Obélisque du Vatican

De Christ-Roi
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Cet obélisque est en granit rouge et mesure 25 mètres de haut. Il ne porte aucun hiéroglyphe.


Il semble maintenant certain[1] que cet obélisque est l'un de deux taillés sur ordre de Nencoreus[2], fils du pharaon égyptien Sesosis, comme offrande pour avoir recouvert la vue et le place dans le dans le temple du soleil à Héliopolis.


L'obélisque avait une signification religieuse païenne, il était dédié au Soleil, les égyptiens disaient qu'il avait la forme d'un rayon de soleil. Placé au centre d'un cirque il symbolise le soleil, les quatre équipes de chars rappellent les quatre saisons, les attelages composés de quatre chevaux représentent des quadriges solaires, les douze portes du cirque évoquent les douze signes du zodiaque, etc... [3]. On lit sur l’obélisque de la piazza del Popolo à Rome, l'inscription suivante : « Moi, César Auguste, (...) fait don de cet obélisque au Soleil », au XVIe siècle, le pape Sixte-Quint répond en inscrivant : « Je m’élève (...) celle dont le ventre virginal, sous le règne d’Auguste, donna naissance au soleil de la justice. »[4]. Les romains pouvaient aussi se servir des obélisques comme d'une aiguille dans un cadran solaire géant.




Cirque de Caligula-Néron. Au centre l'obélisque.
Cet obélisque fut apporté d'Égypte à Rome, par l'ordre de l'empereur Caligula. Il fut placé au centre du cirque de Caligula-Néron, dans les jardins du Vatican (Campus Vaticanus). C'est dans ce[5] cirque qu'eut lieu le premier grand martyr chrétien, en Août 64[6]. D'après Tacite et Suétone[7], les chrétiens forment une secte pernicieuse digne de la haine du genre humain. L'empereur Néron rejeta sur eux la faute de l'incendie de Rome. Il condamna une grande multitude aux plus horribles tourments. Par ses ordres, les uns, couverts de peaux de bêtes, étaient déchirés et dévorés par des chiens féroces; d'autres, mis en croix; ceux-là, enveloppés de poix ou d'autres matières combustibles, et attachés à des pieux qui leur perçaient la gorge; puis le jour tombant, on y mettait le feu afin qu'ils servissent de flambeaux nocturnes. Pendant ce temps, Néron, habillé en cocher dans le cirque du Vatican et entouré de la plus vile populace, conduisait lui-même un char à la lueur de ces torches funestes. Ce triste spectacle toucha de compassion les romains mêmes; ils ne pouvaient voir sans peine immoler des malheureux, non point à l'utilité publique, mais au cruel divertissement d'un seul homme. Telle fut la première persécution qu'eut à souffrir l'Eglise. Quelques années plus tard, Néron fait crucifier Saint Pierre, le premier pape, dans le cirque, au pied de l'obélisque[8].




Reconstitution de la basilique constantinienne. L'obélisque (en rouge), resté en place, se trouvait près du chevet, côté sud. www.mediterranees.net
Alors que d'autres ornements de ce type furent détruits au Moyen Âge, à cause de leur double relation avec la Rome et l'Egypte païennes, on conserva celui-ci en vertu de la signification particulière qu'il avait prise dans la tradition chrétienne. On appelait cet obélisque l'aiguille de Saint Pierre, du nom de l'apôtre qui fut martyrisé à Rome sous le règne de Néron vers 64 après Jésus-Christ. La tradition veut que saint Pierre ait été crucifié la tête en bas, «inter duas metas» (entre deux pyramides), c'est-à-dire dans le cirque de Néron sur le Campus Vaticanus, près de l'emplacement originel, à Rome, de l'obélisque du Vatican. Les sites du martyre et de la sépulture de saint Pierre déterminèrent l'emplacement de la basilique, d'où la signification particulière de cet obélisque.[9]


Dans la Rome antique, l'obélisque ornait la spina du cirque de Caligula (carré rouge au centre). Le premier pape, saint Pierre, fut martyrisé dans ce cirque (en rouge). Il fut enterré dans la nécropole(carré bleu) sous la basilique de l'empereur Constantin (en bleu), remplacée ensuite par la nouvelle basilique St Pierre (en vert). En jaune, le nouvel emplacement de l'obélisque. www.mediterranees.net

Constantin, premier empereur converti au christianisme, fit ériger en 324 une basilique là où aurait été déposé le corps de Pierre, à côté de l'obélisque. A la fin du Moyen Age, malgré de multiples restaurations, le batiment menaçait ruine[10]. Sous le pontificat de Nicolas V (1447-1455), dans le plan de rénovation et de reconstruction du Vatican, qui était redevenu le siège permanent de la papauté en 1449, il fut proposé de déménager l'obélisque à un endroit plus important, devant la cathédrale, où il déterminerait un des centres visuels de la cité. Ce projet fut abandonné mais fréquemment repris[9]. Le pape Jules II débute la construction de la nouvelle basilique St Pierre le 18 avril 1506. Mais ni lui ni le pape Paul III ne réussissent à déplacer le monolithe. En 1586, et en quatre mois et dix jours, Sixte V le fit déplacer et placer sur son piédestal au milieu de la place de Saint-Pierre[11]. Étant donné l’origine païenne du monolithe, le pape voulut qu’il soit exorcisé[12].



