie à nous, c'est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c'est notre Foi, notre terre, notre Roi... Mais leur patrie à eux, qu'est-ce que c'est ? Vous le comprenez, vous?... Ils l'ont dans le cerveau; nous l'avons sous les pieds. Il est vieux comme le diable, le monde qu'ils disent nouveau et qu'ils veulent fonder dans l'absence de Dieu... On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l'homme intérieur...


Au jour de son procès, Charette le répétera à ses juges qui demandaient une explication: "Pour mon Dieu, mon Roi et ma Patrie !" (Michel de Saint Pierre, Monsieur de Charette, Chevalier du Roi, La table Ronde 1977) [1]


Conclusion

Au lieu de parler de grand progrès au sujet de la république, il faudrait plutôt parler de grande régression...


Alors que la république maçonnique tombe en ruine un peu plus chaque jour, étouffe les crises politiques comme l'euro étouffe les crises monétaires (mais sans en faire disparaître les causes qui cheminent sourdement jusqu'à l'explosion finale), l'impuissance caractérise la clique politique française actuelle, incapable de mener à bien les réformes nécessaires à la survie même de la France (mais la souhaite-t-elle seulement ?...), que reste-t-il du mythe révolutionnaire ?


Partout traîtrise, forfaiture, prévarication et décadence. Les scandales judiciaires éclosent à chaque détour des procédures comme des pustules sur un corps infecté. Les malversations financières semblent être devenues le mode de gestion ordinaire d'une économie rendue folle par les tourments que lui infligent la politique et l'administration. Tout va mal, tout va mal, tout va mal. Jusque à quand Catilina … ? Jusque à quand la république ?


Je crois donc [à la grâce de Dieu] qu'après la manifestation de l'impéritie républicano-maçonnique, nous aurons le bonheur de voir le Retour de la Monarchie du "Très-Chrétien", celle qui a fait la France, la France de toujours. Une monarchie revigorée en quelque sorte dans le feu de l’épreuve qui fut son juste châtiment pour de graves péchés commis à la fin de l'Ancien Régime.


"Le mal est la conséquence du péché originel... Mais assurent Joseph de Maistre, Chateaubriand, Bonald, Balzac, Donoso Cortes et bientôt Dostoïevski, le mal (la Révolution) est peut-être une nécessité pour atteindre à la Rédemption, même si celle-ci se fait un peu attendre... (La Nouvelle Revue de l’Histoire, N°10, janvier-Février 2004, ibid., page 29).


Finalement, "il n’y a qu’un mot d’ordre, pour en sortir ; il est triple : ce n’est pas le maçonnique Liberté, Égalité, Fraternité ; c’est, avec la grâce du Saint-Esprit : Foi, Espérance et Charité !" (Vicomte François René de Chateaubriand – 1815).