Carpocratiens

De Christ-Roi
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Disciples gnostiques de Carpocrate, (IIe s.)

Les carpocratiens mettaient Notre Seigneur Jésus-Christ "aux côtés de Pythagore, de Platon et d’Aristote, dont ils honoraient les images. Selon les carpocratiens, 'le monde étant l'œuvre d'anges inférieurs, le but de l'âme est de s'affranchir de la Création et, par une série de transmigrations, d'atteindre le lieu supérieur dont elle provient'" (Madeleine Scopello, Églises et identités culturelles in Les premiers temps de l'Église, collectif Folio Histoire, Mesnil-sur-l'Estrée 2004, p. 565.)

Enfin, les carpocratiens présentent, une certaine analogie avec les simoniens, à la fois par le culte rendu au fondateur de la secte — étendu, pour les carpocratiens, à son fils, Epiphane — et par la pratique de la magie.

Prodicus, disciple de Carpocrate, fondateur de la secte des Adamites, prétend imiter Adam avant la chute : les adamites allaient complètement nus et c’est dans cet état qu’ils priaient et célébraient. Ils sont mentionnés par Épiphane, Clément d’Alexandrie, saint Augustin et Théodoret.

Les Adamites du XVIIIe siècle, hérétiques de Bohême, les Pikarti ou Picards, qui, au XVIe siècle, constituèrent l’aile radicale du mouvement hussite. Venus de Picardie, où le Libre-Esprit s’était ranimé sous l’influence des Hommes de l’Intelligence, ils rejoignirent les taborites, entrèrent rapidement en conflit avec eux et furent exterminés en 1421 par Jan Zizka. Après l’exécution de Jan Hus à Constance (1415), les taborites développent au sein du mouvement hussite une doctrine de type apostolique et égalitaire. Fondant sur les troubles de Bohême l’espoir de vivre selon leurs principes de liberté, des groupes de Picards qui fuient la persécution engagée contre les Hommes de l’Intelligence s’installent vers 1418 dans les régions de Zatec, Plzen et Prague. Leurs idées influencent, en particulier Martin Húska, dit Loquis, qui prêche, dans la tradition millénariste, l’avènement d’un « nouveau royaume des saints sur la terre [où] les bons ne souffriront pas davantage ». Les adamites de Bohême semblent avoir professé l’édénisme prôné par les Hommes de l’Intelligence de Bruxelles, si l’on en croit Laurent de Brczcová : « Hommes et femmes se débarrassaient de leurs habits et allaient nus, disant que les habits avaient été adoptés à cause du péché commis par leurs premiers parents, mais qu’eux étaient dans un état d’innocence. » La culpabilité est abolie : « Ils s’imaginaient ne pas pécher si l’un des frères avait commerce avec l’une des sœurs. Et, si la femme accouchait, elle disait qu’elle avait conçu du Saint-Esprit. » Le baptême n’existe pas, puisque les enfants sont conçus sans péché originel. De même, les sacrements n’ont aucun sens et toute autorité est niée. Chacun s’estimant être l’incarnation divine, ils prient le Dieu qu’ils possèdent en eux en disant : « Notre Père qui êtes en nous. » (Voir H. Kaminsky, « The Free Spirit in the Hussite Revolution », in Mellenial Dreams in Action, La Haye, 1962.)