SIXTUS.V.PONT.MAX / CRUCI INVICTAE / OBELISCUM VATICANUM / AB IMPURA SUPERSTITIONE / EXPIATUM JUSTIUS / ET FELICIUS CONSECRAVIT / ANNO MDLXXXVI PONT.II
L'an 1586, le pape sixte Quint consacra plus justement et plus salutairement l'obélisque du Vatican à la croix invincible, ainsi purifié du culte impur.
ECCE CRUX DOMINI / FUGITE / PARTES ADVERSAE / VICIT LEO / DE TRIBU JUDA
Voici la croix du Seigneur, fuyez, puissances ennemies, le lion de la tribu de Juda a vaincu.
SIXTUS.V.PONT.MAX / OBELISCUM VATICANUM / DIS GENTIUM / IMPIO CULTU DICATUM / AD APOSTOLORUM LIMINA / OPEROSO LABORE / TRANSTULLIT / ANNO. M.D.LXXXVI PONT. II.
L'an 1586, le pape sixte Quint transporta l'obélisque du Vatican dédié aux dieux païens par un culte impie, au seuil du siège des apôtres par un travail difficile
CHRISTVS VINCIT / CHRISTVS REGNAT / CHRISTVS IMPERAT / CHRISTVS AB OMNI MALO / PLEBEM SVAM DEFENDAT
Le Christ a vaincu, le Christ règne, le Christ commande, que le Christ préserve son peuple de tout mal.



Notes

  1. Pavanetto, L'obelisco vaticano e le sue molteplici vicende nel corso dei secoli, dans Salesianum, 1998, vol. 60, n°2, pp.273-281.
    D'après www.noctes-gallicanae.org, son origine est incertaine, elle reposerait seulement sur le témoignage de Pline l'Ancien. Or certains manuscrits diraient qu'il fut brisé durant son transport d'Egypte à Rome et d'autres que c'était une copie. La thèse de noctes-gallicanae.org est :
    Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre XXXVI, XV, 3 (lat):
    Tertius est Romae in Vaticano Gai et Neronis principum circo — ex omnibus unus omnino fractus est in molitione —, quem fecerat Sesosidis filius Nencoreus. Eiusdem remanet et alius centum cubitorum , quem post caecitatem visu reddito ex oraculo Soli sacravit.
    « Le troisième obélisque se trouve à Rome dans le cirque du Vatican édifié par les empereurs Caligula et Néron. Il est le seul de tous à avoir été brisé dans le transport. Il a été taillé sous Nencoreus, le fils de Sesosis. Il en existe un autre taillé par le même roi et haut de 100 coudées (44,1 m) qu’il a consacré au Soleil d’après un oracle, alors qu’il avait recouvré la vue après être devenu aveugle. »
    Le texte de Pline pose ici un problème : l’obélisque de Caligula qui se trouve depuis le XVIème sur la place Saint-Pierre ne présente aucune trace de fracture. Par contre, si on lit d’après quelques manuscrits FACTVS EST IN IMITATIONE EIVS QVEM FECERAT au lieu de FRACTVS EST IN MOLITIONE QVEM FECERAT, « il fut fait sur le modèle de celui qu’avait fait Nencoreus, etc. », on obtient un sens satisfaisant et qui correspond à l’observation de certains spécialistes selon lesquels cet obélisque serait une copie romaine.

    Mais Pline l'Ancien dit ailleurs qu'il vient bien d'Egypte, livre XVI, LXXVI, 5 (lat):
    abies admirationis praecipuae visa est in nave, quae ex Aegypto Gai principis iussu obeliscum in Vaticano circo statutum
    On a vu un sapin merveilleux, mât du vaisseau qui apporta d'Égypte, par l'ordre de l'empereur Caligula, l'obélisque placé dans le cirque du Vatican
    Par ailleurs, Pline dit que les égyptiens fabriquaient des obélisques sans hiéroglyphes, livre XXXVI, XVI, 5:
    Il y a encore deux autres obélisques érigés l'un par Zmarrès, l'autre par Raphius, sans caractères inscrits, (...) le roi Necthébis l'avait fait tailler sans caractères inscrits, ...

  2. Pavanetto dit: Nencoreo, fils de Sesoosis.
    Pline l'Ancien dit Nencoreus, fils de Sesosis, Histoire naturelle, livre XXXVI, XV, 3 (lat)
    Hérodote dit Phéron, fils de Sésostris et donne des détails sur cette offrande en Histoire, l. II, CXI

    Qui sont ces pharaons ?
    • D'après Pavanetto (op. cit.), Phéron est une déformation du mot Pharaon. Il écrit aussi:
    Nencoreo, figlio di Ramses II, tipizzato in Sesoosis il conquistatore, generalmente viene identificato con Ne-Rau. Il truculento faraone ebbe incontri e scontri con Mosè che, secondo Apione, era nativo de Eliopoli. Del resto anche un famoso passo biblico allude a lui (Ex., XV, 3-5).
    Nencoreo, fils de Ramses II, surnommé Sesoosis le conquerant, est généralement appelé Ne-Rau. Le truculent pharaon qui avait des entrevues et des altercations avec Moïse, d'après Apion, était natif d'Héliopolis.

  3. TEYSSEIRE, Pascale - Les obélisques égyptiens et le culte solaire dans l’Antiquité (romaine), thèse 2005
  4. www.noctes-gallicanae.org
  5. Tacite dit: Néron avait prêté ses jardins pour ce spectacle. Le Grand Cirque ayant brûlé, Néron prêta son cirque personnel du Vatican. Paul Allard, Histoire des persécutions, Tome I, p.49.
  6. Tacite, Annales, XV, 44. Voir la traduction de Paul Allard, Histoire des persécutions, Tome I, p.44. Voir aussi p.49 et suivantes
  7. Rohrbacher, Tome02, p. 313
  8. Voir Paul Allard, Histoire des persécutions, Tome I, p.77, note 1
  9. 9,0 et 9,1 Richard HEMPHILL, Le transport de l'obélisque du Vatican
  10. passeggiata/page3.html
  11. Rohrbacher Tome10-Page397
  12. http://www.ciao.fr/Vatican_Rome__Avis_771243