Père Marziac: Le démon

De Christ-Roi
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LE DEMON, FAUT-IL Y CROIRE ?

L’existence du Démon est un fait souvent attesté dans la Bible. La Sainte Ecriture, si discrète parfois sur des points importants, parle environ 50 fois de Satan et 80 fois du Démon, sans compter les textes où il est question du « Malin », de l’« Antique Serpent », des « puissances de ténèbres », de l’« Esprit mauvais ».


DANS L’EVANGILE

L’ADVERSAIRE

Notre-Seigneur apparaît très souvent en lutte avec le démon. La tentation au désert n’est que le prélude du drame invisible qui se déroule tout au long de l’Evangile.

Les noms que Jésus donne à son ennemi suffisent à le caractériser : Il l’appelle « Satan » ou l’adversaire, le « diable », c’est-à-dire le calomniateur : « car Il est menteur et père du mensonge ».

Les oeuvres du démon sont des plus néfastes pour le genre humain. Il ne nous veut que du mal. Homicide dès l’origine du monde, il s’acharne, avec ses anges qui sont « légion », à brimer les corps et à perdre les âmes.

Maître des corps, il éprouve par des souffrances cruelles ceux qu’il délie sous son empire : « L’esprit s’empare de lui, il le jette contre terre, et l’enfant écume et grince des dents... ».

Ennemi des âmes, il agit sur elles d’une manière plus pernicieuse encore. C’est lui :

  • qui enlève la bonne semence répandue dans les cœurs ;
  • qui sème l’ivraie dans le champ du père de famille ;
  • qui « entre en Judas » et lui inspire son crime ;
  • dont Jésus dit aux Juifs « Vous avez le diable pour père... » ;
  • qui, une fois dépouillé, revient à la charge « avec sept autres esprits encore plus méchants » ;
  • en un mot le « Prince de ce monde », et cependant il a déjà trouvé.


SON VAINQUEUR : LE CHRIST

C'est le Christ qui :

  • lui ordonne de laisser en repos le corps des possédés : « Le soir venu, on lui amenait beaucoup de démoniaques, et Il chassait les esprits par sa parole » ;
  • libère les âmes du joug du péché ;
  • sur le point de remonter au ciel, promet à ses disciples l’empire sur Satan : « En mon nom, ils chasseront les démons... » ;
  • leur indique les moyens de triompher de ses artifices :
  • LA PRIERE : deux demandes sur sept, dans le « Pater ».
  • LA PENITENCE : « Ce genre de démon ne peut être chassé que par la prière et le jeune ».
  • finalement l’emportera au dernier jour sur son adversaire : « Je voyais Satan tombant du ciel comme un éclair... Le prince de ce monde va être jeté dehors... ».


DANS LES ÉCRITS DES APOTRES

Saint Pierre nous recommande de « veiller, parce que notre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de nous, cherchant quelqu’un à dévorer ».

Saint Jean consacre une partie de « l’Apocalypse » à nous dépeindre la lutte engagée à perpétuité entre l’Eglise de Dieu et le démon.

Saint Paul nous avertit que ce n’est pas contre les hommes que nous avons à lutter, mais contre les « esprits mauvais » qui les dirigent.


DANS LA LITURGIE

L’Eglise, elle aussi, nous parle souvent du démon :

  • dans les Litanies des Saints : « Des embûches du démon, délivrez-nous Seigneur ! » ;
  • dans les cérémonies du Baptême, où elle multiplie les exorcismes : « Sors de cet enfant, esprit immonde et cède la place à l’Esprit Saint » ;
  • dans le renouvellement des Promesses Baptismales : Je renonce à Satan ;
  • dans les prières de l’Extrême-Onction : « Que s’enfuient les démons ; que s’approchent les anges de la paix ! » ;
  • dans sa hiérarchie, où elle crée l’Ordre des Exorcistes pour le combattre ;
  • dans les prières après la messe, où elle invoque l’archange Saint Michel contre les embûches et la malice du démon : « Repoussez en enfer Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde pour perdre les âmes. » ;
  • dans cette formule, enfin, appelée : « Exorcisme de Léon XIII », qu’elle recommande instamment aux prêtres et aux fidèles.


AU XXIe SIÈCLE

Le démon ne s’est pas manifesté seulement dans l’Eglise naissante : Il agit encore en XXIe siècle, par :

  • la possession diabolique : celle-ci existe, encore de nos jours, sous des formes et des degrés divers et se révèle par une perversité froide dans l’art de corrompre les âmes, et par une rage « satanique » contre l’Eglise et contre Dieu ;
  • le Spiritisme, qui, au sens propre du mot, n’est autre que l’invocation explicite ou implicite du démon. « Je ne croyais pas au démon » avouait, après sa conversion, le marquis de Potet, grand maître du spiritisme ; expérience faite, « j’y crois », et pour cause ! ;
  • La perpétuelle provocation au péché : le démon reste bien, selon le mot de Jésus, le prince de ce monde, le corrupteur des âmes.

N’arrive-t-il pas à beaucoup de chrétiens de ne le voir nulle part, alors qu’il s’insinue partout : presse, cinéma, théâtre, radio, télévision, musique, Internet, modes, danses sont pour lui autant de champs d’action où il tend librement ses filets et où il fait journellement des milliers de victimes. Ne pas en convenir serait nier l’évidence.

« Luciluga bestia », disait Tertullien : le chef-d’œuvre du démon a été de faire croire qu’il n’existait pas. A nous, Chrétiens, de savoir le démasquer et résister à ses sollicitations.


PLUS FORTS QUE SATAN

Pour prendre notre part dans la lutte engagée à perpétuité entre le Roi des cieux et le chef des enfers, fuyons le péché et ses occasions multiples, mortifions nos sens, usons fréquemment de cette arme puissante qu’est la prière, notamment la formule composée à dessein par le Pape Léon XIII : « Au nom de Jésus-Christ, fortifiés par l’intercession de l’Immaculée Vierge Marie et du bienheureux Michel Archange, nous entreprenons avec assurance de repousser les attaques et les artifices du démon... ».

Aidée par la grâce de Dieu, « une âme qui a la foi est plus forte que tout l’enfer ».