Croix de Jésus-Christ

De Christ-Roi
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                                        La Croix de Jésus-Christ.jpg
"Il n'y a pas d'autres explications à la souffrance sur cette terre que la Croix de Jésus-Christ, 
Notre Seigneur." 
" Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il renonce à lui-même , 
 qu'il se charge de sa croix,  
 et qu'il me suive " (Mat., XVI, 24.)

Les maux temporels causés par le péché (Vénérable Père Louis du Pont)

"Deux sortes de biens extérieurs que le péché nous fait perdre:

  • les biens de la fortune
  • et ceux du corps

"Premièrement. Le péché détruit les richesses."

"Dieu les ôte aux pécheurs, parce qu'ils en font un mauvais usage; comme il dépouilla les Egyptiens de leurs trésors, les Jébuséens et les Cananéens de leurs terres.

"Deuxièmement. Le péché détruit l'honneur;"

"parce que celui qui ravit, autant qu'il est en son pouvoir, l'honneur à Dieu ou à son prochain, mérite de le eprdre lui-même. C'est ce qui fit perdre le sacerdoce et la vie même à Héli et à ses enfants, à qui Dieu dit cette terrible parole: Ceux qui me méprisent seront couverts d'ignominie (Qui autem contemnunt me, erunt ignobiles. I Reg., II, 30).

Troisièmement. Le péché détruit le sceptre et l'empire."

"Pour sa désobéissance, Saül perditle royaume que Dieu lui avait donné (Nequadam regnum tuum ultra consurget. I Reg., XIII, 14).

"Nabuchodonosor, à cause de son orgueil, fut également privé du sien et vécut sept ans parmi les bêtes, Dieu coupant cet arbre florissant qui, à raison de ses péchés, ne méritait pas de rester debout (Regnum tuum transibit a te, et ab hominibus ejicient te. Dan., IV, 28-31). Il est juste, en effet, que celui-là n'ait ni dignité ni autorité sur la terre, qui ne se soumet pas au Roi de la terre et du Ciel, et qu'il n'exerce aucune prééminence sur les autres hommes, celui qui, par le péché, se rend semblable aux animaux privés de raison.

"Quatrièmement. Le péché détruit la santé."

"Dieu châtie les pécheurs par des maladies et de sinfirmités nombreuses, par des plaies qui les couvrent des pieds à la tête (A planta pedis usque ad verticem, non est in eo sanita. Is., I, 6). On ne mérite pas la santé, lorsqu'on l'emploie à offenser le Dieu qui l'a donnée; celui qui laisse son âme malade lorsqu'il peut la guérir, mérite d'être affligé d'infirmités corporelles auxquelles il ne puisse remédier, comme le paralytique qui, pendant trente-huit ans, ne put trouver dans la piscine probatique la santé qui était rendue à tant d'autres (Et qui prior descendisset in piscinam post motionem aquae, sanus fiebat a quacumque detinebatur infirmitate. Joan. V, 4).

"Cinquièmement. Le péché bannit le contentement et la joie; il cause une tristesse mortelle qui dessèche les os et rend la vie plus triste que la mort même."

"Le pécheur peut dire comme Jérusalem livrée à la désolation: Le Seigneur m'a rempli d'amertume, il m'a enivré d'absinthe (Replevit me amaritudinibus, inebriavit me absynthio. Tren., III, 15); ou bien avec le malheureux roi Antiochos IV : Dans quelle tribulation je suis tombé! Dans quels flots de tristesse je suis plongé, moi qui naguère était heureux et aimé de ceux sur lesquels je régnais (Et dixi in corde meo: In quantam tribulationem deveni, et in quos fluctus tristitiae, in qua nunc sum: qui jucundus eram, et dilectus in potestate mea. I Mach., VI, 11).

"Sixièmement. Le péché entraîne à sa suite la perte de la vie et occasionne les morts les plus tragiques."

"Pour les péchés de Pharaon et de son royaume, un ange fit périr en une seule nuit tous les premiers-nés de l'Egypte, et peu après l'innombrable armée des Egyptiens fut engloutie dans la Mer rouge. Un autre ange extermina cent quatre-vingt-cinq mille hommes dans le camp de Sennechérib. Enfin, une multitude considérable d'Israélites succomba dans le désert à divers genres de mort (Exod., XII, 29; XIV, 28. - IV Reg., XIX, 35.- Numer., XI, 33; XVI, 49.)

"Le péché enfin déchaîne ces trois épouvantables maux entre lesquels David eut à choisir en punition de sa faute: la famine, la guerre et la peste (II Reg., XXIV, 15), maux qui font périr des hommes sans nombre dans d'atroces souffrances.

"Il faut reconnaître aussi comme des châtiments du péché, les tremblements de terre, les tempêtes, les inondations, les feux du ciel, la foudre, la grêle et les autres fléaux.

"Comme le péché est une injure faite au Créateur de toutes choses, toutes les créatures sont des isntruments dont DIEU se sert pour exercer ses vengeances.

"Je me feraià moi-même l'application de ces vérités, et je comprendrai que tous les maux, toutes les misères que j'endure, sont le juste salaire de mes péchés; qu'ils me sont envoyés afin que j'apprenne par expérience combien il est funeste et amer, selon la parole de Jérémie, d'abandonner Dieu et de cesser de le craindre (Scito, et vide quia malum et amarum est reliquisse te Dominum Deum tuum, et non esse timorem mei apud te, dicit Dominus Deus exercituum. Jerem., II, 19.)" (Vénérable Père Louis du Pont, S.J., Méditations sur les Mystères de Notre Sainte Foi, première partie, Presses de l'Imprimerie La Source d'Or, Marsat 1995, p. 94-96).


"LA CROIX EST SANS CONTREDIT LE SIGNE LE PLUS CARACTERISTIQUE DE JESUS-CHRIST ET DE SA ROYAUTE" ( Mgr Delassus)

Comme le dit l'Eglise après David: Regnavit a ligno Deus.


"Porter et aimer notre Croix" (Paul Chaussée)

"Imiter Jésus-Christ, c'est aimer sa croix"

"Dans le malheur, quel qu'il soit, catastrophe collective, châtiment ou épreuve personnelle, les attitudes les plus communes sont l'abattement, le fatalisme, le découragement, parfois la révolte (les attitudes vraiement chrétiennes sont aujourd'hui tellement exceptionnelles qu'on a vu des catholiques être accusés de dureté de coeur parce que, dans leur malheur, ils étaient restés dignes, abandonnés à la volonté divine et dédaignant le "soutien psychologique" que le monde déchristianisé propose pour remplacer le courage et la foi). Même chez la plupart des catholiques, le malheur est jugé injuste (a fortiori si notre conscience nous le présente comme châtiment), et l'épreuve a perdu sa signification parce que l'on a oublié le sens de la croix et du sacrifice, comme si avait disparu de l'Evangile le précepte de Notre Seigneur: "Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive" (Mat., XVI, 24.) Or imiter Jésus-Christ, c'est aimer sa croix. Et dans l'épreuve, nous devrions déjà remercier Dieu parce qu'elle nous vaut promesse de grandes grâces.

"Dans la souffrance, Dieu nous oriente toujours vers lui par des inspirations ou grâces prévenantes; il veut que nous nous tournions vers lui non pas seulement pour demander le soulagement ou la aptience, mais plutôt pour obtenir l'acceptation qui est le premier pas dans la docilité coopérante à la Providence qui va tirer un bien de ce mal. Car si nous pouvons affirmer à juste titre que tout est grâce, c'est parce que notre coopération à la souffrance providentielle qui nous frappe est la condition sine qua non pour que se réalise le "plus grand bien" que Dieu se propose de nous donner par la peine qu'il a permise. or ce plus grand bien, nous le découvrons rarement, et toujours a posteriori. Mais nous en avons la promesse de Notre Seigneur: "Mon Père émonde tout sarment qui porte du fruit afin qu'il en porte davantage..." (Jn., XV, 2.) Il a dit ausi: "Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés" (Mt., V, 4.)

"... Si nous avons bien compris que ces épreuves et souffrances, quelles qu'elles soient, temporaires ou irrémédiables, sont permises et même d'une certaine manière, voulues par la Providence pour notre sanctification, c'est-à-dire pour nous unir plus intimement à notre doux Sauveur en l'imitant, alors nous devons nécessairement aimer ces épreuves comme il a aimé sa croix; nous devons aimer notre croix. Par inflexible logique, nous aboutissons lentement et péniblement, à la conclusion qui s'imposa aux saints (dit comme çà, c'est un peu effrayant car nous ne nous connaissons pas la force d'âme qui fait les saintes et les saints. mais ici aussi, la Providence a vu par avance notre anémie et y a pourvu. Elle a inspiré une jeune carmélite la "petite voie" ou "le devin ascenseur" pour gravir l'escalier de la sainteté).

"Rien ne nous rend plus semblable à Notre-Seigneur que de porter sa croix" (Saint Curé d'Ars)

"Racontant la vie du Curé d'Ars, l'Abbé Alfred Monnin témoigna de ce qu'il entendit de la bouche du Saint et que nous citons in extenso tant cela est édifiant:

"Un jour que nous causions ensemble de cette époque douloureuse de sa vie, nous lui demandâmes si la contradiction ne l'avait jamais ému au point de lui faire perdre la paix (le Curé d'Ars avait été l'objet de critiques qui, tout en reconnaissant la droiture de ses intentions, suspectaient l'opportunité de son zèle, la sagesse de ses conseils et la prudence de sa direction, ce qui ne manqua pas de lui causer du tort avant qu'il ne fût bien connu. Abbé A. MONNIN, in le Curé d'Ars, 1884, p. 168). Nous n'avons pas oublié l'admirable réponse qu'il nous fit: "La Croix? s'écria-t-il avec une expression céleste, la croix faire perdre la paix! C'est elle qui a donné la paix au monde; c'est elle qui doit la porter dans nos coeurs. Toutes nos misères viennent de ce que nous ne l'aimons pas. C'est la crainte des croix qui augmentent les croix. Une croix portée simplement et sans retours d'amour-propre qui exagèrent les peines, n'est plus une croix. Une souffrance paisible n'est plus une souffrance. Nous nous nous plaignons de souffrir ! nous aurions plus de raison de nous plaindre de ne pas souffrir, puisque rien ne nous rend plus semblable à Notre-Seigneur que de porter sa croix. Oh! belle union de l'âme avec Notre-Seigneur Jésus-Christ par l'amour et la vertu de sa croix!... Je ne comprends pas comment un chrétien peut ne pas aimer la croix et la fuir! N'est-ce pas fuir en même temps Celui qui a bien voulu y être attaché et y mourir pour nous ?" Une autre fois, il disait: "Les contradictions nous mettent au pied de la croix, et la croix à la porte du ciel. Pour y arriver, il faut qu'on nous marche dessus, que nous soyons vilipendés, méprisés, broyés... Il n'y a d'heureux dans ce monde que ceux qui ont le calme des enfants de Dieu... Toutes les peines de la vie: ils goûtent la joie des enfants de Dieu... Toutes les peines sont douces quand on souffre en union avec Notre-Seigneur... Souffrir? Qu'importe, ce n'est qu'un moment. Si nous pouvions aller passer huit jours dans le ciel, nous comprendrions le prix de ce moment de souffrance. Nous ne trouverions pas de croix assez lourde, pas d'épreuve assez amère... La croix est le don que Dieu fait à ses amis.

Il n'y a de bonheur que dans l'amour des croix (Saint Curé d'Ars)

"Que c'est beau de s'offrir tous les matins en sacrifice au bon Dieu, et de tout accepter en expiation de ses péchés!... Il faut demander l'amour des croix: Alors elles deviennent douces. J'en ai fait l'expérience pendant quatre ou cinq ans. j'ai été bien calomnié, bien contredit. Oh! j'avais des croix!... J'en avais presque plus que je n'en pouvais porter. Je me mis à demander l'amour des croix... alors je fus heureux. Je me dis: vraiment, il n'y a de bonheur que là... Il ne faut jamais regarder d'où viennent les croix: elles viennent de Dieu. C'est toujours Dieu qui nous donne ce moyen de lui prouver notre amour".

"L'Abbé Monnin concluait: "La sagesse humaine la plus sublime n'a pu inspirer à l'homme que de la patience et une froide sérénité (le stoïcisme); mais le Saint-Esprit, par la force de sa grâce, l'élève jusqu'au contentement dans les douleurs".

"... Nous devons prendre notre croix pour Le suivre: Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive (Mat., XVI, 24.)"

(Source: Paul Chaussée, La Providence du Coeur de Jésus, Editions Ulysse, Aubenas 2003, p. 155-161).


Saint Pie X, Lettre sur le Sillon

"Jésus n'a pas annoncé pour la société future la règle d'une félicité idéale d'où la souffrance serait bannie, mais par ses leçons et par ses exemples, Il a tracé le chemin du bonheur possible sur la terre et du bonheur parfait au Ciel: la voie royale de la Croix. Ce sont là des enseignements qu'on aurait tort d'appliquer seulement à la vie individuelle, en vue du salut éternel. Ce sont des enseignements éminemment sociaux et ils nous montrent en Notre-Seigneur Jésus-Christ autre chose qu'un humanisme sans consistance et sans autorité" (Saint Pie X, Lettre sur le Sillon in Revue Savoir et Servir, semestriel n° 57, 30 ans après retrouvons le vrai Concile, p. 70.)


Chant "Vive Jésus! Vive sa Croix".

1. Vive Jésus, vive sa Croix !

Oh! qu'il est bien juste qu'on l'aime,

Puisqu'en expirant sur ce bois

Il nous aima plus que lui-même!


Refrain : (bis)

Chrétiens, chantons à haute voix:

Vive Jésus, vive sa croix!


2. Gloire à cette divine croix !

Le Seigneur l'ayant épousée,

Elle n'est plus, comme autrefois,

Un objet d'horreur, de risée.


3. Gloire à cette divine croix !

C'est l'étendard de la victoire;

De ce trône, il donne ses lois,

Il conquiert le ciel et sa gloire.


4. Gloire à cette divine croix !

De nos biens la source féconde;

Saint autel, où le Roi des rois,

En mourant, rachète le monde.


5. Gloire à cette divine croix !

La chaire de son éloquence,

Où me prêchant ce que je croix,

Il m'apprend tout par son silence.


6. Gloire à cette divine croix !

Ce n'est pas le bois que j'adore,

Mais c'est mon sauveur, sur ce bois,

Que je révère et que j'implore.


7. Gloire à cette divine croix !

Prenons-la pour notre partage

Pour le Chrétien, ce noble choix

Conduit au céleste héritage.

(Source: Livre Bleu, Livre de Prières, de chants et d'exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola, utilisé dans les retraites données selon l'esprit et les normes du T.R.P. François de Paule Vallet, Deuxième édition revue et corrigée, Presses des Exercices, 1980, p. 313).